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Rwanda : « Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali »

Publié : le 22 avril 2013 à 2:47 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Dans une interview accordée à JambonewsTV, le journaliste québécois Robin Philpot livre son récit sur, entre autres, les contrevérités qui entourent le génocide rwandais, notamment, le régime actuel de Kigali et ses alliés qui cherchent à imposer leur version de l’histoire.

Réfugiés rwandais - source: lepoint.fr

Réfugiés rwandais - source: lepoint.fr

En effet, l’auteur du livre « Ca ne s’est pas passé comme ça à Kigali » publié en 2003, déclare avoir découvert des éléments sur ce qui s’est réellement passé au Rwanda en 1994, quand le pays sombra dans des massacres jamais vus sur le continent africain. C’est en discutant avec les Congolais, les Rwandais, mais aussi en faisant des recherches personnelles, que le journaliste dit avoir découvert peu à peu que ce qui est fréquemment raconté sur le génocide rwandais est n’est pas vraiment ce qui s’est réellement passé. D’ailleurs le fait d’avoir publié un récit autre que ce que le régime de Kigali et ses alliés cherchent à imposer à tout prix, lui a valu énormément d’attaques et d’être taxé de « négationniste ».

 Robin Philpot revient ainsi sur les tentatives de certains, de faire l’amalgame entre, selon lui, ceux qui nient le génocide juif « le vrai génocide » et ceux qui contestent la version officielle de la tragédie rwandaise. « C’est une facilité désolante de dire vous êtes négationniste, on ne discute pas avec vous, sans même chercher à comprendre » déplore Philpot, qui regrette qu’en ce qui concerne le drame rwandais, nombreux préfèrent se nourrir de la version officielle livrée par le régime de Kigali, sans chercher à se poser des questions, surtout des vraies questions sur ce qui s’est réellement passé. « On n’a pas posé toutes les questions, et quand on ne pose pas de questions, on n’a pas de réponse » avance-t-il.

 Aussi, fait-il remarquer que jusqu’à présent, beaucoup de monde qui ont souffert de cette tragédie restent « bâillonnés » et ne peuvent pas raconter ce qui s’est réellement passé, ni même pleurer leurs morts. D’après Philpot, « des enjeux, et des intérêts » de certains acteurs du drame rwandais, les poussent à s’abstenir de poser des vraies questions, pour éviter d’avoir des réponses embarrassantes pour eux. Il se demande comment on peut raconter la tragédie qui s’est abattue sur le Rwanda en 1994, sans au préalable se poser des questions sur l’origine de ce drame ; notamment « le pourquoi les accords d’Arusha n’ont pas été appliqués, et qui a abattu l’avion du président Habyarimana ».

 Crise à l’Est de la RDC

 « Des enjeux et des intérêts » seraient, selon Philpot, également à considérer en ce qui concerne  le Mouvement du 23 mars (M23), plus précisément par rapport aux démenties du gouvernement rwandais quant aux accusations selon un rapport onusien de son soutien à cette rébellion qui sème la terreur dans l’Est de la RDC depuis avril 2012.

 L’écrivain met également les grandes puissances mondiales en cause en affirmant qu’elles sont « plus guerrières et plus mensongères qu’avant car elles sont en concurrence avec d’autres puissances ».

L’interview de Robin Philpot

Jean Mitari
Jambonews.net

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14 Commentaires à “Rwanda : « Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali »”

  1. Castro dit :

    Cet auteur dit qu’il n’etait pas a Kigali au moment du Genocide. Il n’est pas Rwandais et n’avait jamais auparavant etait confronte aux realites Rwandaises et ne connait pas la souffrance qu’a endure les personnes massacrees, les survivants souvents ave handicaps permanents, traumatismes physiques ou morales .
    Depuis le Canada son lieu de residence, en toute securite, niant toues les versions rapportees par les victimes survivants du Genocide, se me a rediger un Livre intitule « Ca ne s’est pas passé comme ça à Kigali ».
    Sachez, Mr Robin Philpot que vous etes en train de toucher dans les Plaies encore saignates du peuple Rwandais. Et, le Redacteur qui publie cet article en ce moment precis ou le peuple Rwandais vit la memoire des evenements d’Avril 94 sait bien qu’il le fait pour traumatiser encore d’avantage les victimes du Genocide des Tutsis, alors qu’il aurait le devoir de publier des documents qui les aident a surmonter ces moments difficiles et de les reconcilier avec leurs boureaux.

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    • Semanzi Paulin dit :

      Pour vous Philipot qui n’ était pas à Kigali en 1994 ne peut pas être crédible. J’imagine que la version de Luc Maréchal, qui lui était au Rwanda, sur la tragédie rwandaise vous convaincrait. Vous dîtes qu’il n’est pas rwandais. Que pensez-vous des rwandais comme Mushayidi, Twagiramungu, Matata, Ndagijimana, et plusieurs d’autres qui contestent la version officielle de Kagame, qu’on reproche d’avoiir sciemment provoqué le génocide pour s’emparer du pouvoir. Pourqoui d’après vous le FPR n’a jamais recensé les victimes du génocide ? Moi je suis sûr que vous connaissez la raison qui est facile à comprendre. P-c-q il ne veut pas que le monde réalise ce que tous les rwandais savent aujourd’hui: la pluspart des victimes sont HUTUS et le FPR a fait plus de victimes que les Interahamwe sans parler des millions de congolais que le boucher Kagame a fait disparaître afin de pouvoir piller les richesses du Congo. Mais ne vous en faites pas « UKURI GUCA MW’ IZIKO ARIKO NTI GUSHYA » tôt ou tard vous serez rattrappé par la vérité.
      Monsieur Castro, je vous en prie, arrêtez de confondre l’ opinion d’un Tutsi extremiste avec celui du peuple rwandais. Si vous et Kagame êtes sûr que la majorité de rwandais pensent comme vous, si vraiment le voyou Kagame est vôté à 95,5% pourqoui faîtes-vous disparaitre tous (HUTUS/ TUTSIS confondus) ceux qui ont une opinion différente que vous. Pouvez-vous me nommer un seul opposant qui n’est pas génocidaire, négationiste, révisioniste, divisioniste. Je vous fais un défi, nommez-moi un Tchisekedi, un Twangirai rwandais qui n’est pas soit exilé, soit emprisonné ou soit assassiné ? Vous avez fait croire au monde entier que Kagame a fait promouvoir les droits de la femmme, mais vous ne vous gênez pas de jetter en geôle Madame Ingabire dont la seule faute est d’ avoir posé sa candidature contre le dictateur Kagame qui a n’a pas hésité à sacrifier son propre ethnie.
      Ce n’est pas Robin Philipot, qui veut que la vérité éclate, qui remue le couteau dans nos plaies, mais bien vous et Kagame qui faites tout pour étouffer la vérité avec des conséquences qui vont finir par se manifester .

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      • Hendrix dit :

        @Semanzi

        Le fait est la malgres ce que vous pretendais qlqsoient les raisons , le genocides de Tutsis au Rwanda a eu lieu.Quand tu pretends que c’est a cause du FPR que le genocide a eu lieu , tu divagues lol.Qu’est ce que tu en dis du massacre de Bagogwe dans la prefecture de Ruhengeri et Gisenyi ? N’est ce pas que c’a debuter bien avant meme 1994?Imaginez si le FPR n’avait pas vaincu le FAR combien des gens allaient etre massacrer ? Les tutsis ont eu leur salut grace au FPR et c’pas toi qui vas me contredire.Le genocide a eu lieu au Rwanda contre les Tutsis et meme l’ONU l’a reconnu. Apres 20 ans qlqs personnes essayent de detourner la situation a leur faveur en niant le genocide ou en pointant du doigt le FPR.Vous ne pouvez jamais changer l’histoire, meme le fait de le nier vous n’etes pas different des Interahamwe. Meme dans le pays occidentaux le fait de nier de nier le genocide(Juif,tutsi,armenien) constitue un manquement grave.Je me rappel qu’un depute au Quebec fut radier du caucus de son parti a cause de cela.Quand a la mort des pretres que une certaine femme accuse Kagame de les avoirs tuer, je trouve qu’ils meritaient ce sort. Savez-vous comment ces pretres chassaient les tutsis dans les eglises pour les livrer a leurs boureaux ?C’est le prix a payer.

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  2. Soufrance dit :

    Voila au moins un parmi tant, qui ose dire tout haut ce que beaucoup savent et expriment tout bas… bref un courageux quoi !
    Nous pensons aux victimes, à toutes les victimes rwandaises des événements de 1994, quelles qu’elles soient, nous pensons aussi à toutes victimes rwandaises et congolaises oubliées par le monde dont aucune date ni aucun événement en leur mémoire ne leurs sont dédiés jusqu’à lors. Ces crimes alors dissimulés pourraient s’avérer être les plus grands organisés, contre l’humanité jamais décelés durant toute l’existence de l’être Homme sur terre !! Mais par le temps, le temps et par l’Histoire, la vérité.
    Bravo Mr Philpot

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    • Derille dit :

      Merci pour votre commentaire objectif. Est-ce que la vérité commencerait à monter l’escalier ?
      Bravo, Mr Philpot, même si vous n’étiez pas là en 94, et j’ajouterais bravo, Mr le juge Bruguière, qui avez vu très clair, trop clair, bravo, Mr Filip Reyntiens, qui avez clamé dès le départ et à combien de reprises ce qui commence à se dire.. et tant d’autres qu’on a fait taire …

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  3. A. Nzeyimana dit :

    Monsieur Castro je crois que le Kigali officiel et ceux qui pensent comme lui doivent, avec le temps qui courre, etre de plus en plus imaginatif pour refuter la verite sur les evenements de l’histoire recente du Rwanda. La verite est une et incontestable. Ce n’est pas parce que l’on vous laisse mentir pendant longtemps que vous devriez croire que les mensonges se transforment en verite. Qui est Rwandais? Lorsque vous vous annoncez comme parlant au nom des Rwandais, est-ce que vous ne pensez pas faire croire que les rescapes Tutsi sont les seuls Rwandais qui existent au pays des Milles Collines? Que faites-vous du reste des rescapes Hutus? Apparemment votre langage ne les considere pas comme Rwandais. Mais vous ne faites la que reproduire la politique pronee par le FPR. Il ne faudrait vous en vouloir tellement. Les memes erreurs conduisant aux memes resultats, c’est malheureux que les politiques actuelles de Paul Kagame conduisent les Rwandais (cette fois-ci pas seulement les rescapes Tutsi, mais tout le monde) vers ce que tous les vrais rescapes auraient aime eviter a l’avenir.

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  4. Soufrance dit :

    Bien dit Mr Semanzi Paulin

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  5. karaoke dit :

    Monsieur Castro, il faut que vous sachiez que vous etes ignorant ,sans vous insulter ou vous offenser ,vous ne le savez pas.ou vous faite semblant de le savoir ce qui est plus dangereux que ce soit pour vous et pour ce qui pense comme vous.regardez Monsieur Castro ,ce que le FPR veux que vous fassiez pour lui c est de vous faire convaincre qu il ya eu le Genocide des Tutsi au Rwanda juste pour continuer a vous endormir et lui et ses complices continue de s enrichir et s offrir des gloire au detriment de victimes rwandais toi y compris.Vous restez dans une chancon qui vous avance pas.Si ce n est kagame et ces amis qui profite de tout. si tu peux me repondre ,combien des victimes qui juissent de l existance du Genocide au Rwanda? Combien des faites organisé en memoire des enfants rwandais Tutsi qui ont verssé leur sang au combat dans la guerre de FPR que vous appelez Guerre de liberation des Tutsi? combien des familles Tutsi glorifiiéou reconnu par Kagame et son FPR pour avoir soutenue cette fameuse guerre? n est ce pas que la majoritéde ces familles continuent de vivre dans le todis dans les montagnes du rwanda au moment ou Kagame lui se fait payé 90 000 000 de dollars par moi (quatres vingt dix millions de dollars ) car soit disant avoir arreté le votre genocide? Essaye d ouvrir les yeux peuple rwandais !!!!!!!!!!! ne contue pas a vous laiisser jouer un jeux que vous ne profitez meme pas.!!!!!!!!Ce Genocide ne vous avantage en rien ,vous en chanterez ,dancerais meme ,,,,et c est kagame et ces amis occidenteaux quii en profiteront..vous vous etse victimes de votre ignorance et vous le resterez si vous contunuez ce chemin que vous impose Kagame et ces amis diables qui n aime pas les rwandais et les africains en generales.Castro etre appellé Tutsi rescapé du Genocide te fait gané quoi? seulement tu fait augmenter la fortune de ton frere Kagame et ses amis et tu les encourage à continuer exploiter ces massacres que eux meme ont creé.si tu veux bien voir claire demande ce que fait TONY BLAIR (l ex-1ministre britanique )dans le salon de Kagame. !!!!!!!!!!
    il est temp de ne pas contuer àvous laisser endormir vous les Rwandais surtout qui se considerent aveuglement Tusti.
    tu devriez utilisez l inteligence qu tu a pour cha

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  6. Bagaza muzo dit :

    Les Rwandais ne savent pas que le nombre de Hutus tués au Congo est trois fois plus élevé que celui des Tutsi tués au Rwanda.
    C’était pour la première fois que les Congolais voyaient de leurs yeux ce qu’ils avainet entendu au sujet de la cruauté des Tusti du Rwanda; leurs « kadogo » ont poursuivi les Hutus jusqu’au fin fond du Congo de 1996 à 1998; ils sont allés jusqu’à mettre des bébés Hutus dans des mortiers et à les piler comme ils pilent leur banane plantain. Demandez au Congolais, is vous renseigneront.
    La véité ne sera jamais dite par les Rwandais eux-mêmes à cause de leur parti pris,mais par ldes témoins extérieurs comme les Congolais et par des chercheurs extérieurs comme monsieur Robin Philpot. Le reste n’est que de la politicaille.

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  7. RASEC dit :

    Les déclarations des Kagamistes sont catactérisées par les incohérences et contradictions manifestes.Ils affirment tout et son contraire.
    1- Kagame et les siens affirment que les ethnies hutu, tutsi et twa sont une pure invention des blancs allemands et belges, que par conséquent les hutu, tutsi et twa n’existent pas.Pour eux, au Rwanda, il n’y a donc que le Peuple Rwandais.On peut leur concéder cette affirmation.
    2- Dès lors que les tutsi n’ont jamais existé et n’existent pas, il s’ensuit qu’il y a eu génocide des Rwandais et nullement « génocide des tutsi ». A défaut, que les Kagamistes puissent éclairer les lecteurs de Jambo News comment d’un côté ils soutiennent que les tutsi n’existent pas au Rwanda et d’autre chantent sur le toit depuis des années « génocide des tutsi ou tout simplement que Castro explique comment il y a eu génocide contre les Tutsi inexistants.Les tutsi sont-ils un mot à géométrie variable c’est-à-dire utilisable en fonction des circonstances et des intérêts des intéressés?
    3- Sur les crimes qui ont été commis au Rwanda, il me semble que l’humanité qui est dans tout Homme qui a une âme postule la compassion à l’endroit de toutes les victimes rwandaises. Nier les crimes contre des millions de Hutu constitue une déchéances de le pensée humaine de la part des auteurs de la négation de l’évidence. Il est difficile de comprendre comment un individu qui prétend être un rescapé du génocide soit dépourvu de sens de compassion humaine élémentaire à l’égard des victimes Hutu.
    Pour les Rwandais qui s’étiquettent tutsi ( alors qu’ils affirment que le peuple tutsi ou l’ethnie n’existe pas), des victimes hutu n’appartiennent pas à l’humanité. Dénier à leurs compatriotes l’appartenance à l’humanité est lourd de conséquence quant aux rapports entre les composantes de la société rwandaise.
    4- Le génocide est une qualification juridique d’un crime.Concernant les crimes qui ont été commis au Rwanda, ce n’est pas parce que Kagame a décreté en 2008, soit quatorze ans après la commission des crimes dans notre pays, que les crimes qui ont été commis contre les Tutsi ( si admet que ceux-ci existent) est un génocide des Tutsi et qu’il n’y a jamais eu des crimes contre les Hutu, que les crimes contre ces derniers n’ont jamais existé et ne sont pas constitutifs de crime de génocide.La prise et l’exercice du pouvoir par le groupe Kagame au Rwanda n’ôtent en rien à la qualification juridique effective des crimes qui ont été commis contre les Hutu.
    5- Le problème pour notre pays et le Peuple Rwandais est une poignée de gens dont fait partie Castro qui persistent dans leur dénégation de l’évidence jusqu’à soutenir publiquement que les Hutu ne font pas partie de l’humanité. Ces gens sont tellement de mauvaise foi qu’ils n’ont jamais accepté et ne sont pas en état d’accepter le débat sur ce point. Pour des raions que dépassent tout raisonnement rationnel, ils sont ulcérés par l’évocation des crimes contre Hutu et toute demande portant sur l’exposé chronologique des faits sur le drame rwandais. Le génocide des tutsi est devenu un instrument de recherche de compassion extérieure à l’endroit des victimes tutsi et des membres de leurs familles et un fonds de commerce comme en témoigne l’exposé des crânes des Rwandais au titre de produits d’exhibition touristique, le tout au mépris de la tradition séculaire du Peuple Rwandais.
    La fait d’être tutsi confère-t-il le monopole à la souffrance et à la compassion humaine?
    Il est difficile de comprendre comment le Peuple tutsi ( selon les tutsi eux-mêmes comme en témoignent les chefs d’accusation dans l’affaire Ibuka via SOS Racisme français) contre Péant Pierre) puisse rechercher la compassion et la justice à l’égard des victimes tutsi et les refuser aux victimes Hutu.

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  8. belgofrançais dit :

    Dans l’enquête réalisée par le juge TRAVIDIC, avec des experts en armement, (missiles balistiques) , en acoustique, topographie etc…
    Leur conclusion, ce sont le hutus extremistes qui ont abattus l’avion de Habyarimana. Quant au génocide, il était planifié d’avance,
    Des soldats belges témoignent de la présence de barages avant le chute de l’avion…et le guet appens des 10 soldats belge était prémédité. Voilà ce que l’histoire retiendra du plus affreux des génocidesen Afrique. Les étrangers font de moins en moins l’amalgame et savent que ce sont les hutus génocidaires qui ont accomplis cela. Est ce que la donne change parcequ’un canadien veut vendre des livres…..NON.

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    • Derille dit :

      D’abord, le rapport Trevidic n’est pas encore arrivé à son terme. Il ne faut pas anticiper les conclusions. Mais j’ai, en effet, très peur que le juge Trevidic ait été manipulé . Et le soit encore sur le terrain. Des soldats de l’APR avec l’uniforme des FAR, ce n’est pas une exception. Le mensonge est une arme comme une autre.

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    • edouarda dit :

      belgofrançais; ci-dessous des extraits de l’enquête Brugière; je crois que les extraits en disent assez:
      « Attendu que dans le climat de confusion extrême induit par la situation insurrectionnelle provoquée par la destruction de l’aéronef Présidentiel, de nombreuses rumeurs avaient circulé sur l’origine de l’attentat;
      Qu’ainsi, dès le 7 avril au matin, une première rumeur d’origine rwandaise mettait en cause des militaires belges, membres de la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR) comme étant à l’origine de l’attentat, rumeur rapidement démentie par la presse internationale désignant les extrémistes Hutu comme en étant les auteurs »
      Que nonobstant la gravité de la situation qui eut exigé une réaction é la mesure des événements, tant les institutions Internationales, que le nouveau gouvernement rwandais dirigé par le F.P.R. devaient faire montre d’une surprenante irrésolution, le Président KAGAME s’étant même formellement opposé à toute enquête sur la destruction de l’appareil Présidentiel;
      Que pourtant, dès le 7 avril, le Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies invitait le Secrétaire Général des Nations Unies à recueillir toutes les informations utiles concernant l’attentat par tous moyens à sa disposition et d’en faire rapport dans les plus brefs délais au Conseil;
      Que le 2 mai 1994, suite à la demande écrite de Monsieur Jean KAMBANDA, Premier Ministre du gouvernement intérimaire du Rwanda, adressée à Monsieur Roger BOOH BOOH, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies au Rwanda, le Général Roméo DALLAIRE, Commandant en chef des effectifs militaires de la Minuar confirmait par écrit au Premier Ministre sa disposition de créer une commission d’enquête internationale ;
      Qu’un rapport date du 28 juin 1994 de Monsieur René DEGNISEGUI, envoyé spécial au Rwanda de la Commission des Droits de 1’Homme des Nations Unies, mentionnait que l’attentat perpétré contre l’avion présidentiel était la cause des événements qu’avait connu le Rwanda, mais qu’ayant sollicité la mise en place d’une commission d’enquête, il lui avait été répondu que les Nations Unies ne disposaient par de budget pour celle-ci
      Que de plus, dans un rapport du 3 décembre 1994 remis au Secrétaire Général des Nations Unies, une commission d’experts avait recommandé la création d’un tribunal international et rappelait l’adoption par la sous commission « sur la nécessite d’enquêter, entre autres choses, sur les événements qui ont conduit à la situation actuelle, notamment l’attentat contre L’avion transportant les Présidents du Burundi et du Rwanda » ;
      Que cette nouvelle initiative n’avait pas eu plus d’effet que les précédentes ;
      Qu’il s’est avéré que toutes les demandes avaient été formellement rejetées par le Général Paul KAGAME, alors Vice-Président de la République et Ministre de la Défense;
      Que cette position de Paul KAGAME a été notamment attestée par Simon TSONRRE, Directeur Général au Ministère, des Affaires-Etrangères rwandaises,^ qui a rapporté lors de son audition du 08 septembre 2000 que durant ses dernières fonctions ministérielles, il avait appris qu’une demande d’enquête internationale avait été sollicitée par le Premier Ministre et le Ministre de la Justice Alphonse Marie NKUBITO et que cette demande présentée par lettre au représentant des Nations Unies au Rwanda avait été interceptée par Paul KAGAME qui, furieux de cette initiative, avait exige la destruction de toute trace de ce courrier;
      Qu’elle était également corroborée par Sixbert MUSANGAMFURA, nommé Secrétaire Général du gouvernement avant d’occuper la double fonction  » « responsable du service central des renseignements et de Secrétaire de la Commission Nationale de Sécurité présidée par le Général Paul KAGAME;
      Que Sixbert MUSANGAMFURA mentionnait en effet lors de son audition le 15 avril 2002 en Finlande, que le 7 janvier 1995, il avait été appelé chez Paul KAGAME en compagnie du Lieutenant Colonel Karake KARENZI, chef des services de renseignements militaires, qu’au cours de cette entrevue, il avait été suggéré à Paul KAGAME de constituer une l’équipe d’enquêteurs charges de collecter des informations sur l’attentat centre l’avion présidentiel dans le but de fournir des réponses à d’éventuelles questions posées par un gouvernement étranger ou par la presse internationale et qu’il avait essuyé une réaction violente de celui-ci, Karake KARENZI lui ayant par la suite conseille de ne plus s’occuper de cette affaire s’il ne voulait pas s’attirer des ennuis ;
      Qu’ainsi on ne peut que constater que Paul KAGAME, bien que « l’’attaque de
      L’avion constitue le noeud gordien de cette affairé, pour reprendre| l’expression de Monsieur René DEGNI SEGUT, juriste ivoirien, rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, s’est résolument et constamment opposé à toute démarche tendant à faire la lumière sur cet attentat;
      Que la possible implication de l’armée burundaise a été vérifiée en raison de sa participation dans le passé à des actes de violence centre les personnalités Hutu;
      Qu’ainsi, elle a été responsable, lors d’une tentative de putsch par les militaires de cette armée mono ethnique de l’assassinat le 22 octobre 1993 du Président Melchior NDADAYE, le premier d’origine Hutu démocratiquement élu le ler juin 1993 ;
      Que cet assassinat parait avoir eu pour origine un projet du Président NDADAYE de reformer l’armée burundaise qui exerçait une influence sur la vie politique du pays ;
      Que son successeur Cyprien NTARYAMIRA avait repris ce projet estimant lui aussi que l’armée burundaise était trop influente ;
      Que parallèlement à ces initiatives, des rumeurs d’attentat contre le Président NTARYAMIRA avaient circulé en 1993, certaines véhiculées par les partis politiques Tutsi;
      Qu’en octobre 1993, à la demande du Président Juvénal HABYARIMANA, informe que le Président du Burundi, Melchior NDADAYE était en danger de mort, Paul BARRIL s’était rendu à BUJUMBURA pour y procéder à une évaluation des menaces et qu’il devait recueillir des informations sur l’imminence « d’un coup d’état » en préparation par les militaires Tutsi, épaulés par des militaires du Rwanda conseillés par Paul KAGAME qui disposait à ce moment là d’un passeport du Burundi;
      Que par ailleurs, il s’est avéré que le 5 avril 1994, des fonctionnaires de la Police aux frontières et des douanes de l’aéroport franco-suisse de GENEVE-COINTRIN avaient précède au contrôle à l’entrée en France venant de Genève du ressortissant burundais Athemon RWAMIGABO, Lieutenant-Colonel de l’armée de Pair burundaise, pilote du Falcon 50 présidentiel de la République du Burundi; que lors de ce contrôle transfrontalier, il a été constaté que ce militaire Tutsi transportait dans son attache-case de la documentation politique relative à des mouvements d’opposition et des croquis manuscrits paraissant se rapporter à une trajectoire d’approche d’un aéronef;
      Que bien que RWAMIGABO, proche du Général Pierre BUYOYA qui avait pris le pouvoir en renversant le Président Sylvestre NTIBANTUNGANYA, successeur du Président Cyprien NTARYAMIRA, n’ait pu être entendu en raison de son statut diplomatique, des investigations diligentées sur cette documentation ont fait apparaître que ces documents n’avaient par un réel caractère opérationnel et que la plupart d’entre eux étaient de la propagande voire même des instruments de provocation politique à usage interne ;
      Attendu qu’avait été également envisagée l’implication de membres de l’opposition politique au Président Juvénal HABYARIMANA dits « Hutu modérés » avec des militaires des « Forces Armées Rwandaises » (F.A.R.);
      Que cette hypothèse n’a pas plus prospéré que la précédente
      Que la France avait été également désignée comme étant impliquée dans cette opération;
      Qu’en juin 1994, une journaliste belge avait mis en cause des militaires français pour leur participation à l’attentat, se fondant sur un document manuscrit dont elle avait été destinataire, dans lequel son auteur s’accusait d’avoir, en compagnie de deux autres dirigeants du parti de la « Coalition pour la Défense de la République (C.D.R.), commandité l’attentat dont l’exécution avait été assurée par deux militaires français en poste au Rwanda;
      « Que dans le même article, il était également fait état de rumeurs qui avaient circulé à 1’étranger tout de suite après l’attentat, selon lesquelles deux officiers de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (D.G.S.E.) avaient été à l’origine du tir des missiles ;
      Qu’en août 1994, une mystérieuse organisation nommée « International Strategical and Tactical Organization » (I.S.T.O.) remettait à l’ambassadeur du Rwanda au Canada un document intitulé « Résultats de l’enquête sur l’assassinat des Présidents Cyprien NTARYAMIRA du Burundi et Juvénal HABYARIMANA du Rwanda, le 6 avril 1994 – source: document de la Central 1 1
      Intelligence Agency » révélant au gouvernement rwandais en exil, l’implication et la participation du gouvernement français dans l’attentat exécute par des officiers de la D.G.S.E.;
      Que les investigations approfondies effectuées sur cette organisation jusque la inconnue, ses activités présumées, ses prestations de service vantées contre rémunération ont permis de conclure qu’elle était constituée d’un groupe d’escrocs bien informes sur la situation militaire et politique des Grands Lacs qui avaient notamment tire parti de l’annonce faite par la France de sa volonté d’intervenir au Rwanda dans le cadre d’une opération humanitaire qui avait donné lieu le 16 juin 1994 à une protestation du « Front Patriotique Rwandais » (F.P.R.) lequel avait déclaré que les troupes françaises seraient considérées comme hostiles;
      Que les activités des plus douteuses de cette prétendue organisation Internationale d’origine anglo-saxonne, visant à des opérations financières frauduleuses, doivent être également rapprochées d’informations recueillies par deux sources différentiels, une belge, l’autre britannique sur les deux missiles utilisées lors de l’attentat
      Attendu que devaient être également cités pour leur implication dans l’attentat des membres du clan HABYARIMANA dit l’ « Akazu » qui auraient agi avec des « extrémistes Hutu » de la « Coalition pour la Défense de la République et des militaires des « Forces Armées Rwandaises » (F.A.R) ;
      Que rapidement, après l’attentat, une partie de la presse Internationale avait désigné 1’épouse du Président HABYARIMANA comme étant la commanditaire de l’attentat pour le compte des membres de l »‘Akazu » fortement inquiets de voir le Chef de l’état accepter par faiblesse l’application des Accords d’Arusha qui porterait atteinte à leurs intérêts ;
      Que toutefois, l’analyse des faits qui avaient suivi l’attentat devait démontrer que, dans la panique générale qui avait prévalu à tous les niveaux des F.A.R., manifestement non préparées à la mort du Chef de l’état et du Chef d’Etat-Major des Armées, les personnalités influentes du régime et membres de l' »Akazu » s’étaient réfugiés dans les ambassades occidentales ;
      Que de même l’épouse du Président ainsi que sa famille avaient du être évacuées sur la République Centre Africaine des le 9 avril;
      Que pour faire face à l’assassinat du Chef de l’état qui avait désorganisé l’appareil gouvernemental et pris de court les F.A.R., dont le Chef de l’état-major avait péri dans l’attentat, un comite de crise compose de militaires était mis en place dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, en présence du Commandant en chef des forces de la Minuar, le Général Roméo DALLAIRE et de son adjoint, le Colonel belge Luc MARCHAL ;
      Qu’en outre, les membres du C.D.R. n’avaient aucune raison d’attenter à la vie du Président HABYARIMANA; 1 3
      Qu’en effet, si ces derniers dit « extrémistes » avaient dans un premier temps rejeté les Accords d’Arusha du 4 août 1993, ils avaient réclamé et obtenu début avril 1994, avec l’accord de la communauté internationale, qu’un député issu de leurs rangs puisse siéger dans la future assemblé nationale de transition ;
      Qu’a cet égard, Enoch RUHIGIRA, ex-directeur de cabinet à la Présidence rwandaise, devait évoquer les directives que lui avait données le Président HABYARIMANA la veille de la tenue du sommet de DAR-ES-SALAAM afin qu’il rencontre le 6 avril 1994 Madame Agathe UWILINGIYIMANA pour définir les conditions de la présence d’un membre du C.D.R. sur la liste des députés devant composer la future Assemble Nationale de transition ;
      Que cette démarche politique avait été en revanche formellement combattue par le F.P.R. qui avait considérée aux dires de Monsieur Faustin TWAGIRAMUNGU, Premier Ministre du premier gouvernement d’union nationale mis en place le 19 Juillet 1994, entendu par la Commission Parlementaire belge que « l’introduction de la C.D.R. au Parlement équivaudrait à une déclaration de guerre »
      Que ce blocage entre le C.D.R. et le F.P.R. avait été aussi constate par le Colonel belge Luc MARCHAL de la Minuar, rendant difficile Implication des Accords d’Arusha;
      Que s’agissant des F.A.R., il a pu être établi qu’elles étaient mal équipées et peu entraînées au contraire de l’A.P.R. et que son armement lourd était sous contro1e de la Minuar ;
      Qu’au surplus, elles ne disposaient que de faibles moyens anti-aériens et n’avaient pas de missile;
      Qu’en revanche, les investigations entreprises ont établi que l’A.P.R. disposait missiles sol-air de type SAM 14 et SAM 16 ;
      Qu’ainsi l’ensemble des investigations notamment les témoignages recueillis ont infirme 1’hypothèse attribuant la responsabilité de l’attentat aux extrémistes hutu, lequel n’aurait profité ni à l' »Akazu », ni au C.D.R., ni même aux F.A.R. convaincues de la nécessité de mettre en application les Accords d’Arusha;
      Attendu en revanche que les investigations diligentées sur la possible implication du F.P.R. dans la planification de cet attentat et sa réalisation ont permis d’étayer cette hypothèse et de déterminer les circonstances dans 1 4
      lesquelles il avait été réalisé » ;
      Qu’ainsi, ont pu être déterminées les circonstances dans lesquelles le projet avait été conçu dans le contexte d’un scénario de conquête du pouvoir que les Accords d’Arusha n’autorisaient pas, du moins à court terme ; que de même a été identifiée la plupart des responsables du F.P.R., tous proches de Paul KAGAME, ayant pris part à la définition du projet criminel, à 1′ organisation des moyens permettant sa réalisation et son exécution le 6 avril 1994 alors que le Falcon 50 présidentiel revenait tardivement du sommet de DAR-ES-SALAAM;
      Attendu que les prémices de ce complot visant à l’élimination physique du Président en exercice du Rwanda, remontent, d’après les éléments de l’enquête, en 1991, date de l’ouverture au multipartisme ;
      Que cette dernière permettait aux opposants politiques du Président HABYARIMANA et de son parti unique le M.R.N.D. de sortir de la clandestinité et de créer leur propre mouvement ;
      Qu’a partir de 1992, les principaux partis d’opposition, le « Mouvement Démocratique Républicain » (M.D.R.), le « Parti Libéral » (P.L.), le « Parti -Démocratique Chrétien » (P.D.C.) et le « Parti Social
      entraient au gouvernement en occupant le poste de Premier Ministre et divers autres portefeuilles ministériels ;
      Que des lors ces derniers, sous l’appellation « Forces Démocratiques pour le Changement » (F.D.C.), organisèrent des pourparlers de paix avec le F.P.R. qui depuis l’échec de son invasion militaire du ler octobre 1990, avait cependant poursuivi ses incursions armées sur le territoire rwandais
      Que le 5 juin 1992, alors que les partis d’opposition rencontraient à BRUXELLES, le Colonel Alexis KANYARENGWE, Président du F.P.R. et malgré le cessez-le-feu signe le jour même, l’A.P.R. le rompait et s’emparait de plusieurs localités au Rwanda ;
      Que tirant parti de ses offensives armées, le F.P.R. cherchait à imposer son leadership et sa stratégie aux partis d’opposition qui étaient ses allies politiques, leur enjoignant de cautionner ses opérations militaires ;
      Que toutefois des divergences se faisaient jour au sein de l’appareil dirigeant des F.D.C., son Président Faustin TWAGIRAMUNGU suivant les consignes du F.P.R. alors que d’autres membres de la direction apportaient leur soutien au Président HABYARIMANA;
      Qu’en septembre 1992, une nouvelle rencontre secrète était organisée à BRUXELLES entre les partis des F.D.C. et Paul KAGAME et que le 5 janvier 1993, un protocole d’accord précisait la répartition des portefeuilles du futur gouvernement de transition à base élargie (G.T.B.E.), 5 pour le F.P.R., 5 pour le M.R.N.D., 4 pour le M.D.R., 3 pour le P.S.D., 3 pour le P.L. et 1 pour le P.D.C.;
      Que toutefois en février 1993, suite à une offensive Généralisée du F.P.R. en réponse aux troubles ethnico politiques de janvier 1993, les partis d’opposition réunis au sein des « Forces Démocratiques pour le Changement » connaissaient de nouvelles divergences de vue et leurs dissidents apportaient leur soutien à la mouvance présidentielle;
      Que dans ce contexte de tensions ethniques et politiques sur fond de conquête du pouvoir, étaient signes en août 1993 les Accords d’Arusha devant offrir un règlement politique & la crise rwandaise ;
      Que ces Accords prévoyaient la constitution, sous la protection des Nations Unies d’un Etat de droit sous la responsabilité d’un gouvernement de transition à base élargie (G.T.B.E.) pour une période maximale de 22 mois à l’issue de laquelle devaient se tenir les élections nationales en vue de la mise en place d’une Assemblée Nationale de transition et être organisé le retour des réfugiés et la création d’une nouvelle armée nationale, dont, pour les hommes de troupes, 60 % seraient issus des F.A.R. et 40 % de l’A.P.R. et, pour les officiers une proportion à part égale, le poste de Chef d’Etat-Major ETANT attribué aux F.A.R. et celui de la Gendarmerie à l’A.P.R
      Qu’au vu des informations et éléments d’enquête recueillis, il s’est avéré que pour Paul KAGAME, 1 ‘élimination physique du Président HABYARIMANA s’était imposée à partir du mois d’octobre 1993, comme 1 ‘unique moyen de parvenir à ses fins politiques ;
      Qu’en effet, le rapport de force politique en grande partie du à l’infériorité numérique de l’électorat Tutsi ne lui permettait pas sans le soutien des partis de l’opposition de gagner les élections sur la base du processus politique élaboré par les Accords d’ Arusha ;
      Que le refus de Paul KAGAME, d’appliquer les Accords d’ Arusha résulte de nombreux témoignages convergents d’acteurs politiques de la scène rwandaise et internationale ;
      Que Christophe HAKIZABERA qui, après le coup d’état du Général Juvénal HABYARIMANA, avait rejoint les rangs du F.P.R. des 1990, organisation qu’il avait quittée en 1995 de crainte d’être éliminé physiquement comme le serait d’autres dignitaires du régime tels Theoneste LIZINDE et Seth SENDASHONGA, rapportait, lors de son audition du 06 septembre 2000 à Milan, que Paul KAGAME, à la suite des Accords d’ Arusha du 4 août 1993 avait déclaré à ses partisans, que le F.P.R. n’avait jamais voulu ou réclame des négociations mais qu’ils « avaient décidé déjouer le jeu » et qu’il ne fallait pas croire aux négociations et use tenir prêts car le combat serait dur » ;
      Que confirmant les termes d’une lettre qu’il avait adressée à 1′ Organisation des Nations Unies en août 1999, il faisait état de ce que Paul KAGAME, devant l’échec du F.P.R. de réunir autour de lui un front commun centre le Président HABYARIMANA avait alors « élaboré un plan macabre qui devait conduire le pays dans le chaos : la mort du Président HABYARIMANA., considéré comme un obstacle majeur à la prise du pouvoir par la force »
      Qu’il rapportait, en outre, que lors d’une réunion politique tenue en Ouganda après les Accords d’ Arusha du 4 août 1993, Paul KAGAME avait fait savoir à ses partisans que les négociations servaient à gagner du temps aussi bien sur le plan militaire que pour neutraliser les petits partis et tromper la population sur ses véritables intentions
      Que Jean BARAHINYURA, ancien membre du F.P.R. dont il était devenu en 1990 membre du comite exécutif et commissaire à la documentation, avant de quitter le mouvement en 1991, confirmait à son tour cette stratégie de Paul KAGAME;
      Qu’entendu le 30 octobre 2002, il mentionnait qu’avec d’autres responsables du F.P.R. ou proches de son « noyau dur », il avait eu personnellement connaissance en 1990 de certains renseignements confidentiels – des secrets de l’organisation – dont « le plus important consistait déjà à cette époque a envisagé l’élimination du Président HABYARIMANA » et qu’ayant appris par la suite que ce projet d’élimination prenait de la consistance, il avait pris le parti de quitter le mouvement;
      Que cette stratégie secrètement élabore par le F.P.R. trouvait pour partie sa justification dans l’analyse de la situation politique en 1993 peu favorable aux visées hégémoniques de Paul KAGAME ;
      Qu’en effet, l’assassinat le 23 octobre 1993 au Burundi par les officiers de l’armée d’origine Tutsi de Monsieur Melchior NDADAYE, premier Président Hutu démocratiquement élu le ler juin 1993, avait entraîné le massacre de nombreux Tutsi et en répression celui de Hutu par armée burundaise ;
      Que devant les tueries au Burundi, des partis d’opposition encore allies du F.P.R. étaient davantage déchirés entraînant de nouvelles scissions internes, privant pratiquement le F.P.R. d’obtenir la majorité lors des élections prévues
      Que cette analyse de la situation par le F.P.R. a été confirmée par Monsieur Bernard DEBRE, ancien Ministre de la Coopération, qui lors de sa déposition le 2 juin 1998, devant la Commission Parlementaire, a fait Etat de propos tenus par les représentants du F.P.R. qu’il avait rencontrés fin janvier 1994 à KIGALI lesquels lui avaient confié « nous ne pouvons pas attendre les élections, nous allons les perdre, nous prendrons le pouvoir avant, dans le sang s’il le faut ;
      Que les autorités américaines devaient également partager cette appréciation de la situation et des intentions du F.P.R.;
      Que lors de son témoignage devant la Commission d’enquête française le 7 juillet 1998, Monsieur Hermann COHEN, Conseiller pour les affaires africaines du Secrétaire d’Etat américain aux Affaires Etrangères d’avril 1989 à avril 1993, faisait Etat de ce que le Premier Ministre et le Ministre des Affaires Etrangères rwandais, qui Etaient des responsables de l’opposition, lui avaient fait part lors d’une rencontre à KIGALI les 10 et 11 mai 1992, de ce qu’il « étaient opposes à la perspective de négociations avec le F.P.R. car Us en avaient peur »;
      Qu’il mentionnait en outre que les Etats-Unis avaient envoyé un observateur aux négociations d’Arusha et que la C.I.A. avait fait une analyse fin 1992, selon laquelle il serait impossible d’appliquer les accords ;
      Que cette analyse de la C.I.A., telle qu’évoquée par Monsieur Hermann COHEN, a été confirmée par un autre télégramme de la C.I.A. donnant un éclairage de la stratégie suivie par le F.P.R, lequel, selon l’informateur de l’agence – un fonctionnaire important du F.P.R. – avait afficha sa volonté formelle de négocier pour mieux dissimuler l’activisme de l’A.P.R., chargée de conquérir le pouvoir par la force ;
      Attendu que les premiers éléments dénonçant le F.P.R. comme étant à. l’origine de l’attentat du 6 avril 1994, avaient été recueillis en février 1997 par les enquêteurs des Nations Unies en poste à KIGALI, dépendant du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (T.P.I.R.)
      Que concernant sa mission pour le compte du T.P.I.R., Michael HOURIGAN relatait que les enquêteurs de son service, autorises par leur hiérarchie à enquêter sur l’attentat alors considéré comme entrant dans le champ de compétence du Tribunal, n’avaient jamais recueilli de renseignements tangibles sur l’implication des Extrémistes Hutu mais qu’ils avaient été attraits, en revanche, sur la piste mettant en cause le F.P.R
      Que ces faits étaient également confirmés par un second enquêteur des Nations Unies, Monsieur James LYONS ;
      Qu’entendu également à Paris, en qualité de témoin, il mentionnait avoir occupé des fonctions de superviseur et d’agent spécial du F.B.I., chargé du contrôle d’une unité anti-terroriste à New York, avant d’assumer le commandement des groupes d’enquête du T.P.I.R. sous la responsabilit4 de Monsieur Alphonse BREAU et du Procureur-Adjoint, Honoré REKATOMANANA;
      Qu’il confirmait que des la création du « groupe d’enquête nationale en avril 1996, il avait été admis par Madame HARBOUR et Monsieur REKATOMANANA, qu’aux termes de l’article 4 du Statut du T.P.I.R., l’attentat centre l’avion présidentiel entrait dans leurs missions ;
      Que concernant les faits relatés par Michael HOURIGAN, il les confirmait en les complétant;
      Qu’ainsi, il déclarait que fin 1997, l’équipe de Michael HOURIGAN était entrée en relation avec trois informateurs « proches du F.P.R. qui ont clairement indique que l ‘attentat centre I ‘avion du Président HABYARIMANA était le fait du F.P.R. « , précisant que deux des informateurs leur avait été présentes comme des membres des services de renseignements ayant travaille pour Paul KAGAME au sein d’un réseau charge de conduire des opérations secrètes et qu’ils avaient de ce fait en leur possession des informations précises sur l’attentat
      Que ces faits étaient également confirmés par un second enquêteur des Nations Unies, Monsieur James LYONS ;
      Qu’entendu également à Paris, en qualité de témoin, il mentionnait avoir occupé des fonctions de superviseur et d’agent spécial du F.B.I., chargé du contrôle d’une unité anti-terroriste à New York, avant d’assumer le commandement des groupes d’enquête du T.P.I.R. sous la responsabilit4 de Monsieur Alphonse BREAU et du Procureur-Adjoint, Honoré REKATOMANANA;
      Qu’il confirmait que des la création du « groupe d’enquête nationale en avril 1996, il avait été admis par Madame HARBOUR et Monsieur REKATOMANANA, qu’aux termes de l’article 4 du Statut du T.P.I.R., l’attentat centre l’avion présidentiel entrait dans leurs missions ;
      Que concernant les faits relatés par Michael HOURIGAN, il les confirmait en les complétant;
      Qu’ainsi, il déclarait que fin 1997, l’équipe de Michael HOURIGAN était entrée en relation avec trois informateurs « proches du F.P.R. qui ont clairement indique que l ‘attentat centre I ‘avion du Président HABYARIMANA était le fait du F.P.R. « , précisant que deux des informateurs leur avait été présentes comme des membres des services de renseignements ayant travaille pour Paul KAGAME au sein d’un réseau charge de conduire des opérations secrètes et qu’ils avaient de ce fait en leur possession des informations précises sur l’attentat
      Que ces faits étaient également confirmés par un second enquêteur des Nations Unies, Monsieur James LYONS ;
      Qu’entendu également à Paris, en qualité de témoin, il mentionnait avoir occupé des fonctions de superviseur et d’agent spécial du F.B.I., chargé du contrôle d’une unité anti-terroriste à New York, avant d’assumer le commandement des groupes d’enquête du T.P.I.R. sous la responsabilit4 de Monsieur Alphonse BREAU et du Procureur-Adjoint, Honoré REKATOMANANA;
      Qu’il confirmait que des la création du « groupe d’enquête nationale en avril 1996, il avait été admis par Madame HARBOUR et Monsieur REKATOMANANA, qu’aux termes de l’article 4 du Statut du T.P.I.R., l’attentat centre l’avion présidentiel entrait dans leurs missions ;
      Que concernant les faits relatés par Michael HOURIGAN, il les confirmait en les complétant;
      Qu’ainsi, il déclarait que fin 1997, l’équipe de Michael HOURIGAN était entrée en relation avec trois informateurs « proches du F.P.R. qui ont clairement indique que l ‘attentat centre I ‘avion du Président HABYARIMANA était le fait du F.P.R. « , précisant que deux des informateurs leur avait été présentes comme des membres des services de renseignements ayant travaille pour Paul KAGAME au sein d’un réseau charge de conduire des opérations secrètes et qu’ils avaient de ce fait en leur possession des informations précises sur l’attentat
      Qu’en outre, le Sergent Dimitri PAUWELS, militaire belge affecté à la Minuar, entendu le 8 juillet 2002 à Bruxelles en exécution d’une commission rogatoire Internationale, mentionnait que quelques jours avant l’attentat, alors qu’il escortait un convoi de véhicules du F.P.R. au départ de Mulindi pour le C.N.D. à Kigali, II avait constaté que de nombreux véhicules non prévus initialement transportant entre 200 et 300 personnes armées en civil et en uniforme étaient glisses dans le convoi; 2 7
      Que ces faits rapportes par ces militaires belges confirment les déclarations des anciens membres de l’A.P.R., témoins du transport des missiles de Mulindi au C.N.D. à Kigali et des différents témoignages obtenus par ailleurs concernant le renforcement permanent des effectifs du F.P.R. à Kigali en vue de la reprise des hostilités avec les forces gouvernementales rwandaises après l’attentat;
      Attendu, par ailleurs, que les témoignages de deux anciens militaires de l’A.P.R. Tutsi anglophones, affectes à la protection rapprochée de KAGAME, qui avaient assiste à Mulindi aux préparatifs de l’attentat ont apporté une nouvelle confirmation des déclarations précitées d’Abdul RUZIBIZA, d’Emmanuel RUZIGANA et d’Aloys RUYENZI sur l’implication du F.P.R. et en premier lieu de celle de Paul KAGAME dans cet attentat;
      Attendu que Innocent MARARA, entendu à Paris le 03 septembre 2001, après avoir fui le Rwanda ou il se sentait menacé, déclarait avoir demeuré jusqu’en février 2001 à la résidence « Urugwiro » du Président Paul KAGAME après avoir rejoint l’A.P.R. en 1991 ;
      Qu’il expliquait qu’en raison de son appartenance à l’ethnie Tutsi, né à l’extérieur du Rwanda et anglophone, il avait été. sélectionné pour être affecté en 1992 à l’escorté de protection de Paul KAGAME et cantonné au quartier Général du F.P.R. à Mulindi;
      Qu’il relatait qu’à ce titre il avait été témoin au quartier général à Mulindi de trois réunions au cours desquelles avait été envisagée puis arrêtée la décision d’assassiner le Président HABYARIMANA ;
      Que lors de la première de ces trois réunions, qu’il situait un mois après les Accords d’Arusha du 4 août 1993, au cours de laquelle la majorité des officiers présents avaient manifesté leur mécontentement estimant que l’application des Accords allaient leur être défavorables, le Colonel Stevens NDUGUTE, responsable à l’époque des opérations, avaient suggéré d’éliminer le Président HABYARIMANA et que tous les officiers présents avaient adhéré à cette -proposition sans qu’aucun plan n’ait été élaboré à ce stade ;
      étaient présents ce jour-la outre le général Paul KAGAME, James KABAREBE, Charles KAYONGA, Stevens NDUGUTE, William BAGIRE, Samuel KANYEMERA dit Sam Kaka, MUSITU, NYAMWASA KAYUMBA, NGOGA, Dodo TWAHIRWA et Jack NZIZA ;
      Qu’il ajoutait être reste une heure environ à l’intérieur de la salle ou se tenait la réunion et qu’il avait personnellement entendu Paul KAGAME expliquer aux officiers les raisons de la réunion et publiquement posé le problème des méthodes pouvant être employées pour éliminer le Président
      Que cet ordre de marche, après l’attentat, était corroboré par le témoignage de Jean-Baptiste MBERABAHIZI, membre du F.P.R., lequel rapportait en outre étant présent le 6 avril 1994 au quartier Général de l’A.P.R. à Mulindi, il avait vu le Capitaine Tom BYABAGAMBA annoncer à Paul KAGAME « la chute de l’avion »
      Que s’agissant du message radio sur le succès de l’opération, son existence est attestée par Innocent MARARA ainsi que par plusieurs témoignages dont ceux du Lieutenant-Colonel français Grégoire de SAINT-QUENTIN qui a déclaré avoir vu le message manuscrit émanant du commandement du F.P.R. annonçant le succès de « l’escadron renforcé ; que de même Richard MUGENZI, opérateur des F.A.R. affecte à la station d’écoute de GISENYI relatait qu’il avait retranscrit plusieurs messages du F.P.R. dont en particulier celui en langue swahilie faisant état de la réussite de la mission de « l’escadron renforcé;
      Qu’Evariste MUSONI faisait également état de ce qu’après la guerre, un de ses camarades de l’armée, lui avait confié que trois militaires du Haut Commandement, qui avaient participé à l’attentat, avaient obtenu des promotions, citant les noms de Franck NZIZA, de Bosco NDAYISABA et d’un prénommé Didier
      Jean-Pierre MUGABE
      Qu’à cet égard, il relatait avoir obtenu ces informations à MULINDI auprès d’officiers de l’A.P.R. qui lui avait rapporté que le Lieutenant-Colonel Charles KAYONGA – qui était à l’époque un de ses amis – avait reçu pour mission en février 1994 de James KABAREBE de transférer au C.N.D. à KIGALI quatre militaires de l’A.P.R. qui avaient reçu une formation spéciale en Ouganda sur le maniement des missiles sol-air;
      Qu’il ajoutait qu’en août 1994, voulant recouper ce qu’il avait appris depuis février 1994 sur les préparatifs de L’attentat, le Colonel Theoneste LIZINDE lui avait confirmé que des militaires de l’A.P.R. avaient été » pris en charge au C.N.D. par le Major Rose KABUYE et que les missiles y avaient été introduits sous la responsabilité de James KABAREBE, lequel avait donné des instructions de mise à exécution de l’attentat et de reprise des hostilités après sa réalisation
      Que concernant l’attentat du 6 avril 1994, Christophe HAKIZABERA relatait avoir été informe par le Colonel Theoneste LIZINDE en 1995 que le Colonel Charles KAYONGA, Commandant du bataillon de l’A.P.R., cantonne à KIGALI dans les locaux du C.N.D., avait supervise l’exécution de l’attentat avec l’assistance de Rose KABUYE et que six missiles y avaient été introduits à partir du quartier général de l’A.P.R. à MULINDI
      Christophe HAKIZABERA en confirmait les termes, précisant avoir obtenu ces informations de Leonard MUREFU, le beau-père de Paul KAGAME
      Qu’il confirmait par ailleurs que le terme « escadron renforcé figurant dans le message intercepte par les F.A.R le 7 avril 1994 renvoyait à un groupe spécialisé « type commando » place sous la direction de Paul KAGAME ;
      Attendu que Jean-Baptiste MBERABAHIZI avait été lui aussi témoin de l’implication de Paul KAGAME dans l’attentat du 6 avril 1994 qui s’inscrivait dans une stratégie de conquête du pouvoir par la force
      vu le Capitaine Tom BYABAGAMBA annoncer à Paul KAGAME la « chuté de l’avion et avait observe que toutes les unités de l’A.P.R. s’étaient mises immédiatement en mouvement après l’attentat
      Qu’il avait appris ultérieurement par des officiers du D.M.I., les Capitaines Jimmy MWESIGUYE et Kapaye RUTAGWERA que des missiles sol-air avaient été introduits au C.N.D., que des militaires de l’A.P.R. avaient été entraînes au maniement de ces missiles en Ouganda et que parmi eux, avaient été sélectionnes les membres du commando ;
      Qu’il avait pu ainsi, sur la base des renseignements recueillis, citer les personnes suivantes comme étant impliquées dans la préparation de l’attentat : le Général Paul KAGAME, les Colonels James KABAREBE, Faustin -KAYUMBA NWYAMWAZA, les Lieutenants-Colonels Charles KAYONGA, Karenzi KARABE, Jackson RWAHAMA, le Major Rose KABUYE, les Capitaines Charles KARAMBA, Wyclif KWIKIRIZA et HABATI;
      Qu’il mentionnait en outre avoir communique ces informations au Premier Ministre de l’époque Faustin TWAGIRAMUNGU par deux notes remises en mains propres;
      Attendu que ce dernier entendu en Belgique le 10 juillet 2002, ou il vit en exil, a confirmé avoir été informé à deux reprises par Sixbert MUSANGAMFURA de l’implication du F.P.R. dans l’attentat et lui avoir demandé de ne plus 3 4
      S’intéresser à cet attentat craignant pour sa vie
      Attendu qu’un autre témoignage mettant également en cause le F.P.R. dans cet attentat était recueilli en Suisse auprès de l’ancien Colonel de l’A.P.R., Balthazar NDENGEYINKA;
      Attendu qu’Emmanuel HABYARIMANA, entendu en France le 18 décembre 2003, devait confirmer les déclarations de Balthazar NDENGEYINKA, ayant lui aussi recueilli les confidences d’officiers de l’A.P.R. sur l’implication du F.P.R. dans l’attentat;
      Qu’ancien officier des F.A.R., co-signataire le 6 juillet 1994 avec d’autres officiers des F.A.R. d’un communique dénonçant les massacres de la population civile et appelant l’A.P.R. à cesser l’agression armée et à poursuivre la mise en place des institutions de transition, il avait été révoqué et n’avait eu, précisait-il la vie sauve que -grâce à -l’intervention des militaires français déployés dans le cadre de l’opération « Turquoise
      Qu’à la fin des hostilités, en juillet 1994, il avait, mentionnait-il, rejoint les rangs de l’A.P.R. et occupé divers postes au Ministère de la Défense aux cotes de Paul KAGAME, lequel l’avait nommé par la suite Ministre de la Défense;
      Que sur l’attentat du 6 avril 1994, il relatait avoir reçu le 28 juillet 1994 de deux officiers supérieurs du D.M.I., le Colonel Faustin NYAMWASA KAYUMBA et le Lieutenant-Colonel Jackson RWAHAMA ainsi que du Capitaine Charles KARAMBA la confirmation de l’implication du F.P.R. dans 3 5
      l’attentat, ses interlocuteurs lui ayant fait part de leur fierté « d’avoir abattu l’avion présidentiel
      Attendu que dans les jours qui ont suivi l’attentat, des paysans rwandais avaient découvert au lieu-dit « la fermé situé dans le secteur de Masaka, abandonnes dans des buissons, deux tubes lance-missile, qu’ils remettaient à des militaires des F.A.R. faisant la navette entre un point d’eau (point 19) à MASAKA et le camp de KANOMBE;
      Que le 24 ou 25 avril, sur instructions du Commandant adjoint du camp de KANOMBE, le Lieutenant-Colonel NZABANITA, le Lieutenant ingénieur Augustin MUNYANEZA qui avait fait une partie de ses Etudes en Union Soviétique, avait examiné les deux tubes et relevé leurs références :
      – « 04-87 (pour avril 1987, date de fabrication des lanceurs),
       » 04835 et 04814″ (pour les numéros des deux lanceurs)
      Attendu que Augustin MUNYANEZA, localisé en Belgique, a été entendu à Paris le 20 mars 2000 ;
      -Qu’il à confirmé avoir, sur instructions du Lieutenant Colonel NZABANITA, procédé à l’identification de ces tubes lance-missile dont il voyait, a-t-il précisé, la première fois un exemplaire, les F.A.R. n’en étant pas dotés ; qu’il confirmait également avoir rédigé un rapport manuscrit remis à l’état-major de l’armée rwandaise par l’intermédiaire du Capitaine SEBAGANWA ;
      Qu’il décrivait ces deux lance-missiles comme étant « deux tubes ressemblant à des lance-roquettes d’environ 120 mm de diamètre, de couleur vert kaki, d’une longueur supérieure à un lance-roquette anti-char » (…) « les deux tubes étaient vides lors de l’examen, donc dépourvus d’une charge extérieure
      Attendu que les investigations diligentées auprès de la Fédération de Russie en exécution d’une commission rogatoire Internationale en date du 19 juin 2000 ont permis d’établir que les deux missiles utilisés le 6 avril 1994 provenaient de l’arsenal militaire ougandais
      Que par ailleurs, dans une autre lettre rédigée par Jean-Pierre MINABERRY, pilote du Falcon 50, ce dernier faisait part à Bruno DUCOIN de son inquiétude concernant la possession par le F.P.R. de missiles sol-air et sollicitait des conseils d’ordre technique pour échapper à un tir de missiles
      Qu’un télégramme de l’ambassade de Belgique à KIGALI adresse le 7 juillet 1992 au Ministère des Affaires Etrangères à Bruxelles relevait: « étant donné l’appui fourni par la N.R.A. au F.P.R, il est admis que l’armement anti-aérien dont dispose le F.P.R est celui de la N.R.A. » et au nombre de ces moyens militaires étaient cites deux types de missiles sol-air de fabrication soviétique:
      « – c) SA 16 low altitude surface to air missile system: portée max effective:
      6000 m,
      – d) SA7 low altitude surface to air missile : portée max effective : 4000 m »;
      Que surtout, des militaires des F.A.R. avaient récupéré le 18 mai 1991 dans le parc de l’AKAGERA, au cours d’un accrochage avec une unité de l’A.P.R., un tube d’un lance missile qui devait être remis par la suite au Colonel de Gendarmerie René GALINIE alors Attache de Défense français et Chef de la mission militaire de coopération au Rwanda, lequel avait transmis au Centre 4 2
      d’Etudes et de Renseignement Militaire à Paris (C.E.R.M.) les références du missile:
      – 9 K 322-1-01 : pour le modèle du lanceur,
      – 04-87 : pour le mois et l’année de fabrication,
      – 04924 : pour le numéro de série du lanceur,
      – 9 M 313-1 : pour le modèle du missile ;
      par les Accords d’Arusha, le F.P.R. avait obtenu l’installation le 28 décembre 1993 dans les bâtiments du « Conseil National pour le Développement » (C.N.D.) à KIGALI d’un bataillon de six cent hommes qui allait devenir sa base logistique pour la réalisation de l’attentat et sa tête de pont avancée pour le déclenchement de l’offensive militaire;
      Que le choix du C.N.D. avait fait l’objet d’après discussions en raison de sa situation stratégique au coeur de KIGALI;
      Que le Général Roméo DALLAIRE, lors de sa déposition le 25 février 1999 « devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (T.P.I.R.) faisait état de ce que la MINUAR s’était opposée au choix de ce site au centre de KIGALI qui Etait « une position qui contrôlait beaucoup les axes de communication entre la ville et l’aéroport et aussi I ‘axe de communication de ravitaillement sur une autre route principale ;
      Attendu que Dismas NSENGIYAREMYE, Premier Ministre du 16 avril 1992 au 16 juillet 1993 du gouvernement pluripartiste, entendu le 26 février 2002, mentionnait que c’était sur l’insistance du F.P.R. que le gouvernement de Madame Agathe UWILINGIYIMANA avait finalement accepté l’installation du bataillon de l’A.P.R. dans les locaux du C.N.D., précisant que le F.P.R. en 4 4
      avait profité pour introduire des armes et des troupes supplémentaires à KIGALI;
      Que ces infiltrations clandestines et le renforcement du potentiel militaire du F.P.R., en particulier par l’envoi de missiles sol-air, étaient notamment confirmés par le témoignage de Gérard NTASHAMAJE, ancien Major de l’A.P.R., entendu le 4 avril 2001
      Que pour sa part, le Colonel Luc MARCHAL faisait état, devant la Commission Parlementaire belge de ce que « il (avait) été toujours persuadé que lorsque le F.P.R. allait chercher du bois de chauffage dans le nord, c’était pour ramener des armes », appréciation confirmée par le Lieutenant-Colonel belge André LEROY et le Sergent-Chef Dimitri PAUWELS, tous deux également membres de la MINUAR;
      Que le Lieutenant-Colonel Grégoire de Saint Quentin mentionnait à cet égard avoir remarque le 7 avril dans le bureau du Commandant Aloys NTABAKUZE les retranscriptions manuscrites d’un message capté par les services d’écoute des F.A.R. émanant du commandement du F.P.R. annonçant le succès de « l’escadron renforcé »:
      Qu’en effet, après l’offensive d’octobre 1990, les F.A.R. avaient mis en place deux centres d’écoute et d’interception des communications hertziennes leur permettant de recueillir les communications radioélectriques du F.P.R., l’un situé à GISENYI et l’autre à KIGALI;
      Que le Colonel Jean-Jacques MAURIN, Adjoint à l’attaché de Défense à l’ambassade de France à KIGALI, a, lors de son audition du 22 juin 2001, confirmé l’existence de ces deux centres qu’il avait visités ;
      Que par ailleurs, le Colonel de Gendarmerie René GALINIE, le Lieutenant-Colonel Grégoire de SAINT-QUENTIN et le Capitaine de l’armée de l’air Bruno DUCOIN, entendus respectivement les 7, 8 et 9 juin 2000, ont corroboré le témoignage du Colonel MAURIN sur l’existence de ces centres d’écoute qualifiés de « très performants » par l’ancien Général de l’armée rwandaise, Gratien KABILIGI, entendu à ARUSHA le 6 juin 2002 ;
      Que lors de l’exécution de demande d’entraide judiciaire délivrée au T.P.I.R., avait été notamment remise par l’ancien Chef d’Etat-Major des F.A.R., le Général Augustin NDINDILIYIMANA, la copie du message capte le 7 avril 1994 à 8 heures 45 par le service d’écoutes de GISENYI, message émanant du Quartier Général de l’A.P.R. à Mulindi annonçant le succès de  » la mission de l’escadron renforcé  »
      Que par ailleurs, Richard MUGENZI, opérateur radio pour le compte des F.A.R., qui avait été recruté pour cette mission en raison de ses compétences dans le domaine des radios-transmission et de ses aptitudes linguistiques, parlant outre le français et l’anglais, les dialectes ou langues locales tels que le Kinyarwanda, le Swahili et l’igika, confirmait, lors de son audition du 05 juin 2001, avoir retranscrit le message du 7 avril, message en langue Swahili, selon lui non codé, qu’il avait personnellement intercepté, annonçant la réussite de « l’escadron renforcé
      Qu’il est ainsi apparu, au travers des témoignages et de la documentation recueillis que le F.P.R. et plus particulièrement son chef, le Général Paul KAGAME, avait cherche, par sa participation aux divers pourparlers de paix avec le gouvernement rwandais, à gagner du temps pour préparer, au plan militaire, la reprise de l’offensive et tromper la population rwandaise et l’opinion internationale sur ses véritables intentions ».

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