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« Les attaques étaient dirigées à l’époque contre les membres du groupe ethnique hutu en tant que tel »

Publié : le 1 octobre 2010 à 16:02 | Par | Catégorie: Justice

Selon Radio France Inter, le terme de génocide controversé par  le régime de Kigali devrait être maintenu dans la version finale du rapport mais avec d’avantage de prudence. Dans cette version à paraitre d’une minute à l’autre, les auteurs suggèrent que les attaques ont été dirigées contre les membres du groupe ethnique Hutu en tant que tel, ce qui peut rentrer dans la qualification légale de génocide.

Source: RFI

Rapport sur le RDC: l’ONU prononce prudemment le mot «génocide»

Avant même qu’il ne soit publié officiellement, en principe ce vendredi à 13 h 00 TU, RFI s’est procuré le rapport des Nations unies sur les massacres commis dans l’ex-Zaire de 1993 à 2003. L’un des principaux enjeux était de savoir si les enquêteurs allait qualifier de génocide le massacre de hutus par les troupes du Front patriotique rwandais. Le mot est prononcé, mais avec prudence, dans la version dont RFI a eu connaissance.

Un rebelle zaïrois de l’armée de Laurent-Désiré Kabila, soutenue par le FPR rwandais, passe devant une foule de réfugiés hutus rwandais dans le camp de Biaro, près de Kisangani le 8 mai 1997. AFP / A. Senna

Dans la version finale document, non encore publiée, que RFI s’est procurée, les enquêteurs constatent que la qualification de « génocide » a – je cite – « provoqué beaucoup de commentaires et que cette question demeure sans réponse ». Mais les enquêteurs des Nations unies réaffirment aujourd’hui encore que les soldats de Laurent Désiré Kabila et les militaires rwandais « n’aurait fait aucun effort pour distinguer les hutus membres des Forces armées rwandaises et les miliciens Interhawme des autres civils hutus ».

Le rapport final suggère « que les attaques étaient dirigées à l’époque contre les membres du groupe ethnique hutu en tant que tel ».

Voilà pour les faits commis à l’époque. Les enquêteurs rappellent que selon l’article 2 de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide datant de 1948 et également selon l’article 6 du statut de Rome, les statuts de la Cour pénale internationale donc, l’intention de détruire tout un groupe ethnique ou seulement une partie peut être retenue.

Génocide? La justice devra trancher

Les Nations unies estiment toutefois dans ce rapport explosif que la question du génocide contre les hutus au Congo ne « peut être tranchée que par une décision judiciaire sur la base de preuves irréfutables et sans appel ».

Les auteurs du rapport souhaitent donc la mise en place d’un tribunal compétent, qui aura pour mission de répondre une bonne fois pour toute à la question de savoir si le crime de génocide peut être retenu.

A moins d’un possible changement de dernière minute, la pression des Rwandais ne devrait pas aboutir à la suppression du terme de génocide. Mais les auteurs de la version finale du rapport se gardent toutefois d’être catégoriques. La prudence est le maître mot de ce document. Le recours à des termes comme « apparemment » ou « suggérer » illustre la gêne des Nations unies.

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