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La Démocratie en Afrique ou le retour aux sources

Publié : le 25 novembre 2010 à 6:21 | Par | Catégorie: Opinion
Afrique

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Certains pensent que la Démocratie n’est pas faite ou bonne pour les Africains ; d’autres croient que l’Afrique ne serait pas prête pour accueillir la Démocratie alors que d’autres pensent qu’il serait temps qu’elle se démocratise. Qui a raison et qui a tord ?

Certains des dirigeants africains préfèrent de parler de « Démocratie à l’africaine » mais n’ont jamais expliqué ce qu’ils entendaient par là et pourquoi l’Afrique aurait-elle besoin d’une démocratie particulière, différente!

De notre part, dans cet article notre objectif n’est pas de s’aligner derrière les uns ou les autres. Il s’agit plutôt de faire état de l’origine de la Démocratie et ce, selon certains des grands philosophes que le monde a connus.

De l’état de nature ou de la loi de la jungle à l’Etat civil ou au contrat social

Au commencement était la « guerre de tous contre tous ». L’Homme étant un loup pour l’Homme, il fallut un pouvoir fort pour préserver les intérêts de chacun et chacune.

L’état de nature est l’état d’insécurité. Tout le  monde y fait ce qui lui arrange comme il veut. Tout le monde y est à la fois juge et bourreau. Les plus faibles en terme de puissance y sont évidemment des victimes. C’est cette insécurité persistante qui a poussé les hommes à chercher la paix en formant des sociétés civiles. Pour assurer l’efficacité de la protection des intérêts de chacun, les hommes se constituent en Etats par ce que certains ont appelé « contrat social ».

En effet, une bonne organisation sociale doit nécessairement reposer sur un pacte garantissant l’égalité et la liberté entre les citoyens et pour chaque citoyen d’une société donnée. Ce contrat est l’échange de consentements entre tous les citoyens. Par ce pacte, chacun renonce à sa liberté naturelle, dont lui seul était garant à l’état de nature, pour gagner une liberté civile que l’Etat doit garantir.

Pour obtenir la liberté que protège la société, il faut donc renoncer à ses droits naturels. La légitimité et la nécessité de la Démocratie repose sur le fait que l’homme n’aliène pas vraiment son droit naturel mais comprend que la Démocratie est la condition  sine qua non de l’existence et de la protection de son droit naturel.

Par les élections donc,  chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale. Et l’engagement doit être total et identique pour tous. Par ce contrat les citoyens formant le peuple délèguent l’exercice de leur pouvoir souverain.

Chaque individu participe donc à l’autorité souveraine et il en est même temps sujet car soumis aux lois de la collectivité. En effet par le choix des dirigeants l’individu s’engage à respecter la loi que ceux-là prescriront puisqu’elle sera l’expression de la volonté générale à laquelle l’individu participe. La sortie de l’état de nature fait de l’homme primitif, ne sachant user que de sa force et de son instinct, un homme social, dialoguant et s’efforçant de se soumettre à la loi pour réaliser ses droits que protège la même loi respectée.

Il est donc nécessaire d’ériger un pouvoir commun, qui puisse être capable de défendre les hommes des torts qu’ils peuvent se faire les uns aux autres, et par là assurer leur sécurité de telle sorte que, par leur propre industrie et par les fruits de la terre, ils puissent se nourrir et vivre satisfaits. Le chemin pour y arriver est de rassembler l’exercice de tout leur pouvoir et toute leur force sur un seul homme ou sur une seule assemblée d’hommes réalisée par une convention de chacun avec chacun, de telle manière que c’est comme si chacun devait dire à chacun : J’autorise cet homme, ou cette assemblée d’hommes, j’abandonne mon droit de me gouverner à cet homme, ou à cette assemblée, à cette condition que tu lui abandonnes ton droit, et autorise toutes ses actions de la même manière.[1]

Par le contrat social donc, les hommes quittent l’état d’insécurité permanente et entrent dans l’état de sécurité qu’on peut appeler « Etat de droit » lorsque le contrat est respecté c’est-à-dire lorsque l’Etat assure, par l’entremise de ses organes, le respect des droits des citoyens et qu’à leur tour, ces derniers assument leurs obligations envers l’Etat à savoir la collectivité.

Enfin, la Démocratie contient un engagement réciproque et chaque individu se trouve engagé sous un double rapport[2] : celui qui le lie avec tous les autres en tant que membres de la société et celui qui le lie à la société. Cette dernière étant représentée par les dirigeants – lesquels s’engagent à servir le peuple avec honnêteté et loyauté.

Et, afin que le pacte social ne soit pas que théorique, il renferme tacitement cet engagement qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par la force de la loi: ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre en obéissant à la règle qu’il s’est faite lui-même.[3]

Pacifique H.


[1] Th. HOBBES, Leviathan, chap. 17.

[2] J. J. ROUSSEAU, Du contrat social, ou, Principes du droit politique, chap. VII.

[3] Ibid.

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7 Commentaires à “La Démocratie en Afrique ou le retour aux sources”

  1. Mugabe Alain dit :

    Merci pour cet article qui nous rappelle les origines de la notion de démocratie,
    et nous ramène a la lumière de ce bon vieux Jean-Jacques.

    Toutefois une remarque:

    Il est dommage que vous tombiez en introduction de votre article dans le piège de l’AFRIQUE,
    seule continent dont l’homogénéité permet d’englober toute les nuances des peuples qui l’occupent.
    Elle ne recouvre au fond, qu’un cinquième de la planète pour autant d’habitant, que des centaines de groupe ethnique pour autant de langues…

    Ce véritable fourre-tout  »africain » est a mon sens une des causes de la non démocratie dont vous nous rappelez les origines. De même qu’a mon sens il n’existe pas en pratique de démocraties mais des pratiques de la démocratie, elle ne pourra s’implanter dans les différents pays qui peuple l’Afrique que par l’appropriation par les nations de la notion et son implémentation eu égard aux réalités locales.

    Ainsi l’Afrique aura, par définition, une démocratie différente des autres, car elles sont toutes différentes.
    Le degré de différence ne se mesure a mon sens que par le niveau de vie, les enjeux géopolitique, l’histoire,
    étant entendu qu’on s’accorde au préalable sur la mesure que l’on utilise. Aussi cher pacifique, il n’est pas nécessaire de définir une démocratie a l’africaine car elle n’existera pas sans une nation africaine, mais a charge de chaque état dans sa souveraineté de définir les moyens et les mécanisme que il met en place pour tenter de converger l’idéal démocratique.

    Ce que vous avez décrit la c’est l’idéal, qui n’a jamais été atteint en ce monde.
    Ce que l’on a en réalité, toujours, ce sont des approximations démocratique.
    Hors la pratique a montrer que les meilleurs modèles démocratique pratique, les meilleurs approximations notamment en occident, sont coûteuses. En éducation, en institution, en prise de conscience… l’Europe ayant, par exemple, proposé son modèle actuel imparfait au prix de nombreuses guerres.

    Aussi avant de parler de démocratie, parlons de feuille de route, parlons de moyens, et espérons qu’une fois la route tracée, nous soyons assez sage pour la rendre supportable en mettant a jour a chaque instant selon nos moyens, notre approximation pour le bien être des peuples et je l’espère a long terme pour l’émergence d’un modèle démocratique africain. Ce qui signifie une convergence des niveaux de vies pour les peuples africains vers un standard permettant l’émergence d’une nation africaine et d’un modèle démocratique satisfaisant.

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    • Pacifique H. dit :

      @Alain MUGABE

      Tout d’abord, merci pour ta réaction et commentaires constructifs.

      Vous écrivez:

      « Ce véritable fourre-tout « africain » est a mon sens une des causes de la non démocratie dont vous nous rappelez les origines ». Vous avez raison et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai écrit cet article. La démocratie est pour moi la seule remède aux maux africain puisqu’elle ne peut viser que le bien général. Ce Bien incluant les biens particulier tout en dépassant leur somme.

      Vous écrivez aussi:
      « De même qu’a mon sens il n’existe pas en pratique de démocraties mais des pratiques de la démocratie, elle ne pourra s’implanter dans les différents pays qui peuple l’Afrique que par l’appropriation par les nations de la notion et son implémentation eu égard aux réalités locales ». Une fois de plus je suis d’accord avec vous. Même si ce n’est pas précisé dans cet article, je plaide pour l’explication générale de cette notion de Démocratie aux « masses populaires qui seules sont l’assise d’une véritable démocratie. La volonté politique fait malheureusement défaut.

      Mais, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous quant vous dites:

      « Ainsi l’Afrique aura, par définition, une démocratie différente des autres », car elles sont toutes différentes ».

      Pour moi, il n’y a pas plusieurs démocraties. La démocratie étant tout simplement ce système politique où le pouvoir de décision politique appartient,directement ou indirectement, au peuple. Ainsi que ce soit aux USA, en Suisse (« démocratie directe ») ou dans le reste de l’Europe, la démocratie se réalise par la tenue des ELECTIONS LIBRES ET TRANSPARENTES. Et vous serez d’accord avec moi je l’espère: La procédure électorale et la forme d’organisation des pouvoirs n’enlèvent rien sur le universalisation de la démocratie.

      Et, une fois de plus je suis d’accord avec vous quand vous dite que certains critères comme celui du niveau de vie influent sur la RÉALISATION de cette idéale démocratique..

      Vous soulevez aussi une question intéressante quand vous dites: « avant de parler de démocratie, parlons de feuille de route, parlons de moyens, et espérons qu’une fois la route tracée, nous soyons assez sage pour la rendre supportable en mettant a jour a chaque instant selon nos moyens, notre approximation pour le bien être des peuples et je l’espère a long terme pour l’émergence d’un modèle démocratique africain. Ce qui signifie une convergence des niveaux de vies pour les peuples africains vers un standard permettant l’émergence d’une nation africaine et d’un modèle démocratique satisfaisant. »

      Pour moi la Démocratie et le développement sont interdépendants. Au plus l’Afrique s’approchera de l’idéale démocratique au plus elle se développera et vice versa. Il faut travailler les deux aspects simultanément.

      Merci

      Pacifique H.

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  2. ntarugera deo koya dit :

    bien dit!

    posons-nous a present des questions du genre:

    1. comment se fait-il que les anglais ne veulent plus aller aux urnes pour elire leur premier ministre? 30 % a peine vont voter; je parle des anglais parce que ce sont eux, a la suite des atheniens antiques, qui ont eu a jouer le jeu democratique plus que d’autres peuples, supposement; mes amis diplomates et chercheurs anglais me disaient en 2003, a mon passage a londres, que les anglais ont perdu confiance en leur systeme; lequel produit toujours les memes cliques de politiciens filoux, qui ne cherchen rien tant que de s’enrichir demesurement aux depens du peuple!

    2. porquoi et comment la democratie des americains et des francais est en panne? pourquoi faut-il payer tant d’argent, des milliards de dollars, pour faire sa campagne electorale au moment ou on meurt de faim et de maladie a harlem, et ailleurs aux etats unis? c’est a coup d’argent qu’on doit reellement determiner optimalement les dirigeants des peuples?

    3. qu’est-ce que la democratie tout compte fait? n’est-ce pas unleurre? n’est-ce pas la un lieu de tant de misere politique et philosophique?…

    la democratie comme element de discours liberal et pratique politique, on l’a un peu trop vue et entendue; des millions d’africains ont ete sacrifies comme des hosties a l’autel de la democratie; des rwandaises et des rwandais sont morts par milliers entre 1959 et 1994 sous le pretexte farfelu de rechercher de la democratie; des congolaises et des congolais ont ete officiellement et inofficiellement executes en masse sous le meme pretexte; la democratisation et la « liberation » ont coute des millions et des millions de vies humaines au congo kinshasa de 1960 a ce jour;

    le genocide des tutsi du rwanda est la consequence de la quete de democratie; la cote d’ivoire a son lot de milliers de morts, …..;

    pourquoi doit aujourd’hui pretendre que ‘une certaine idee intemporelle, ‘la democratie’, serait l’antidote des maux politiques africains, europeens, americains, chinois?

    la maigre experience humaine de la democratie ne nous autorise pas a penser que c’est la la clef des problemes humains – il y a democratie et democratie: le modele athenien antique, le modele europeen moderne ne peut plus etre la reference aux africains en tout cas: on a essaye en pure perte; des contextes differents doivent produire leurs propres democratie —

    c’est cela que dit kagame paul, president de la republique du rwanda; et il n’a pas tort du tout, au regard de toute la misere politique que la democratie made in europe entraine avec elle.

    ntarugera deo koya

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    • Claudia dit :

      Monsieur Ntarugera,

      Vous dites: « le genocide des tutsi du rwanda est la consequence de la quete de democratie; la cote d’ivoire a son lot de milliers de morts, ….. ». Moi je dis von à votre insertion; le génocide des rwandais dont s’approprie le pouvoir en place actuellement, Kagame à la tête ayant une responsabilité non négligeable, est la conséquence de la lutte pour le pouvoir, point final. La preuve n’est pas loin, le génocide est devenu sa marque déposée dont le slogan est : « Ne touche pas à mon génocide ». Chez Kagame et ses sbires, parlez d’autres choses oui, lui même a accepté qu’il a tué les Rwandais au Congo, mais jamais prononcer le mot génocide. Voilà le puzzle!

      Claudia

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    • BIRENGUSEKE ! dit :

      ….Mr. MUGABE ; i
      …..izina nizere ko alilyo muntu : …..MUGABE= RUGIRA !!!!
      ….Dans mon point de vue précédent , je suis entrain d’ inviter vos regards vers celui qui a programmé ( sur commande des ILLUMINATIS ) , et exécuté le GENOCIDE ! C’ est celui qui a dit un jour à ses troupes, que leur seule démocratie , c’ est la KALACHNIKOV ; ….l’ autre vérité est que MUGENZI Richard avait été recruté par Edith : la femme du colonnel Anatole NSENGIYUNVA et en même temps complice de KAGAME dans la préparation du GENOCIDE : …..KAJUGA Robert lui , est de la famille KAJUGA à Kibungo ( Kawangire ) ; pensez aux relations qui existaient entre cette famille et la première dame du Rwanda actuel ; …ndazimuye , sinzongera…..! Allez visiter le site http://www.musoni.izihost.com .si vous le suivez bien , vous saurez beaucoup plus ; même pour l’ histoire des machettes balimo kwegeka kuli KABUGA Félicien bamubeshyera…. !!!!

      BIRENGUSEKE !

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  3. BIRENGUSEKE ! dit :

    …..le genocide des tutsi du rwanda est la consequence de la quete de democratie; la cote d’ivoire a son lot de milliers de morts,

    …..;Qui réclamait quelle démocratie cher KOYA , pour zn arriver à perpétrer un génocide des siens ….?.
    … En tour cas , on l’ aura vu avec ses kalachinikov et machettes à travers le Rwanda : …la kala…..au nord ; la mache…..au sud !!!!!
    …..Et maintenant qu’ il est là ; quelle démocratie nous a t il installé ….? à la Rwandaise où à la KAGAME , comme ANATOLE , l’ ancien taureau de la ville……. ????
    …Trouve- nous leurs femmes ( sirtout celle à Anatole ; ….elles vont nous expliquer les termes du contrat signé avec le pseudo espion MUGENZI Richard ou le rôle de KAJUGA Robert dans le génocide des siens à la KAGAME…. !!!!

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    • Eric dit :

      @Birenguseke
      Vos propos sont très confus, on ne comprend pas ce que vous voulez dire, ni où vous voulez en venir ? Il me semble que vous êtes hors sujet !!!

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