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Diaspora: Je t’aime, moi non plus

Publié : le 7 octobre 2011 à 6:31 | Par | Catégorie: Opinion

 

Diaspora

Diaspora

De celle-ci, le dictionnaire Larousse nous donne la définition suivante : « Dispersion d’un peuple, d’une ethnie à travers le monde ». C’est tout ! Pas de lien avec devoirs politiques, lobbysmes, voire Western Union. Non. Juste la diffusion d’un groupe en dehors de son pays d’origine. On ne peut se contenter d’une définition aussi fade. A savoir aussi qu’initialement, le mot concernait uniquement le peuple juif, du temps de l’Exode, au VIe siècle av. J-Christ. Il portait alors une majuscule. Aujourd’hui, plus 2000 ans plus tard, on parle de diaspora italienne, camerounaise, chinoise…rwandaise, etc. A vrai dire, la définir en soi et l’identifier est chose facile, mais définir son rôle et sa raison d’être, c’est une toute autre paire de manches. En effet, à quoi/qui sert-elle ? La diaspora: une fin en soi ? A l’heure de la mondialisation et de la dite solidarité internationale, que peut-elle offrir, c’est-à-dire aussi bien pourle pays d’accueil que pour son pays d’origine ? Est-ce une sorte de passerelle, ou encore : peut-on la considérer comme un groupe homogène ? Les questions posées ci-dessus ne datent pas d’hier. Il y a déjà, pour les migrations d’Afrique sub-saharienne, des associations subventionnées par l’Etat qui étudient ce phénomène. Un exemple, en Belgique, est le Centre d’Etudes et de Mémoire des Migrations Subsahariennes (cémis). Ce dernier défend une organisation des diasporas plus structurée, pour favoriser au mieux les coopérations à l’échelle transnationale. En effet, le Cémis estime que les diasporas, dans l’ensemble, sont les grandes oubliées dans les appels à la solidarité, malgré que ces dernières soient très actives. Et qu’au niveau économique, l’émigré soit potentiellement une manne dans le marché du travail ; l’import-export ; les transferts d’argent, etc.

Une nouvelle identité ?

Parce que l’Occident offre une stabilité politique et économique de premier choix, la diaspora africaine, dans son ensemble, tend généralement à s’y établir de façon permanente. L’immigré vient ainsi alors à se confondre avec la société d’accueil. On parle d’intégration, voire dans les cas extrêmes : d’assimilation. Dans le premier cas, le lien avec le pays natal reste vif. En effet, dans les pays du Nord, l’immigré est conscient de ses différences. D’abord au niveau linguistique et culturel, à savoir que ses capacités de communication se retrouvent soudainement limitées dans la nouvelle société. Et l’immigré sub-saharien, qui interagit souvent avec la communauté africaine ou « compatriotes d’origine », cherche à recréer, du moins pour un temps – consciemment ou inconsciemment – l’environnement originel à travers ses relations et pratiques sociales. Il se retrouve alors avec des personnes avec qui il partage la même langue, plus ou moins les mêmes pratiques culturelles (croyance(s), goûts musicaux, cuisines), en bref : une conscience et mémoire communes. Cette dernière est importante, tel le dit un dicton africain : « Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens ». Beaucoup pourraient y voir en cela une attitude réfractaire, pour faire face à une identité menacée par la culture dominante. Pourtant ce communautarisme fait partie du processus de réaffirmation identitaire et que le danger serait plutôt de le marginaliser, comme ce fut longtemps le cas avec la création de ghettos urbains pour minorités ethniques. Il est par conséquent préférable qu’à la diaspora on lui réserve un espace public et permanent, pour le simple respect de ses spécificités culturelles – dans une démocratie aux valeurs multiculturelles. Parce que s’assimiler au modèle dominant et homogène serait incompatible avec les valeurs de démocratie libérale. Quand l’Etat réserve un espace à la diaspora, il suppose qu’il reconnaît cette dernière dans son caractère entier.

Rôle(s) et affinités

Rencontre de la diaspora rwandaise

Rencontre de la diaspora rwandaise

Une fois la reconnaissance reconnue, on passe à l’étape suivante. En effet, à l’heure de la mondialisation, quel rôle peut jouer l’immigrant dans la relation Nord – Sud ? Comme dit, la diaspora est, à un certain degré, une passerelle dans les relations entre deux Etats (de résidence et d’origine). Aujourd’hui, avec le nombre sans cesse grandissant d’immigrés dans les pays du Nord : les autorités étatiques commencent à prendre en compte de l’utilité de la diaspora et leur apport dans le Développement. Mais l’erreur serait de partir du raisonnement qu’une diaspora est un groupe homogène et prêt-à-l’emploi. De plus, chaque acteur, dans le discours du développement, a des revendications propres, c’est-à-dire des intérêts (économiques) propres. Les Etats, les immigrés et leurs associations respectives peuvent avoir des objectifs et des points de vue divergeant quant au modèle(s) de développement et leurs biens fondés. Au niveau politique, le passé diplomatique entre deux Etats peut jouer comme frein à la coopération. Au sein de la diaspora, des clivages d’ordre religieux, socio-ethnique, régionaliste peuvent empêcher un discours d’intérêt commun. Enfin, il peut même arriver que la diaspora se retrouve entre deux feux, devant même jouer le rôle de médiatrice ou au contraire d’enflammeuse, si les relations entre les deux Etats venaient à s’envenimer. Donc la coopération à l’échelle transnationale, ses échecs et ses succes-stories : doivent aussi être pris en compte le contexte politique et historique qui animent les deux pays. Et cela est surtout valable pour les pays de l’Afrique noire, anciennes colonies du Nord. La coopération part déjà avec ce handicap. Mais est-ce une faiblesse ou une force ? Assurément que nombreux seraient tentés d’y voir, dans les efforts des anciennes puissances colonisatrices, une nouvelle forme de paternalisme.

Un autre hic dans le débat de la mondialisation est que cette dernière justement, avec l’ouverture des frontières, a favorisé un climat de peur et d’incertitudes, essentiellement dans le Nord. Comme de la sécurité du marché du travail, défendue par la masse autochtone, c’est-à-dire les “forces productrices”. A cette contradiction, là aussi les Etats du Nord tiennent un double langage : entre montée en puissance des discours de droite, nationalistes et les réalités économiques que sont les délocalisations et agrandissement de la zone Euro: l’immigration se trouve ainsi prise au piège par une politique de dénigrement, très tendance dans les débats populaires.

De la coopération Nord-Sud en Belgique

Mais, malgré ces freins, les efforts de collaboration entre Nord-Sud ne manquent pas. Par exemple il y a la Direction Générale de la Coopération au Développement (DGCD) : une fonction publique fédérale belge qui tend à favoriser la coopération et le progrès. La DGCD « soutient des programmes qui font jouer le maximum de synergies possibles pour mieux valoriser les moyens et apporter des appuis à des actions de développement décentralisées dans une approche globale, structurée et cohérente ». Le fait de préciser que ce sont des actions décentralisées est important, parce que c’est là qu’entre la diaspora : actrice clé dans cette collaboration pour le développement. Longtemps négligée, elle est ici placée au centre des demandes, car souvent elle connaît la situation sur le terrain, mieux que quiconque. Une approche qui nous montre qu’il est possible de marier « migration » et « développement », des mots pourtant à première vue contradictoires. Pourquoi? Parce que, et ça c’est un autre fait substantiel, notamment que le Sud souffre d’une fuite de cerveaux accrue – qui vont s’installer définitivement dans les pays du Nord. En effet, on ne devient pas un immigré pour le plaisir d’être immigré. A côté des immigrés – réfugiés politiques, il y a des réfugiés économiques. Bref, là aussi, trop de différences pour que tous soient mis dans le même sac. Certes, l’idée charitable de développer les pays du Sud pour les sortir de la pauvreté permet de freiner les flux migratoires vers les pays du Nord. Mais il faut avouer qu’il est difficile de dissuader les émigrés – dont certains sont prêts à traverser le désert à pied pour rejoindre l’Europe – que leurs pays sont en train d’être développés par des organisations du Nord, même avec l’aide de la diaspora. L’Europe reste l’Eldorado pour nombreux sub-sahariens. Quand bien même la situation de l’autochtone venait à s’améliorer dans son pays, l’attirance pour le Nord reste manifeste, ne serait-ce que pour la stabilité politique (démocratie) qu’offre ce dernier. Outre que  les migrations actuelles s’expliquent aussi par le boom démographique sur le continent noir, depuis les indépendances. Incapable d’absorber et offrir de l’emploi à cette jeune population en soif d’un avenir meilleur, l’Afrique n’a pas d’autre choix que de voir ses populations migrer – aussi bien en Europe qu’à l’intérieur de ses propres terres.

Revenons au cas de la Belgique, fort éloquent. Ancienne puissance coloniale qui s’est appropriée l’immense Congo et tenait sous son protectorat le Rwanda et le Burundi, elle a de quoi rougir quand on lui parle de son passé avec ces pays, aujourd’hui indépendants. Sans entrer dans les détails historiques, je prends un raccourci pour analyser les rapports actuels entre ces différents protagonistes. Tout d’abord avec la République Démocratique du Congo. En effet, il est étonnant de constater que la Belgique collabore étroitement et de manière officielle avec une dictature responsable du chaos, même si c’est en en vue de promouvoir le développement. Donc oui je questionne la politique étrangère de la Belgique. L’ironie est la suivante : les fonds d’aide au développement – issus du contribuable belge – donc y compris des immigrés, ne se retrouvent-ils pas, au final, dans les caisses d’un pouvoir despotique des plus sanguinaires – le même pouvoir que cette diaspora a été contraint de fuir ? Un retour à la case départ donc. Cela explique également la réticence de nombreux membres de la diaspora à s’investir davantage dans ce genre de causes initiées par l’Etat belge. En effet, la diaspora estime que les autorités belges ont des comptes à rendre quant à la façon dont celle-ci gère ses relations avec la R.D.Congo et ce depuis les indépendances. Une partie de la diaspora se sent même trahie quand elle voit la complicité qui règne au niveau diplomatique entre les deux pays. Donc la DGCD, dans sa volonté de s’organiser, même à titre privé, avec la diaspora, pourra-t-elle passer outre le spectre de l’histoire ?

Mais des efforts collatéraux subsistent. Un autre exemple est l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Celui-ci a dernièrement initié une branche spécialisée dans la région des Grands Lacs, à savoir Migrations pour le Développement en Afrique (MIDA). Une institution publique et privée qui veut croire au développement mutuel. Son point de départ est le suivant :

« De nombreuses régions du continent africain souffrent actuellement d’une pénurie de ressources humaines qualifiées, due au départ massif des cadres et des diplômés universitaires. L’instabilité politique, les conflits armés, le chômage et la mauvaise gouvernance sont autant d’incitations à l’émigration vers des terres réputées moins hostiles. Cette fuite des cerveaux constitue pour de nombreux pays un obstacle au développement durable. C’est particulièrement vrai lorsque la pénurie de main d’oeuvre qualifiée touche des secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé, le développement rural ou le tissu économique générateur d’emplois».1

Conclusion

On l’oublie souvent mais l’Occident est et restera un acteur tout aussi responsable, quand on analyse son passé et sa complicité (pour des fins économiques – occultes) avec les dictateurs d’Afrique. Mais quand bien même tous les acteurs sont présents, cela ne résoud pas pour autant l’affaire du “comment” développer cette fameuse citoyenneté transnationale. Mon avis est qu’il faut néanmoins continuer à stimuler ce coefficient de développement, afin qu’il soit capable de transcender les intérêts propres des acteurs au titre individuel, ainsi que les politiques et Histoire partagées entre pays du Nord et pays du Sud. Donc promouvoir un développement durable, mis en avant par la société civile mondiale, débarrassée des intérêts politico-économiques privés. En résumé : une démocratie transnationale.

Comme l’adhésion est contractuelle, tous les acteurs sont responsables. La théorie juridique du principe d’égalité et d’équité dans la coopération fait qu’aucun protagoniste ne revendiquerait sa supériorité sur un autre. Parce-que longtemps la coopération Nord-Sud a été perçue comme unilatérale : un regard condescendant de l’occident à l’égard du grand malade qu’est l’Afrique. De plus il est étonnant de voir encore que la diaspora africaine, aux yeux des autorités des anciennes puissances coloniales et leurs décisions politiques concernant l’Afrique, sa voix reste marginalisée. La visite récente de Paul Kagamé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, en est un parfait exemple. Là aussi, une grande partie de la diaspora rwandaise dénonce le soutien et les fonds qu’accordent l’Occident au Rwanda dans le cadre de son développement quand on sait que les fonds en question vont soutenir et renforcer le monopartisme du FPR (Front Patriotique Rwandais). L’aide accordée à ce pays aide peut-être au développement, mais ce développement est d’une part difficile à analyser car il y a absence d’opposition politique et analyses indépendantes pour nuancer les statistiques du parti unique FPR, démagogue. Et, d’autre part, on questionne son étendue et sa durabilité. On avance ainsi dans le brouillard, délibérément. Mais comment la solidarité internationale peut-elle s’accroitre dans ce flou ? Au fond, ce genre de comportements – qu’est de brosser la bête dans le sens du poil – comporte le risque qu’on se retrouve, à nouveau, dans une relation de dépendance et de mépris.

Pour terminer, il faut voir les dangers – déjà visibles – au sein de cette diaspora, mal-aimée et mal organisée, en Occident. A la longue, elle devient vulnérable: une proie facile aux régimes tyranniques du continent noir, qui profitent de cette faiblesse pour séduire afin de redorer leur image à l’étranger. Il suffit de penser à l’attrait qu’a aujourd’hui le FPR dans la diaspora rwandaise.

Jean Bigambo
Jambonews.net
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1 .http://mida.belgium.iom.int/index.php?option=com_content&task=view&id=14&Itemid=42

 

 

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8 Commentaires à “Diaspora: Je t’aime, moi non plus”

  1. Bruxelles est en fait la capitale d’un Europe des diaspora. On se souvient dans le passé le nom d’un immigrer bienconnue, un certain Karl Marx (bien que je ne suis pas fan). Qui dit que le diaspora ne pourrait pas influencer le monde? Aujourd’hui le diaspora des pays des grands lacs représente une grande partie de ce gâteau. Le rôle que pourrait jouer les diasporas dans l’Union européenne dans le processus politique est un sujet fort intéressant. Biensur il-y-a beaucoup de mais et de dangers comme vous les évoquer dans le dernier alinéa, mais il-y-a aussi des possibilités. La marginalisions du diaspora peut en-effet aussi être un atout. Si on considéré Bruxelles sur internet on constate que des bloggeurs actives vient des quatre coins du monde. Bruxelles est l’endroit idéal de tester et d’étudier comment un diaspora peut s’affirmer dans la place publique afin de devenir l’exemple et le « thought leader » dans ce domaine.

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    • Jean Bigambo dit :

      Cher Vincent,

      En effet, à l’heure de la mondialisation, je pense que la diaspora ne peut plus se contenter d’un rôle aussi abstrait. Les diasporas ont la capacité d’agir avec le même impact que les plus puissantes ONG. Et Bruxelles, comme capitale de l’Union Européenne, comme tu le dis si bien, offre déjà un terrain fertile. La diaspora, pour moi, à l’heure actuelle, c’est un peu comme un diamant brut pas encore extrait de la terre.

      …Vs avez tort de déprécier Marx. Le fond de son message reste très actuel! Pensez à son concept d’aliénation, appliqué justement à cette diaspora – détachée de son « bien », par les affres de la « modernité ». Ses concepts ont cette facilité déroutante de s’appliquer presque à titre universel

      Merci

      J.Bigambo

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    • Umubyeyi dit :

      Le Grand bémol avec la mise en place d’une organisation politique de la diaspora serait son instrumentalisation par les puissances occidentales pour encore mieux installer l’insécurité et l’instabilité politique dans les Pays d’Afrique ( pour des raisons occultes).

      De plus, les premiers à favoriser ce type de regroupement sont des élites africains immigrés en Europe. Ils sont souvent les seules à avoir des moyens intellectuels et financiers pour s’investir dans le politique et souvent pour tenter récupérer leurs anciens privilèges. Je ne suis pas contre ce type d’organisation mais j’y mets de grandes réserves.

      Je continue à défendre l’idée qu’on peut contribuer à défendre le pays que par les voies internes et surtout en allant sur le terrain pour observer les besoins de la population.

      Autre remarque est qu’il est souvent grand temps de dire non à ces termes « d’immigrés » ou nouvellement appelé « diaspora ». Si tu es dans un état et que tu payes les impôts dans ce pays, tu n’es pas un immigrés, tu es totalement un ayant droit. Ce terme « d’immigré » me rappelle encore qu’on dit  » les Afro-américain » ou « Black Américain » pour éviter de leur reconnaître l’entièreté leur droit, pour continuellement les rappeler qu’ils viennent d’ailleurs. Pourtant les « White américain » sont également des immigrés. Il faut refuser ce terme d’immigrés et vous unir pour défendre vos droits dans le pays résident.

      Dernièrement, un message a adressé à l’auteur de l’article. Il est bien écrit mais on remarque profondément tes influences économique (j’imagine une formation économique). Tu utilise trop souvent les termes de mondialisation et des justification économique pour défendre ton idée de base. Ton article manque profondément des concepts d’éthique, moralité, politique et surtout d’une bonne analyse sociologique.

      Le monde et les actions humaines ne se justifie pas par l’économie.

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  2. Rodman dit :

    Mr BIGAMBO,

    J’ai pris le temps de vous lire, et, je pense que vous n’êtes pas seulement celui qui dénonce le pouvoir de KAGAME mais aussi celui qui soutient l’idée que l’aide au développement accordé pour le Rwanda n’ a pas raison d’être tant que le FPR n’a pas une opposition digne à votre goût. Cependant, j’aimerai de vous demander à démontrer comment KAGAME et le FPR seraient les perdants si l’aide au développement venait d’être coupé?. A mon avis, quand bien même il s’agît d’un embargo ( j’envisage le pire), le perdant a toujours été le peuple, l’homme du palais n’a rien à perdre sauf son pouvoir. Dès lors je pose la question « doit-on toujours sacrifier le peuple? » car, ici aussi on n’a pas l’avis de ce dernier si ce n’est celui d’une petite partie des gens qui sont dans un confort des pays riches. Moi, je pense que cette option n’est pas la bonne, le seul bémol est que je n’ai pas du moins pour le moment la meilleur solution, mais, ensemble on peut la trouver. Donc, nous devons continuer sur d’autres chemins.

    Bien à vous.

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    • Jean Bigambo dit :

      Cher Rodman,

      Cela revient à dire qu’il faut céder à une certaine forme d’injustice pour le « bien du peuple », parce que le FPR fait du chantage? Un peuple pris au piège, entre autonomie et mort certaine? Oui il y a développement, mais j’aimerai que ce dernier soit surtout décentralisé; où la société civile tient le rôle d’actrice, non de figurante. Tout cela s’apprend. Bref: je suis d’avis qu’il faut autonomiser la société rwandaise et sa diaspora.

      Merci

      J. Bigambo

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  3. Placide dit :

    Rodman,

    je suis d’accord avec vous sur certaines aides et à condition qu’elles ne soient pas détournées et utilisées pour d’autres fins. Par exemple les aide à destination du secteur de la santé.

    Par contre le budget du gouvernement rwandais est financé à plus de 50% par l’aide extérieure. Pour moi, si celle-ci est coupée le régime ne peut survivre plus de 6 mois.

    La population en souffrirait certes, mais pour une courte durée! Mais profiterais aussi bien de la liberté mais aussi de ses ressources qui ont fui et qui sont prête à y retourner si la stabilité politique est assurée

    Voici un extrait d’une étude d’un prof d’économie à l’univ du Québec à Montréal, Dr Emmanuel Hakizimana

    « Par contre, le régime de Kagame occupe le premier rang mondial en matière de dépenses militaires. Selon le CIA-World Factbook, en 2006, le Rwanda a consacré 13 % de son PIB aux dépenses militaires. Même l’aide au développement accordée au Rwanda est ponctionnée à concurrence de 10 % pour financer les organes de répression, soit le double de la part réservée à l’agriculture »

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  4. mateo dit :

    LE RETOUR AU BERCAIL
    Voila plus de 17ans que le Rwanda a été libéré des différents maux dont le génocide perpétré contre les Tutsi, le divisionnisme et le régionalisme. Cependant il y a encore des enfants du Rwanda qui préfèrent encore rester en dehors de ce pays où coule le lait et le miel.
    Bien que le pays de Mille Collines connaisse une expansion que le Monde ne cesse d’évoquer,il est toutefois regrettable de voir qu’une partie de sa population s’accroche toujours au « statut de réfugié ».Statut que j’appellerais « statut de honte » pour un peuple qui a un pays de paix et de sécurité pour tous .
    C’est pourquoi, grande a été ma joie quand j’ai appris l’annonce de la fin du statut de réfugiés rwandais et la fin des droits et avantages liés à ce dernier » selon la clause de cessation prévue par la Convention de Genève de 1951 et qui sera mise en pratique à partir du 30 Juin 2012.Je me suis dit après cette annonce « bingo !ils y ont pensé finalement ».C’est l’une des meilleures démarches que le Gouvernement rwandais ait entreprises.
    Lors de ma dernière visite du Rwanda, j’ai souffert dans mon for intérieur en pensant aux pauvres rwandais qui subissent encore l’humiliation d’être appelés « réfugiés » alors que dans un beau pays au cœur de l’Afrique, ils changeraient de nom et deviendraient « citoyens » et recouvriraient toute la dignité qui va avec cette appellation. Ils arrêteraient de vivre des aides sociales qui ne valent pas grand-chose alors qu’ils ont un Etat de droit où ils peuvent vivre, s’épanouir et se mouvoir en toute liberté.
    Je parle surtout des Rwandais réfugiés en Afrique parce que j’ai eu le temps de toucher du doigt leur souffrance. Je citerai les exemples des réfugiés rwandais vivant au Cameroun, au Gabon, en RDC , en République Centrafricaine, au Togo ,au Sénégal. Il est vraiment triste de voir des familles rwandaises dans ces pays que j’ai cités qui n’ont pas de moyens de faire soigner leurs enfants alors que au Rwanda toutes les couches sociales du Rwanda ont accès aux Mutuelles de santé. Il est triste de voir un Rwandais docteur déambulant dans les rues de ces pays parce qu’il ne peut pas se faire embaucher à sa juste valeur. Quelle tristesse de savoir qu’un enfant rwandais réfugié n’a pas droit à la scolarisation dans certains pays alors que l’école primaire et secondaire sont gratuites au Rwanda ! Que dire par exemple, des rwandais en Belgique qui sont obligés de vivre des CPAS de la galère. Une telle chose faite à un européen, il n’hésiterait pas d’ester en justice mais un réfugié ne pense qu’à voir le jour se lever.
    Après avoir vu tout ceci, c’est avec surprise et regret que j’ai aussi appris que 28 associations d’Europe, d’Amérique et d’Afrique ont adressé un mémorandum le 28 Mai 2011 au HCR pour dénoncer cette décision. Ces associations n’ont pas hésité de traiter le Rwanda d’un Etat criminel. Je parie que tous ceux qui ont signé cette pétition n’ont pas encore mis pied au Rwanda. Toute personne ayant visité le Rwanda encouragerait son frère ou sa sœur à y retourner parce qu’il y fait beau vivre et sur chaque point de vue.
    Aussi, après ce que j’ai vu au Rwanda de mes propres yeux, je soulignerais qu’il est vraiment inutile de décourager le rapatriement des réfugiés rwandais, en se basant sur les rwandais qui fuient leur pays à cause de leurs intérêts personnels. Ces derniers sont différents de vraies autorités rwandaises qui sont là pour l’amour de leur patrie et non pour leurs propres ventres dit-on !Et il ne faut pas ignorer que ces derniers qui essayent de décourager les réfugiés de retourner dans leur pays par des faux témoignages, sont ceux-là qui avaient des comptes à l’étranger. Eux, ils ont la politique de leur moyen, qu’ils arrêtent donc d’influencer les Rwandais qui souffrent alors qu’ils peuvent trouver la paix sur leur territoire. Leur fuite me rappelle toujours les murmures du peuple d’Israël dans la Bible, qui disait à Moïse qu’il souffrait dans le désert, qu’il aurait préféré resté en esclavagisme en Egypte. Ils avaient oublié les fouets quotidiens de Pharaon! Ces Rwandais ont vite oublié le temps de leur souffrance en exil.
    En tant qu’ami du Rwanda, je finis en croisant les doigts pour qu’après la réunion des Etats concernés qui se organisée en Décembre prochain, cette décision soit bel et bien effective suivant le calendrier établi à cet effet.

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