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Quand le gouvernement et son armée s’activent

Publié : le 20 juillet 2013 à 2:10 | Par | Catégorie: Actualité

Le mercredi 17 juillet, les forces gouvernementales congolaises ont défait les rebelles du M23 à Mutaho, localité située à une dizaine de kilomètres au Nord-Est de Goma. Ce succès aurait, selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, occasionné quelques 120 morts du côté des rebelles du Mouvement du 23 Mars et une dizaine d’entre eux aurait été capturés[1]. Depuis, les forces congolaises ont intensifiés les bombardements sur les positions adverses sur les collines avoisinant Kanyarucinya et Kibati.

RDC-EAST-CONGOLe gouvernement, grand gagnant ?

Si ces quelques avancées sur le terrain sont encourageantes et peuvent susciter  l’optimisme des populations, il n’en demeure pas moins que le chemin vers la stabilisation de la région est encore long. Par contre, ces premiers progrès notables viennent à point nommé pour le gouvernement, qui, peu à peu se construit une position de force et de leadership. Souvent décrié pour son discours de façade et son inaction, il semblerait qu’il puisse tirer profit de la situation actuelle et se taille la part du lion.

D’un point de vue national, les autorités s’activent et font office de bons élèves aux yeux de la communauté internationale en s’employant à mettre en œuvre un mécanisme national de suivi, une nouvelle commission électorale et en lançant des consultations nationales. Chose que n’ont pas manqué de souligner le Ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders et  l’Envoyée spéciale des Nations Unies pour les Grands Lacs, Mary Robinson lors de leur entretien[2].

Au regard diplomatique, on assiste à l’inversion de la tendance. Le Rwanda qui jusqu’ici avait rejeté avec une certaine désinvolture toutes les accusations à son encontre, se trouve aujourd’hui à pointer du doigt les forces onusiennes et congolaises, les accusant de collusion avec les FDLR et d’avoir délibérément bombardé les deux villages rwandais de Kageshi et Gasiza. Griefs auxquels, Lambert Mende, s’est empressé de répondre avec une verve quelque peu revancharde arguant que le Rwanda  « tente toujours de justifier l’injustifiable lorsqu’il se rend compte de la montée en puissance de notre armée congolaise »[3].

Le chemin est encore très long

Cependant, si la conjoncture actuelle semble être favorable au gouvernement, toujours est-il que les attentes restent immenses et que les résultats à long terme primeront.

En effet, sur le terrain, la situation reste précaire et l’instabilité vient de toute part, à l’instar des nouvelles incursions des rebelles ougandais de l’ADF Nalu à Kamongi et Kikingi. Celles-ci ont causé la mort de dix civiles et quatre enlèvements. De plus, les récentes déclarations de Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, ne viennent en rien rassurer sur la suite des opérations dans la région. Selon lui, des rebelles islamistes Shebab auraient fait leur entrée en scène auprès des autres groupes armés dans l’imbroglio armé qu’est devenue la région du Kivu.

De plus, l’armée congolaise a été une nouvelle fois ternie aux yeux de la communauté internationale par des images montrant des soldats profaner des cadavres des éléments du M23. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a immédiatement condamné ces actes et appelé à des sanctions de la part de la justice congolaise[4]. D’autant plus que ces évènements ont eu pour conséquence, le réexamen de la part de la MONUSCO de son soutien envers les unités de la FARDC soupçonnées.

Enfin, au niveau national, la conduite et l’issue des concertations nationales auront aussi un impact pour le gouvernement. Même s’l ne semble pas s’inquiéter du rejet des modalités d’organisation de l’initiative par l’opposition, à terme,, la confiance déjà très fragile envers les institutions et la légitimité de l’initiative de dialogue national voire même de l’Etat, pourrait de nouveau être mise à mal.

Michael Mutombo



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10 Commentaires à “Quand le gouvernement et son armée s’activent”

  1. joe dit :

    La guerre n’est jamais la solution mais parfois elle est necessaire. j’espere que demain sera meilleur on trouvera une solution pacifique apres la guerre. on dansera, on fetera entre le peuple de grand lac. on rira de tous ce qui se passe maintenant. demain la paix va nous amener a faire encore des business…….Tenons bon freres demain nous ferons la fete

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  2. Tukumombo dit :

    <> La fin de l’idéologie des extrémistes Tutsi au pouvoir à Kigali s’il ne le savent pas encore va vers sa fin. Et quelle fin?

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  3. RASEC dit :

    La guerre du nord du Kivu déclenchée par Kagame constitue un défi lancé par celui-ci à l’endroit de Kibila et du Conseil de sécurité.
    Aux interessés de le relever.
    Comme je l’ai écrit et ce, depuis plusieurs années , Kagame adore le duel et lancer un défi. C’est son jeu préféré. Il respecter celui qui est en état de le mettre sur le tapis lord d’un duel. A défaut, il l’écrase impitoyablement.

    Je lance un SOS aux lecteurs de Jambo News.

    Je serai infiniment reconnaissant à ceux ou à celui qui pourront ou pourra
    1/ me trouver la carte du Rwanda avec ses anciennes préfectures et/ou communes en l’occurrence de la préfecture de Gisenyi ou qui seraient disposé(s) à m’indiquer la distances entre
    1/ Kigali capital et les ex-communes suivantes
    – Karago
    – Gaseke
    – Giciye
    – secteur Rwiri commune Gaseke et le nombre d’habitants tutsi et Hutu de ce secteur
    – Ramba
    – Kayove
    – Kibilira

    2/ m’indiquer la distance approximative entre ses communes et les superficies de celles-ci.

    II/ La colline de Kesho est dans la comune Gaseke.Quel était le nombre approximatif de ses habitats hutu et tutsi en avril 1994?
    Etait-elle accessible aux véhicules?
    Kesho est une cellule ou un secteur? Au Rwanda d’avant avril 1994, un rwandais était-il identifié par rapport à ses préfecture, commune, secteur et cellule où sa colline?
    III/ Tous les partis politiques avaient leurs jeunesses. Je souhaite connaître la date de création de chacune et leur importance numérique approximative. Tout et n’importe a été et est dit encore sur ces jeunesses appelées ensuite des milices.On ne parle que des INTERAHAMWE.Nos jeunes nés après 94 et qui entendent en longueur de journaux les ploutocrates de place parler d’INTERAHAMWE, devenu un nom générique de tous les Hutu et leurs enfants n’y comprennent rien. Ils droit de savoir.Dans les écoles de nos enfants, il y est enseigné que ce sont les INTERAHAMWE dits milices qui ont commis le génocide des Tutsi, des Hutu membres ou sympathisants des partis d’opposition au MRND et/ou voués à la cause tutsi. Le régime Kagame apprend à nos enfants que c’est le MRDN qui a planifié et exécuté le génocide dit des Tutsi, qu’en réalité tous les Hutu étaient membres du MRND et que les jeunesses des autres partis politiques n’ont jamais existé. Nos jeunes ont droit de connaître la vérité. Votre contribution à la manifestation de cette vérité est utile non seulement pour non jeunes mais également pour les autres jeunes africains et étrangers hors Afrique.

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  4. RASEC dit :

    Un défi est lancé à Kabila et au conseil de sécurité par Kagame.A eux de le relever.

    Information importante pour tous les Rwandais qui peuvent apportet leur contribution à la manifestation de la vérité et ainsi permettre de mettre au grand jour les mandats d’arrêt internationaux bidons.

    « La Cour d’appel de Douai, en France, examinait jeudi la demande d’extradition soumise par le Rwanda, visant l’ex colonel de l’armée rwandaise Laurent Serubuga, recherché en rapport avec le génocide de 1994.

    M. Serubuga a été arrêté le 11 juillet dans le nord de la France, où il vivait depuis plusieurs années, suite à un mandat d’arrêt international émis par le Rwanda.

    Selon Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), « la première audience a eu lieu ce matin » à Douai, « et comme on s’y attendait, l’avocat de la défense a demandé un report, pour avoir le temps d’examiner le dossier ». La prochaine audience serait fixée au 12 août.

    L’ancien colonel a fait partie d’un groupe d’officiers surnommés « Les camarades du 5 juillet 1973 », qui avaient aidé Juvénal Habyarimana à renverser l’ancien président Grégoire Kayibanda. Par la suite, M. Serubuga a occupé les fonctions de chef d’état-major adjoint de l’armée rwandaise. A ce titre, fait valoir M. Gauthier, M. Serubuga « a eu une grande influence avant le génocide ». Très proche d’Habyarimana, il serait considéré comme l’un des « cerveaux » à l’origine des massacres.

    Avant d’habiter dans le nord de la France, l’ex colonel résidait à Strasbourg, rappelle M. Gauthier, qui s’étonne qu’il n’ait été inquiété ni par la France, ni par le Rwanda, et que presque 20 ans se soient écoulés avant qu’il ne soit interpellé ».

    Pour l’instant, je ne connais pas le contenu de ce mandat mais d’ici quelques jours, je partegerai avec les lecteurs de Jambo News les chefs d’accusation de Ngoga contre le retraité SERUBUGA.
    Patience

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  5. Tukumombo dit :

    Lisez bien : plus que jamais Kagamé fait la honte d’être Rwandais son principal soutient durant plusieurs années parle enfin, qu’attendent les Rwandais tutsi-hutu, de chasser cet énergumène , malade, menteur, assassin, voleur, représentant officiel de tout les groupes armées opérant à l’est du Congo, pyromane que l’Afrique n’ a jamais connu. <>

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  6. Tukumombo dit :

    Nous exigeons que le Rwanda mette immédiatement fin à toute forme d’aide au M23 (et) retire son personnel militaire de l’est de la RDC », a déclaré mardi 23 juillet la porte-parole du département d’Etat américain, Jen Psaki. Elle n’a pas précisé si le président rwandais Paul Kagame était lui-même impliqué, selon l’agence Reuters.

    Les Etats-Unis ont appelé le Rwanda à stopper son soutien aux rebelles du M23 en RDC, estimant avoir les preuves de l’implication de responsables militaires rwandais.

    Les inquiétudes américaines font suite à “un faisceau de preuves crédibles” dévoilées par l’ONG Human Rights Watch (HRW), a précisé Jen Psaki.

    Human Rights Watch a déclaré lundi que les rebelles du M23 menaient des dizaines d’exécutions sommaires, violaient de nombreuses femmes et recrutaient de force des enfants avec le soutien du Rwanda voisin.

    Le mouvement rébelle continue à affronter les forces gouvernementales congolaises près de Goma, la plus grande ville de la province du Nord-Kivu, qu’elle a prise et contrôlée pendant plusieurs jours en novembre dernier.

    Lors de sa visite lundi 1er juillet à Dar es Salaam, le président américain Barack Obama avait appelé les pays frontaliers de la RDC, sans les citer, à cesser de soutenir les groupes armés qui y opèrent ; tout en demandant au président Joseph Kabila de “faire plus et mieux” pour réformer les forces de sécurité du pays.

    “Les pays entourant le Congo doivent prendre l’engagement de cesser de soutenir les groupes armés” opérant en RDC, a déclaré M. Obama lors d’une conférence de presse dans la capitale économique tanzanienne.

    Le Rwanda et l’Ouganda ont été accusés à plusieurs reprises, notamment par des experts de l’ONU, de soutenir le M23, une rébellion qui combat l’armée de RDC depuis mai 2012 dans la province du Nord-Kivu dans l’Est de la RDC. Des accusations que Kigali et Kampala ont toujours démenti.

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  7. Tukumombo dit :

    vive la censure ? kagame à échoué, l’ivresse du lait a des limites Vive la RDC éternelle.

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  8. Tukumombo dit :

    A dieu.

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  9. jack dit :

    Quand les FARDC defaient les enfants de puttes(M23),c’est un signal fort pour cette armée et Kagame prepare seulement sa fuite ou sa mort

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  10. ce qui est bien au sujet des événements actuels de Goma c’est que le monde sait aujourd’hui qu’en RDC il y a des hommes qui, mis dans les conditions recommandées peuvent marcher et sur kagame et sur son armée qui obéit à ses ordres manifestement illégaux.
    la grande question est celle de savoir si ceci arrive sous le commandement et avec la bénédiction de joseph kabila ou si c’est le seul sursaut patriotique des soldats congolais qui marchent contre la complicité des politiques avec kigali, kampala et les intérêts financiers?

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