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Crise burundaise: est-il possible d’éviter la guerre?

Publié : le 22 septembre 2015 à 21:25 | Par | Catégorie: A la une, Opinion
Article d’opinion soumis pour publication par Albanel Simpemuka 

La crise provoquée par la gestion du régime du CNDD-FDD et qui a culminé avec les clameurs autour du 3ème mandat arraché par Pierre Nkurunziza, menace de dégénérer en guerre civile, avec ses incertitudes et ses cruautés. Parfois, les chefs politiques décident d’aller en guerre par orgueil, désir de vengeance, entêtement, peur de l’avenir etc., sans mesurer les rapports de forces, le contexte socio-historique, ou les conséquences probables de leur décision sur la population et sur le pays. Cette réflexion se propose de rappeler les effets d’une guerre, de situer les responsabilités du régime burundais et de ses opposants, et enfin de montrer la nécessité de tout faire pour privilégier le dialogue et la négociation, pour éviter la guerre.

La guerre : quand on a tout essayé

burundi manifestations nkurunziza répression bujumbura_0Plusieurs penseurs ont apprécié la guerre de différents points de vue. Le général prussien Karl Von Clausewitz y voyait « la poursuite de la politique par d’autres moyens » (in De la guerre). Pour dire qu’elle est un instrument politique. Mais est-ce un instrument civilisé, raisonnable, contrôlable, juste, inévitable ?

Le psychanalyste Freud, dans sa réponse à Einstein qui lui demandait « Pourquoi la guerre ? », faisait remarquer le caractère dévastateur de la guerre. Elle aboutit à des malheurs : destruction des vies pleines de promesse, des biens, des œuvres d’art ; pillages, avilissement moral de gens qui s’entretuent alors qu’ils ne sont pas individuellement ennemis, etc. Nous savons en effet que la guerre est une régression dans la barbarie, à travers laquelle les pires instincts reviennent à la surface, faisant de l’homme une véritable brute, surtout en Afrique où le droit de la guerre tarde à être assimilé. Elle fait des charniers, des veuves, des orphelins, des infirmes, des détraqués, des disparus, des morts sans sépulture, des ennemis difficiles à réconcilier. Elle ravage les infrastructures, fait fuir les investisseurs, perturbe le système de production et de distribution, bloque le système éducatif, détruit l’économie des pays, etc., etc. C’est une horreur totale, où l’être humain devient une chose, où son visage, son regard ont perdu tout sens…Les Burundais ne le savent que trop !

Même le grand général chinois, Sun TSE, auteur de L’art de la guerre, tout en donnant des recettes pour combattre et gagner, a insisté sur la nécessité de gagner sans se battre, sans entrer en guerre. Il écrit : «…sans donner de bataille, tâchez d’être victorieux[1].» Sun TSE martèle que la guerre est un mal à éviter : on ne doit la livrer qu’à défaut d’autre chose permettant d’avoir ce qu’on veut : « En règle générale, faire la guerre n’est pas bon. Seule la nécessité doit la faire entreprendre. Quelle que soit leur issue, les combats sont funestes aux vainqueurs eux-mêmes. Il ne faut les livrer que si la guerre ne peut être autrement menée[2]. » Et il ajoute : « N’oubliez jamais que votre dessein, en faisant la guerre, doit être de procurer la paix à l’Etat et non d’y apporter la désolation. Vous avez à défendre les intérêts généraux du Pays et non vos intérêts personnels[3].» Mais, hélas, combien provoquent la guerre pour des frustrations ou des intérêts personnels ?

Rappelons enfin ces propos solennels de Barack H. Obama, lors du discours de réception du prix Nobel de la paix, le 10 décembre 2009, à l’hôtel de ville d’Oslo : «…aussi justifiée soit-elle, la guerre promet une tragédie humaine… la guerre elle-même n’est jamais glorieuse et nous ne devons jamais la présenter comme telle. C’est ainsi qu’une part de notre défi consiste à concilier ces deux vérités apparemment inconciliables – que la guerre est parfois nécessaire et qu’elle est, à un certain niveau, une expression de la folie humaine[4]. » C’est dire que la guerre, surtout la guerre civile, est et doit être la dernière chose à souhaiter et à entreprendre. Pourtant, cette chose terrible avance lentement et sûrement sa patte pour s’abattre sur le Burundi, et chaque jour, chaque matin, tel un fleuve en furie, rejette au bord des routes, dans les caniveaux…son lot de cadavres. Où va le Burundi ? A quand la fin de cette saignée de tout un peuple ?

Le régime Nkurunziza : Une violence structurelle qui pousse à résister

1005125-manifestant-portant-masque-gaz-agiteParlant de la violence, Georges Gusdorf écrit dans son livre intitulé La vertu de force: « La violence est cette impatience dans le rapport avec autrui, qui désespère d’avoir raison par raison et choisit le moyen le plus court pour forcer l’adhésion. Si l’ordre humain est l’ordre de la parole échangée, de l’entente par la communication, il est clair que le violent désespère de l’humain, et rompt le pacte de cette entente entre les personnes où le respect de chacun pour chacun se fonde sur la reconnaissance d’un même arbitrage en esprit et en valeur » Telle est la violence de Pierre Nkurunziza. Elle est cousue de cette certitude qui rend fou : celle d’avoir raison sans débat ; la certitude de gagner, celle d’être dans le camp de Dieu et d’être fait pour l’éternité. Elle installe dans la guerre. Une guerre de terreur, enragée, qui tue cinq, dix, quinze Burundais par jour. Jusqu’à ce que tous les opposants disparaissent comme une poignée de farine jetée dans le vent : «  Nk’ifu y’imijira » ! Mais Nkurunziza et les siens consultent-ils les pages de l’histoire récente et immédiate ? Le Major Buyoya jurait de ne jamais négocier avec des tribalo-génocidaires. Et voilà que Nkurunziza jure de ne jamais négocier avec les putschistes ! Pense-t-il bâtir avec le mortier fait de sang ? L’histoire est-elle condamnée à se répéter ?

La guerre est détestable, nous l’avons dit, mais elle peut être nécessaire si c’est la seule voie pour accéder à sa dignité. Même Gandhi, le chantre de la non-violence qui estimait celle-ci supérieure à la violence écrivait, dans Tous les hommes sont frères : « Je n’hésite pas à dire que là où le choix existe seulement entre la lâcheté et la violence, il faut se décider pour la solution violente.» Le régime de Nkurunziza ne peut tromper personne sur son caractère exclusif, intolérant, violent, kleptomane. Il est dominé par « la région cruciale de l’âme où le mal s’oppose à la fraternité ».

Le dialogue, seule chance du Burundi

La candidature et l’élection de Nkurunziza pour un troisième mandat étaient irrégulières et non démocratiques. Et leur contestation par l’opposition était et reste légitime. Toujours est-il qu’une autre guerre au Burundi le ramènerait des siècles en arrière. Et les secousses prémonitoires, les condamnations que subit ce pouvoir devraient produire des effets et le pousser à négocier avec ses opposants. Les amis du Burundi sont et seront donc bien inspirés d’encourager le dialogue, de le faciliter, de le financer et le garantir. D’ores et déjà, le CNARED (Conseil national pour le respect de l’accord d’Arusha et la restauration d’un Etat de droit au Burundi) a annoncé, dans sa Déclaration du 12 septembre 2015[5], ce qui suit : « Aujourd’hui, le leadership politique, moral, social et civil burundais doit écrire une nouvelle page de l’histoire du Burundi. C’est en négociant que cela pourra être fait pour résoudre des problèmes dont aucune des parties en présence n’est jusqu’aujourd’hui parvenue à trouver des solutions qui mettent fin à la grave crise créée par la recherche effrénée d’un troisième mandat à la Présidence de la République par Pierre NKURUNZIZA. » Et plus loin : « Il faut que la junte au pouvoir à Bujumbura soit informée que le CNARED, toujours ouvert à une négociation sans à priori, se rendra en organisation unie et forte à toute négociation et que ses représentants refuseront la division de leur représentation. » Le CNARED, en tendant la main du dialogue, fait preuve de patriotisme et de responsabilité. La balle est dans le camp de Nkurunziza et des siens.

cnared-brux

L’opposition burundaise réunie au sein du CNARED à Bruxelles

Mais, pour que le dialogue et les négociations aient une portée réelle et prophylactique, il faudrait que le pouvoir les accepte sans exclusive et sans arrière-pensées ; que l’opposition sache négocier l’essentiel, en ayant à cœur la cause profonde du peuple burundais. Le camp présidentiel doit sortir rapidement de son hésitation et se prononcer clairement pour des négociations, notamment avec les leaders de la coalition CNARED. Car il est paradoxal qu’un parti et un Président qui se disent populaires soient allergiques à la compétition honnête et s’acharnent à fermer l’espace politique et à persécuter l’opposition. Et aussi longtemps qu’il y aura des centaines de milliers de réfugiés, des exilés, des prisonniers politiques et d’opinion, des assassinats quotidiens, aussi longtemps que les droits civils et politiques seront escamotés et bafoués, les gens vont manifester, protester et même risquer leur vie…

Certes, à première vue, les positions semblent irréconciliables : l’opposition exige le départ sans condition de Nkurunziza et la mise en place d’institutions de transition ; tandis que le pouvoir exhibe sa légalité et se dira prêt à intégrer des opposants, tout en excluant, et même en voulant juger, ceux qu’il appelle les « putschistes ». Mais, tout cela est-il essentiel et réaliste? Une fois Nkurunziza parti, est-ce la fin du système de prédation et d’exclusion ? Si Nkurunziza refuse toute discussion avec ses plus farouches adversaires, cela les empêchera-t-il de continuer de se renforcer ? Avec des forces de défense et de sécurité de plus en plus divisées, avec des généraux et des militaires en rupture de ban, avec la peur qui gagne chaque jour le camp présidentiel depuis la mort d’Adolphe Nshimirimana et l’attaque contre le chef d’Etat-Major Niyongabo, faut-il attendre que l’irréparable arrive pour négocier ? Est-il préférable de s’entretuer d’abord pour ensuite, après avoir saccagé le pays et ses maigres ressources, se rendre compte qu’il aurait fallu commencer par négocier? Il doit y avoir un terrain d’entente et c’est le devoir des gens de bonne volonté d’en explorer les périmètres. Je préfère ne pas penser qu’il existe, au Burundi, une fatalité nommée « idiotisme du métier de politicien »… Et je préfère ne pas penser qu’autour de Nkurunziza il n’y ait pas de gens qui puissent lui conseiller de cesser de tuer ses compatriotes, d’éco515x330_des-militaires-repoussent-des-manifestants-a-bujumbura-au-burundi-ce-mercredi-alors-que-le-pays-estuter les voix qui crient de partout et de saisir la main tendue par le CNARED et autres acteurs dans l’intérêt du Burundi. Au cas où il n’y en aurait pas, dans le cas où il n’y aurait que des Nyamitwe à têtes vides, les opposants n’auraient plus de choix et la guerre ne serait plus un choix mais une obligation.

Les Burundais sont devenus un peuple indomptable, allergique à l’oppression. Et celui qui l’ignore finit par l’apprendre à ses dépens !

 

Albanel Simpemuka

www.jambonews.net

Cet article exprime uniquement les opinions personnelles de l’auteur et non celles du média.

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[1] SUN TSE, L’art de la guerre, Pocket, coll. « Agora », 1993, p.24.
[2] Ibidem, p.73.
[3] Ibidem, p.74.
[4] Cité par Bob Woodward, dans Les guerres d’Obama, trad. de l’Américain par Odile Demange, Camille Fort-Cantoni, Grégory Martin et Antoine Muchnik, Denoël Impacts, 2011, p.494.
[5] Voirhttp://mporeburundi.org/declaration-du-directoire-du-cnared-apres-sa-deuxieme-reunion-tenue-a-bruxelles/.§§ 13 et 16.
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7 Commentaires à “Crise burundaise: est-il possible d’éviter la guerre?”

  1. Le mardi 5 mai 2015, la Cour constitutionnelle du Burundi a tranché sur la question de la légitimité de la Candidature de S.E. Nkurunziza Pierre. Il s’agit d’un argumentaire de 7 pages : http://burundi-agnews.org/wp-content/uploads/2015/05/arret-de-la-cour-constitutionnelle-rccb-303.pdf Ce que M. Albanel Simpemuka oublie dans cette analyse, et qui est fondamentale, est que les Barundi derrière Nkurunziza Pierre ont vécu tout ceci : [ http://burundi-agnews.org/genocide.htm ; http://burundi-agnews.org/agnews_refugees.htm ; http://burundi-agnews.org/guerre_civile_burundaise_1993_2003.htm ; http://burundi-agnews.org/ccburundi.htm et http://burundi-agnews.org/genocide_1996.htm%5D… Les Barundi n’ont pas encore commencé à chasser les criminels qui ont tué leurs parents pour les juger et les enfants des criminels qui ont tué leurs parents, se prenant pour des démocrates, commencent à les mépriser …

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  2. ndanyuzwe dit :

    Cet article commence bien. Je m’attendais à des arguments équilibrés, de nature à mettre en exergue la raison d’être pour Nkurunziza de négocier avec les putschistes et contestataires. Malheureusement, je découvre que l’auteur a son parti pris voire sa propagande à instiller dans les esprits. Il ne précise pas pourquoi Nkurunziza doit négocier. Son troisième mandat est parfaitement légal. Il est avalisé par la Cour constitutionnelle,. Il a organisé les élections dont il est vainqueur. La démocratie ne se négocie pas, elle s’applique. Si les futurs politiciens refusent de saisir leur justice sous prétexte qu’elle roule pour Nkurunziza et qu’ils refusent de participer aux élections sous prétexte que le peuple se trompe, là il y a un véritable problème de démocratie de leur part et non dans le chef de Nkurunziza. Qu’ils clarifient d’abord leurs véritables motivations à susciter la crise politique au Burundi. Autrement dit, il est difficile de négocier avec des gens qui vous soumettent aux doubles contraintes et injonctions paradoxales: une situation par définition insoluble de façon logique et directe, sa résolution ne pouvant passer que par un contournement latéral ou vertical. Si le régime Nkurunziza défend les intérêts personnels et non généraux, je ne vois pas ce que ses détracteurs feraient de mieux aussi longtemps qu’ils croient, comme les médias, que le peuple se trompe et que la justice est partiale sans être saisie du litige . Le problème du Burundi est ailleurs et non à l’intérieur.

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  3. kazima dit :

    Les deux commentaires precedents me semblent de bonne foi mais mal informés.
    Le premier par un site qui victimise et culpabilise globalement de :façon manichéenne(orphelins de 72 contre rejetons des Hima). Sans doute nous avons encore des comptes à régler avec notre passé, mais d’avoir’ souffert ne donne à personne un quitus pour dénier aux autres leurs droits.
    J’en viens au deuxieme qui parle d’élections et d’arret de la cour constitutionnelle.
    D’après un membre de cette cour, sur les 7 juges, 4 étaient contre le 3eme mandat. Voir témoignage sur Iwacu. Et meme s’ils avaient tous été pour ce mandat, une lecture honnete de la constitution montre que Nkurunziza n’avait pas le droit à un 3eme mandat. La réprobation internationale en témoigne, meme si la vérité n’est pas toujours une question de nombre.
    Non, la démocratie ne doit pas contourner le peuple, mais pour que le peuple ait vraiment le choix, il faut que le jeu soit ouvert. Si l’opposition est interdite de meetings, exclue des emplois publics , ses leaders acculés à l’exil, quel choix offre-t-on au peuple?
    L’article d’Albanel est équilibré, et la réponse du porte-parole de Nkurunziza à la demande de dialogue de haut clergé catholique est plutôt inquiétante.

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    • edouarda dit :

      Franchement ! Je n’ai jamais vu une telle PROPAGANDE sur Jambonews ce qui me fait penser que les editeurs qui ont laissé passer un tel écrit ne connaissent visiblement pas bien le Burundi. L’opposition burundaise n’accepte tout simplement pas le jeu démocratique. Albanel Simpemuka publiait déjà en 2008 que ‘La crise chronique au sein de l’Assemblée nationale du Burundi disqualifie le régime du président Pierre Nkurunziza et interpelle la communauté internationale ». Pourtant, Nkurunziza n’en était alors qu’à son ‘premier’ mandat et a ensuite été élu de façon démocratique en 2010 (même ‘le monde international’ était d’accord). Il y a tout simplement des mauvais perdants, des corrompus et des nostalgiques (des anciens regimes) et j’en passe, qui s’associent pour ‘le besoin du moment’ pour ensuite se disputer comme le CNARED le fait déjà actuellement avec les autres opposants. Derrière tous ces gens, s’en trouvent d’autres qui ont ‘un autre agenda’ et appuyé par le ‘bien-aimé’ de votre site (le grand K) chez qui ils trouvent facilement ‘refuge’. Ceci ne vous rappelle pas une autre époque ? Aux naïfs, je demande tout simplement de réfléchir un peu. Comment justifier que le seul fait que Nkurunziza ait été désigné par son parti comme candidat à la présidence, pouvait déjà justifier autant de violence de la part de l’opposition (aidée par ailleurs par une ‘presse libre’ qui était derrière les putchistes) ? Elle aurait pu mener sa campagne politique; oui, puisque le Burundi n’est pas le Rwanda ! La Cour Constitutionnelle était unanime sur la légalité de la nouvelle candidature de Nkurunziza (sauf une seule personne qui s’est ‘absentée’ du vote à la dernière minute pour se trouver quelques heures après déjà au Rwanda..). C’est un peu faible d’affirmer que les Juges ont été intimidés puisque démenti pour la Cour même. Les ‘manifestants’ n’étaient par ailleurs que quelques milliers, les gens qui ont voté paisiblement quelques millions. S’exiler – parce que c’est ce qui s’est passé pour la plupart des ‘leaders d’opposition’ – afin de pouvoir saboter les élections et proposer ainsi un gouvernement de transition était donc plutôt un acte de trahison du peuple burundais, par des gens qui savaient déjà qu’ils n’obtiendront pas beaucoup de voix sans aide exterieure (ils partaient visiblement aussi de l’idée que Nkurunziza avait beaucoup de chances d’être réélu..). Le peuple burundais n’est et n’a pas été dupe et a compris que des gens qui aiment tellement sâlir l’image d’un pays qui essaie de surmonter son passé douloureux et qui vont jusqu’à tuer des gens et d’organiser des assassinats ciblés (pour discrétir les responsables burundais mais aussi tous les acquis politiques et sociaux) n’ont pas leur place au Burundi. Ces gens ne veulent pas le dialogue, ni la démocratie (on les entend souvent dire que le nombre ne compte pas; notons que Micombero à l’époque détestait aussi « la majorité numérique »). En mémoire de Nelson Mandela, qui a défendu le peuple burundais lors des négociations difficiles, on doit respecter le système ONE MAN, ONE VOTE, le seul qui garantit un droit à tous. Il y certes a des choses à améliorer au Burundi mais dans le respect de l’autre, du peuple burundais, de la démocratie et des institutions burundaises qui fonctionnent selon les mêmes principes que ceux des pays occidentaux. On ne crée pas un esprit d’ouverture et de dialogue avec des attaques violentes, tout au contraire !

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  4. kazima dit :

    edouarda aurait souhaité qu’on censure Simpemuka? Ce serait dommage.
    cela dit, si je me souviens bien, le crise a l’assemblée nationale qu’évoquait Simpemuka etait due à l’éviction de Radjabu. Ses partisans avaient provoqué un blocage et le camp de Nkurunziza avait du mal a faire voter le/s lois ayant perdu la majorite requise. La solution? On radia simplement 22 deputes et on les remplaça par d’autres. Tres democratique n’est-ce pas, et avec la complicité de la cour constitutionnelle.
    Non mes amis: n’amalgamons pas. Il y a peut-etre tel ou tel opposant qui est de mauvaise foi ou a un plan caché, mais de là a dire que toute l’opposition burundaise se plaint pour rien, c’est mal appreciet la situation. Le jeu democratique est faussé car la seule opposition tolerée est celle qui fait semblant de s’opposer tout en mangeant dans la main du pouvoir.
    Non l’opposition burundaise normale n’est pas contre le principe un homme une voix, s’il y en a qui le rejettent, cela est inacceptable.
    Tout comme est inacceptable le fait de manipuler une cour et une commissipn électorale aux ordres, après avoir interdit, saboté les réunions de l’opposition.
    Et puis voyons: fuir dans un pays pour sa securité ne veut dire porter un jugement de valeur sur ses dirigeants.

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    • edouarda dit :

      Kazima. Les faits et la réalité sont plus probants que les procès d’intention. « Aller s’abriter » dans un pays où l’opposition est muselée, voire pire, constitue un non-sens en soi. On peut aussi avoir de sérieux doutes sur la motivation d’un tel régime qui abrite si gentiment les fugitifs de son voisin. Se réfugier dans un pays où son dirigeant a adapté la Constitution à sa guise en y prévoyant la possiblité d’un 3ème mandat (de 7 ans de surcroît !) soulève chez des gens qui suivent une certaine logique des interrogations. Surtout si ces fugitifs pretendent en même temps s’opposer au pouvoir burundais à cause d’un ‘3ème’ mandat de Nkurunziza. Personne ne dit que le Burundi est parfait mais comme par hasard, juste avant les élections, la situation dans le pays se serait tellement dégradée qu’il fallait même organiser une tentative de putsch (les opposants l’ont applaudi comme on a pu le voir sur internet et ailleurs). Du coup, soudain plus rien n’était bon au Burundi ?! Les opposants ont crée une situation d’insécurité – qui ne serait nullement tolérée en Occident ni aux USA – afin de faire stopper le processus d’élections démocratiques (selon le principe one man, one vote) et d’exiger ‘un gouvernement de transition’, de surcroit non élu par le peuple ??? C’était tout simplement mettre en péril tous les acquis des négocations de paix et de la Constitution burundaise tout en prétendant le contraire. Le mécontentement peut s’exprimer par d’autres façons et d’autres voies au Burundi et les opposants – du moins leurs leaders – le savent parfaitement. Il n’y a d’ailleurs aucune alternative à cette voie démocratique.

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  5. inyage dit :

    Ariko rwose mwatubabariye iby intambara mukabireka koko? Ubu ntimubona ko ikiri gukorwa ari ukubabazanya gusa bitanafite icyo bimaze? Uwaroze abanyarwanda n abarundi yarabahamije gusa. Agahinda kazatwica twese gusa.

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