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RDC: des centaines de jeunes recrutés dans l’armée et des groupes rebelles

Publié : le 21 décembre 2010 à 2:03 | Par | Catégorie: En bref

KINSHASA 20/12 (AFP) – Des officiers de l’armée issus d’un groupe rebelle, des milices locales et la rébellion hutu rwandaise enrôlent de force des centaines de garçons et jeunes hommes depuis septembre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé lundi Human Rights Watch (HRW).

« Des dizaines de jeunes recrues ayant réussi à s’échapper, des enseignants, des dirigeants locaux et des agents de la protection de l’enfance » interrogés par HRW « ont décrit le recrutement forcé et illégal de plus de 1.000 jeunes hommes et garçons depuis septembre », dont « au moins 261 » mineurs, écrit l’ONG dans un communiqué.

Selon HRW, les recrutements sont effectués dans le Nord et le Sud-Kivu (est) par des officiers ex-rebelles du Congrès national pour la Défense du Peuple (CNDP), rallié à Kinshasa début 2009 et intégré à l’armée nationale, la rébellion hutue rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des milices congolaises Maï-Maï.

Les jeunes sont enrôlés de force dans les écoles ou sur le chemin de l’école, chez eux ou dans les champs, et « ceux qui résistent risquent de graves représailles ou même la mort », affirme l’organisation.

Parmi les recruteurs Human Rights Watch cite le général Bosco Ntaganda, ancien chef d’état-major du CNDP, et des officiers qui lui sont proches.

Officiellement chargé de l’intégration des ex-CNDP dans l’armée, Ntaganda serait en fait le numéro deux des opérations menées depuis mars 2009 dans les Kivus par les FARDC contre les FDLR et milices, et dirigerait une chaîne de commandement parallèle au sein des FARDC, ont récemment affirmé des experts mandatés par l’ONU.

Le général est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d’enfants quand il était dans une milice en 2002-2003, mais Kinshasa refuse de l’arrêter.

« Il est choquant qu’un individu recherché par la CPI puisse continuer de commettre exactement le même genre de crimes dont il est accusé », déclare Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HRW et cité dans le communiqué.

L’ONG appelle le gouvernement congolais à « mettre un terme » à ces recrutements et « arrêter Ntaganda immédiatement, au lieu de se réfugier derrière le prétexte que cet homme serait indispensable au processus de paix ».

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