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Crimes commis au Congo, l’ONU refuse le chantage et maintient que les crimes commis par l’APR/AFDL au Congo pourraient être qualifiés de génocide

Publié : le 1 octobre 2010 à 19:56 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Ce vendredi 01 octobre 2010, vingt ans jour pour jour après l’attaque du FPR ayant marqué le début des hostilités au Rwanda,  l’ONU a publié son rapport très attendu sur les crimes commis au Congo durant la décennie 1993-2003.

Rapport final de l’ONU, version française.

Quelque part au Congo

Une version non finale du rapport ayant fuité dans les médias le 26 août, il était peu probable que pour des raisons diplomatiques, les incidents relevés par le rapport soient « édulcorés »  afin de plaire aux différents gouvernements accusés.

Le principal enjeu restait donc de savoir si suite aux pressions du gouvernement rwandais, les auteurs allaient enlever la qualification de crimes de génocide pour désigner les massacres à l’encontre de la population Hutu au Congo.

Aux termes de l’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide  , un génocide est « l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel » et la convention vise par ces actes, le meurtre, les atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ou encore la soumission intentionnelle des membres du groupe devant entrainer sa destruction physique totale ou partielle.

Dans les paragraphes 510 et suivants  du rapport sous l’intitulé « crimes de génocide », les auteurs du rapport analysent les crimes commis contre les réfugiés Hutu au Congo au regard de cette définition.

Selon ces auteurs, les Hutu étaient à l’époque des faits, un groupe ethnique au sens de la convention et « plusieurs incidents répertoriés semblent également confirmer que les multiples attaques visaient les membres du groupe ethnique hutu comme tel. »

Les auteurs du rapport continuent en affirmant  que «  parmi les victimes, il y avait une majorité d’enfants, de femmes, de personnes âgées et de malades qui ne posaient aucun risque pour les forces attaquantes. »

Les auteurs concluent  leurs développements en disant qu’il existe plusieurs éléments qui, emmenés devant un tribunal compétent pour en connaitre,  pourraient être qualifiés de génocide.

Les auteurs tempèrent toutefois cette conclusion qui a attiré les foudres du régime de Kigali en avançant deux autres explications qui  permettraient d’arriver à une autre conclusion.

En effet, selon les jugements de tribunaux internationaux qui ont interprété la définition du génocide, l’extermination d’un groupe seul ne suffit pas, encore faut il que l’auteur du génocide aie eu cette intention.

Selon la première de ces explications alternatives, « les campagnes de l’APR  pourraient s’interpréter comme une campagne de punition collective à l’encontre des civils hutu au Zaïre soupçonnés d’avoir participé au génocide ou qui l’avaient soutenu (au) Rwanda en 1994. »

Les réfugiés n’ayant rien à se reprocher étant supposés être rentrés au Rwanda et ceux restés au Congo étant ceux qui auraient participé au génocide de 1994.

Les auteurs eux-mêmes, ne parviennent pas à justifier dans cette hypothèse pourquoi les civils Hutu congolais ont dès lors également été systématiquement exterminés ni pourquoi comme le souligne le rapport lui-même la majorité des victimes était composée « d’enfants, de femmes, de personnes âgées ».

La deuxième explication possible, selon les auteurs,  pouvant être avancée pour  aller  à l’encontre de l’explication de l’intention de détruire les Hutu en tant que tel est celle que de nombreux réfugiés ont eu la vie sauve au Congo et qu’ils ont pu rentrer au Rwanda parfois avec l’assistance de l’APR.

Cette explication fait fi de la définition du génocide rappelée par les auteurs, selon laquelle, l’extermination d’une partie du groupe suffit pour qualifier les actes de génocide et par-dessus tout,  une telle explication oublierait  ce qui est arrivé aux réfugiés qui rentraient au Rwanda.

Voyez pour ces massacres  notre article intitulé « Le rapport Pillay : un nouveau coup d’épée dans l’eau ? »

Nous faisons notre conclusion du rapport qui appelle à une enquête judiciaire plus approfondie afin que les auteurs  de ces crimes odieux puissent être traduits devant les tribunaux compétents.

C’est à cette seule condition que le peuple rwandais pourra définitivement tourner les pages les plus sombres de son histoire et en écrire de nouvelles dans lesquelles le mot réconciliation reprendra tout son sens.

Ruhumuza Mbonyumutwa

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6 Commentaires à “Crimes commis au Congo, l’ONU refuse le chantage et maintient que les crimes commis par l’APR/AFDL au Congo pourraient être qualifiés de génocide”

  1. Rodman dit :

    En réalité ce rapport est très accablant. Cependant, je me demande ce qu’on peut faire sur ce rapport les tutsis qui ont échappé à la machette des extrémistes hutus grâce l’APR qui après a tiré à bout portant sur les innocents réfugiés hutus? Je me pose cette question car, d’une part certain des extrémistes hutus ont été acquitté par le même FPR(APR), cela a engendré chez certain rescapés de génocide de tutsis un sentiment de ne pas avoir obtenu la justice et d’autre part par le fait que les rescapés hutus de massacres qui pourront être qualifié de génocide pourront avoir le même sentiment si la justice ne qualifie pas de génocide ces massacres systématique en l’encontre des hutus commué par l’APR. Comment alors pourrons-nous se réconcilier si la justice continue à montrer ses limites tout en laissant un sentiment d’injustice dans les cœurs meurtris? J’aimerai bien croire dans la justice parce que c’est nécessaire mais pas suffisant. A vous de me dire ce qu’on peut faire ensemble les hutus et les tutsis enfin de permettre de future générations de fumer ensemble le calmant de paix. parce qu’on en a fort besoin.

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  2. Mike dit :

    Merci à Ruhumuza pour ses précisions ! Malgré la publication fort courageuse de ce rapport, il règne tout de même un climat négationniste cynique, scandaleux et sournois! L’enjeu de ces « euphémismes » onusiens est évidemment de moins froisser le régime de Kagame. Pourtant les faits sont têtus! Ainsi, Ruhumuza pose une question intéressante: si l’intention des massacres des réfugies Hutu n’était pas génocidaire , pourquoi alors les « Einsatzgruppen » de l’APR et ses affidés s’en sont pris aux Hutu congolais? Ces tours incessants autour du pot sont un véritable 2ème massacre des victimes. Plus que jamais les victimes doivent témoigner, donner une image à ces événements tragiques. Les livres, documents relatant le calvaire de réfugiés doivent être promus et connus du grand public. La propagande de Kagame profite de ce « vide » ( qu’il faut absolument combler).
    Il faut que la vérité se sache! Bonne continuation et félicitations pour votre initiative.

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  3. Mike dit :

    La propagande journalistique kagamiste à l’œuvre sur France 24 ; chaine dirigée par la femme de Kouchner (Christine Ockrent). On comprend donc pourquoi ils organisent des émissions orientées sur le Rwanda ou le Congo. Il faut protéger l’ami Kagame en noyant ou en atténuant les faits relatés dans le rapport dans un flot de mensonges et arguments tendancieux.
    Lien de l’émission scandaleuse:
    http://www.france24.com/fr/20101001-rapport-onu-rdc-rwanda-atrocites-republique-democratique-congo?no-cache=1
    N’hésitez pas à intervenir et à démonter les arguments fallacieux du journaliste de Jeune Afrique. C’est de bonne guerre!

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  4. […] associations rappellent que ces faits ont été confirmés dans un rapport du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies qui dit même que ces attaques systématiques contre des populations civiles, pourraient, si […]

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  5. […] « that’s what we did ». Les associations rappellent que ces faits ont été confirmés dans un rapport du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies qui dit même que ces attaques systématiques contre des populations civiles, pourraient, si […]

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