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Rwanda : nouvel enlèvement d’un opposant

Publié : le 4 janvier 2012 à 3:19 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Membre du comité exécutif provisoire du parti FDU-INKINGI en charge de la jeunesse, Gratien Nsabiyaremye a été enlevé par des militaires dans la soirée du 1ier janvier 2012 à son domicile situé au Village de Kabiza dans le Secteur de Nyamyumba dans la région de l’Ouest du Rwanda.

Gratien Nsabiyaremye

Gratien Nsabiyaremye

Dimanche dernier aux alentours de 20h un groupe de militaires de l’unité marine de l’armée rwandaise basée à  Gisenyi , armé jusqu’au dent, a attaqué le domicile de Gratien Nsabiyaremye. Accompagnés par  le responsable du quartier, ces militaires ont voulu arrêter l’intéressé dans la nuit même. Constatant que ces militaires n’avaient ni mandat, ni motif valable de l’arrêter, Nsabiyaremye  n’a pas voulu se laisser faire, et a sommé  ces étrangers hôtes  de revenir le lendemain, muni d’un mandat d’arrêt en bonne et due forme.

Très tôt dans la matinée avant le lever du soleil, une cinquantaine d’hommes en uniforme, probablement les mêmes qui étaient là dans la nuit, ont encerclé le domicile de Nsabiyaremye , et ont longuement roué des coups ce dernier devant sa famille, avant  de l’arrêter et le conduire  dans un lieu qui reste jusqu’ à maintenant inconnu. Des sources dignes de foi, nous apprennent que les militaires qui ont procédé à cet enlèvement de Nsabiyaremye , agissaient  sur les ordres du Capitaine Rutaburingoga,  qui a été vu sur le lieu d’ arrestation, et qui a pris largement part dans matraquage de  Nsabiyaremye avant de l’ embarquer.

Cet enlèvement de Nsabiyaremye n’est pas un acte isolé, car il vient s’ajouter aux nombreux autres qu’on ne cesse de signaler au Rwanda. En effet,  il est rare  qu’un jour passe au Rwanda, sans qu’on signale des actes d’arrestations, répressions et une série d’intimidation envers les opposants politiques, et tous ceux qui ne parlent pas le même langage que le pouvoir dictatorial du général Paul Kagame. Nous rappelons le cas du professeur Lambert Havugintwari, qui a été enlevé le 9 février 2010 et séquestré par les services de sécurité rwandais dans un lieu secret pendant plus de deux mois, sans qu’aucun membre de sa famille ne soit mis au courant. Suite aux pressions des medias, partis d’oppositions et organisations de défense des Droits de l’homme, la police avait finalement admis détenir ce professeur dans ses locaux.

C’est également le cas de trois cadres du PS Imberakuri, un parti d’opposition dont le président est emprisonné, qui ont été kidnappés et portés disparus en 2010. Malheureusement, jusqu’à ce jour, personne ne sait ce qu’ils sont devenus. Il s’agit de SIBOMANA RUSANGWA, secrétaire particulier de Bernard NTAGANDA, enlevé le 13 juin 2010 vers 20h00 heures de Kigali à Nyamirambo, Jean Marie Vianney NSHIMIYIMANA, disparu depuis le 25 mars 2010 alors qu’il rentrait de Kigali après le congrès du parti, et de Denys MPAKANIYE, responsable du parti à Karongi Mubuga disparu depuis le 20 juin 2010.

Le 8 Juillet  2011 vers 13h30, c’était au tour de six membres des partis PS-Imberakuri et FDU-Inkingi de se faire kidnapper par la police rwandaise alors qu’ils venaient de rendre visite à un compatriote, Sylvain Mwizerwa, incarcéré dans la prison de Kimironko.

Le 15 septembre 2011, alors qu’il rentrait chez lui après avoir assisté quelques heures auparavant en tant que spectateur à une audience du procès de Victoire Ingabire, Eric Nshimyumuremyi, représentant du PS Imberakuri dans le District de Kicukiro, a été grièvement blessé par deux policiers à moto qui lui ont tiré dessus,  lui et son compagnon de route. Nshimyumuremyi est à l’heure actuelle toujours hospitalisé au Centre Hospitalier de Kigali (CHK) où il est soigneusement gardé par des hommes de la CID(Criminal Investigation Department) qui interdisent toujours tout accès à sa chambre aux membres de son parti et à sa famille.

Rappelons également que Maitre Bernard Ntaganda et Madame Victoire Ingabire respectivement leader du PS Imberakuri et des FDU Inkingi sont toujours emprisonnés. André Kagwa RwiseReka, vice-président du Parti vert démocratique, a quant à lui été découvert le 14 juillet 2010, quasiment décapité, après avoir été porté disparu depuis plus d’une semaine et Frank Habineza, le Président de ce parti est actuellement en exil.  Ces trois partis d’opposition, sont les plus persécutés par le régime en place. Ils avaient été empêchés de participer à l’élection présidentielle d’août  2010.

Les intimidations et agressions envers les opposants au régime de Kigali ne s’arrêtent pas à l’intérieur des frontières rwandaises, le 5 mars 2010, Déo Mushayidi, Président du PDP-Imanzi qui comptait se présenter aux élections présidentielles d’août 2010 a été kidnappé au Burundi et extradé au Rwanda,  ou il purge une peine de prison à perpétuité.

Fin juin 2010, une tentative d’assassinat a été perpétrée en Afrique du Sud contre l’ancien chef d’état major de l’armée rwandaise, Faustin Kayumba Nyamwasa. Jeudi le 12 mai 2011, c’est René Claudel Mugenzi, un jeune rwandais réfugié en Angleterre, et Jonathan Musonera tous deux critiques envers le régime de Kigali, qui ont été avertis par la police de ce pays, d’un danger imminent sur leur vie posé par le gouvernement rwandais.

Si certains opposants au régime de Kigali sont simplement menacés et intimidés, d’autres n’ont pas eu cette chance. C’est le cas de Charles Ingabire, éditeur en exil du journal critique envers le régime de Kigali Inyenyerinews.org , qui a été froidement assassiné par balle dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, à 2 heures du matin (heure locale), dans la capitale ougandaise Kampala, et ce environ deux mois après avoir été violemment agressé, également à Kampala, par des inconnus qui lui avaient dit vouloir fermer son site internet. Les medias ougandais comme chimreports.com, ont immédiatement pointé du doigt le gouvernement de Kagame d’être responsable de cet horrible crime.

Le  parti FDU-Inkingi, dénonce une fois de plus les actes d’agressions et d’intimidations répétées dont ses membres ne cessent de faire l’objet. « Nous dénonçons cette arrestation arbitraire orchestrée par des militaires, qui se comportent comme s’ils sont au dessus de la loi, et nous exigeons la libération sans condition de Gratien Nsabiyaremye « . a annoncé la direction du parti.

 

Par Jean Mitari

Jambonews.net

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7 Commentaires à “Rwanda : nouvel enlèvement d’un opposant”

  1. Muruta dit :

    Fausses accusations contre les « Marines »
    Nsabiyaremye Gatien est un présumé criminel, arrêté et poursuivi par la Police Rwandaise…

    Voici la réalité:
    ARREST OF NSABIYAREMYE GRATIEN ON 2 JANUARY 2012 BROADCASTED ON VOA KINYARWANDA SERVICE OF 3 JANUARY 2012.

    Kigali, 3-01-2012-The Voice of America Kinyarwanda service made a broadcast on the abduction of Nsabiyaremye Gratien on 2 January 2012 at Nyamyumba that distorted the facts. VOA quoted Twagirimana Boniface alleging the individual was abducted by the military.
    The true facts of the case are that on 1 January 2012 at 2300hrs, Marine patrol in Rubona Cell, Nyamyumba Sector pursued criminals who robbed Hakizimana JMV of three mobile phones and 160000Frw. The criminal who was identified as Nsabiyaremye Gratien was pursued up to his house where he resisted arrest. The case was handed over to police who arrested Nsabiyaremye Gratien in the morning of 2 January 2012 and is in Police Custody at Rubavu Police Station as they complete the case for prosecution.
    The allegations that Nsabiyaremye Gratien was abduction by the military are false and misleading. Nobody should hide behind political affiliations to defeat the course of justice.
    Col Joseph Nzabamwita
    Army and Defence Spokesperson

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    • Yohani dit :

      Depuis quand la marine est elle chargée d’ arrêter les criminels présumés ? depuis quand est -il autorisé de garder un suspect dans un endroit secret ??? seul dans un dictature une cinquantaine de militaires peut débarquer pour arrêter quelqu’un. le Rwanda est un pays dictatorial où la vie humaine n’a presque pas de valeur, les 10 million rwandais sont pris en otage par un criminel sanguinaire Paul Kagame qui ne fait que tuer, tuer, tuer et encore tuer.

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    • kankuyo Emerite dit :

      Trouver une autre facon de faire la politique la population a confiance dans les Organes de Sécurité Rwandaises

         0 likes

  2. Sankara dit :

    Nous passons notre temps à critiquer et à denoncer les actes de Kagame et cels de ses hommes mais concrètement, sommes-nous avancés?

    A mainte reprise je me suis posé la question : comment venir à bout d’une dictature?

    Malheureusement, je suis arrivé à une triste conclusion, soit nous avons assez d’audace pour nous battre pour notre liberté ou nous verrons 15 années passées et peut-etre plus, vivants dans la peur et sur la dictature de cet homme et sa troupe. Sans la possibilité de s’exprimer librement dans son pays!!!!

    Un homme disait un jour  » none can give you freedom, if you’re a man you take it.

    Par lachète, certains dirons que la guerre est à proscrire, simplement je dirais : alors ecrasez-vous puisqu’il s’est battue pour ce qu’il a aujourd’hui.

    La révolution ne viendra jamais de l’intérieur du Rwanda et encore moins de l’extérieur vu que les rwandais ne sont bon qu’à parler et à dénoncer. Entre temps, avez-vous une force de persuasion? « Nada ».

    Dans une négotiation, le seul moyen de contraindre l’autre à accepter le deal, est de lui faire une proposition qu’il ne peut refuser….

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  3. Gerard RUTALI dit :

    RWANDA : Nouvel enlèvement d’un opposant.
    -Article paru dans Jambonews.net au 4 Janvier repris dans Africatime –
    Droit de réponse. NB : Le contenu de cette réponse n’engage que son auteur.

    Ce mercredi 4 Janvier 2012, à 13h30 minutes, juste après les informations de la mi-journée en langue nationale le Kinyarwanda, où il était question de démentir l’information selon laquelle un certain Gratien Nsabiyaremye aurait été enlevé par des militaires dans la soirée du 1er janvier 2012.

    Le porte-parole de la Police Nationale Sptd Theos Badege a présenté la version officielle de faits aux ondes de la Radio Rwanda. Tout de suite après, j’ai été à la station de police de Gisenyi où le concerné se trouvait pour interrogatoire.

    J’ai été à la station de police parceque le concerné est un enseignant du secondaire dans le GS Bumba Secteur Mushubati, District de Rutsiro Province de l’Ouest la Zone de mon ressort d’activités en tant que Inspecteur Régional de l’Education dans l’Institution Rwanda Education Board (REB)

    A la station de Police.
    Après les formalités d’usage dans une institution publique, l’IPJ m’a autorisé de m’entretenir avec Gratien Nsengiyaremye. Notre entretien à deux a duré une trentaine de minutes. Mr Gratien Nsabiyaremye, 35 ans, est marié et père de 5 enfants. Il est enseignant au Groupe Scolaire Bumba depuis deux ans et donne cours à caractère économique dans le 2ème cycle du secondaire c’est-à-dire en classes de 4ème, 5ème et 6ème de la section comptabilité. Il travaille dans le District de Rutsiro et sa famille reste dans le Village de Kabiza, Cellule de Rubona, Secteur Nyamyumba District de Rubavu.

    Durant notre entretien, Mr Gratien Nsabiyaremye se portait très bien dans ses vêtements, bien lucide et bien sûr, cela va sans dire avec um moral d’une personne en état d’arrestation.

    Cet article pour trois raisons :
    1°. Dementir les écrits érronés de Mr Jean Mitari
    2°. Informer les lecteurs que les fauteurs de troubles, les ennemis de la Paix n’arrêteront pas la machine de fonctionner. Le Rwanda s’est résolu, pour l’intérêt de la nation – son peuple – d’aller de l’avant pour un développement durable.
    3°. Appeler les incrédules et les indécis de cesser de douter et de participer à la construction de notre cher et beau pays : le Rwanda.

    Rubavu, le 5 Janvier 2012,
    RUTALI Gérard

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    • Jean Mitali dit :

      Cher monsieur Gérard, Jambonews est un site sérieux qui vérifie toujours une information avant qu’elle soit publiée. Mr Gratien Nsabiyaremye a été enlevé et malmené pour des raisons politiques, il n’est pas le premier. On a l’habitude du discours de Sptd Theos Badege porte-parole de la Police Nationale qui n’arrête pas de raconter des mensonges et de se contredire. La version officielle c’est toujours la version officielle, et a pour but de masquer la vérité en présentant les victimes comme les fautifs. Monsieur Rutali Gérard, en vous limitant à la version officielle comme seule information, vous optez la voie de l’ignorance.
      Jambonews présente les informations crédibles et sûres. Nous avons nos informateurs à l’intérieur comme à l’extérieur du Rwanda. « Les ennemis de la Paix » que dont parles, ne sont pas nous qui dénoncent l’injustice que subissent chaque jour la population rwandaise, c’est au contraire certains militaires et les policiers rwandais, sans âme ni foi, qui se livrent à la violence aveugle contre la population qu’ils sont censés protéger. Les informations qui nous parviennent chaque jour, font état de nombreux cas d’agressions, vols et terreur envers la population un peu partout dans le pays. Des cas de disparition sont également signalés.
      Le Rwanda se saura pas aller en avant sans la volonté d’éradiquer la violence et l’injustice aux quelles ses dirigeants se livrent. Aujourd’hui des milliers des rwandais sont à l’exil, d’autres continuent de fuir. Tous ces gens ne quittent pas leur pays pour aller faire du tourisme, ils partent pour sauver leurs vies. Comment peux-tu dire que le Rwanda s’est engagé à aller en avant, alors que pas mal des citoyens rwandais ne peuvent même pas vivre au Rwanda sans se faire malmener par les autorités. Quel développement sans même disposer le droit de dire ce que l’on pense ? Monsieur Rutali Gérard, ayez le courage de regarder la vérité en face, les rwandais en ont marre de vivre sous l’oppression. Et ne me dites pas que vous préférez vivre privé de vos droits.

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