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RDC: Négociations de Kampala, le crash inévitable

Publié : le 1 octobre 2013 à 22:56 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Depuis quelques jours, les négociations de Kampala entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23 pour mettre fin au conflit à l’Est du Congo  sont au point mort.Le désaccord résulte du refus de la partie congolaise de réintégrer au sein des FARDC (Forces armées congolaises)  une centaine de membres du M23 sur qui pèsent les soupçons des crimes de guerre.

Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a en effet affirmé il y a peu : « Nous avons informé le ministre rwandais de la Défense, ce qui facilite les pourparlers de Kampala, et à sa demande, nous lui avons remis une liste d’une centaine de personnes sur les 1 700 que compte le M23, qui ne peuvent pas dans ces conditions-là être éligibles à l’amnistie, ou même à la réintégration au sein des forces armées. Cette démarche a le soutien des représentants des Nations unies, aussi bien dans la région des Grands Lacs qu’en RDC. »

Dans cette liste, le gouvernement congolais identifie plusieurs officiers supérieurs du M23 comme des sujets rwandais (y compris Bosco Ntaganda jugé présentement à la CPI comme sujet congolais).

Cette position ferme s’oppose nettement au point de vue des médiateurs ougandais et du CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs), qui veulent presser Kinshasa à réintégrer ces officiers dans l’armée congolaise malgré les graves crimes qui leur sont reprochés.

À New York la semaine dernière le Président Ougandais Yoweri Museveni a insisté sur l’idée d’une réintégration provisoire pour l’ensemble du M23, selon le modèle burundais de l’accord de cessez-le-feu signé à Dar es Salaam en 2003 et ayant réintégré les forces négatives dans l’armée régulière. Une amnistie qui court depuis dix ans déjà.

Au delà de tous ces atermoiements, il y’a lieu de se demander si les conditions sont effectivement réunies pour un accord entre le groupe rebelle et le gouvernement congolais.

Dès le départ de la crise, le gouvernement congolais avait accusé le Rwanda puis l’Ouganda de soutenir la nouvelle rébellion du M23. Ces déclarations furent corroborées par les preuves apportées par les différents rapports des experts des Nations Unies désignant clairement ces deux pays  comme principaux instigateurs de la déstabilisation de l’Est de la RDC à travers cette énième rébellion. Ensuite sous la supervision de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs), le gouvernement congolais s’est mis à la table des négociations avec le M23 pour trouver une solution à la crise. Mais la véritable surprise  est venue de l’acceptation  par Kinshasa de la supervision Ougandaise de ces négociations. Autrement dit, Kinshasa acceptant comme arbitre la partie notoirement reconnue comme roulant contre ses intérêts.  Y’avait-il réellement des chances d’espérer un dénouement en faveur du gouvernement congolais? Assurément non, les dés étaient pipés d’avance.

Les accusations mutuelles d’attaques parfois factices n’ont pas facilité le climat des négociations, transformant ces pourparlers en une  véritable partie de poker où la meilleure stratégie semble être le bluff pour un gain incertain de temps. La dernière accusation en date du  26 septembre du M23  contre le gouvernement congolais pour avoir attaqué leurs positions semble s’inscrire dans cette stratégie.

Comment se sortir de ce bourbier?

Il n’y a pas de formule magique pour mettre fin à cette guerre, les instruments internationaux ont montré à plusieurs reprises quelques limites. De  multiples conférences et accords n’ont rien apporté de plus si ce n‘est une paix extrêmement précaire et des millions de dollars partis en fumée et dont le coût d’opportunité reste immense eu égard aux vrais problèmes de la région. On peut certainement se demander si toute prolongation de ces négociations ne sera pas que gaspillage assuré des moyens et d’énergies pouvant être utilisés à des fins plus utiles. Il s’agit à l’instant présent de sauver les meubles tant qu’il est encore temps, et ce, en assumant pleinement l’option militaire et en capitalisant les dernières victoires engrangées avant le dernier cessez-le-feu.

 Charis Basoko

Jambonews.net

 

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5 Commentaires à “RDC: Négociations de Kampala, le crash inévitable”

  1. Vindu Muka dit :

    Négociations de Kampala ou conciliabules interwandaises (interkagamistes)en vue de la balkanisation de la RDC?

    Cette mascarade criminelle n’ayant que trop duré, il revient au peuple congolais, dans son ensemble, de prendre réellement ses responsabilités pour faire cesser définitivement le génocide qu’il subit depuis 1996, près de dix millions de morts. Pinochet est parti, Hilter et Polpot sont également partis, Ben Ali est parti, Saddam Hussein est parti, l’ouragan de l’Histoire et de la lutte pour la liberté finit toujours par venir à bout des dictateurs, des génocidaires, des sanguinaires ou des félons de tout acabit. Sans foi ni loi, les mêmes soutiens de Paul Kagame d’aujourd’hui seront ses lâcheurs de demain et, il aura beau construire des routes, des ponts etc…, au Rwanda, il sera condamné à cette errance pouilleuse propre aux monstres de son espèce, DONT NUL NE S’EN IMMUNISE.

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  2. Emmanuel K dit :

    Un fruit ne tombe que quand il est mur,mais suite a la tempête et l’ouragan de l’histoire mur ou pas mur ça tombe quand même……..lets wait and see.

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  3. kishabongo dit :

    Il est tres etonant que le gvt congolais ait accepte la mediation de Museveni dans ce confli.
    S’ agit-il d’une strategie pour gagner du temp? Ou faire plaisir aux groupes de pression occidentaux?
    Sur le plan rationel, politique et diplomatique, cette option est inacceptable aupres de l’opinion congolaise en general et ne genere aucune credibilite du gvt aupres de l’opinion
    Ce tatonement du gvt congolais irrite la nation.
    Est ce que l’equipe Kabila tiens compte de l’opinion congolaise dans la gestion de cette crise a l’est du pays?
    De quoi se poser la question si l’equipe dirigente actuelle a la capacite requise pour mettre fin aux agressions recurentes Rwando-ugandaises.
    Sont ils serieux quand a se donner les moyens politiques, diplomatiques et enfin la capacite militaire a faire face au couple Rwando-ugandais, sans l’aide de la monusco?
    La reponse a cette question va determiner le Kabila legacy dans un future pas lointain.

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  4. Sam dit :

    La solution politique est IMPOSSIBLE avec des partenaires de mauvaise foi comme KAGAME et MUSEVENI. On négocie avec des gens qui ont un minimum de bonne foi. Ou lorsque la pression militaire mets ces adversaires dans une position ou ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter la solution proposée. Or pour le moment, ils ne sentent nullement menacés et feront tout pour faire perdre le temps…

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