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Bruxelles : Rwanda « Come and see ! »

Publié : le 15 février 2012 à 14:08 | Par | Catégorie: Opinion

La rencontre a été organisée par le journal rwandais Igihe, dans la capitale européenne, le samedi 11 février à l’hôtel Thon, Avenue du Boulevard. Elle avait pour objectif de débattre l’issue de l’opération-séduction « Come and see » (Ngwino urebe), lancée il y a deux ans par les ambassades du Rwanda à sa diaspora.

Rencontre come and see: les orateurs

Rencontre come and see: les orateurs

Un débat public, où un panel de premier choix âgé dans la trentaine et début quarantaine, modéré par Aimable Karirima (correspondant d’Igihe), était présent pour témoigner de son expérience de « retour au Rwanda » sous invitation des autorités rwandaises, après plus de 17 ans d’exil.

Le programme de rapatriement à la manière douce, néanmoins ambitieux, a-t-il été un succès ? Pas à en croire le nombre présent ce jour là, qui atteignait difficilement la cinquantaine de participants (journalistes et panel y compris). Déjà le rendez-vous, prévu à 16h00, a dû être décalé d’une heure, faute de public. 17h00 passé, Aimable Karirima a dû se résigner à commencer, étant donné qu’il devait rendre la salle de conférence à 19h00.

Est alors donné la parole aux invités. C’est le tour de table. Chacun esquisse à tour de rôle et brièvement son C.V ainsi que les raisons qui l’ont poussé à faire le grand saut après autant d’années. Les témoignages se veulent personnels.

Mais pour beaucoup, et pour tout vous dire c’était ma crainte, j’assiste à des récits aussi monotones les uns que les autres. Éloges après éloges, les nouveaux adhérents parlent du FPR de manière automatisée. Néanmoins du pays en soi, les impressions semblent sincères, même si les mots sont pesés, comme à un examen oral. On sent la manœuvre périlleuse. Aussi, ils doivent, poliment, demander la parole, et dire merci quand elle est accordée, d’autant que le micro est farouchement gardé. La salle est remplie au quart de sa capacité. Il fait un peu froid et par moments on s’ennuie un peu…

Rencontre come and see: le public

Rencontre come and see: le public

Ça continue. Au pays des Mille Collines il y a la paix ; la sécurité ; la discipline ; le respect mutuel et une vision commune. Le Rwanda est beau, civilisé et moderne. Il appartient à « nous tous », dès lors pourquoi le diffamer ? Que la diaspora cesse d’avoir peur car les témoignages sont là pour prouver le contraire. Le voyage « Comme and see » était super, le tout dans un esprit collégial et récréatif. Il est vrai qu’à en croire les récits entendus, le séjour fut riche en découvertes et surtout, à titre privé, une véritable libération, pour ceux qui pensaient être « indésirables » chez eux dû au fait que leurs parents étaient associés à l’ancien pouvoir.

D’autant que Karirima insistait souvent en demandant à ses intervenants (ayant participé à l’expédition) de chaque fois préciser de quelle famille ils étaient les membres respectivement, ainsi que les raisons qui leur ont poussé à surpasser leurs angoisses et si celles-ci étaient finalement justifiées, au terme de leur visite. Notamment, Janvier Hakizimana : fils d’Emmanuel Akingeneye, le médecin privé du président Juvénal Habyarimana, tous deux tués dans le crash d’avion le soir du 06 avril 1994. Janvier avait depuis le génocide rwandais peur de retourner au bercail par peur des représailles. Mais samedi, il a pu témoigner de son soulagement, qu’a été celui de pouvoir se rendre au Rwanda, visiter sa famille longtemps perdue de vue, tout en constatant à quel point son pays délaissé à la hâte a évolué en si peu de temps, grâce aux efforts des autorités en place ensemble avec la société civile rwandaise. Quant à la guerre tragique qu’a connu le pays en 1994, Janvier précise que ni son père, ni lui n’ont quoi que ce soit à se reprocher. Karirima le reprend aussitôt : « guerre ou génocide ? ». Janvier balbutie. Il sait qu’il va devoir se prononcer sur le sort de son défunt père, devant un public salivant. Un silence de mort emporte la salle. «…c’est comme un génocide » répond-il alors tout en cherchant à échapper à l’épée de Damoclès pendue à son front. Non, Janvier semble décidé : on ne lui fera pas dire le mot alors que tous les yeux sont braqués sur lui. C’est le climax. Il continue en justifiant que ce n’était point le sujet de la rencontre qu’est celui de débattre s’il y a eu génocide ou pas et par ailleurs, la politique ce n’est pas son domaine. Il est remercié. On passe au suivant.

Rencontre Come and see: la salle

Rencontre Come and see: la salle

L’inconfort une fois diminué, les autres adhérents cherchent aussitôt à réparer ce qui a failli tourner en clash, en répétant continuellement qu’il faut cesser d’écouter les on-dit. Soit, qu’il faut aimer son pays. Et qu’au Rwanda tout tourne. Les peurs sont infondées. Un appel clair aux dits éternels opposants des inkotanyi, comme l’a longtemps été André Ntakaburimwano, à tort, confesse-t-il à son tour.

Quant à Jean-Petit Munyemana, lui a été au Rwanda deux fois. La première sous invitation de l’Etat rwandais, la deuxième sous sa propre initiative. Ne fut-il pas son étonnement de voir le petit pays, 17 ans après, à un stade aussi développé. Il n’a plus peur et il témoigne qu’il ne faut pas hésiter à franchir le pas. Mais aussi, cessez de lire ce qui pullule sur internet ! Ça a le mérite d’être clair.

Bref, on nage dans des flatteries à n’en point finir. La rupture avec l’ancien régime est nette et ce à tous les niveaux (on évoque notamment que la corruption est le propre du régime Habyarimana, et qu’a présent, il n’y a pas de traitement de faveur parce que militaires, commerçants, mêmes importants…tous font la file au guichet!). Soudain, Ruhumuza de JamboNews, ce dernier également invité pour l’occasion, pose une question délicate à savoir s’ils ont aussi visité les prisons du Rwanda. Jean Petit lui répond aussitôt : « j’ai vu qu’elles (les prisons) étaient bien…il y a (à l’intérieur) la télévision ! » avant de terminer que les prisonniers dans leur monde carcéral il les trouve plutôt « bien emprisonnés » (bafunzwe neza). On est au seuil si ce n’est au-delà du grotesque, pour ne pas dire de la stupidité. Mais le public éclate de rire. Karirima reprend la parole, tout en répondant à la question de Ruhumuza : «…étant donné qu’ils ont la télé…» que rajouter de plus. Une dernière intervention s’échappe d’un dénommé Robert qui dit qu’il a lui aussi visité un ami incarcéré, un dénommé Vianney Zouzou (de son vrai nom Jean-Marie V. Mudahinyuka, extradé des Etats-Unis le 28 janvier 2011 pour être jugé au Rwanda, à une peine de 19 ans prisons pour génocide, à la prison centrale de Kimironko ). Ce dernier lui aurait confessé son regret de ne pas avoir de visites, parce que les rwandais ayant peur que l’Etat le sache. N’est-ce pas là un témoignage à charge du FPR, à savoir qu’il confirme le climat de peur qui règne dans le pays ?

Rwogera Jean Luc (alias Jean Bigambo) de JamboNews avec Aimable Karirima d'Igihe

Rwogera Jean Luc (alias Jean Bigambo) de JamboNews avec Aimable Karirima d'Igihe

Le temps semble dépassé, Karirima clôture. La rencontre s’achève ainsi. Mais le correspondant d’Igihe est disponible pour répondre à quelques questions par après. Notamment la plus évidente qu’est de savoir pourquoi il y avait si peu de monde étant donné le sujet et la « popularité » du journal Igihe ? Karirima relativise tout en confirmant le même chiffre des présences, c’est-à-dire une cinquantaine. « Il faisait froid aussi. » se rattrape-t-il. Je lui fais part également de ma déception quant à la monotonie du débat, dont les réponses semblaient minutieusement préparées à l’avance. Il s’efforce alors de dire que non, au contraire, le débat était ouvert et que toutes les questions pouvaient être posées et que c’est au public qu’il fallait poser cette question, non à lui. Bref, qu’il a fait son boulot. D’ailleurs, pourquoi les détracteurs ne sont-ils pas venus faire entendre leur son de cloche ? Je confirme sa critique. En effet, où étaient-ils ? « Notre but », me dit-il est d’ « emmener le pays dans une bonne voie ». Karirima est très fier des efforts effectués par son pays. Je lui pose alors une question politique, à savoir les critiques extérieures et opposition rwandaise au pays comme ailleurs qui sont fort réprimées. Il me répond que : « Moi je suis un démocrate. Je suis pour le débat ! ». Que la jeune génération doit se détacher de son passé, est son message, à peine déguisé.

Voilà. Tout bien analysé, « Come and see » n’a rien de simple. Les intervenants malgré leurs réponses qui donnaient l’impression d’être toutes faites, il serait cependant faux de les réduire à de simples marionnettes du régime FPR. En effet, chacun y cherche son intérêt. De plus, je ne conclurai pas que le panel est représentatif de la communauté/diaspora rwandaise. L’Etat rwandais, par son opération, a surtout réussi à séduire ceux en marge de la société, ceux qui ne sont pas des modèles d’intégration et de réussite. Un secret de Polichinelle. N’ont-ils pas été dupes en se laissant séduire trop rapidement par des promesses ? Leur adhésion laisse un arrière-goût amer de trahison. Par conséquent, ils sont loin d’être des modèles à la génération qui la suit. Assurément, la jeune diaspora actuelle, grandie et éduquée dans des valeurs démocratiques a du mal à accrocher à ces vieux systèmes désuets. Ne s’insurge-t-elle pas de voir le sort de Victoire Ingabire, emprisonnée pour ses convictions politiques à Kigali, là où on a un Jean Petit qui n’hésite pas à dire que les prisonniers sont bien au Rwanda parce qu’ayant accès à la télé?

Je peux résumer que le programme « Comme and see » (le Rwanda) rime assez avec « Venez voir nos captures ! » – exhibées comme des trophées : à savoir les aînés de la progéniture des grands de l’ancien régime à présent dociles comme des lions en cages et dictés à faire les éloges du régime FPR. Une image de désespoir, quand on sait qu’il y a à peine quelques années beaucoup parmi eux ne juraient que par la chute de Kagame – ennemi redoutable, qui les a vaincus après une longue guerre sanglante. Un Général qui a surtout brisé en éclats leur avenir qui semblait tout tracé. Aujourd’hui c’est à l’ombre d’un passé lourd de même qu’un avenir jamais préparé qu’ils cherchent à se refaire une image, quitte à embrasser un tabou. Celui-ci n’est pas le FPR, mais ce temps qui semble s’être brusquement arrêté, le soir du 06 avril 1994. Que la nostalgie aura été plus forte qu’eux.

Résister ou succomber, face à une dictature opiniâtre ? That is the question.

Jean Bigambo

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22 Commentaires à “Bruxelles : Rwanda « Come and see ! »”

  1. Bien dit :

    Victoire Ingabire a aussi un poste téléviseur dans sa chambre. Pourtant, elle fait l’objet de tortures et autres traitements inhumains de la part de ce sanguinaire tutsi

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    • Stop. A d’autres… As-tu vu combien elle devient jolie notre Ingabire chérie ? Le crayon noir artistique sur ses paupières dément l’idée d’une femme sous torture. Nafungurwe vuba gusa …
      Mwaba muzi ko Mugesera bashaka kumusyira muri chambre irebana niya Ingabire bagasurana uko bishakiye?
      Bwana Ngoga yatangaje ko ategereje icyo Madame Mugesera na avocat wabo babitekereza ho.
      Byaba wenda bitashimisha Ntawangundi , ariko Kagame we yavuze ko Ibyo bitamureba kandi ntacyo byaba bitwaye.

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  2. Karera dit :

    Merci pour ce compte rendu et de ta conclusion très forte et très vrai!

    Je suis assez d’accord également avec ton constat « L’Etat rwandais, par son opération, a surtout réussi à séduire ceux en marge de la société, ceux qui ne sont pas des modèles d’intégration et de réussite ».

    « When I was… », les nostalgiques…

    Je me souviens très bien de cette citation de Martin Luther King: « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »

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    • Veritas dit :

      Excellent compte rendu! Sans fard ni complaisance. Une liberté de ton rarement atteinte!
      Effectivement, le régime de Kigali a réalisé l’immense exploit de séduire essentiellement des amateurs de bars alcoolisés pour ne pas dire des cas sociaux! J’en connais quelques uns. Rares sont ceux qui ont la capacité de faire des raisonnements construits. Ça en dit long sur le succès du projet « Come and See » :) ! Combien d’ingénieurs, de scientifiques,de gestionnaires,de médecins, des hommes de lois… dans le lot? Le régime feint d’ignorer ce fait fondamental: Au sein des universités occidentales, les mots « Critique », « Libre Examen », « Liberté » , « Honnêteté Intellectuelle » ne sont pas des vains mots. Par conséquent, un jeune qui a grandi dans ce système de valeurs ne gobera pas facilement une propagande au ras des pâquerettes et risible. Le meilleur incitant au retour est la démocratisation réelle du pays. Le chemin est encore très long. Quant à nos cas sociaux, laissez-les se goinfrer de leur extrême médiocrité. Kagamé peut les reprendre. Ils trouveront sûrement leur place au sein de ce régime digne d’un roman orwellien.

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  3. epimaque dit :

    murasekeje, Cyenyenge ngo bamugize ingwati.ninde tutaziko wari muri MDR mugihe cyamashaka menshi.watubwira wakugize ingwati? niba avugako ise yafunzwe kungoma ya Habyarimana nukuvugako uwafunzwe wese kubwa Habyara yazize ubusa?ikindi Janvier kuvugako watinyaga gutaha bikaba bizwiko mama we ahora murwanda haricyo yabaye kg ko votre mm ari umututsikazi.ikindi bivugwa ko umwe muri bashiki bawe yaba ariwe ujyakubeshera uramukecuru Agatte kanziga.mwibesharere .
    ikindi nuko mutagomba kubwiriza abantu gutaha ,

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  4. Donatien dit :

    Il est évident que tout cela n’est pas authentique et c’est bien malheureux de se prêter à un jeu mensonger! J’ai pu visulaiser les vidéos sur Youtube de certains des intervenants que je connais bien. Il est évident que vus leurs visages grimaçants, ils ne croyaient pas ce qu’ils disaient, on avait l’impression d’entendre des otages s’exprimer.

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    • Akageneli dit :

      Donatien, non seulement ces « come and see » ne croient pas ce qu’ils racontent, mais ils le disent haut et fort à tout qui veut l’entendre. Tubabwira ibyo bashaka kumva. Condoléances à leurs parents, qui doivent pour certains se demander ce qu’ils ont fait pour mériter une progéniture pareille.

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  5. uwamahoro dit :

    excellent article Jean-Luc!
    En tout cas, l’argent est doux à en voir ce que les gens sont prêts à faire pour ça.Si le Rwanda est aussi bien que ça, demander à ce qu’on vous retire la nationalité belge et allez y vivre au Rwanda, épanouissez-vous, dites ce que vous pensez de ce qui s’y passe à haute voix! on verra si votre Kagame vous laissera en vie!
    En tout cas ntimuzaze kurira dans x temps ngo « je ne sais pas prq j’ai fait ça, none voilà ce qui m’arrive ». L’opportunisme peut sembler être « aventageux » à court terme mais certainement pas à long terme..

    A bon entendeur…

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  6. Kami dit :

    la ruée vers les ors d’Afandie

    Ça se dit come and see (viens voir) et c’est un programme de relations publiques qui fait de plus en plus parler de lui. Destiné aux rwandais vivant en exil depuis plusieurs années, ce programme cible certains compatriotes auxquels il est payé un billet aller-retour pour que, de leurs propres yeux, ils constatent les miracles accomplis au pays des afande. A leur retour, ils propagent la bonne nouvelle venue d’Afandie en essayant d’être les uns plus prolixes que les autres. Une sorte de course aux superlatifs s’engage ainsi entre ces membres de la diaspora qui, presque machinalement, mécaniquement même, répètent une seule chose :  » tout va bien au Rwanda « . Bien entendu, cette affirmation pose plus d’un problème.

    Tout d’abord, il y a lieu de se demander pourquoi tous les prédicateurs de cette évangile la décline sur un ton excessivement défensif. Ils doivent, pour la plupart se justifier comme si cette ruée vers les ors d’Afandie cachait quelque chose de repréhensible. Ecoutez leurs propos et dites-moi si vous vous y retrouvez dans ce discours maladroitement formaté. Je n’ai pas été acheté, j’ai circulé librement, l’ordre règne partout, les autorités sont bienveillantes, etc. Pourquoi ne réalisent-ils pas que le psittacisme de leurs déclarations laissent sous-entendre que c’est plutôt l’inverse que l’on essaie de dissimuler pour ensuite le gommer dans les têtes de l’auditoire ? De témoignage neutre, ces rapports apparaissent donc très vite comme étant de la propagande pure en obéissant à la vieille règle d’orchestration1.

    Il y a ensuite un problème de crédibilité des orateurs. Soit ils ont un message à répéter (sur injonction de…), soit ils prennent leurs auditeurs pour des individus aux idées exagérément naïves ou candides. Dites-moi la force de cette magie qui convertit quelqu’un en l’espace d’un mois seulement. Prenez donc l’exemple de ce compatriote qui, hier encore, criait dans tous les débits de boissons qu’il est  » colonel full full  » et qu’il allait renverser le régime en place… Quel crédit accorder à son récit devenu subitement angélique (même si en coulisses il avouera qu’il avait peur et donc hâte de regagner son Europe confortable) ? Que dire de cet autre qui, loin des caméras d’Igihe.com, jure à tue-tête qu’on ne l’y reprendra pas deux fois ? La liste peut être allongée avec les contradictions de chacun.

    Les louanges à l’égard du miracle rwandais pose enfin le problème des non-dits. S’il est vrai que des bons points ont été engrangé au cours de ces 17 ans que dure l’exil des candidats  » come and see « , il serait beaucoup plus intéressant, honnête et crédible s’ils incluaient quelques évidences dans leurs prédications. A moins qu’ils n’aient reçu comme consigne de laisser cet aspect de choses aux amis du Rwanda. Comme madame Susan Rice par exemple. Cette représentante permanente des États-Unis aux Nations unies n’est-elle pas allé, vu et déclaré ceci :  » La vitalité économique du Rwanda a fait avancer le pays. Les progrès sociaux sont sensibles. Mais la culture politique du pays reste relativement fermée. Les restrictions sur la presse perdurent. Les activistes de la société civile, les journalistes et les opposants politiques du gouvernement craignent souvent de s’organiser paisiblement et de s’exprimer. Certains ont été harcelés. D’autres ont été intimidés par des visiteurs nocturnes. Et quelques-uns ont tout simplement disparu « . Cette vérité est-elle donc cachée aux come and see ?

    Ils ont tous vu et admiré d’impressionnants buildings, ils ont roulé sur des très belles routes, ils ont, pour certains, récupéré des biens familiaux. Ils ne tarissent pas d’éloges sur l’état de droit, mais y en a-t-il qui peuvent dire quand et comment d’autres compatriotes pourront eux récupérer leurs droits ? Bien entendu je parle de Victoire Ingabire, de Déo Mushayidi et bien d’autres, privés injustement de leurs droits fondamentaux ou qui sont pourchassés jusque dans des hôpitaux étrangers. Ils assurent qu’ils ont accédé à des informations sûres leur permettant de faire face aux rumeurs. Qu’ont donc réellement fait les officiers Ibingira, Rutatina, Munyuza et Gumisiriza pour mériter une mise à l’ombre ? Oui, chers come and see, informez-nous, vous qui avez été à la source des vraies informations…

    Utagera i Bwami abeshywa byinshi dit-on en Kinyarwanda. Les ouailles de sieur Rwambonera démentent cruellement cet adage de la sagesse rwandaise car in fine ce sont eux les dindons de la farce. Ils ne voient que ce qu’on veut leur montrer et retournent en Occident en taisant sciemment des dysfonctionnements qui ont raison de la vie de milliers de compatriotes. Lobotomisés à la manière d’Afandie, ils s’échinent à peindre un Rwanda débarrassé de toutes les turpitudes et autres crimes d’un assa-saint qui le tyrannise.

    C Kami

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  7. Munyakazi dit :

    « came and see » est la version moderne de  » kalinga » . Ces messieurs n ont plus des cou….. C est le déshonneur et la soumission .

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  8. RUBYOGO dit :

    Mukomere. Ese ko amoko yavuye mundangamuntu nkaba narumvishe RWAMBONERA MAURICE arondora abantu n’amoko yabo(NDUHUNGIREHE ETC…..) ibyo ni ibiki? BITEYE KWIBAZA KWIBAZA NO KWIBAZA!

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  9. Kagabo dit :

    Cliquez ici pour visionner la vidéo de la conférence:

    http://www.youtube.com/watch?v=ABTa-SKCd3Q&feature=related

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  10. kagati dit :

    Jean Bigambo, bite. uzaza gutara amakuru ryari iwanyu? ko mbona tu te contentes de manifester ikikurimo aho gukora reportage! iyi abatazi itangazamakuru bayitiranya n’inkuru. siyo, ni opinion personnelle ivanze n’ibyo wabonye ukongeramo ibitekerezo byawe bwite. nakugira inama yo kubikora kenshi wigereye mu mirenge y’i wanyu, ukaganira n’abaturage, n’abandi bose wakuraho ibibyara inkuru, ukadukorera analyse, opinions, enquete, interview, na za reportage aho guhora uduha opinion gusa. no muri restaurants ntibatanga indyo imwe!!!!!!! ntubizi se? iyi web ntukayangize uyishyiraho genre journalistique imwe nk’aho ariyo ibaho yonyine. ubundi bisa n’aho ufite ubushake, ariko ukagira n’ukuntu ubuyoboramo pessimisme. aho wabereye « nta kigenda » niyo uzi gusa? ubushake ufite bwo kwandika, rimwe uzabubyaze n’inkuru zivuga ikintu kiri positif. si ngombwa ko wogeza ubutegetsi ugaya buri gihe, wakwandika no ku mucuruzi wunguka ukagaragaza aho yavuye n’aho ageze muri periode runaka… ese nta kintu na kimwe kigenda iwanyu? cg urakizi ariko ukanga kukivuga nkana? ubutaha nzakubwira uko iyo sens yawe yitwa. yenda bizahuza n’uko wabonye inkuru positif utugezaho. ariko sinkubujije kugaragaza ibitekerezo byawe, ntunyumve nabi. ahubwo ujye unyuzamo urebe impande zose: negatif na positif cad ibitegenda n’ibiogenda.

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  11. Nelly dit :

    Je remercie Mr Jean Bigambo pour ce compte rendu. J’ai lu sur igihe.com ceci (copier coller):

    Abanyarwanda bo mu Bubiligi berekanye akabari ku mutima nyuma ya ‘Come and See’

    Yanditswe kuya 12-02-2012 – Saa 09:59′ na IGIHE.com

    Mu gihugu cy’u Bubiligi, kuwa gatandatu habereye ikiganiro cyahuje Abanyarwanda basuye u Rwanda muri gahunda ya ‘Come and See’ ; ni ikiganiro cyateguwe na IGIHE.com cyari cyitabiriwe n’Abanyarwanda benshi bavuze byinshi kubyo babonye mu Rwanda.

    Iki kiganiro cyiswe ‘U Rwanda : Dore Uko Twarusanze Nyuma y’Imyaka 17’ cyabereye ahitwa Thon Hotel kuri Avenue du Boulevard 17, 1210 mu mujyi wa Buruseli hagati.

    Muri iki kiganiro cyayobowe n’Umunyamakuru uhagarariye IGIHE.com mu Bubiligi Aimable Karirima, aba banyarwanda batanze ubuhamya kuri byinshi babonye mu Rwanda ubwo barusuraga mu mpera z’umwaka ushize muri gahunda yiswe « Come and See », ahanini bagaragaza ugutangazwa n’aho u Rwanda basanze rugeze mu iterambere nyuma ya Jenoside yakorewe Abatutsi.

    Bose mu batanze ubuhamya bari bamaze imyaka igera kuri 17 batagera mu Rwanda ; ahanini nk’uko babitangaje, ibi bikaba byaragiye biterwa n’ibihuha ndetse n’amakuru mabi kuri ubu basigaye bita ay’ibinyoma bumvaga ku Rwanda, bityo bikabatera kudafata icyemezo cyo gutaha.

    Uwimbabazi Sandrine yabajijwe nk’umukobwa ukiri muto impamvu atatahaga iwabo, mu myaka yose amaze mu mahanga, asubiza Ati : »Njye icyemezo nagifashe igihe nari ntangiye gutekereza imishinga yo gukorera u Rwanda, nibazaga aho nzahera ngo iyo mishinga igerweho bikanshobera ». »

    Uwimbabazi yatangaje ko kuri ubu afite imishinga myinshi ashaka gushyira mu bikorwa mu Rwanda, ndetse anashishikariza urundi rubyiruko rwo muri diaspora kwitabira gukorera imishinga mu Rwanda.

    Kajemundimwe Robert nawe witabiriye gahunda ya Come and See yatanze ingero ku bihuha byakomeje kujya bibageraho bivuga nabi u Rwanda ati : « Ugasanga umuvandimwe wawe arakubeshya ko Gacaca iguhiga mu by’ukuri ari ukukubeshya, ahubwo agamije gukomeze kwigarurira imitungo y’iwanyu ».

    Icyo Kajemundimwe yishimiye rero aho aviriye mu Rwanda muri Come and See ni uko atagikeneye kumva ayo makuru y’ibinyoma kuko yimenyeye ukuri.

    Mbarushimana Eugène nawe yari amaze imyaka 17 atagera mu Rwanda, yatangajwe n’uko yasanze u Rwanda ndetse anyurwa n’ ibiganiro yagiranye n’abayobozi muri gahunda ya Come and See. Ati : « Ikibazo twatinzeho n’icyo gutaha, no kwigisha abana umuco wacu.

    Mbarushimana avuga ko yasanze mu Rwanda hari ubushake bwo gucyura Abanyarwanda bagatahuka mu gihugu cyabo, ati : « Nanjye ndabushyigikiye cyane kuko i Burayi si iwacu. »

    Ku ruhande rwe, Mbarushimana yashimiye IGIHE.com yateguye iki kiganiro ndetse anavuguruza abavuga byinshi kuri iyi gahunda yo gusura u Rwanda, bamwe bavuga ko biba ari agahato cyangwa se ko abayitabira baba bahawe amafaranga.

    Yagize ati : « Ku giti cyanjye nta kibazo nahagiriye, nahageze nta gahato nshyizweho ». Yakanguriye abandi gutera ikirenge mu cy’abandi.

    Umuyobozi wa IGIHE Ltd, ifite urubuga IGIHE.com, Murindabigwi Meilleur yavuze ko impamvu hateguwe iki gikorwa ari ugutanga umwanya ku Banyarwanda ngo berekane ibyo batekereza.

    Yagize ati : “Biri mu nshingano zacu guha urubuga Abanyarwanda aho bari hose ku isi ngo bagire icyo batangariza abandi kucyo batekereza ku gihugu cyabo. Ati : « Iki gikorwa cyateguwe mu Bubiligi cyagenze neza nk’uko twabyifuzaga, ndetse kuri ubu turifuza kuzakomeza gutegura ibindi nkacyo mu bindi bihugu uko ubushobozi buzajya bubitubashisha”.

    Muri rusange Abanyarwanda bitabiriye iki kiganiro bishimiye igikorwa cyateguwe na IGIHE.com, bifuza ko ibiganiro nk’ibi byakomeza.

    Iyi gahunda ya ‘Ngwino Urebe’ cyangwa ‘Come and See’ yitabiriwe n’Abanyarwanda bamaze igihe kinini hanze y’igihugu baje mu Rwanda mu mpera z’umwaka w’ 2011 n’intangiriro za 2012.

    Iki kiganiro cyatangiye saa kumi n’imwe z’umugoroba ku isaha yo mu Bubiligi kirangira saa moya. Ni ikiganiro cyabaye mu mutuzo n’ubwubahane.

    voilà le compte rendu d’igihe!!!

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  12. Wendy_Rwanda dit :

    C’est triste de constater que ceux qui rentrent dans le cadre ‘come and see’ ne sont préoccupés ni par la réconciliation, ni par l’unité nationale. Tous comme des robots à faire de la propagande et un mea culpa. A quoi sert de rentrer orienté pour venir faire les marionettes et sortir des inépties? Vous représentez bien le terme: ‘ibigarasha’. En tout cas, bon vent! Namwe ‘muzafungwa neza’ nibabarambirwa :-)

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  13. jean luc dit :

    Je suis assez d’accord également avec ton constat « L’Etat rwandais, par son opération, a surtout réussi à séduire ceux en marge de la société, ceux qui ne sont pas des modèles d’intégration et de réussite ».

    « When I was… », les nostalgiques…

    Je me souviens très bien de cette citation de Martin Luther King: « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »

    Excellent compte rendu! Sans fard ni complaisance. Une liberté de ton rarement atteinte!
    Effectivement, le régime de Kigali a réalisé l’immense exploit de séduire essentiellement des amateurs de bars alcoolisés pour ne pas dire des cas sociaux! J’en connais quelques uns. Rares sont ceux qui ont la capacité de faire des raisonnements construits. Ça en dit long sur le succès du projet « Come and See » :) ! Combien d’ingénieurs, de scientifiques,de gestionnaires,de médecins, des hommes de lois… dans le lot? Le régime feint d’ignorer ce fait fondamental: Au sein des universités occidentales, les mots « Critique », « Libre Examen », « Liberté » , « Honnêteté Intellectuelle » ne sont pas des vains mots. Par conséquent, un jeune qui a grandi dans ce système de valeurs ne gobera pas facilement une propagande au ras des pâquerettes et risible. Le meilleur incitant au retour est la démocratisation réelle du pays. Le chemin est encore très long. Quant à nos cas sociaux, laissez-les se goinfrer de leur extrême médiocrité. Kagamé peut les reprendre. Ils trouveront sûrement leur place au sein de ce régime digne d’un roman orwellien.

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  14. VINCENT dit :

    Hari umuvandimwe ubivuze neza,namwe mwihere ijisho abo bantu bahisemo!!ii
    ibigarasha :byananiwe ningo zabyo,byirirwa mukabari no mubagore,sha niyo baba ntamafaranga
    babahaye; iyo tiket yubuntu benshi murimwe mwari mwarananiwe kuyiyishyurira. hakongeraho izo nzoga zubuntu benshi mutakwitesha nabo bagore bababeshyeshya mugezeyo.
    kagame ati » »ibigarasha bicitse ngibyo ibyo yavugaga. » »
    ugirango ndabesha azagire service cg se inama agirwa numwe muri bariya bafashe ijambo..
    Mbabazwa na ba so bari abagabo bakaba barabyaye ibigarasha.Akingeneye we azutse akabona uwamusimbuye nka docteur uko akora yahitamo nkisubirirayo kuko ako gahinda ntiyakihanganira.n’abandi nuko.
    nakumiro cyokora,ababasoma cyangwa abababona ntibakababare kuko ntacyo nubundi mwari mumaze.
    Ngaho niba murintwari muze mufashe abanyarwanda kurwubaka muhinyuze ababavuze;niba batavuze ukuri.

    VINC

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  15. Gisaga Matt dit :

    La lecture de l’article est très intérressante , les commentaires aussi.
    Cela me donne une idée de à quelle point les blessures de la société rwandaise sont profondes.
    Après 18 ans d’exile pour certains ,je ne condamne pas ceux qui ont franchi le pas pour retourner dans leur pays meme si je considère que les raisons restent plus ou moins louables.
    Je ne condamne pas non plus leurs détracteurs pour des raisons qui sont aussi plus ou moins compréhensibles.
    18 ans d’exile cela crée des liens;avoir partagé les memes souffrances ,les memes rèves ,les memes illusions.Je ne m’attarde pas ici sur les raisons diverses qui ont poussé chacun à l’exile; pour beaucoup la peur je pense.
    Hier,il y a quelques années, une autre opération similaire avait eu lieu et avait donné des fortunes diverses à ceux qui ont tenté l’experience ;a cette époque le sentiment de trahison avait été ressenti,meme si déjà beaucoup avaient déjà mis beaucoup d’espoir à cette petite ouverture.
    Je dois reconnaitre que j!ai considéré cette opération comme un échec.
    Plus ou moins 7ans plus tard ,nous avons ‘Come and See’.Les choses n’ont peut etre pas tout à fait changé.
    Ce que je regrette c’est que beaucoup d’esprits se radicalise à tort ou à raison.J’ai pas l’impression que ceux qui sont parti au Rwanda dans cette opération aient eu mandat de leurs compagnons d’exile;ils sont parti de leur propre chef.Ils ont pour moi surmonté leur peur.N’aurait-il pas fallu les approcher et leur demander ce qui a changé entre les deux opérations séparé de 7ans?Doivent-ils etre concidérés comme traitres d’une cause;laquelle?
    Certains ont peut-etre exageré la carte postale.Le Rwanda est toujours un pays pauvre qui doit faire face aux réalités qui n’ont pas vraiment changées depuis plus de 20ans.Les séquelles de la guerre sont là personne ne doit le nier que ce soit pour ceux à l’interieur du pays et aux nombres exilés.
    17 ans d’exile c’est tres long.Jeter en patures des personnes qui ont trouvé le temps long,je ne le considère pas comme constructif.Meme si pour certains sur ce forum considère que ce sont des marginaux.
    Cette experience pour moi,bonne ou mauvaise aurait du etre reçue et exploitée autrement.Je laisse juste le débat ouvert.

    Gisaga Matt

    (priere me corriger mon orthographe approximatif)

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  16. mukamusonia dit :

    Je trouve le ton des commentateurs d’une dureté inouïe, abo bita ibigarasha ou cas sociaux sont ils moins humains, que leurs pères aient été de grands intellectuels, médecins , politiciens ou autres, implique que eux doivent faire autant sinon mieux? Ils ont saisi une opportunité qui leur était offerte , peu importe leur motivation et 16 ans après les « évènements » les points de vue peuvent avoir évolué.
    Je m’insurge haut et fort par contre contre l’insulte « sanguinaire tutsi » qui n’aurait pas dû être permise sur un site tel que celui-ci, car c »est assimiler tout tutsi à un sanguinaire . Cette radicalisation par rapport aux ethnies ne nous apportera rien de bon….

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  17. Régis dit :

    Kwandika ni byiza ariko gutukana ntacyo byatugezaho , nta nticyo bimaze

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