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Choix de l’anglais à l’école: le Rwanda s’explique

Publié : le 24 octobre 2010 à 14:33 | Par | Catégorie: Actualité

Pays historiquement francophone, le Rwanda a depuis deux ans opté pour l’anglais à la place du français comme première langue étrangère et a rejoint le Commonwealth l’année dernière.

Le Rwanda reste malgré ce choix toujours membre de l’Organisation internationale de la Francophonie dont le 13ème sommet s’est ouvert ce samedi 23 octobre à Montreux en Suisse.

Ministre rwandais de l’éducation, Charles Murigande

Interviewé par  RFI  à ce sujet,  le ministre rwandais de l’éducation Charles Murigande s’explique sur les raisons de ce choix.

«  Le choix de l’anglais nous a été dicté par notre situation géographique » commence t’il avant de préciser que le  Rwanda  est  membre de la communauté économique Est-africaine, membre du marché commun de l’Afrique de l’est et de l’Afrique du sud qui constituent presque 85% des échanges commerciaux du Rwanda.

Le ministre précise que la seule relation que le Rwanda a avec ces langues étrangères  « n’est pas une relation sentimentale, mais une relation d’utilité. Selon nous l’anglais va plus servir à notre population que le français. »

Le pari du Rwanda est, selon le ministre, que chaque enfant rwandais sortant du secondaire à l’horizon  2017 devra parler trois langues, l’anglais, le français et le Kinyarwanda.

Et le ministre conclue sur cette question en disant que « le Rwanda se trouve dans une position charnière entre les deux mondes, francophone et anglophone donc il n’est pas question d’abandonner une langue au détriment d’une autre. »

L’imposition de l’anglais au Rwanda est survenue quelques temps après le refroidissement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda, interrogé sur un éventuel lien entre les deux événements, le ministre est catégorique :   « c’est une simple coïncidence».

Et « quand bien même on aurait gardé les mêmes relations avec la France, cette décision aurait été prise car elle prend en compte les intérêts du Rwanda ».

Répondant à la question de savoir si le Rwanda a fait une demande particulière à l’OIF concernant le rapport de l’ONU récemment publié et qui a accusé l’armée rwandaise d’avoir été l’auteure de crimes contre l’Humanité voire de génocide au Congo, le  ministre répond que le Rwanda n’a fait aucune demande particulière.

Et  poursuit en commentant le rapport de l’ONU en ces termes « C’est un rapport mal intentionné,   fait par des gens mal intentionnés, pour collecter des témoignages mal intentionnés » et la description n’a rien à voir avec la réalité de l’armée rwandaise qui est selon lui connue comme étant peut être la plus disciplinée du continent, depuis 6 ans qu’ils participent à des opérations de maintien de la paix, aucun militaire rwandais n’aurait été impliqué dans aucun incident.

Le ministre ajoute  qu’à son avis, Ban Ki-Moon n’a pas validé le rapport et que  Navanethem Pillay est elle-même embarrassée par ce rapport qui a selon lui était rédigé par d’anciens agents d’ONG qui sont allés interrogés des génocidaires ou des gens très connus pour être hostiles au Rwanda.

Il termine en disant que ce rapport mourra de sa propre mort et que les auteurs du rapport leur ont  lancé de la boue et que cela prendra peut être du temps pour  qu’ils se lavent de cette boue et qu’elle disparaisse.

Enfin, interrogé quant au rôle éventuel du Rwanda dans l’arrestation de Callixte Mbarushimana, le ministre pense  que le Rwanda n’y est pour rien. Car si le Rwanda avait du jouer un rôle, cela fait longtemps que Mbarushimana aurait été arrêté. Le Rwanda n’est pas membre de la Cour pénale internationale, donc selon lui, le Rwanda n’a joué aucun rôle dans cette arrestation.

Interview complet de Charles Murigande sur RFI

Ruhumuza Mbonyumutwa

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3 Commentaires à “Choix de l’anglais à l’école: le Rwanda s’explique”

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  2. Joe Mbeng dit :

    j’adore le ton et la méthode de ce site, et je dois avouer que c’est difficile de pouvoir tenir cette ligne lorsqu’il s’agit de parler du Rwanda.
    Il est clair que si des choses fonctionne dans ce pays, ce sont le conflit et la mauvase foi. Conflit ethnique, même s’il completement étouffé, et maintenant ce conflit entre le français et l’anglais.
    Mauvaise foi, parce que la situatiobn géographique du Rwanda n’a jamais varié d’un centimètre carré (en principe). Mauvaise foi, en évoquant cette fonction d’utilité. monsieur le ministre devrait surtout parler de faisabilité. L’ajout d’une langue dans le fonctionement d’un pays représente un coût d’un gestionnaire avisé ne peut ignorer: le Rwanda a une masse non négligeable de publications de toute sortes (documents de toutes sortes) en français qu’il faudra soit jeter soit traduire. D’autant plus que j’imagine que le personnel enseignant n’est pas en mesure de dispenser des cours en anglais.
    Je n’oublierai jamais la visite du recteur de l’université de Butare qui en 1995 nous expliquait qu’ils avaient dédoublaient toutes les facultés pour fonctionner en français et en anglais alors que plus de la moitié des professeurs avaient disparu, et…. qu’ils avaient divisé le budget par 2.
    Au conflit, et à la mauvaise foi, j’aurai dû ajouter le surréalisme. Pourtant je suis en Belgique!
    Joe

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  3. BONI dit :

    Le Rwanda est histoirquement francophone.Par conséquent le français fait partie du patrimoine culuturel des Rwandais. Il convient de rappeler que c’est Kagame qui a décidé unilatéralement que tous Rwandais, plus de 90% francophones, doivent devenir anglophones. En imposant l’anglais aux Rwandais alors que rares sont des Rwandais( les kamistes venus d’Ouganda, de Tanzanie et autres pays anglophones, soit une infime minorité) qui sont en mesure de parler et écrire correctement l’anglais, Kagame a entendu effecer l’histoire du Rwanda comme il prétend que les Tutsi , les Hutu et les Twa sont une invention des blancs et que donc ils n’ont jamais existé, alors que
    – des millions de Hutu croupissent en prison pour génocide des Tutsi,
    – la présidente des FDU est emprison pour avoir dit les militaires de l’armée de Kagame ont massacré massivement des Hutu,
    – le mot génocide des Tutsi est un fonds de commerce pour les ploutocrates qui régnent en maitres ici au Rwanda,
    – tous les prisonniers d’Arusha sont accusés et/ou condamnés pour avoir commis le génocide contre les Tutsi ,
    – Kagame en personne a parlé plusieurs fois de génocide des Tutsi,
    – ce mot est inscrit dans la constitution de Kagame.
    Depuis le découpage du Rwanda il y a plus d’un siècle, la superficie du Rwanda n’a pas changé et les Rwandais n’ont pas changé, hormis l’évolution économique, sociale et démographique.
    Le Peuple Rwandais fait partie du Peuple Bantou d’Afrique centrale. Les cousins sont historiquement et anthropologiquement à l’ouest et au sud et nullement à l’est de ce pays comme en témoignent des recherches effectuées par l’Institut dédiée au Peuple Bantou d’Afrique Centrale basée au Gabon.
    L’anglais était enseigné dans toutes les écoles du Rwanda au titre de langue étrangère. Ce qui n’est pas le cas du français qui était une langue officielle à côté du Kinyarwanda. Kagame a décidé que le français doit être une langue étrangère et l’anglais une langue officielle. Si les deux langues doivent être au même niveau, elles doivent dès lors être toutes les deux les langues officielles et Kagame n’aurait dû faire entrer les Rwandais dans l’anglophonie. Pourquoi le gouvernement dont Monsieur Muligande est membre a renvoyé des milliers d’enseignants qui avaient vingt à trente ans dans l’enseignement au seul motif qu’ils sont incapables d’enseigner en anglais? Autrement ldit e français est la langue des idiots et l’anglais la langue de l’intelligence. Tous les Rwandais francophones sont des incapables et ne peuvent rien faire dans le pays de Kagame.
    Les affirmations de Muligande sont démagogiques et erronées alors qu’ il est lui-même francophone car le fait d’avoir fait les études en anglais aux USA comme des milliers d’Africains francophones, ne lui confère pas la qualité d’anglophone. Des centaines des sénégalais, maliens, ivoiriens, bénonois et camerounais en l’occurrence font les études aux USA. Si Muligande est anglophone, ceux-la sont alors anglophones.
    La RDC a la frontière avec quatre pays anglophones, le Soudan, l’Ouganda, la Zambie et la Tanzanie, le Rwanda en a deux. Si les explications de Muligande sont cohérentes , c’est plutôt la RDC qui devait entrer dans l’anglophonie. Pour Muligande, le français est une produit commercial dont on confère une valeur en fonction de la conjocture économique ou selon l’humeur de son président.
    En réalité, Kagame a interdit le français, langue officielle au Rwanda en raison de sa heine intrinséque contre la France d’une part et son incapacité totale d’apprendre le français d’autre part.Son épouse, Jeannette n’est-elle pas francophone même s’elle parle l’anglais des citadins de Kampala et de Naïrobi?
    La France vient d’ouvrir une école des enfants des chefs tutsi à l’instar d’Indatwa de Butare (Groupe scolaire de Butare), qui avait été spécialement créée dans les années 30 par Monseigneur Léon Class, un français alsacien , pour les enfants des chefs tutsi sous la monarchie. Le président Sarkozy entend marcher dans les pieds de son compatriote.
    Je dis enfants de chefs Tutsi car Kigali a été vidée des Hutu qui avaient des moyens. Elle n’est habitée que par des riches et ploutocrates tutsi. Outre le coût exorbitant, l’enfant du paysan hutu de Kampagne ou dont le père croupit en prison n’ aucune chance d’y être admis. Les enfants polyglottes dont Muligand parlent ne sont donc pas des des enfants du Peuple mais les siens et ceux des riches et ploutocrates tutsi.
    Monsieur Sarkozy est déjà entré dans l’histoire du Rwanda comme étant le français qui a restauré l’école des enfants de chefs tutsi au Rwanda. Mais cette école subira le même sort qu’Indatwa.
    L’école rwandaise sous Kagame est une école spéciale car elle est du jamais vu: les enseignanrs dispensent leurs cours à la fois en kinyrwanda, englais, français et swahili, après quelques heures de formation dans cette nouvelle langue par des mercenaires étrangers. Les enseignants dits anglophones importés par Kagame sont des chômeurs ougandais, tanzaniens et Kenyans dont le niveau en anglais est discutable. Etant entendu qu’ils sont dépourvus d’expérience en pédagogie. Bref, ce sont des enseignants mercenaires.

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