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Le Parti socialiste français exprime son soutien à Victoire Ingabire

Publié : le 21 octobre 2015 à 20:53 | Par | Catégorie: A la une, Actualité

Le Parti socialiste français, parti politique de la majorité au pouvoir en France, a appelé à la libération de Victoire Ingabire, présidente des Forces Démocratiques Unifiées (FDU-Inkingi), l’un des principaux partis d’opposition au Rwanda. Il a également, à l’instar de ses précédentes réactions liées à des situations similaires, demandé aux autorités rwandaises de renoncer à leur projet de révision constitutionnelle.


PS_Logo-2010Soutien à Victoire Ingabire

Ce mardi 20 octobre 2015, le Parti socialiste français a publié un communiqué sur son site internet pour soutenir Victoire Ingabire emprisonnée et condamnée à 15 ans  de réclusion au Rwanda. Le Parti socialiste français est le parti dont est issu le président de la République, François Hollande, parti qu’il a d’ailleurs dirigé pendant plus de 10 ans (de 1997 à 2008). Par ce communiqué, le Parti socialiste «  s’associe aux demandes de libération de la présidente du FDU-Inkingi. Il exprime sa solidarité avec sa famille, son parti, et toutes les forces démocratiques et pacifistes qui veulent instaurer une paix durable au Rwanda et œuvrer à l’instauration des libertés fondamentales pour tous les Rwandais. »

Ce communiqué de soutien est publié près de cinq ans jour pour jour après la date à laquelle Victoire Ingabire a été incarcérée, le 14 octobre 2010. Victoire Ingabire était rentrée au Rwanda en janvier 2010 après plusieurs années d’exil en tant que candidate investie par les FDU-Inkingi pour participer à l’élection présidentielle rwandaise d’août 2010. Le régime en place ayant refusé de reconnaître son parti et donc de valider sa participation, elle n’avait pu concourir à l’élection.

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire, jugée en appel par la Cour suprême du Rwanda, a été condamnée vendredi 13 décembre 2013 à Kigali à quinze ans de prison ferme, contre huit en première instance. Elle a été reconnue coupable de chefs de « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre », de « minimisation du génocide » de 1994 et de « propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence », chef dont elle avait été acquittée en première instance. La principale intéressée, son parti politique, la classe politique de l’opposition rwandaise ainsi que plusieurs organisations des droits l’Homme ont à plusieurs reprises dénoncé le caractère politique de ce procès.

rwanda-victoire-ingabire-trialVictoire Ingabire est devenue au fil des années un symbole de la lutte pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme au Rwanda. Alors que certains n’hésitent par à parler d’elle comme de la « Aung San Suu Kyi rwandaise » ou à comparer son combat à celui de Mandela, les soutiens internationaux à sa cause ne manquent pas d’affluer à l’instar de la résolution du Parlement Européen condamnant la nature politique de son procès. Par ailleurs elle a en 2012 été nominée pour le prix Sakharov décerné par le Parlement européen et récompensant la liberté de l’esprit.

Opposition à un changement de constitution

Dans ce communiqué publié sur son site internet, le Parti socialiste « s’inquiète en outre de la tentation du pouvoir rwandais de remettre en cause l’ordre constitutionnel et la limite fixée au nombre de mandats présidentiels » et demande aux autorités rwandaises de « veiller au strict respect de la Constitution actuelle. » Cet appel fait échos à l’appel de François Hollande lors du sommet de la francophonie à Dakar en novembre 2014 où il avait assuré que :«la francophonie est soucieuse des règles en démocratie, de la liberté du vote, du respect des lois constitutionnelles et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples à des élections libres. » Dans son discours, le président François Hollande avait également mentionné la «leçon» de la transition tunisienne et «la belle démonstration» du peuple burkinabè. «Cette transition {burkinabè} doit servir de leçon là où les règles constitutionnelles sont malmenées et où l’alternance est empêchée», avait-il ajouté.

Tensions entre Paris et Kigali

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François Hollande, Président de la République Française et qui fut premier secrétaire du PS de 1997 à 2008

Le communiqué du Parti socialiste français intervient dans une période où les relations franco-rwandaises sont loin d’être au beau fixe. En effet, alors qu’elles s’étaient réchauffées sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elles ont repris un coup de froid depuis quelques années. Pour preuve, la passe d’armes entre les deux pays en avril 2014 où la France avait réagi aux accusations de Kagame sur la participation de la France dans le génocide des Tutsis, notamment en boycottant la cérémonie de commémoration qui se tenait à Kigali. Autre point de discorde, la démolition du centre culturel français de Kigali.

Actuellement, les relations diplomatiques franco-rwandaises vivent un nouvel épisode de tension alors que Fred Constant, proposé par la France pour remplacer Michel Flesh au poste d’ambassadeur de la France à Kigali depuis 5 mois, n’a toujours pas reçu d’agrémentation de Kigali.

Norman Ishimwe

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