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RDC : L’opinion s’interroge, les concertations et après ?

Publié : le 17 septembre 2013 à 11:13 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Les concertations nationales, convoquées par le président congolais Joseph Kabila ont débuté le 07 septembre à  Kinshasa.  L’objectif officiel de ces assises est de trouver une issue à la crise politique et surtout sécuritaire qui a suivi élections contestées de Joseph Kabila en 2011. Mais la classe politique et une partie de l’opinion publique est assez méfiante. En effet, dans les discussions de cafés de commerce, nombreux pensent que cette réunion ne cherche qu’à légitimer un prolongement du mandat de l’actuel Président.

source: Radio Okapi

Après moult reports, les concertations ont donc commencé le samedi 7 septembre dans la salle du congrès au palais du peuple de Kinshasa. Les travaux vont durer 15 jours et seront également organisés à Lubumbashi et Kisangani, deux autres grandes villes congolaises. Il s’agit de trouver des solutions favorables à toutes les composantes politiques et civiles afin d’apaiser les divergences postélectorales et instaurer une cohésion nationale. L’objectif à long – terme étant de favoriser une réconciliation nationale.

Principal bémol, plusieurs forces de l’opposition ont décliné l’invitation et certains groupes de combattants ont été exclus. En effet, la participation des combattants maï-maï a finalement été annulée par les autorités congolaises et ce, sans explications. Une vingtaine de représentants de ces groupes étaient initialement attendus à Kinshasa.

L’Union pour la nation congolaise (UNC), de l’opposant Vital Kamerhe, a refusé de prendre part à ces assises estimant que c’est « une vaste blague qui ne vise qu’à prolonger le mandat du président Kabila ». Certains députés issus de la mouvance dissidente de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti d’Etienne Tshisekedi, ont décidé de prendre part aux concertations. Mais le directeur de cabinet de ce dernier, a rappelé sur les antennes de Radio France Internationale que ces députés ont été radiés et qu’ils n’avaient aucune légitimité à engager le parti dans leurs actions.

La surprise est venue du Mouvement de Libération du Congo (MLC) dont Jean-Pierre Bemba est le Président.  Bien que favorable à la participation du MLC, Thomas Luaka, secrétaire général du parti, a tenu à souligner que  son mouvement  «  ne se rendait pas aux concertations dans le but de rejoindre un éventuel gouvernement d’union ». Signe qui témoigne de la tension au sein du mouvement, plusieurs ténors se sont prononcés contre une participation de leur formation notamment Jean-Jacques Mbugani (ce qui lui a valu une suspension) et Jean-Lucien Busa, récemment écarté par son parti.

Ces concertations ont commencé deux jours après la tenue d’un sommet avec les chefs d’Etat de Grands –Lacs en Ouganda. A l’issue de cette rencontre, le gouvernement congolais et  la rébellion du M23 « ont été obligés » de revenir sur la table des  négociations à Kampala. Une décision saluée par le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti de Joseph Kabila.

Comment ces concertations nationales peuvent-elles faciliter la cohésion nationale quant on sait que  ceux qui la troublent, à l’instar du M23, ne seront pas de la partie ?  En effet, pendant les consultations à Kinshasa, les rebelles du M23 seront aussi autour d’une table avec les délégués du gouvernement congolais mais dans un endroit huppé à Kampala.

L’organisation de ces  pourparlers a nécessité des moyens financiers conséquents. D’aucuns s‘interrogent sur l’aboutissement et surtout l’utilité de ces consultations dans un contexte  où la majorité de la population vit dans une pauvreté extrême et que l’actuel gouvernement peine à imposer son autorité afin d’arrêter la spirale de violence dans le Kivu.

Cynthia Bashizi

Jambonews.net

 

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Un commentaire à “RDC : L’opinion s’interroge, les concertations et après ?”

  1. Vindu Muka dit :

    « L’objectif à long – terme étant de favoriser une réconciliation nationale ».

    Les congolais ont des divergences d’approches politique comme dans toutes les autres sociétés, cela n’entraîne nullement que l’on puisse parler de « réconciliation nationale » comme si l’instabilité et les crimes perpétrés dans ce pays étaient les fruits d’une guerre civile ou de quelques conflits « tribalo-éthniques » objets des « dissensions intercongongolaises » qui se solderaient à travers le monde par des crimes de sang, des assassinats, des attentats etc…

    Malgré leurs approches convergentes ou divergentes, tout le monde sait que les congolais ne se font pas la guerre entre-eux et, c’est cette paradoxale situation qui complique la tâche de ces forces maléfiques dont le seul dessein est l’implosion de ce pays à la fois complexe, uni et unitariste.

    Les maï-maï sont des forces de résistance à l’occupation rwando-ougandaise et, le M23 n’est qu’un des multiples avatars des troupes kagamistes qui tiennent à respect 11 millions de hutu rwando-burundais auxquels on affuble, pour les besoins de la cause, le qualificatif de « génocidaires congénitaux ».

    Le M23, Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila Kabange ont comme chef unique, Paul Kagame. Tous les congolais le savent et malgré cela, il y en a encore qui continue à croire aux fariboles de ce pouvoir illégitime à la tête duquel se trouve un imposteur.

    Incroyable mais tel en est le paradoxe congolais! Ils connaissent ceux qui les tuent, ceux qui violent leurs mères, leurs femmes, leurs soeurs, leurs BEBES, mais ils répondent quand même présents à l’appel du loup qui va les dévorer.

    Réaliser l’exploit d’attirer les mouches avec du vinaigre, c’est ce que le trio criminel KKK(Kagame-Kaguta-Kanambe) réussit à faire avec les congolais…

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