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Le Rwanda refuse d’accueillir ses citoyens qui ont déserté le M23

Publié : le 17 juillet 2012 à 18:25 | Par | Catégorie: Actualité
Le colonel Sultani Makenga (au milieu), le leader du M23. Source:AFP

Le colonel Sultani Makenga (au milieu), le leader du M23. Source:AFP

Le Rwanda a refusé ce samedi 14 juillet d’accueillir des combattants de nationalité rwandaise qui combattaient à l’est de la RDC dans les rangs des mutins du M23 et qui ont déserté ce mouvement.

En effet, un groupe composé de 29 personnes avait été présenté par la mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) comme étant des déserteurs du M23 auquel l’armée congolaise est confrontée depuis le mois d’avril 2012. Les 29 ex-combattants sont arrivés à bord d’un grand camion qui les transportait depuis le camp DDRRR (Désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion et réintégration) de la Monusco jusqu’à la frontière avec le Rwanda. Arrivés à la frontière, coup de théâtre,  la police des frontières rwandaise n’a accepté de récupérer que sept éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), et a refoulé les 24 personnes ayant combattues dans les rangs du M23 en RDC. Ces derniers s’étaient, dans le territoire de Rutshuru en mai dernier , présentés à la Monusco comme étant des citoyens rwandais qui avaient été recrutés au Rwanda avant d’être envoyé en RDC pour rejoindre le M23. Selon AFP, les 24 combattants rwandais du M23 refoulés, ont passé près de 45 minutes dans la zone neutre entre la RDC et le Rwanda, avant d’être ramenés en RDC. Jusqu’à dimanche matin, leur sort n’était toujours pas connu, annonce radio Okapi. Le Rwanda a affirmé ce dimanche 15 juillet, que rien ne prouvait que ces combattants refoulés soient ses citoyens. « Nous avons refusé d’accepter ce groupe parce que c’était un groupe litigieux. Rien ne prouve qu’ils étaient des citoyens rwandais », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’armée rwandaise, le général Joseph Nzabamwita.

Le Rwanda continue de nier malgré des preuves qui s’accumulent, son soutien aux mutins du M23. La RFI (Radio France Internationale),a rapporté le 7 juin 2012, plusieurs témoignages de jeunes rwandais qui ont été recrutés de force dans la région de Mudende pour aller se battre à l’est de la RDC aux côtés des mutins du M23. Human Rights Watch (HRW) a rapporté de son côté, au cours du mois de mai 2012, plusieurs cas de recrutement forcé, notamment sur le bord des routes et sur les marchés près des villes de Musanze(anciennement appelée Ruhengeri) et Kinigi, au nord-ouest du Rwanda.

Comment le Rwanda a-t-il pu identifier sept combattants de la rébellion hutu rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui pourtant vivent dans le maquis depuis plus de 18ans, et déclare douter de la nationalité des combattants rwandais issus des rangs du M23, qui pourtant ne sont sur le sol congolais que depuis quelques semaines ?

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées, la plus probable étant que le FPR, actuellement au pouvoir au Rwanda,  ne souhaite pas récupérer ses citoyens désertant le M23 afin d’éviter d’affaiblir d’avatange cette rébellion qu’il soutient et dont le chef supposé, Bosco Ntaganda, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré par la CPI.

Jean Mitari

Jambonews.net

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8 Commentaires à “Le Rwanda refuse d’accueillir ses citoyens qui ont déserté le M23”

  1. cmunah dit :

    Souvenons que malgré des crimes commis depuis des années par l’homme fort de Kigali et ses soldats
    (l’attentat contre l’avion du président Habyalimana, les crimes graves évoqués par le rapport Maping de l’ONu contre les réfugiés Hutu pendant les guerres initiées par le Rwanda au Zaïre, les assassinats ou tentatives d’assassinats des réfugiés Rwandais un peu partout dans le monde, Le Rwanda n’a jamais rien accepté.
    Ce n’est par pour aujourd’hui qu’il va admettre le soutien du M23.
    Quand à ses deserteurs du M23 rwandais qui ne sont pas reconnu par leur propre pays , ce sont des sacrifiés comme les tutsi ont toujours l’habitude de le faire afin de sauver leur régime.
    Souvenez vous de Laurent Nkunda.
    Ces gens là nous réservent des surprises et pour eux tous les moyens sont bons pour mentir.

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  2. Semanzi paulin dit :

    Parions que ces élements Ex-FDLR seront renvoyés au Congo pour renforcer le M23 et mourir pour une cause juste: le RWANDA. Pour les non avertis Rwanda = Kagame. Ce qui est révoltant dans tout ca, c’est la communauté internationale qui continue à diaboliser les FDLR, qui encourage leur repatriement au Rwanda alors qu’ils savent ce qui les attendent. Les congolais et les rwandais, surtout les HUTUS n’ont pas encore compris qu’on ne libère pas un peuple, mais qu’un peuple se libère. Kabila par exemple, on l’a obligé à se débarasser des FDLR (son fer de lance) et il a fait en livrant les chefs des FDLRS (comme Renzaho) pendant que Kagame refuse de livrer Ntaganda quitte à faire la geurre à Kabila.
    Mon analyse personnel: tant que les les Hutus rwandais et les congolais manqueront de determination, la saga va continuer. Mais le jour par ex. où ils comprendront qu’ ils n’ont pas besoin de la benediction de Clinton &Co, ce sera le début de la fin de Kagame, le Hitler tropical.

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  3. pasd'ac dit :

    @cmunah à chaque théorie il y a une contre theorie? cette acharnement à vouloir accuser de tous les mots le gouvernement actuelle du rwanda et son président m’étonne. pour moi la seule réponse à des détracteurs comme vous et le développement , la sécurité, la bonne gouvernance, la propreté, la santé et l’éducation pour tous ce que vivent les rwandais en ce moment! le reste n’est que baliverne. la RDC doit se reconstruire et cela grâce d’abord à la volonté du peuple congolais ensuite à la communauté international d’aide. mais parlerons t il d’une même voit???

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    • Gahutu dit :

      le sanguinaire Paul Kagame ne veut qu’une chose: mettre en feu et en sang la région des Grands Lacs, de toute façon c’est tout ce qu’il sait faire, avant l’arrivée de FPR au Rwanda,on avait au moins la paix.

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  4. Inararibonye dit :

    Des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) alliés à des miliciens congolais ont tué vendredi sept personnes à l’arme blanche et en ont blessé grièvement sept autres dans la province du Sud-Kivu (est de la République démocratique du Congo), a rapporté l’agence de presse associée (APA), reçue mardi à Bruxelles.

    Ces FDLR ont, avec l’aide de miliciens Maï-Maï du mouvement Nyatura, attaqué la localité de Nyaluchangi, en territoire de Kalehe, une localité située à 45 km de Bukavu, le chef-lieu de la province.

    Vendredi dernier, ces rebelles rwandais ont aussi incendié 75 maisons dans la localité de Kachukano.

    Basées dans l’est de la RDC et comptant encore de 2.500 à 5.000 combattants selon les sources, les FDLR, dont certains sont soupçonnés d’avoir participé au génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, sont considérées comme l’un des principaux fauteurs d’insécurité dans la région des Grands Lacs africains.

    Le Rwanda en recherche certains pour leur rôle présumé dans le génocide, qui a fait quelque 800.000 morts selon l’ONU, majoritairement d’ethnie tutsie.

    Le 1er juillet, une attaque des FDLR contre la cité de Luofu, dans la province voisine du Nord-Kivu, avait causé la mort de militaires des Forces armées de la RDC (FARDC).

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  5. Bertand Loubard dit :

    Il y a 22 ans c’était Arusha, maintenant c’est Addis Abeba. Après tant de Conférences, de Sommets, de Pourparlers et d’Accords, la Communauté Internationale n’a-t-elle toujours pas compris ? Le même homme, Kagamé ; le même scénario du « Kagamé-Mutabazi » toujours rejoué ; la même stratégie du « Talk and Fight », bien rodée par Kagamé. L’infiltration de cellules dormantes et de « cinquièmes colonnes » dans les pays voisins, le noyautage d’organisations internationales, les Mata Hari des ONG, les assassinats politiques, les arrestations arbitraires, les exécutions extra judiciaires, le recrutement de tueurs, l’emprisonnement des opposants politiques et des journalistes, l’exode de ses principaux complices (que Kagamé tente d’ailleurs, d’assassiner), mais aussi le plus grand nombre de Rwandais en exile de l’histoire du pays et pour ceux qui n’ont pas encore compris : une réélection de Kagamé avec 93%. Il y aurait-il une « vérité dérangeante » qui toucherait un Kagamé, ami des Tony Blair, Bill Clinton, Bill Gate, Viktor Bout, Rick Warren, Bernard Kouschner ? Une vérité dérangeante qui nécessiterait une remise en question de la structure des matraquages médiatiques sponsorisés par Kagamé ? Une vérité dérangeante sur les revenus des minerais du sang dont le trafic impliquerait Kagamé ? Une vérité dérangeante sur les « Doctorats Honoris Causa » de pacotille, les décorations et titres de carnavals dont Kagamé adore s’affubler, même décernés parun pays comme la Turquie qui ne reconnaît pas le Génocide Arménien et les droits des Kurdes ? Et si les archives « Secret Défense » continuaient à être progressivement déclassifiées, et si les documents cartographiques du TPIR devaient se révéler inappropriés, et si les images satellites devaient montrer d’autres détails des tueries de 1994 ? Comment reconnaître les erreurs, si il y en eut, et si il n’y en pas eut pourquoi garder des secrets pendant tant de temps, comme en 1940 pour ce qui est de Katyn….….pour protéger un « allié en connivence », un « allié de circonstance »…..?

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