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Rwanda : Les causes profondes qui handicapent la relance de l’agriculture

Publié : le 30 mai 2017 à 12:32 | Par | Catégorie: A la une, Actualité, Opinion

Article d’opinion soumis pour publication par Charles Ndereyehe

Les politiques agricoles du FPR durant les 23 ans de son règne ont conduit l’agriculture rwandaise dans l’impasse. L’échec de la politique agricole FPR découle des deux principales raisons qui suivent :

  • Les produits des agriculteurs sont mal rémunérés par les coopératives imposées par le gouvernement et connectées aux sociétés de transformation ou de commercialisation attachées au FPR[1];
  • La politique économique est loin de se soucier des agriculteurs-éleveurs ; elle met plutôt au centre de ses préoccupations des intérêts des sociétés omniprésentes du FPR[2].

Quiconque connaît bien le Rwanda, sans le découvrir à travers le miroir magique de la propagande grassement payée par le FPR ou des agences internationales qui se basent sur les statistiques manipulées par le gouvernement du président Paul Kagame, constate le contraste flagrant entre les surprenantes statistiques de productions agricoles et les famines chroniques ironiquement nommées “Nzaramba” par les Rwandais, « durable » en français.

Constat accablant

En juillet 2016, j’ai été interpellé par deux articles sur lesquels j’ai donné, mes avis et considérations [3]. Il s’agissait de la publication du chercheur Dr. Neil Dawson[4] et de la déclaration du 16 février 2016 du Ministre de l’Agriculture et de l’élevage[5], Mme Dr G. Mukeshimana.

Contrairement aux affirmations irresponsables des Commis du régime rwandais[6] qui peinent toujours à reconnaître l’échec de ses politiques agricoles et d’insinuer qu’il n’y’a pas de crise alimentaire au Rwanda, beaucoup de journaux locaux continuent[7] de publier les calvaires des agriculteurs rwandais qui émigrent vers les pays limitrophes en quête des produits vivriers. Ces journaux insistent sur les ravages que fait la famine désormais devenue chronique[8] au Rwanda surnommé « Nzaramba» par les paysans rwandais et mettent en exergue le contraste entre les statistiques luisantes des productions agricoles et le désespoir de la population rurale dans tous les coins du pays[9].

Il est de notoriété publique que les statistiques officielles rwandaises sont souvent manipulées[10], pour montrer une autre image de l’agriculture et du développement économique au Rwanda. Pourtant tous les indicateurs économiques clignotent rouge[11]s et montrent la pauvreté et la famine généralisées!

On ne cache pas la fumée quand il y a l’incendie. Le Président Kagame, surtout quand il s’adresse en Kinyarwanda à ses Commis, reconnaît lui-même que le mensonge finit par vous rattraper et vous trahir[12]. En effet, la population rwandaise qui croupit dans une pauvreté multidimensionnelle est estimée à 69% par le Rapport de l’Agence des Nations Unies pour le développement (UNDP)[13] .

La presse locale [14] confirme cet amer constat et montre des réalités économiques caractérisant la pauvreté, chiffres et images à l’appui, au moment où les officiels ont de la peine à reconnaître cette misère rwandaise qu’ils veulent cacher à l’opinion internationale. La vitrine de “la très propre ville de Kigali ”et ses infrastructures poussant comme des champignons, cache ce terrible mal rongeant le petit peuple. Telle est la farce de “good governance” servie ad libitum par le régime à ses sponsors étrangers et décrit comme suit par Ansoms (2009): “Tout comme ailleurs, l’élaboration des politiques est une affaire contrôlée par les élites au Rwanda. La majorité des petits producteurs pauvres a sans aucun doute peu d’influence sur la situation politique. Les responsables de formulation des politiques ont peu de liens institutionnels ou personnels avec les questions de développement rural, et sont nombreux à avoir une attitude condescendante, voire méprisante, envers les petits producteurs pauvres pratiquant des formes «traditionnelles » d’agriculture ” [15] .

Voilà pourquoi la pauvreté est généralisée en milieu rural. Les paysans ont difficile à s’acquitter des cotisations pour l’assurance maladie (Mutuelles), les enfants sont incapables de fréquenter l’école à cause de la pauvreté[16] et de la faim[17] ; ils errent plutôt dans des centres urbains ou s’adonnent à de petits boulots pour survivre. Pour ne pas rater leurs contrats de performance (Imihigo), certaines autorités locales n’hésitent pas à utiliser les milices pour battre à sang des pauvres qui ne peuvent pas payer la mutuelle ou pour détruire les habitations des moins nantis sous prétexte qu’elles ne répondent pas aux normes décrétées[18], les laissant ainsi sans abris à la belle étoile sur les collines.

La politique agricole pernicieuse du régime du FPR

Publication de Dr. Neil Dawson

L’article intitulé Rwanda Hit Surprisingly Bad by the ‘Green Revolution”, en français « Rwanda est désagréablement surpris par la révolution verte» est clair. On y lit Rwandan agricultural policies hurting the poorest of the poor”,  en français «les politiques agricoles rwandaises heurtent les plus pauvres des pauvres».

En effet, des faits bien précis montrent que la politique économique en général et agricole en particulier, est loin de se soucier de la majorité de la population rwandaise dont plus de 85% vivent en milieu rural. :

  1. Le choix du système néo-libéral de façade cache en fait un monopole flagrant des sociétés du FPR ;
  2. La réforme agricole vise à dépouiller des agriculteurs de leurs terres[19];
  3. L’orientation vers la monoculture cache des politiques qui visent à favoriser les nouveaux capitalistes fabriqués ex-nihilo par le FPR et pour le FPR.

Dr. Neil Dawson est d’avis que forcer l’agriculteur à adopter la monoculture en abandonnant son système de polyculture (multi-crops) est un moyen de fragiliser son économie familiale. Il part d’un constat cinglant : « la transformation de l’agriculture rwandaise passe par l’utilisation des intrants (semences, engrais, pesticides…) dont l’accès exige la monétarisation de l’agriculture et des capitaux que le pauvre agriculteur n’a pas ». Pire encore, le gouvernement a adopté la loi sur la réforme agricole[20] qui stipule que si l’agriculteur ne valorise pas son exploitation comme exigé, il perdra ses terres, son principal facteur de production. Le producteur passera donc du statut de pauvre au statut de « sans terres » ; il sera poussé à l’errance, à l’instabilité familiale, à la misère. Les populations deviennent donc victimes des lois votées par des parlementaires imposés par le FPR, parlementaires qui se soucient très peu des intérêts des agriculteurs, à qui ils n’ont aucun compte à rendre.

Le constat de Dr. Neil Dawson se trouve validé par trois faits suivants :

  • Premièrement : Le gouvernement rwandais impose au paysan de prendre le risque économique sans lui donner des garanties de rentabilité financière du système proposé ;
  • Deuxièmement : Quand bien même que la main-d’œuvre familiale serait considérée comme “gratuite”, le gouvernement ne donne aucune garantie que les semences sont de qualité requise ni ne prend aucun engagement d’assurance agricole ou d’exonération de la dette des semences et engrais en cas d’aléas climatiques défavorables ;
  • Troisièmement : L’agriculteur a normalement son système de production pour assurer la sécurité alimentaire à sa famille. Le gouvernement ne garantit pas cette sécurité alimentaire, ni la disponibilité des produits succédanés ou des produits alimentaires de première nécessité que l’agriculteur ne produit pas lui-même. Or, rien n’indique non plus que le revenu financier de la monoculture lui permettra d’acheter, à des prix abordables, ce qu’il ne peut pas produire lui-même ;

Le problème central de tout ce système découle donc de la politique d’interdiction au paysan de choisir lui-même un système de production agricole assurant la sécurité de sa famille. Le paysan se voit forcé à pratiquer la monoculture qui n’a, à ses yeux, aucune justification technique ni économique. Par ailleurs, d’autres analyses ont indiqué que derrière la politique agricole rwandaise de pseudo “révolution verte” se cachent des intérêts des multinationales américaines, Monsanto et Syngenta,[21] associées aux opérateurs économiques locaux qui font la chaîne des sociétés du FPR. Ce sont ces dernières qui contrôlent le secteur Banquier pourvoyeur de crédits agricoles et qui attribuent les marchés relatifs aux services de transport des intrants que les agriculteurs sont obligés d’utiliser malgré eux. Les agriculteurs n’ont aucun pouvoir de négocier ces intrants au prix rendu puisqu’ils se trouvent dans un néo- libéralisme nourri par le monopole de fait de ces sociétés.

La régionalisation des cultures ou le développement des filières de cultures de rente ou de substitution à l’importation est une voie obligée de la modernisation et de la monétarisation de l’agriculture. En 1991-1992 la Commission nationale d’agriculture[22] a publié des options de politiques agricoles qui nous semblaient plus raisonnables. À moins de le justifier par l’incapacité et les qualités douteuses de ses planificateurs, ce que je ne crois pas, le FPR s’est embourbé en voulant réinventer la roue au lieu d’améliorer le produit existant. Je suis plutôt porté à croire que la rigueur des planificateurs s’est heurtée à l’obstructionnisme politique du régime qui a d’autres en-dessous non déclarés. Certains osent même parler d’une volonté politique sournoise de vouloir appauvrir[23] la population pour la dompter et continuer à la tenir en otage.

Déclarations du Ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Mme Dr G. Mukeshimana
 Geraldine Mukeshimana

Geraldine Mukeshimana

Madame la Ministre a déclaré: « Certains problèmes que nous enregistrons dans l’agriculture sont liés aux changements climatiques et à la forte régression de la recherche agricole… ».

Les changements climatiques ont certes leur part dans la baisse de la production. Mais, ce n’est pas le Rwanda qui devrait en souffrir plus que les autres pays de la région qui accueillent les immigrants de la faim. Si les cultures de réserves comme le Manioc et le bananier ou résistantes à la sécheresse comme le sorgho et la patate douce à court cycle n’avaient pas été remplacées par le maïs, la situation n’aurait pas été si catastrophique.

Tout ne peut non plus se justifier par le génocide. C’est vrai que la recherche agricole a souffert de la guerre de “libération” du FPR (1990-1994) et de l’instabilité post-conflit (1995-2002), mais c’est trop facile de tout justifier par le génocide. C’est regrettable que cette guerre et les crimes qui s’en sont suivis aient détruit les ressources humaines, dont 7 Tutsi sur 60 chercheurs et un grand nombre de Hutu, non encore officiellement recensés ; certains végètent encore en prison sans dossiers. La guerre a aussi anéanti certains résultats et infrastructures de recherche qui avaient été obtenus grâce aux investissements très coûteux ; on peut citer entre autres plusieurs animaux sélectionnés et les arbres/ cultures pérennes (caféiers et patrimoine forestier) ; les banques de germoplasme créée à Rubona, à Ruhande (Arboretum) et à Ruhengeri (PNAP) .

Comme je l’ai souligné lors d’une conférence à Amsterdam le 19/11/2015 “Sustainable development is not possible without true reconciliation and democracy in Rwanda, which are prerequisite for peace and security[24], l’un des handicaps pour les Rwandais, c’est l’éternel recommencement: le nouveau venu détruit ce que ses prédécesseurs ont construit, et recommence à zéro. Ce manque de capitalisation des résultats d’efforts déjà consentis est un gaspillage énorme et regrettable de ressources financières.

L’ISAR, une expérience réduite à néant

Qu’elle soit fondamentale, appliquée ou de développement, la recherche requiert beaucoup de ressources humaines et financières, du temps et de l’intégrité assidue sans faille. Or, la recherche agricole rwandaise d’aujourd’hui semble souffrir du manque de volonté politique[25] et d’éthique de la part du régime RPF et chez certains chercheurs. N’est-il pas surprenant par exemple, de voir que les résultats de recherche agricole que l’ISAR a réalisés sont rarement cités en référence dans les nouveaux travaux de recherche du régime du FPR?; tout semble avoir commencé en 1994 !

Quand la guerre de 1990 a éclaté, l’ISAR venait d’avoir une expérience de 28 ans (à peine 5 ans de plus que le règne du FPR) de recherche Agro-sylvo-pastorale. L’effort pour une recherche de qualité bien orientée commença avec le premier “plan directeur” en 1985 ; ce plan directeur était dans sa deuxième phase en 1994. Il avait permis la décentralisation de la recherche pour tenir compte de la spécialisation agricole régionale et de la nécessité de la recherche-développement en milieu réel.

L’ISAR totalisait 60 chercheurs qualifiés qui géraient les programmes de recherche sur 8 Centres régionaux de recherche agricole: Ruhengeri (Pomme de terre – Maïs); Rwerere (Blé – Triticale – Pomme de terre – Maïs) ; Mutara (Riz – Soja – Maïs irrigué – Elevage); Kibungo (Bananeraie); Karama (Sorgho –  Manioc – Élevage – Irrigation par aspersion); Rubona (Manioc – Patate douce – Café – Sorgho – Haricot – Arboretum); Gakuta-CZN (Foresterie – Agroforesterie – Terres acides); Ntendezi (Bananeraie – Café).

L’ISAR avait sélectionné des semences adaptées à chaque région agro-climatique et avait élaboré des techniques culturales appropriées. Les résultats de recherche obtenus par l’ISAR sont disponibles dans des Institutions nationales sœurs de recherche agricole du Burundi, Kenya, Uganda et Éthiopie qui étaient regroupées au sein de ASARECA (Association for Strengthening Agricultural Research in Eastern and Central Africa) ainsi que dans des Centres Internationaux de Recherche agricole de la CGIAR[26] (Consortium of International Agricultural Research Centers) qui travaillaient avec l’ISAR.

S’il y avait eu la volonté politique durant les 23 ans de règne du régime actuel, les chercheurs du Rwanda Agricultural Board (RAB) auraient pu y trouver les méthodologies qui ont permis d’atteindre ces résultats, s’en inspirer et apporter des améliorations éventuelles, ou faire de la recherche adaptative en fonction des nouvelles contraintes et  des outils modernes de recherche. Mais , faut-il blâmer la recherche et les chercheurs ou les politiques agricoles incohérentes?

La recherche exige beaucoup et coûte cher. Bénéficie-t-elle d’assez d’attention et de financement[27] ainsi qu’une liberté scientifique pour se référer même aux écrits des scientifiques non alignés ou des non-alliés au FPR? Lui a-t-on assigné des priorités pour réellement résoudre les besoins du paysan?

Tout laisse penser qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Gihanga ! En effet, lorsqu’on voit que dans le programme d’intensification agricole du Rwanda en vigueur depuis 10 ans: “Started in September 2007, the CIP program focuses on six priority crops namely maize, wheat, rice, Irish potato, beans and cassava” [28], un doute s’installe, car la Patate douce, le Bananier et le Sorgho sont absents de la liste. On est donc en droit de se demander si le RAB est orienté pour s’atteler réellement aux besoins des paysans. Tout rwandais ou scientifique rigoureux sait que, sauf en hautes altitudes, ces trois cultures constituent, avec le haricot, la base de l’alimentation de la majorité des Rwandais (pp 110-111)[29]. Et, il était même dit, dans la mythologie rwandaise, que le sorgho était parmi les semences de base que le Roi rwandais apportait dans sa poignée de main à sa naissance. Or, actuellement le sorgho est interdit dans plusieurs régions du pays[30]. Quant au maïs, décrété comme monoculture prioritaire, beaucoup d’articles locaux soulignent que son prix n’est pas rémunérateur et ne couvre même pas les coûts des intrants. C’est pourquoi, l’agriculteur travaille à perte, et n’a pas de larges alternatives pour répondre aux besoins alimentaires de sa famille. Ajoutons que, dans l’agriculture pluviale, le maïs est une culture fragile et sensible à la sécheresse. Les paysans paient donc un lourd tribut dû principalement au mauvais choix des politiques agricoles.

La terre appartient à qui la cultive !

Les politiques agricoles judicieuses devraient venir en aide au savoir-faire de l’agriculteur rwandais pour le stimuler à s’améliorer et adopter des filières de cultures rentables. Au fil des années, le paysan rwandais a pu résister aux effets néfastes des aléas climatiques en diversifiant les semences, les variétés et les cultivars, et en associant les cultures.

Un gouvernement cohérent et conséquent respecte son paysan/producteur dans ses choix et comportements économiques, et se soucie des préoccupations journalières des gouvernés ainsi que de la sécurité alimentaire de leurs familles. La recherche agricole n’est qu’une mesure d’accompagnement pour mettre à point des paquets technologiques qui garantissent le profit au producteur et donc leur adoption conséquente. L’interventionnisme coercitif, amendes, retrait des terres, sont des mesures inadéquates à caractère colonial ou monarchique, génératrices des frustrations qui conduisent à des révolutions sanglantes.

Le FPR refuse actuellement les aides alimentaires qui pourraient aider les agriculteurs rwandais à faire la soudure entre deux productions ; il préfère des liquidités souvent détournées[31] par des responsables soigneusement placés dans des cercles de clientélisme devenus monnaie courante! Mais, il n’est ni sain ni durable pour le Rwanda d’investir ces aides financières dans les salaires mirobolants des parlementaires et des hauts fonctionnaires[32], dans des dépenses excessives de multiples voyages du Président à l’étranger[33] ou dans le maintien d’une armée surdimensionnée[34]. Le FPR devrait savoir qu’il est universellement connu que, par rapport à la guerre, le dialogue est l’option la moins chère financièrement et en pertes de vies.

La meilleure solution est de revoir la réforme foncière. Tout en évitant le morcellement des terres, il faut respecter la propriété privée et veiller à ce que la terre appartienne à qui la cultive. Cela favorisera les investissements et les améliorations foncières. La régionalisation des cultures et la spécialisation régionale doivent être stimulées par des mesures incitatives appuyées par des mesures d’accompagnement appropriées dont la recherche, l’approvisionnement des intrants aux prix abordables et les prix rémunérateurs au producteur.

Charles Ndereyehe

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Références

[a] Charles Ndereyehe : Ingénieur Agronome, Chef du service agricole au MUTARA-OVAPAM 1977-1986; Coordinateur des services agricoles à Gikongoro et directeur du projet PIA-PDAG 1986-1992; Directeur général de l’Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda (ISAR 1992-1994).

[1]   http://www.economist.com/news/business/21718000-crystal-ventures-has-investments-everything-furniture-finance-rwandan-patriotic

[2]   Rwandan Patriotic Front: Party builds a formidable business group; By William Wallis; September 24, 2012

http://www.ft.com/cms/s/0/7fcab78c-ff1b-11e1-a4be-00144feabdc0.html#axzz41BviKQNT ;

The East African: Our businesses are clean, says RPF ; By Edmund Kagire Rwanda Today ; October 12   2012

http://www.theeastafrican.co.ke/Rwanda/News/Our-businesses-are-clean-says-RPF/-/1433218/1532008/-/7j64skz/-/index.html

http://www.celebritynetworth.com/richest-politicians/presidents/paul-kagame-net-worth/

[3] http://www.fdu-rwanda.com/fr/english-politique-agricole-1995-2016-au-rwanda-contraste-entre-les-belles-statistiques-de-productions-agricoles-et-les-famines-chroniques/

[4]  http://m.en.rfi.fr/africa/20160208-Rwandan-agricultural-policies-hurting-poorest-poor-study

[5]  Ibibazo byugarije ubuhinzi bifitanye isano n’ubushakashatsi bwasubiye inyuma-Minagri : 16-02-2016

http://www.igihe.com/ubukungu/article/ibibazo-byugarije-ubuhinzi-bifitanye-isano-n-ubushakashatsi-bwasubiye-inyuma

[6]  http://igihe.com/amakuru/u-rwanda/article/minagri-yemeje-ko-abanyarwanda-bihagije-mu-biribwa-nubwo-hari-uturere

https://www.youtube.com/watch?v=RD1Uhzk_TUc (VOA: Nta nkumi yigaya koko! Bazivamo nawe aratubeshya ko nta NZARAMBA iri mu Rwanda)

[7] http://rugali.com/ubukana-bw-inzara-nzaramba-bukomeje-kwiyongera-hirya-no-hino-mu-rwanda/

[8]  https://nkbnkb.wordpress.com/2016/02/29/la-famine-qui-fait-rage-au-rwanda-est-elle-virtuelle/

[9] http://www.jambonews.net/actualites/20161207-les-emeutes-de-la-faim-au-rwanda-une-realite-quotidienne

[10] http://www.france24.com/en/20151102-rwanda-accused-manipulating-poverty-statistics

[11] http://www.theeastafrican.co.ke/business/Tough-times-as-Rwanda-cuts-down-on-spending-/-/2560/3245294/-/gsmqrx/-/index.html

[12] https://www.youtube.com/watch?v=d76KOr4oSQU (Umwiherero w’abayobozi b’u Rwanda 2017)

http://umunyamakuru.com/perezida-kagame-aremeza-ubwe-ko-ikinyoma-cyahawe-intebe-mu-butegetsi-bwe/

[13] United Nations Development Programme, « Human Development Indicators », Rwanda : http://hdr.undp.org/en/countries/profiles/RWA

http://www.jambonews.net/en/news/20160624-is-rwandas-economy-resilient/

Le Devoir, « Le développement économique au Rwanda–miracle ou mirage? », le 11 juillet 2008 :http://www.ledevoir.com/non-classe/197227/le-developpement-economique-au-rwanda-miracle-ou-mirage : https://medium.com/@dhimbara/kagames-economic-mirage-892ae7d15cdb#.nyvq7wqgc

[14] http://www.kigalitoday.com, http://www.kigalitoday.com/spip.php?rubrique44, http://izubarirashe.rw/… (détails voir Référence 3)

[15] http://www.iss.nl/fileadmin/ASSETS/iss/Research_and_projects/Research_networks/LDPI/LDPI_WP_16_FR.pdf pg 10

[16] http://www.igihe.com/amakuru/u-rwanda/article/ikibazo-cy-abana-bata-amashuri-cyongeye-kugarukwaho-nk-igiteye-inkeke

[17] http://www.theeastafrican.co.ke/Rwanda/News/US-report-exposes-shame-of-child-labour-in-Rwanda-/-/1433218/2515048/-/l9jkq5/-/index.html

http://www.theeastafrican.co.ke/Rwanda/News/Children-still-face-hardships-despite-Rwanda-high-ranking/-/1433218/2084268/-/3gj0snz/-/index.html

[18] http://www.kigalitoday.com/spip.php?page=ocslevel3&id_rub=1478

http://imvahonshya.co.rw/amakuru/mu-ntara/intara/article/karongi-gitifu-yakubise-izakabwana-umuturage-amuziza-gutura-muri-nyakatsi

[19] https://www.hrw.org/fr/news/2017/03/31/rwanda-le-gouvernement-se-livre-une-repression-dans-des-affaires-foncieres

[20] Official Gazette no Special of 16/06/2013; itegeko n. 43 ryo ku wa 16/06/2013 rigenga ubutaka mu Rwanda; kuva ku ngingo 52 kugeza ku ngingo 63

[21] L’investissement agricole » facilité par l’État au Rwanda : regroupement des terres, renforcement du contrôle par Chris Huggins; Septembre 2013

http://www.iss.nl/fileadmin/ASSETS/iss/Research_and_projects/Research_networks/LDPI/LDPI_WP_16_FR.pdf

[22] Commission Nationale d’Agriculture : Volume I – Novembre 1990: (1) Allocation et Exploitation des Terres de Marais; (2) Le Terrassement pour la Conservation des Sols; (3) Les Cultures Associées ;  Volume II : Appuis à la production agricole ;  Analyse du Sous-Secteur des productions animales ; Avril 1991 ; Volume III : Productions Agricoles du Rwanda ; Zones agro-climatiques du Rwanda ; Juin 1991 ;  Volume IX : La Commercialisation des Produits Agricoles au Rwanda : Février 1992 ; Volume VI – Décembre 1991: (1) Le Sous-Secteur Forestier; (2) Développement des Ressources Halieutiques ; Rapport préliminaire de synthèse : 1992

[23] RWANDA: Politike yo kwicisha abaturage inzara: https://www.youtube.com/watch?v=b11oaeQqGBY

[24]http://www.fdu-rwanda.com/en/english-sustainable-development-is-not-possible-without-true-reconciliation-and-democracy-in-rwanda-which-are-prerequisite-for-peace-and-security/#more-4583

[25] http://www.igihe.com/amakuru/u-rwanda/article/haracyari-icyuho-mu-bushakashatsi-bwo-mu-rwanda

http://imirasire.com/amakuru-yose/hirya-no-hino/mu-rwanda/article/abahanga-mu-rwanda-baranenga-leta-kudaha-agaciro-ubushakashatsi-bwabo

[26] http://www.cgiar.org/cgiar

[27] The Institute of Policy Analysis and Research (IPAR- Rwanda): Annual Analysis of Rwanda’s Agriculture Budget Expenditure 2015-2016; October, 2015 ; Action aid International Rwanda;

http://ipar-rwanda.org/index.php?option=com_edocman&view=document&id=60&catid=1&Itemid=115&lang=en

[28] About Crop Intensification Program- CIP : http://www.minagri.gov.rw/fileadmin/user_upload/documents/CIP/MORE_INFORMATION_ABOUT_CROP_INTENSIFICATION_PROGRAM.pdf

[29] Table 6.4.2 Percentage of households cultivating different crops

http://www.minagri.gov.rw/fileadmin/user_upload/documents/CIP/MORE_INFORMATION_ABOUT_CROP_INTENSIFICATION_PROGRAM.pdf

THE THIRD INTEGRATED HOUSEHOLD LIVING CONDITIONS SURVEY (EICV3)  NATIONAL INSTITUTE OF STATISTICS OF RWANDA

http://www.statistics.gov.rw/survey-period/integrated-household-living-conditions-survey-3-eicv-3.

[30] http://script.igihe.com/ubukungu/article/gatsibo-barakajwe-no-kubuzwa-n-ubuyobozi-guhiga-amasaka-batagishijwe-inama

[31] http://umuryango.rw/amakuru/mu-rwanda/article/wasac-reg-ur-na-rab-mu-batunzwe-agatoki-kubera-guhombya-leta

[32] http://www.theeastafrican.co.ke/Rwanda/News/Outrage-over-huge-disparities-in-new-public-service-salaries-/-/1433218/1855740/-/156yosez/-/index.html  ; http://www.igihe.com/amakuru/u-rwanda/article/ibigenderwaho-mu-kugenera-abayobozi-imishahara

[33] http://www.theeastafrican.co.ke/Rwanda/Opinion/A-leader-who-travels-a-lot-probably-does-not-need-you-so-much/-/1433246/2490140/-/dawxf4/-/index.html

[34] http://www.echosdafrique.com/20160412-rwanda-lois-reprimant-le-negationnisme-une-parade-du-parti-etat-aux-demandes-pressantes-de-democratiser-le-pays

Rwanda assessing risks to stability: CSIS, June 2011: csis.org/files/publication/110623_Cooke_Rwanda_Web.pdf  “….the country’s apparent stability masks deep-rooted tensions , unresolved resentments, and an authoritarian government that is unwilling to countenance criticisms or open debate”;  https://www.theguardian.com/world/commentisfree/2016/jan/03/paul-kagame-and-others-damage-africa-lust-to-rule-for-ever; http://www.twagiramungu.com/index.php/403-panama-papers-les-jets-prives-du-monarque-kagame-et-son-pillage-du-patrimoine-rwandais-6.html

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