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Les études cliniques à grande échelle seraient-elles d’actualité au Rwanda ?

Publié : le 9 mai 2011 à 9:50 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité
Tests au Laboratoire

Tests au Laboratoire

Une campagne de vaccination de 100 000 filles contre le cancer du  col de l’utérus a commencé au Rwanda le 26 avril 2011. Le vaccin utilisé, le « Gardasil » est un vaccin controversé qui est de loin le vaccin le plus cher en Europe avec une valeur de 372 euros pour 3 doses, soit plus du sextuple du salaire moyen au Rwanda. Le coût du vaccin, le timing de son administration, la quantité de personnes vaccinées posent la question de savoir si derrière cette campagne, ce n’est pas une étude cliniquequi est menée au détriment de la sante des fillettes rwandaises.

En effet, pourquoi les rwandais feraient exceptions aux autres peuples africains qui en ont fait les frais et continuent jusqu’à nos jours ?Rappelons-nous, le très controversé vaccin oral contre la poliomyélite, qui a été administré aux populations du Congo Belge, du Rwanda et du Burundi entre 1957 et 1960. Il s’agit d’un vaccin mis au point par un certain Dr Hilary Koprowski de la Wistar Institute (Philadelphie, USA).Ce vaccin a été administré à grande échelle aux populations, avant d’être retiré du marché au profit du vaccin Sabin. La raison de ce retrait était qu’il était infecté par un virus X (1) (2). Cet épisode malheureux a poussé à l’hypothèse que ce vaccin serait à l’origine du passage du VIH(virus du SIDA), du singe à l’homme. Cette hypothèse est bien sûr réfutée par la communauté scientifique occidentale jusqu’à nos jours.

Pour revenir plus près de nous dans le temps, rappelons-nous le scandale du Trovan®, un antibiotique de Pfizer testé sans consentement et hors indications chez les enfants nigérians dans les années 96 (3).Les procès du Nigeria contre Pfizer était encore en cours jusqu’en 2009.

Enfin, la ministre sud-africaine de la santé Manto-Tshabalala Msimang qui a qualifié de poison les antirétroviraux proposés par l’occident à son peuple (en faisant allusion à la fonction de cobaye qu’allait assumer son peuple en recevant ces traitements gracieusement offerts par les firmes occidentales), ce qui lui a coûté sa place. (4)

Aujourd’hui, c’est le tour du fameux vaccin contre le papilloma Virus (HPV), le Gardasil® de la firme Merck, d’être administré aux fillettes rwandaises. En effet, deux millions de doses au total seront administrées (OFFERTES par Merck), et 250 000 tests de détection du virus seront effectués (OFFERTS par Qiagen), selon une dépêche de l’agence AFP du 26 Avril. L’administration des premières doses a été inaugurée le 26 Avril dernier dans les écoles primaires.

Le vaccin Gardasil®

Avant sa mise sur le marché aux États-Unis et en Europe, il a été testé sur les humains pendant moins de cinq ans, donc moins que la durée moyenne d’une étude de Phase 3 ( la phase précédant la mise sur le marché) (5), qui est de cinq à dix ans. Par ailleurs , la firme Merck , entre pressions sur l’autorité pour l’obtention rapide de l’autorisation de mise sur le marché et les négociations des prix exorbitants pour ses molécules, n’en est pas à son premier coup d’essai : elle est en effet à l’origine du scandale du Vioxx®, un anti-inflammatoire qui a été mis sur le marché de manière précipité en 1999 , et en connaissant les effets sur le cœur. Le Vioxx® a provoqué le décès de milliers de personnes par Infarctus du myocarde, avant d’être retiré du marché en 2004.

La controverse vient de là, car, pour les besoins de la concurrence entre les firmes, le Gardasil® a été mis sur le marché avant d’avoir un recul réel sur ce dernier, quant à la durée de son immunisation ainsi que son innocuité. A ce point d’ailleurs, plusieurs effets secondaires ont été rapportés par la presse spécialisée des pays occidentaux (Australie, Etats-Unis, Europe) allant jusqu’au décès dans certains cas(5). Quant à l’immunité qu’il procure, il ne dépasse pas cinq ans selon les études actuelles. La question est : Est-ce qu’il faudra refaire les trois injections tous les cinq ans ? N’est-ce pas une manière propre à la firme de créer un besoin, et de ce fait une dépendance future ?

En Europe, et en Belgique en particulier, le vaccin est autorisé par la sécurité sociale pour les jeunes filles de 12 à 18 ans, car il est prouvé qu’il est efficace uniquement chez les jeunes filles qui n’ont jamais eu de rapports sexuels. Chez les personnes ayant eu des rapports sexuels, il y a un risque de développement de lésions pré cancéreuses.

Du point de vue financier, le Gardasil® coûte sur le marché Belge 124 euros pour une dose. Pour être immunisé, il faut faire une série de trois doses. Ceci revient au total à 372 euros au total, dont 330 euros environ au compte de la sécurité sociale. C’est de loin le vaccin le plus cher sur le marché européen actuellement. Mais la vaccination n’est pas obligatoire, elle reste volontaire.

La question est : Pour quelles raisons un vaccin aussi cher et encore sous brevet (une dose coûte plus du double du revenu moyen d’un rwandais ), serait donné gratuitement aux « pauvres jeunes fillettes
rwandaises » ? N’est-ce pas ce que l’on appelle chez nous « Impuwe za bihehe » ?

Campagne de vaccination en Afrique

Campagne de vaccination en Afrique

Actuellement, plus de 30 études cliniques sur le vaccin contre le Papilloma virus HPV sont encore ouvertes dans les pays de l’union européenne (répertoriés dans le registre européen ). Cependant, les firmes occidentales ne sont pas tenues de déclarer les études qu’elles effectuent en dehors de l’UE, des USA, Australie…Les règles ne sont pas les mêmes en dehors de ces frontières et dépendent souvent du bon vouloir de l’autorité locale, ou de la réglementation mise en place en matière des essais cliniques. Inutile de vous préciser que dans la plupart des pays dit du tiers-monde, cette règlementation est quasiment inexistante (4). La corruption donne souvent aux firmes un consentement oral et général pour toute la population, quine comprend pas souvent les enjeux et les risques encourus.

Quelques chiffres…

Par ailleurs, selon le rapport de l’OMS, le virus HPV (human papilloma virus) provoque seulement 70% des cancers du col de l’utérus, et non pas «tous »les cancers du col de l’utérus. Neanmoins, plus de 80% de ces cancers sont détectés dans les pays en voie de développement (500 000 nouveaux cas par an dans le monde). Mais à ce point-là, il n’existe actuellement pas de statistiques fiables sur la mortalité et la morbidité par le cancer du col de l’utérus au Rwanda. Selon la responsable de la santé reproductive et de l’adolescent, Diane Mutamba, le taux d’incidence du cancer du col de l’utérus est de 49,4/100.000.

Néanmoins, dans le contexte de santé publique au Rwanda (World Health Statistics 2006, rapport OMS), il y a d’autres fléaux d’une grande mortalité, notamment la mortalité infantile qui est de plus de 20%, en majorité dû à la diarrhée et les infections respiratoires. Le taux d’incidence de la tuberculose est de presque huit fois celui du cancer du col de l’utérus (371/100.000), sans oublier le VIH (5% de population entre 15 et 49 ans), la malnutrition et la malaria qui n’est pas éradiquée ; et aujourd’hui, la santé mentale qui a pour cause tous les traumatismes de guerre.

Alors il est à se demander si l’urgence est d’administrer des doses d’un vaccin controversé à ses enfants, au lieu d’investir dans les domaines de la santé qui sont plus pertinents, question de priorité.

Enfin, si étude clinique il y a avec ce fameux « Gardasil® », ou « test » sur le continent africain, nous savons que les études ne se font jamais sans rétribution aucune.

Il est légitime de se demander qui empoche la rétribution offerte gracieusement par Merck et Qiagen : Le ministère de la santé et ses dirigeants qui ont donné leur accord ? Mme Jeannette Kagame qui a lancé le projet ?

On ne peut pas nier le fait qu’il existe plusieurs zones d’ombres derrière cette affaire de vaccin. Les firmes pharmaceutiques n’ont jamais été des philanthropes à ce point. De plus, un gouvernement qui prend une décision de stériliser définitivement sa population, et qui devient soudainement inquiet de la santé de ses enfants en leur administrant un vaccin pas encore au point, il y a lieu de douter de sa philanthropie aussi.

Faisons-nous l’illusion d’espérer que quand ces fillettes auront des problèmes de santé, la facture empochée servira à les dédommager !

Rugwiro
Jambonews.net
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(1) Edward Hooper-The river- a journey to the source of HIV and AIDS , ISBN 0-316-37261-7 ISBN 0-7139-9335-9 ISBN 0-920674-23-2 ISBN 0-14-028377-3 ISBN 0-316-37137-8

(2) Documentaire télévisé sur les origines du SIDA sur Dailymotion

(3) Washington Post 7 mai 2006 : Panel Faults Pfizer in ’96 clinical trial in Nigeria

(4) Médicaments du monde testés sur les pauvres du sud, le Monde diplomatique, Mai 2007, Sonia Shah

(5) les effets indésirables du Gardasil® se dénombrent par milliers – Alter info 7 octobre 2007

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7 Commentaires à “Les études cliniques à grande échelle seraient-elles d’actualité au Rwanda ?”

  1. narumiwe dit :

    merci pr cette article bien fais et bien documenter (afin un vrais journaliste)
    bcp des questions que tu pose ( pertinent)
    le programme contre les moustik la meme chose les produits utilise sont interdit dans la plus part des pays meme par L´oms (on lutter contre la malaria mais et augmenter les cas de cances avec ses produits)
    au rwanda les gens au pouvoirs c´est de amateur

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  2. BURENGUSEkE ! dit :

    ..

    …..Biracyazaaaa…!!!!
    …Habanje  » MACINYA  » hakulijirago SIDA : none haje PAPILLOMAVIRUS..; ikulikiye CAGUWA…!!!! …Ibyiza uliya mugore azatuzanira n- ibyo jike …!!!!….mwitondnere HOPITAL KACYIRU ..!!!!

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  3. aura dit :

    Bon article, tres bon journalisme. je fais suivre

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  4. mahoro meza dit :

    Rien à dire ,l’article est excellent !!!

    j’attends impatiement les commentaires de fanitiques aveugles du régime de kagame. je crois q’ils doivent reconnencer à défendre l’ indeféndable

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  5. Girubutwari dit :

    C’est bien connu que la maladie du cancer (de toute sorte) fait ravage chez les occidentaux . Le taux de prévalence du cancer de l’utérus y est aussi élevé que les autres types de cancer. Pourtant, C’est là que se trouvent les grands chercheurs et producteurs de toute sorte de vaccins.
    – Pourquoi n’y a-t-il pas ce genre de campagne de vaccination à grande échelle des fillettes contre le cancer de l’utérus ?
    – Les autorités rwandaises peuvent-elles prouver dans quelle mesure la menace de cancer de l’utérus pèse sur les jeunes rwandaises plus qu’ailleurs dans le monde pour justifier cette hâte pour un vaccin qui risque d’hypothéquer la santé et l’avenir de tout un peuple?
    Ca donne à réflechir !

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  6. BURENGUSEkE ! dit :

    …..Uyu mnsi vendredi le 13 mai 2011, nagiye kureba DOCTEUR P.PAVESE wiyemeje kunvuraaaa :
    jyewe n’ abanjye boseee . Nuko nkigerayo; kubera ko nali narasizeyo des examens de sang chez les Infirmières ; DOCTEUR wanjye arambwira ngo j’ ai des résultats historiques …!!! !….IMubajihe icyo bivuze ambwira ko : ibyo bivuze ko j’ai des virus partout dans le SANG , aliko ko ntacyo ndwaye , bitambuza kubaho uko mbyifuzaaaaa !!!! …..Niyo CONCER de l’ utérus lero ntayo nos fillettes barwayeeee…!!!!….Ce sont seulement les éternelles NAIVES AFRICAINES !!!!

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  7. v.ingabire dit :

    yEWE. mwabuze ibyo muvuga noneho kabaye. Harakorwa iki, ngo dore kandi bari kubikora neza, hatakorwa ikindi ngo dore kandi iki nacyo. babyita kubura uburyo. Babyita kujajwa, gutataana , guta umutwe.

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