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Rwanda: nouveaux éclairages sur l’attentat du 6 avril 1994

Publié : le 11 janvier 2012 à 12:55 | Par | Catégorie: Justice

Ce mardi 10 janvier 2012, les experts mandatés par les juges Trevidic et Poux ont livré leurs conclusions dans le cadre de l’enquête sur l’auteur de l’attentat terroriste du 6 avril 1994 ayant emporté la vie notamment du Président Juvénal Habyarimana et son homologue burundais le Président Cyprien Ntaryamira.

C’est devant un parterre d’une trentaine de personnes notamment les parties civiles, les avocats des suspects (des membres du FPR proches de Paul Kagame), les procureurs,que les experts ont livré leurs conclusions dans la salle des criées du Tribunal de grande instance de Paris devant un public attentif.

Cartographie du lieu ou les missiles auraient été tirés selon les experts, source: Nouvelobs

Cartographie du lieu ou les missiles auraient été tirés selon les experts, source: Nouvelobs

Pendant près de 4heures, de 14 à 18h, c’est le juge Trevidic lui-même qui a introduit le rapport d’un peu plus de 300 pages en compagnie de Nathalie Poux, la deuxième juge dans l’affaire.

Mais l’essentiel du contenu a été présenté par les experts présents pourl’occasion. Tour à tour, un expert géomètre, un export en explosifs, un expert en armements, une experte en aéronautique et un expert en acoustique qui a rejoint l’équipe en cours de route ont livré leurs conclusions en fonction de leurs domaines respectifs à l’assistance.

Selon les premières informations reccuellies par Jambonews, les experts, en regroupant l’ensemble de leurs conclusions ont dégagé quatre certitudes.

La première certitude est que par élimination, l’avion a été abattu par un missile portable SA-16(SAM 16) de fabrication soviétique.

La deuxième certitude est qu’il y’a eu deux tirs, dont un missile qui a raté l’avion et un autre missile qui a touché l’avion.

La troisième certitude des experts est que les réacteurs n’ont pas été touchés par les missiles et sont restés intacts.

La quatrième certitude est que c’est l’aile gauche de l’appareil qui a été touchée. L’analyse des débris de l’appareil démontre en effet que le missile a touché le réservoir dans l’aile gauche.

A partir de ces différents éléments, la mission des experts, consistait à déterminer le lieu d’où les missiles ont été tirés, un élément crucial dans le cadre de cette enquête sur l’acte ayant plongé le Rwanda dans l’horreur.

Aucun expert ne pouvait à lui seul déterminer le lieu des tirs, qui a été déterminé en recoupant l’ensemble des expertises et en analysant les témoignages, douze au total.

Au total 6 lieux possibles de l’origine des tirs ont été dégagés par les experts, qui ont procédé par élimination pour désigner le lieu le plus probable.

La position idéale d’un tireur expérimenté était, selon les experts, la position de Masaka (soit la ferme soit la vallée). Mais les experts ont jugé qu’une telle piste était à écarter en raison de deux éléments jugés déterminants.

Le premier élément est le récit de trois témoins de premier plan, un militaire français et deux médecins militaire belges présent ce jour-là au camp Kanombe et qui ont affirmé avoir entendu le soufflement des missiles. L’expert acoustique a estimé qu’il était impossible d’entendre le soufflement des missiles à partir de Masaka, situé à plus de 3km de là. Il estime qu’au vu de la distance, l’avion aurait déjà touché le sol avant d’entendre le souffle.

Le deuxième élément est l’impact du missile et l’occurrence que le missile ait touché l’aile gauche de l’appareil. En effet, selon les experts, les missiles suivent la chaleur de leur cible. Or, au moment où l’avion a été abattu, il avait déjà dépassé la colline de Masaka, ce qui signifie que si le missile était venu par derrière (et donc de Masaka), il aurait atteint le réacteur et non l’aile gauche de l’appareil. La conclusion des experts sur ce point étant donc que le missile est venu de l’avant avant d’atteindre l’aile gauche.

Toutefois, oralement, l’experte en aéronautique a avancé ne pas pouvoir être catégorique sur ce dernier élément, car étant donné que les experts s’accordent à dire qu’un premier missile a raté sa cible, il n’est pas exclu que les pilotes aient changé la trajectoire de l’appareil.

Autre hypothèse avancée par les experts et aussitôt écartée, est celle de la porcherie qui se trouvait dans la parcelle du Président assassiné. Cette hypothèse a été balayée car les experts estiment que si le missile était parti de là, il aurait atteint le côté droit de l’appareil et non le côté gauche.

A la lumière de ces éléments jugés déterminants par les experts, ces derniers ont estimé que les missiles étaient donc « probablement » partis d’une des deux positions situées dans le camp militaire de Kanombe.

Autre éclairage apporté par les experts est que les Sams 16 utilisés pour abattre l’avion ont été utilisés par des spécialistes, car leur utilisation nécessite une formation poussée de minimum 50 à 60 heures et ils sont également formels pour dire qu’il y’avait deux tireurs.

A la fin de la présentation, le juge Marc Trevidic qui a lu en alternance avec Nathalie Poux les conclusions des experts a annoncé que chacune des parties avait désormais trois mois pour apporter ses observations sur le rapport d’expertise et éventuellement demander une contre-expertise.

Après avoir recueilli l’ensemble des observations, les juges Trevidic et Poux devront juger le rapport d’expertise à l’aune des autres éléments du dossier, principalement les nombreux témoignages.

En attendant les conclusions de l’enquête des juges, aucune personne n’est disculpée, aucune personne n’est inculpée, ce qui n’est d’ailleurs pas le rôle des experts.

Il appartiendra aux juges Trevidic et Poux, à l’issue de l’enquête de rendre un rapport complet au sujet de l’éventuelle implication des membres du FPR soupçonnés d’être à l’origine de cet attentat et, le cas-écheant, inculper d’autres suspects.

Ruhumuza Mbonyumutwa

Jambonews.net

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17 Commentaires à “Rwanda: nouveaux éclairages sur l’attentat du 6 avril 1994”

  1. Olivier dit :

    S’il est vrai « qu’aucune personne n’est disculpée ni inculpée » à ce jour et que de nombreuses questions restent en suspens, force est de reconnaître que le fait que la zone d’origine des tirs soit située dans ou autour du camp de Kanombe (fait désormais scientifiquement établi pour la 2ème fois par des experts) écarte d’avantage l’hypothèse d’une culpabilité du FPR et relance complètement l’enquête.

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  2. fifi dit :

    yayayaya..mbega! tu nous a habitué à des titres plus pompeux… what happen!! « probablement parti du camp kanombe » je pense que c’est assez clair! reste plus qu’à identifier les « autres suspects » du camp kanombe.

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  3. Vive Kagame dit :

    Les théories négationnistes (double génocide, génocide provoqué par Kagame, etc…) appartiennent officiellement à la poubelle de l’Histoire.
    Les Français n’ont pas à se sentir responsables des méfaits de leurs dirigeants de l’époque. La meilleure façon de rendre hommage à ce beau pays qu’est la France et aux valeurs essentielles qu’elle défend, c’est de réclamer la vérité !
    C’est ce qu’a fait le juge Trevidic en n’exerçant que son métier.

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  4. Richie dit :

    les rwandais ont été floué dans cet expertise, n y ‘a t-il pas plus d’autres témoins que les trois blancs présent dans ce camp d’un milliers de personnes au moins ?

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  5. Muhinzi dit :

    Les envoyés de Bernard Kouchner ont rempli leur mission; celle de tout faire pour disculper son copain Kagame. Pourquoi ces soit disant juges n’interroge pas Nyamwasa, Rudasingwa et compagnies. Eux qui étaient proche de Kagame.
    Et puis l’affaire n’est pas close, que ceux qui font la fête sache que les trois mois à venir risque de transformer votre joie en cauchemar.

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    • Tongananye dit :

      Les experts ne sont pas parti au Ruanda pour interroger Kagame ou interroger les anti-kagame. Ils sont parti au Rwanda pour voir les faits, faire l’etude du terrain, faire appel a’ la science/technologie. C’est donc un rapport technique avec plein de cours de geometrie et balistique. T’as fait les maths j’espere….

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    • marianne dit :

      Ce sont des menaces ?

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    • Intore dit :

      Hey Muhinzi, kuki wumva yagombaga kubaza Kayumba; Rudasingwa? Bariya ntakuri bagira kuko ari ibigarisha, ejo nabo bashobora kubakoza isoni nkuko mwari mwizeye Ruzibiza n’abandi mugomba kwemera ko baso batsinzwe intambara mureke dutahe iwacu niheza. Hppy new year

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  6. epimaque dit :

    hhaaahaha, ndabona ls fans de Kagome bishimye;bishe habyarimana na ntaryamira , bishe desir kabila , Kadhaf murishimye ejo ninde ?nizereko nakagame niyicwa nabwo muzishima.muri abobose bitabye imana nta muzungu urimo ,barigukina amakarita bibereye a bruxelles ,paris londres, washington;buzuza imifuka yabo naho twe turyana twicana ,abirabura turasekeje .muhumure biracyaza.abontumva ni abahutu gusa. ubumva yabwira.

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  7. @Muhire dit :

    Niba Habyarimana yarishwe n’abahutu, HABYARIMANA AHITE AGIRWA INTWARI aka kanya.
    Intore ntizizi no gushishoza ngo zimenye ahubwo ko ibintu ubu bikomeye kurushaho. Mwishimiye Rapports d’expertises, nzaba ndeba uko muzahakana iya Trevedic nimara gushyirwa ahagaragara.
    Ariko hari umuntu wabuze mu byishimo?

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  8. Intore dit :

    Uyu munsi isi yamenye ukuri kuwahanuye Kinani ko ari Agatha umugore we mbega igisebo

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  9. Ikinani dit :

    La machine des mensonges s’était mise en place ,il y a longtemps pour crier  » Victoire « mais hélas ,en bien lisant ce soit rapport du juge Trevidic ,il n’en est rien ,à par abikirigita bagaseka !ce que fait le gouvernement rwandais c’est de tromper l’opinion internationale avec leurs mensonges habituelles et c’est une insultes pour le peuple rwandais .

    Les faits sont têtus,tôt ou tard ,vos mensonges vous retourneront en plein gueules « .

    Feu Président Juvénal Habyarimana qu’on le veille ou pas est un héros National et longtemps que soit ,on devra compter sur lui pour nous réconcilier !Pour cela je ne vois pas ce que le changement du lieu de Tirs peut changer sur la réalité que nous connaissons tous .

    Bernard Lugan vous a décrit comme vous êtes » Menteurs ,menteuses,menteurs  » !!!!! Heureusement que le ridicule ne tue pas .Tout a une fin dans ce monde .A bon attendre salut !

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  10. ndiza dit :

    vous etes attaqué en 1994, 8
    vous descendez l’avion de vos autorités!?
    vous tuez les innocents!!?
    vous quitez votre pays pour l’exile!?
    mufite amakosa nk’ay’ ingurube ==> abandi bo ni abatagatifu!!!!?

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  11. Veritas dit :

    Dans ce magma des « medias mensonge », La palme d’or de l’article le plus comique revient sans aucun doute au journal Ouest-France. Lisez-vous même:
    http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Genocide-Rwandais.-Un-rapport-d-expertise-exonere-les-Tutsis_39382-2030863_actu.Htm.
    Au-delà de cette quasi-unanimité médiatique qui désigne à la vindicte populaire les  » forces Hutu » comme responsables des tirs de missiles- donc conforte les thèses des réseaux pro-kagamé bien identifiés et influents médiatiquement- il y a lieu de se pencher sur les vrais enjeux de cette affaire. Soulignons tout de même que ce rapport ne nous dit rien sur les auteurs de l’attentat mais se contente juste d’émettre des hypothèses. Or par définition, une hypothèse ne saurait se substituer aux faits donc à la vérité. A supposer que ces missiles aient été tirés à partir de la colline de Kanombe (à 1 kilomètre de la colline de Masaka svp), pourquoi cela ne serait-il pas l’œuvre des éléments infiltrés du FPR (la spécialité maison à l’époque) ? Mais bon, cette éventualité ne semble ni troubler ni briser l’extraordinaire élan de nos journalistes ! Elément encore plus succulent, aucun élément des ex-FAR n’avait à cette époque-là les compétences nécessaires pour manier ces lanceurs. De plus, les SAM 16 n’ont jamais fait partie de l’arsenal des ex-FAR (et ça les spécialistes peuvent formellement le confirmer !). Par ailleurs, les numéros de série de tubes-lanceurs retrouvés sur « le lieu du crime » permettent de tracer le parcours de ces missiles qui auraient fait partie d’un lot de commande de l’armée ougandaise. Bien sûr, nos virtuoses de l’objectivité n’ont que peu faire de cet élément assez accablant.
    A mon avis, le but principal de cette énième manœuvre bien orchestrée est de remettre en selle la version officielle et éminemment stratégique du régime de Kigali. Une tentative d’écriture de l’Histoire qui abonderait vers la thèse centrale que même le TPIR n’est jamais parvenue à démontrer en 15 ans de procédure : La préparation du génocide.
    Parlons aussi des enjeux géopolitiques, géostratégiques. La France a été totalement évincée de cette région riche (le Rwanda est une voie incontournable vers les richesses du Congo) à l’occasion de la chute des régimes qui lui étaient favorables. Or la présidence Sarkozy, qui a totalement rompu avec la tradition française d’indépendance et d’équilibre pour intégrer pleinement l’axe idéologique atlantiste, cherche absolument à retrouver de l’influence dans cette région (quid d’ailleurs à trahir ses principes ou à s’humilier). Le gendarme Kagamé a fait de l’abandon de l’enquête de Bruguière, un préalable- non négociable- à tout retour de la France dans la région. Mais connaissant l’individu, il ne va pas s’arrêter là. Le but ultime étant de coller l’étiqueté « complice du génocide » à la France (billets et réparations en perspective). Reste à savoir si SARKOZY-chantre de la non repentance- est prêt à humilier une grande institution comme l’armée française et à assumer devant l’Histoire le fait d’avoir cédé à un chantage pour des intérêts mercantiles. Il faut en tout cas analyser ce problème de manière globale sinon on passe à côté de beaucoup de choses !

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  12. Muntu dit :

    Il y a des questions qui méritent des réponses! Si réellement, l’avion a été abattu par le camp Habyarimana pourquoi:
    – Le régime Kagame n’a jamais pris l’initiative de méner une enquête alors ceci rentrait dans son avantage de démontrer que le génocide a été planifié?
    – Kagama lui même s’est réjoui de la mort de Habyarimana disant qu’il était KAFIRE et que sa mort ne peut pas justifier les massacres qui s’en sont suivi?
    – Kagame a toujours été contre une enquête internationale?
    – Les rapports des experts de l’ONU ont été cachés? C’était pour protéger les génocidaires?

    De part ces éléments, il y a une certitude: C’EST LE FPR QUI A ABATTU L’AVION ET PLONGE LE RWANDA DANS L’HORREUR.
    Comme le souligne les experts, il est vrai que les pilotes ont changé de direction après le premier tir pour retourner d’où ils venaient voyant que la éstination était dangereuse.

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  13. Jean Michel Tokende dit :

    Ce qui nous intéresse ne pas de savoir si Kagame s’est contenté de la mort de son successeur ou pas, on veut savoir qui a tiré sur cet avion??? Et pourquoi??? Si c’est le camp Hutu qui a tué le leur pour récupérer le pouvoir, c’est des cons et ils n’ont pas gagné!! si c’est Kagame qui a commandité cela, alors que pas mal des siens le lui interdisait, lui non plus est con et ne régnera jamais a vie!!! Un jour la verité sortira!! Seuls les victimes et leurs familles rescapées sont a penser pour le moment!! Ubutegetsi bwose burasa, kwiba, kwikunda, kwikubira, kwishyira hejuru, kwiremereza…!!. ariko ibyo byose n’ubusa!! Cyakoze Kagame we ni number one mu kwica , biragaragara ko ibivugwa ari ukuri ko icyo yashakaga ari ubutegetsi atari ugukiza abatutsi kuko n’ubundi akomeje kubahigisha uruhindu no kubica donyidonyi!!! NI IKIHEBE!!!!

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