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Rwanda: 3 opposants en prison, nominés au prix Sakharov du Parlement européen 2012

Publié : le 14 septembre 2012 à 2:03 | Par | Catégorie: Actualité

Trois opposants au régime du FPR actuellement au pouvoir au Rwanda ont été nominés ce jeudi 13 septembre 2012 par 42 députés européens pour le prestigieux prix Sakharov pour la liberté de l’esprit 2012 du parlement européen. Victoire Ingabire Umuhoza, Bernard Ntaganda et Deogratias Mushyayidi, tous trois actuellement emprisonnés à Kigali devraient connaitre le résultat aux alentours du 10 décembre.

Manifestation de soutien aux prisonniers politiques rwandais à Bruxelles

Manifestation de soutien aux prisonniers politiques rwandais à Bruxelles

Créé en 1988 ce prix récompense chaque année des personnalités ou des collectifs qui « s’efforcent de défendre les Droits de l’homme et les libertés fondamentales ». Il est remis aux alentours du 10 décembre, date d’anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Parmi les anciens lauréats de ce prix se trouvent notamment Nelson Mandela et Aung San Suu Kyi.

Les parlementaires européens justifient leur choix de proposer les trois opposants rwandais par le fait que ces trois prisonniers politiques ont « essayé de mettre fin au cycle de violence en prônant le dialogue et la réconciliation ».

Victoire Ingabire, Présidente des FDU-Inkingi est rentrée en janvier 2010 au Rwanda après 16 ans d’exil aux Pays-Bas afin de se présenter aux élections présidentielles du mois d’août. Elle a été privée de la possibilité de se présenter et est actuellement emprisonnée. Depuis plusieurs mois, le verdict sur sa peine ne cesse d’être reporté d’audience en audience. Lors du dernier report du mois de septembre, la Haute Cour a annoncé que le verdict devrait tomber au mois d’octobre 2012.

Pour les parlementaires européens ayant présenté sa candidature, Victoire Ingabire est « un exemple symbolique du combat pacifique pour la défense des Droits fondamentaux des citoyens ».

Déo Mushayidi, président du PDP-Imanzi, est un ancien membre du FPR dont il fut le représentant en Suisse de 1990 à 1994. Dès le milieu des années 90, il s’est distancé du FPR en condamnant fermement les massacres commis par ce dernier au lendemain de sa prise de pouvoir. Il s’est par la suite exilé en Belgique d’où il a prôné le dialogue comme solution au conflit rwandais. Le 5 mars 2010, il fût kidnappé au Burundi et emmené au Rwanda, ou il comptait se rendre en vue de se présenter aux élections présidentielles d’août 2010. Détenu depuis lors, il fut condamné à la prison à perpétuité, peine confirmée  le 24 février 2012 par la Haute Cour.

Dans la présentation de sa biographie, les parlementaires européens mettent en avant son « travail actif en faveur du dialogue pour les rwandais de toutes origines ethniques ».

Bernard Ntaganda, Président du PS Imberakuri est un avocat rwandais ayant commencé la politique des la fin de ses études secondaires.

Le 24 juin 2010, à l’issue d’une manifestation de l’opposition visant à dénoncer les intimidations qui avaient lieu dans le cadre de la campagne électorale et réprimée dans la violence, il fut arrêté et de facto privé de la possibilité de se présenter aux élections présidentielles.

Le 14 octobre, il a été emmené aux soins intensifs après avoir été victime d’actes de torture. Le 22 avril 2012, il fût condamné à 4 ans de prison.

Dans leur document de présentation de la candidature de Bernard Ntaganda, les parlementaires européens ont notamment mis en avant, la continuité de son combat par les jeunes de son parti. « La jeunesse démocratique Imberakuri veut montrer que les graines de la démocratie semées par leur président sont vivantes et grandissent » écrivent-ils notamment.

Au total, 5 candidatures sont en lice, la candidature des opposants rwandais étant une candidature unique. Le nom du lauréat devrait être connu aux alentours du 10 décembre 2012.

Ruhumuza Mbonyumutwa

Jambonews.net

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13 Commentaires à “Rwanda: 3 opposants en prison, nominés au prix Sakharov du Parlement européen 2012”

  1. Gihanga dit :

    Fallait-il vraiment publier cette information? Le dossier existe depuis 6 mois et maintenant que les discussions vont commencer au PE, l’information est rendue publique. La machine malvaillante du FPR va s’activer pour freiner ce dossier.

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    • Rubaduka Ngenda dit :

      Oui il fallait publier cette information pour le bien de tous ceux qui adhèrent à la cause de ces trois vaillants défenseurs des libertés fondamentales. Cette info va encourager leurs partisans qui sauront désormais que le fruit semé est en train de grandir.Et si le FPR active sa machine malveillante pour freiner le dossier, autant de témoins seront avisés et les éventuelles complicités seront vite dénichées. Courage à nos héros!!!

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    • Bakally dit :

      Du n’importe quoi. Tous ces individus -candidats sont des repris de justice. Ces  »dépités » européens ont oublié le non de Bagosora sur leur liste.

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  2. Théoneste Rwemalika dit :

    Bonsoir Monsieur Ruhumuza Mbonyumutwa,

    Merci pour l’information et pour votre article. Mon propos ne sera pas de commenter le tableau idyllique que vous dressez des trois individus, dont deux ont été condamnés par la justice et une autre, déjà jugée, est en attente du prononcé de son jugement. Je vais simplement revenir sur un seul point : les faits d’armes politiques de Deo Mushayidi.

    Vous écrivez ceci :

    « Déo Mushayidi, président du PDP-Imanzi, est un ancien membre du FPR dont il fut le représentant en Suisse de 1990 à 1994. Dès le milieu des années 90, il s’est distancé du FPR en condamnant fermement les massacres commis par ce dernier au lendemain de sa prise de pouvoir. Il s’est par la suite exilé en Belgique d’où il a prôné le dialogue comme solution au conflit rwandais. Le 5 mars 2010, il fût kidnappé au Burundi et emmené au Rwanda, ou il comptait se rendre en vue de se présenter aux élections présidentielles d’août 2010. Détenu depuis lors, il fut condamné à la prison à perpétuité, peine confirmée le 24 février 2012 par la Haute Cour ».

    Premièrement, lorsque vous écrivez que Mushayidi a été kidnappé alors qu’il « comptait se rendre [au Rwanda] en vue de se présenter aux élections présidentielles d’août 2010 », ceci est un mensonge éhonté ! Lisez-vous-même ce que Mushayidi disait au journaliste Amiel Nkuliza, lors d’une interview postée le 13 janvier 2010 sur DHR :

    « Ikindi kandi, kuri PDP, si amatora (aya Perezida, abadepite, abasenateri n’izindi nzego) azimakaza demokarasi mu Rwanda. Hagomba mbere na mbere Umushyikirano nyakuri kandi wagutse, uzahuza Abanyarwanda b’ingeri zose. N’ubundi PDP ntiyahagurukijwe n’amatora, ahubwo ishishikajwe no guharanira Impinduramatwara nyakuri kandi yuzuye mu gihugu cyacu. Ni koko amatora ashobora kuba ari imwe mu nzira zo kuzana Impinduramatwara, mu gihe yaba akozwe mu mucyo no mu bwisanzure bwa buri wese. Ariko muri iki gihe siko bimeze. Iyo nzira y’amatora ntishoboka kandi nta mukandida PDP izayatanga mo ».

    Deuxièmement, revenons à cette belle biographie larmoyante de la vie politique de Mushayidi, dans laquelle vous avez omis de mentionner l’épisode la plus importante, dont Mushayidi lui-même était fier.

    Le 15 novembre 2008, Déo Mushayidi a posté sur ces fora un communiqué pour lancer son nouveau parti politique « Pacte pour la Défense du Peuple ». Dans ce communiqué, il écrivait la chose suivante :

    « Twafashe icyemezo gikomeye kandi kidakuka cyo kuvanaho vuba na bwangu ubwo butegetsi gito bukomeje kubuza Abanyarwanda amahwemo. Urugamba twiyemeje kurwana rugamije gusubiza buri munyarwanda wese icyubahiro […] Urugamba dushoje rugamije gucyura mu cyubahiro urubyiruko rw’u Rwanda rwatereranywe hirya no hino ku isi cyane cyane urumaze imyaka 15 ruborera mu mashyamba ya Congo ».

    Pour bien faire comprendre qu’il s’est engagé dans une lutte armée, Deo Mushayidi a quitté la Belgique pour s’installer dans l’un des pays limitrophes du Rwanda. En mai 2009, il a accordé une interview à Amiel Nkuliza, interview qui aurait été fait « sur terrain » à Kinihira, quartier général de la région militairement conquise par les « troupes » de Mushayidi ! Dans cette interview, on peut lire la chose suivante :

    « Amiel Nkuliza: Nk’uko izina PDP risobanuye, bigaragara ko ari umutwe wa politiki usa nk’ushaka imirwano. Mwaba mufite uburyo bwo guhirika Kagame mukoresheje intwaro, nk’uko na we yabigenje yirukana mugenzi we Habyarimana?

    Deo Mushayidi: Uburyo ntibwabura hari ubushake kandi burahari. Ubushake bwo guhindura ibintu mu Rwanda buriho kandi na zimwe mu mpamvu zo kubihindura tumaze kuzikomozaho. Uburyo bwo burashakishwa kandi ni cyo cyaduhagurukije ».

    Le 13 janvier 2010, Mushayidi a récidivé, lors d’une nouvelle interview « de terrain » avec Amiel Nkuliza:

    « Nkuliza: Uvuze FPR uranyibutsa. Hari abemeza ko aho wita Kinihira mu by’ukuri ari mu mashyamba ya Tanzaniya, aho ngo ufite ingabo zirimo kwitoreza guhirika ubutegetsi bwa FPR ndetse ngo Kagame akaba amaze kukugabaho ibitero bitari bike. Hari ibisobanuro waduha kuri iyi nkuru?

    Mushayidi: Nta bindi bisobanuro mfite usibye ko mpaye akanya ko gushimira Perezida Kagame kuba yaratugeneye abarinzi b’umuntu kandi nkamwizeza nkomeje ko abasore be bakorana umurava n’ubwitange mu kurangiza inshingano bahawe kuri PDP. Naho ibyo kuvuga ko ntoreza ingabo mu gihugu cya Tanzaniya, ndumva byasobanurwa na Tanzaniya ubwayo ndetse n’u Rwanda »

    Je souris donc lorsqu’un journaliste comme vous non seulement raconte des mensonges à ses lecteurs, mais aussi leur cache une partie de la biographie de Deo Mushayidi, afin de le peindre comme un pauvre pacifiste kidnappé sur le chemin de sa mère-patrie ! Et cela, alors que Mushayidi reconnaissait lui-même être en guerre ouverte contre le Rwanda, s’étant même rapproché de notre frontière pour mieux mener ses opérations terroristes contre son pays!

    Pour conclure, je voudrais vous informer que le 21 août 2007, l’inénarrable Deo Mushayidi, alors Secrétaire Général du Partenariat-Intwari, avait aussi réalisé l’exploit de se faire l’avocat de la fameuse théorie de l’ « Empire Hima ». Il a en effet signé un communiqué qui disait ceci:

    « Le projet sinistre d’édification en Afrique de l’Est d’un grand empire « nilotique » lui-même placé sous protection d’un méga empire anglo-saxon qui finirait par couvrir tout le continent africain explique en bonne partie les conflits fratricides qui endeuillent l’Afrique au quotidien, avec leur cohorte de crimes contre la paix, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide ».

    Heureusement que le ridicule ne tue pas !

    Rwemalika Théoneste

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    • CESAR dit :

      Rwemalika Théoneste est un expert dans les galimatias amphigouriques.
      1- Mushayidi a dit clairemet qu’il entend balayer le régime autocratique et despotique de Kagame par la voie démocratique et uniquemet par celle-ci. Rwemalika le dit lui-même. L’existence d’un régime despotique dans nontre pays ne peut être niée par qui que ce soit sauf les spécialistes dans la mauvaise foi ou la négation de l’évidence.
      2- Mushayidi a, à juste titre, dit que dans la mesure où Kagame reste invariable dans la gestion des affaires du pays, il n’y aura sûrement pas d’élelection mais une seconde autoproclamation de Kagame comme président du Rwanda et que dans ces conditions, son parti ne présentera pas un candidat. L’histoire lui a donné raison.
      3- Mushayidi n’a cessé de préciser, même lorqu’il était représentant du FPR, que le problème rwandais est purement politique et nullement ethnique. Son diagnostic est exact sous réserve de prouver le contraire. Dans ces conditions, l’unique solution ne doit être que politique à savoir le dialogue sincère entre les Rwandais aux fins de trouver une issue heureuse et durable aux maux qui rongent notre pays, le tout dans l’intérêt de la génération rwandaise actuelle et surtout future. Un bon Père de famille oeuvre pour ses postérités et nullement pour lui-même. Mushayidi a toujours oeuvré pour le dialogue entre les Rwnadais.
      Sans dialogue franche, la seule issue possible ne sera que l’utilisation légitime de la force pour dégager le régime despotique et autocratique de Kagame. Son analyse est rigoureusement exacte.
      4- Kagame a ethnicisé notre pays et crée un régime purement tutsi hormi quelques bricolages observés ici et là dans certains services publics. La parfaite illustration est la composition de son armée et celle des services publics. Il a tenté d’exporter son expertise dans la gouvernance de son pays par la création des fameux Banyamurenge dont il s’était arrogé le droit de défenseur en chef de leurs intérêts. Il a échoué lementablement.
      Il aurait été judicieux que Rwamalika réagisse par infirmation des affirmations de Mushayidi relativement à la création de l’empire nilotique par le couple Kaguta-Kagame avec l’appui des multinationales anglo-saxones.
      Il se contente de citer l’intéressé mais il ne l’infirme pas avec des arguments crédibles. Monsieur Rwemalika n’apporte donc rien pour les lecteurs de Jambo News.
      Aucun Rwandais et encore moins Mushayidi n’est contre Kagame en tant que tel. C’est sa gestion de notre pays et le mépris absolu des Rwandais qui sont en cause. Le Rwanda appartient à tous les Rwandais. Il n’est donc pas un patrimoine de Kagame et le siens.
      Au nom de quoi Kagame aurait droit d’affirmer publiquement que les Hutu sont encore nombreux, qu’il a commis une erreur dans son funeste travail contre des millions de paisibles gens, que les Hutu sont génétiquement génocidaire et qu’il faut donc éradiquer le mal par ses racines mais que dire ou soutenir publiquement que les auteurs des crimes contre ces millions de Hutu doivent répondre de leurs actes uniquement pour ce qu’ils ont faitt, que le régime Kagame est un régime despostique qui doit être mis fin par la voie démocratique est constitutif de crime?
      Un dictateur qui s’obstine dans son refus d’écouter son peuple doit être dégagé par la force.
      Dans un régime despotique, parler de la démocratie et de la liberté d’opinions et /ou d’expression est constitutif de crime. Par conséquent, Mushayidi n’a commis qu’un seul crime ,celui d’avoir parlé de la démocratisation de notre pays, de la liberté d’opinion et d’expression pour les Rwandais et de l’exigence impérative du respect des droits fondamentaux des citoyens rwandais par le régime Kagame.
      Monsieur Rwemalika est censé connaître le sort qui a été réservé aux tyrans africains et que l’histoire n’épargnera certainement pas Kagame, peu importe les soutiens dont il pourra disposer. Le Jour J et c’est une question de temps, celui de Rwemalika ne lui sera d’aucune utilité.
      Les dires de Rwemalika ne sont que des galimatias amphigourique. En effet, en répondant à l’auteur de cet article, il exerce son droit légitime d’expression. Mais curieusement, il soutient que Mushayidi n’avait pas droit de s’exprimer sur la gestion des affaires de son pays par Kagame, que pour lui, critiquer l’organisation et le fonctionnement des institutions de notre pays est constitutif de crime et qu’en torturant et en emprisonnant Mushayidi, Kagame a fait un bon travail. La question ici est de savoir qui est ou qui n’est pas ridicule.

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      • Mutanyagwa Victor dit :

        Pour ceux qui lisent les propos de Rwemarika sans le connaître, il faut savoir qu’il s’agit d’Olivier Nduhungirehe, premier conseiller de l’ambassade du Rwanda au Nations Unies. Il sied aussi de souligner que le dossier fantôme de Déo Mushayidi est rempli de recommandations données par Nduhungirehe que le procureur a eu difficile à soutenir. Il faut aussi noter que Déo a été condamné sans aucun témoins à charge mais uniquement sur base des mails concoctés par cet inénarable Olivier Nduhungirehe, unique source de ces mails qui contiennent son nom, qui travaillait à Addis Abeba à l’époque. Pour ceux qui veullent réellement connaître Déo Mushayidi, voici sa biographie qui n’a rien à voir avec les mensonges échafaudés par notre Olivier national:

        Qui est Déo Mushayidi ?

        Déogratias Mushayidi est né en 1961 à Sake au sud-est du Rwanda, trois mois après l’assassinat de son père emporté par les pogroms anti tutsi devenus récurrents depuis l’année 1959. Elevé par sa mère veuve, M. Mushayidi a fait ses études primaires et secondaires au Rwanda pour ensuite poursuivre ses études universitaires en Suisse grâce à l’ordre religieux des Joséphites dont il est resté membre pendant une douzaine d’années. Il rejoindra ensuite le Front Patriotique Rwandais (FPR au pouvoir au Rwanda aujourd’hui) à l’époque au maquis. Représentant du mouvement en Suisse, la mission de M. Mushayidi était de sensibiliser la communauté internationale à la nécessité des négociations de paix entre le FPR et le pouvoir rwandais à l’époque dirigé par le général Juvénal Habyarimana.

        Les accords d’Arusha signés en août 1993 ne mettront malheureusement pas fin aux hostilités et c’est après trois mois de génocide anti-tutsi que le pouvoir de Habyarimana tombera. M. Mushayidi perdra sa mère et le reste de toute sa famille dans ce génocide et c’est dans un pays en ruines et jonché de cadavres que Mushayidi rentrera en provenance de Suisse. Déterminé à contribuer au retour de la paix dans ce petit pays d’Afrique, M. Mushayidi a vite fait de travailler comme assistant politique du secrétaire général du FPR qui venait de prendre le pouvoir. Toutefois, désillusionné, M. Mushayidi a quitté ce poste au bout de seulement six mois en dénonçant les assassinats sommaires que l’armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR commettait. En effet, ces crimes restaient impunis malgré les dénonciations incessantes par la communauté internationale, elle-même pourtant timide suite à son immobilité face au génocide de 1994. M. Mushayidi a ainsi déclaré « j’ai été victime de l’injustice depuis ma naissance, je ne peux en aucun cas infliger aux autres ce que j’ai eu de la peine à souffrir et que j’ai toujours dénoncé » et il a dès lors quitté les sphères du pouvoir rwandais.

        Il a ensuite joint ses compétences à la relance de la presse rwandaise dont il a même été élu par ses pairs président de la première association professionnelle (association rwandaise des journalistes- ARJ), avant de diriger ensuite la Maison de la presse. Entretemps il n’a cessé de multiplier, dans la presse locale, des articles dénonçant injustices et corruption. Connu pour son franc parler, c’est suite à la parution de ses écrits dans le mensuel Imboni de février 2000, dénonçant des arrestations abusives et des kidnappings de réfugiés rwandais qu’il sera forcé à l’exil en compagnie de ses deux autres collègues.

        Arrivé en Belgique en avril 2000, M. Mushayidi a multiplié des contacts avec l’opposition rwandaise en exil à l’époque dominée par les hutu. Son leitmotiv était toujours de revoir un jour ses compatriotes autour d’une table ronde dans ce qu’il n’a cessé d’appeler le Dialogue inter rwandais hautement inclusif. Selon M. Mushayidi, dans ce dialogue toutes les questions à la base des grands problèmes rwandais seraient discutées. Ainsi donc seraient traités le problème ethnique et ses conséquences, la question des réfugiés et ses conséquences, le partage du pouvoir et des richesses du pays. C’est à travers son parti Pacte de Défense du peuple « PDP » que M. Mushayidi espérait défendre ses idées. En mars 2010, il été arrêté en Tanzanie et remis au Burundi. Il y a été kidnappé alors qu’il se préparait à rentrer au Rwanda pour faire enregistrer son parti politique et défendre ses idéaux de Dialogue inter rwandais, en vue d’un Rwanda sans conflits et haine ethniques et sans discrimination de tout genre.

        Condamné définitivement à perpétuité le 24 décembre par la cour suprême rwandaise, M. Mushaidi a déclaré de sa prison « Oui, je suis en prison et d’après la justice rwandaise je dois y rester toute ma vie. Cela ne me ferait rien si j’étais le seul à être injustement condamné à perpétuité et que mon peuple avait sa pleine liberté pour décider de son avenir. La liberté de ce peuple, elle ne pourra s’exprimer qu’à travers un dialogue ouvert à tout le monde et destiné à déraciner les conflits du passé, du présent et de l’avenir ».

        A Bruxelles, Deo Mushayidi est reconnu comme ayant été le premier tutsi, rescapé du génocide, à avoir reconnu que les hutu rwandais avaient été massacrés en grand nombre par le FPR notamment pendant les deux guerres qu’il a infligé au Congo en 1996 et en 1998. Il aura été le premier tutsi à reconnaître publiquement que les victimes du génocide (en majorité tutsi) et les victimes de la guerre du FPR (en majorité hutu) méritent, toutes, respect et commémoration.

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        • CESAR dit :

          Ce Monsieur dit Rwemalika est-il le fils de Jean Chrisostome Nduhungirehe, ancien ministre ?Pourquoi se cache-t-il derrière le pseudonyme?
          Si c’est le Conseil du régime Kagame aux Nations Unies, ses dires ne sont pas surprenantes.
          Mon Cher Victor, vous avez exactement tout dit sur Mushayidi.
          Il ressort de la vie et des actes de celui-ci que c’est un homme qui a sens de la paix dans le sang et un amour profond à l’égard de son pays et de ses compatriotes. Il a bien intégré les enseignements acquis chez les Frères Joséphites. Dès lors, il ne pouvait sûrement pas avoir une place au sein du FPR.
          Je le connais par ses écrits et certains membres de sa famille rescapés. J’ai été touché par la profondeur de ses acrits dont le conseiller Nduhungirehe n’a jamais lus.

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        • edouarda dit :

          Trouvé récemment sur Rwemalika: « Il n’y a plus de doute que le Sieur Olivier Nduhungirehe, alias Théoneste Rwemalika, n’est rien d’autre qu’un agent au service du FPR, payé pour détourner l’attention des forumistes dans des discussions sans issue. Jusqu’à ce jour, il a accompli ce travail à la perfection puisqu’il est parvenu à entraîner certains forumistes dans les débats qui, une fois sur le point d’être conclu, resurgissent comme des champignons après une nouvelle pluie.
          Cela rappelle la stratégie utilisée par Museveni le 5 Avril 1994 à Dar Es Salam en Tanzanie, lorsqu’il faisait traîner les discussions en longueur afin de permettre à ses boys d’accomplir la salle besogne de descendre, sous le couvert de la nuit, celui qui était alors président de la république rwandaise, Juvénal Habyarimana ».
          Ingabire & Déo sont des gens de paix avec des convictions profondes, notamment le respect humain. Lecture à recommander certainement, le mémorandum que Déo et d’autres ont envoyé à l’ONU. Il suffit de taper sur Google: « Genocide rwandais : le peuple crie justice ! ». Ce mémorandum lui a valu une condamnation de tout l’EMPIRE HIMA (qui ne veut pas nécessairement dire tous les Hima et j’ose espérer que non) et de ceux qui le soutiennent.

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      • edouarda dit :

        A propos César, certainement à consulter http://ugandansatheart.org/category/diaspora.

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        • Kakinzayi dit :

          Si les gourous du pouvoir monolithique dominant FPR et godillots du Général P. Kagame devaient s’activer pour influer négativement sur les candidatures de ces opposants, ils se heurteront au mur infranchissable de la vérité. D’aucun ne devait avoir peur.

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  3. Théoneste Rwemalika dit :

    Merci à tous de vos propos aimables à mon endroit !

    PREMIEREMENT, je ne me cache pas derrière un pseudonyme, je l’assume. Considérez donc que Rwemalika Théoneste est à Olivier Nduhungirehe ce que Molière est à Jean-Baptiste Poquelin !

    DEUXIEMEMENT, toutes ces attaques personnelles sont bien gentilles, mais je n’ai nulle part lu où vous auriez indiqué un seul propos mensonger de ma part. Vous ne pouvez d’ailleurs en trouver pour la simple et bonne raison que je n’ai fait que citer les propres propos de Deo Mushayidi, indiquant même la date et la source précise.

    TROISIEMEMENT, il est curieux de constater que personne n’a osé confirmer les propos de Ruhumuza Mbonyumutwa, propos selon lesquels Mushayidi « fût kidnappé au Burundi et emmené au Rwanda, ou il comptait se rendre en vue de se présenter aux élections présidentielles d’août 2010 ». Or j’ai bien démontré, citation à l’appui, que Mushayidi n’a jamais eu l’intention de se présenter à ces élections. Pour ceux à qui cela aurait échappé, voici encore cette citation :

    « Ikindi kandi, kuri PDP, si amatora (aya Perezida, abadepite, abasenateri n’izindi nzego) azimakaza demokarasi mu Rwanda. Hagomba mbere na mbere Umushyikirano nyakuri kandi wagutse, uzahuza Abanyarwanda b’ingeri zose. N’UBUNDI PDP NTIYAHAGURUKIJWE N’AMATORA, ahubwo ishishikajwe no guharanira Impinduramatwara nyakuri kandi yuzuye mu gihugu cyacu. Ni koko amatora ashobora kuba ari imwe mu nzira zo kuzana Impinduramatwara, mu gihe yaba akozwe mu mucyo no mu bwisanzure bwa buri wese. Ariko muri iki gihe siko bimeze. IYO NZIRA Y’AMATORA NTISHOBOKA KANDI NTA MUKANDIDA PDP IZAYATANGA MO » (Deo Mushayidi, DHR, 13 janvier 2010).

    QUATRIEMEMENT, l’article de « Uganda-at-Heart » daté du 4 août 2010 que vous citez m’avait fait rire à l’époque, et me fait toujours rire. On pouvait y lire par exemple la merveille suivante : « Here in the US, Kagame has posted two people with a mission to poison/assassinate Rwandans and Americans that are perceived as “sympathetic” to the oposition. One of them is Mbabazi Justine (Washington) and another one Nduhungirehe ( New York). The only pity I have for these ones is that they may go back to Kigali dead!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » ?

    Hmm ! Quels assassins stupides ce Mbabazi et ce Nduhungirehe ! En deux ans, ils sont incapables d’empoisonner un seul malheureux opposant !

    Heureusement que le ridicule ne tue pas !

    Rwemalika Théoneste

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  4. Gervais kirato dit :

    -Uyu Mushayidi arambabaje cyane nkuko bigaragara muri iyi Biographie ye yanditswe n’uyu MUTANYAGWA VICTOR ndetse na CESAR: Ngo amaze kwicirwa ababyeyi be n’umuryango we n’abahekuye u Rwanda kuva muri 1959 kugeza muri 1994, ngo yaje guhungira i Buruseri mu Bubiligi, aho ngo yirirwaga yirukanka inyuma yabo yita « Opposition ». Abo nabo si abandi, nibabandi bari basize bahekuye u Rwanda ndetse bahekuye nuwo Mushayidi, ibi birababaje cyane!
    -Ariko tugaruke kuri icyo gihembo Sakharov ngo barimo guhatanira. Ese uzafata umuntu qui ne represente que lui-meme (Deo Mushayidi) ou qui represente une bande ne depassant pas 5 ou 6 personne (Victoir Ingabire) eux-memes tres divisee (NKIKO contre MUSANGAMFURA) ngo abo nibo ugiye guha un prix? Ndumva bizaba ari ugutesha Agaciro bikomeye iyo Prix. Ntabwo nizera kobazayibaha kabone niyo banayihabwa nta valeur ajoutee nimwe numva bizaba bizaniye u Rwanda n’ ABANYARWANDA.
    -So, tureke kurangazwa nizo nkorabusa, dukomeza ibikorwa byacu byokwiteza imbere no kwihesha AGACIRO.

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  5. Kanazi Jana dit :

    Gervais we, nkunda ko intore nkawe zikanaguzwa kakahava iyo zibonye abahagarariye opposition nyarwanda batangiye guhabwa ibyubahiro bibakwiye namahanga yose ! Prix SAKHAROV ntabwo ari nka za ngirwabihembo KAGOME yigurira we ubwe, yarangiza agaha udufaranga twa associations tutampaye agaciro twi Burayi na America kugira maze akanariha réceptions zihabera ngo bamuhaye ibihembo kandi ari fake. Iyi prix Sakharov tuvuga hano, ni abadepité binteko ishinga amategeko ihuriyemo ibihugu hafi byose byiburayi bayigena. Kbona Ingabire rero ukuriye abo bandi bafatanyije ubutwari hari abatepite mirongo bamutoye, sobanukirwa ! Ariko ibyo ni ibirenze injiji nkawe. komeza wihamiririze ukanaguzwa nkuwahanzweho abagiye kukibohoza bazarinda bagera mwirembo ukidihaguza ngo urogeza abasogosi bayogoje uRwanda none abaturage bakaba bagiye kwicwa numudali ! ngaho ngaho ga yeeeee !

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