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RCA : les réfugiés rwandais victimes collatérales de la colère contre la présidente Samba-Panza .

Publié : le 3 novembre 2015 à 18:33 | Par | Catégorie: A la une, Actualité

Bangui, la capitale de la République centrafricaine, est en proie à une nouvelle éruption de violence depuis le 26 septembre dernier. Au cours de ces évènements, les réfugiés rwandais qui y vivent ont de nouveau été l’objet d’agressions et de pillages. Ces réfugiés payent au prix fort l’impopularité de la présidente Catherine Samba-Panza, dont la garde est assurée par un contingent rwandais en mission pour les Nations Unies.

Soldats Rwandais de la MINUSCA en patrouille dans Bangui

Soldats Rwandais de la MINUSCA en patrouille dans Bangui

Des violences interreligieuses ont éclaté à Bangui le 26 septembre suite à l’assassinat d’un conducteur de moto-taxi de confession musulmane. Les représailles et la violence qui ont débuté dans les quartiers nord de Bangui se sont ensuite généralisées et propagées à d’autres quartiers de la ville. La ville a été paralysée pendant plusieurs jours par des manifestations contre le gouvernement de transition en place, des mouvements de foule, des barricades et barrages routiers érigés, des bâtiments détruits et pillés, et des heurts notamment avec les forces internationales présentes dans le pays, originaires des nombreux pays dont le Rwanda. Les manifestants réclamaient notamment la démission de la présidente de transition Catherine Samba-Panza, accusée d’incompétence et de faire durer la transition pour ses propres intérêts.

La garde personnelle de la présidente est assurée par une unité de soldats rwandais relevant de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca). La colère contre la présidente Catherine Samba-Panza s’est répercutée sur le contingent rwandais affecté à sa protection, mais aussi sur les réfugiés rwandais vivant dans le pays. Les Rwandais, réfugiés et militaires confondus, sont considérés comme des soutiens de la présidente qui empêchent son renversement. Le 28 septembre dernier, des manifestants voulant s’emparer du palais présidentiel étaient dispersés à moins de 100 mètres du portail par les casques bleus chargés de la protection du palais présidentiel.

Un des réfugiés rwandais joints par Jambonews a assuré que depuis le début de la crise centrafricaine en 2013, la petite communauté rwandaise vivait dans la discrétion. Néanmoins, avec l’arrivée des soldats rwandais de la force des Nations Unies en 2014, tous les projecteurs sont braqués sur eux, surtout avec un contingent rwandais affecté à la protection de la présidente. À chacun de ses déplacements, la présidente est entourée par une imposante escorte de militaires rwandais reconnaissables à leurs bérets verts et à l’insigne du drapeau rwandais sur leur épaule.

La présidente Catherine Samba-Panza sous la protection d'un soldat de la RDF.

La présidente Catherine Samba-Panza sous la protection d’un soldat de la RDF.

Au cours des violences de ces dernières semaines, les magasins et maisons des réfugiés rwandais ont été pillés, généralement en leur absence car réfugiés chez des connaissances, dans des quartiers jugés plus sûrs, ou pour d’autres encore dans le camp de Mpoko sécurisé par la Minusca.

Joints par Jambonews, certains réfugiés ont rapporté avoir tout perdu dans les pics de violences de ces dernières semaines, et d’autres affirment vivre dans une peur permanente et n’osent plus sortir.

 

Jean Mitari

www.jambonews.net

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