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Afrique du Sud : mort suspecte d’un jeune Belge originaire du Rwanda

Publié : le 10 juillet 2018 à 18:08 | Par | Catégorie: A la une, Actualité

Ce samedi 07 juillet 2018 se tenait la cérémonie d’obsèques de feu Docteur Thomas Ngeze décédé le 15 juin dernier dans un hôtel à Johannesburg. Bien que les circonstances entourant le décès inopiné de ce jeune juriste belge d’origine rwandaise restent à élucider, la famille de ce dernier accuse Kigali de l’avoir assassiné.  

Thomas Ngeze

Thomas Ngeze

Agé de 27 ans, Docteur Thomas  Ngeze était un jeune juriste spécialisé dans le droit international qui avait mené ses études à la faculté de droit de l’université de Gent en Belgique. Diplômé en 2016, il s’était envolé pour l’Afrique du Sud où il a travaillé pendant un an à la United Nations Population Fund de Johannesburg. Il avait ensuite décroché un job dans un cabinet international d’avocat. Une brillante carrière se dessinait devant lui avant que son corps sans vie ne soit retrouvé pendu dans une chambre d’hôtel à Johannesburg. La famille de ce dernier affirme que le soir de son assassinat, Thomas avait un rendez-vous avec des membres de l’ambassade du Rwanda en Afrique du Sud. Il aurait appelé sa sœur en état de panique le soir fatidique du 15 juin 2018.

Selon la justice sud-africaine ce décès est suspect.  Une autopsie a été réalisée et une enquête est en cours mais les résultats n’ont pas encore été communiqués. Selon le média The Rwandan, des membres de la famille du défunt auraient confié que des images enregistrées par les caméras de l’hôtel montrent Thomas Ngeze en compagnie d’autres personnes dont l’identité n’a pas encore été communiquée.

Le décès de Thomas Ngeze est survenu 10 jours après qu’une demande de libération anticipée de son père, Hassan Ngeze, ait enflammé les réseaux sociaux et suscité l’indignation de Kigali. Hassan Ngeze, est un des membres fondateur du parti CDR et est connu pour avoir été rédacteur en chef du journal « Kangura »; un journal tristement célèbre pour ses publications extrémistes pour lesquelles  il a régulièrement été emprisonné entre 1990 et 1994.

Le 18 juillet 1997, il a été arrêté à la requête du TPIR et fut condamné à la prison à vie le 3 décembre 2003, pour génocide ; le TPIR estimant, que l’intéressé, en mélangeant « haine ethnique et discours propre à inspirer la peur, d’une part, et appel à la violence qui devait être dirigée contre la population tutsie, qualifiée d’ennemi ou de complice de l’ennemi, d’autre part » dans les écrits parus dans Kangura, avait joué un rôle « non négligeable dans la mise en place des conditions qui ont conduit à des actes de génocide. » Sa peine a été réduite en appel à 35 ans de prison le 28 novembre 2007.  Ayant purgé les 2/3 de sa peine, il rentrait dans les conditions légales pour faire une demande de libération anticipée.

Cette nouvelle avait été accueillie avec beaucoup d’indignation par le Rwanda. « Nous n’acceptons pas que ceux qui sont emprisonnés pour crimes de génocide soient anticipativement libérés. Le cas de Hassan Ngeze est encore plus complexe car il a utilisé son journal pour inciter à la haine et pousser la population à s’entre-tuer » avait ainsi declaré Jean Damascene Bizimana, président de la Commission nationale rwandaise de lutte contre le génocide  (CNLG). L’organisation Ibuka avait également vivement condamné la possibilité d’une libération anticipée de Hassan Ngeze. Naphtal Ahishakiye, secrétaire exécutif d’Ibuka, avait confié au journal Kigali Today, que la peine de Mr Ngeze était bien trop courte au vu des charges retenues contre lui.  C’est donc dans un tel contexte de tension autour du cas de son père que le décès de Thomas Ngeze est survenu.

Dans une lettre posthume adressée à son fils, Hassan Ngeze, regrette que son fils ait été « la victime d’une situation dont il n’a jamais été responsable ».  Ce dernier privilégie la piste de l’assassinat commandité depuis Kigali dans le but de l’atteindre suite à sa récente demande de libération anticipée.

La nouvelle du décès de Thomas Ngeze a déclenché des réactions diamétralement opposées sur les réseaux sociaux.  Certains sympathisants du FPR allant jusqu’à justifier le supposé assassinat.  Ainsi on pouvait lire sous la plume d’Alice qui arbore fièrement la photo de Paul Kagame en couverture « Celui qui a fait tuer les enfants des autres par l’épée verra les siens périr par l’épée, telle une loi de l’attraction », suscitant aussitôt l’indignation de Marie Claire « donc un jeune brillant qui n’a rien fait mérite la mort ? le génocide continue ? heureusement que beaucoup de gens ne pensent pas comme toi »   pouvait-on notamment lire parmi les centaines de commentaires exprimés sur les réseaux sociaux.

Ce n’est pas la première fois qu’un rwandais meurt dans des circonstances suspectes en Afrique du Sud. En 2014, l’opposant Patrick Karegeya avait été retrouvé étranglé dans un hôtel de Johannesburg, les autorités rwandaises avaient été pointées du doigt, provoquant une crise diplomatique entre les deux pays.  Paul Kagame, sans aller jusqu’à revendiquer le meurtre, l’avait justifié dans un déjeuner de prière à Kigali en déclarant que « la trahison avait des conséquences (…) quiconque trahit notre cause ou souhaite du mal à notre peuple deviendra une victime. Il reste seulement à savoir comment il deviendra une victime ».

En Belgique des messages de compassion et d’indignation ont été partagés par les proches et amis de Thomas Ngeze qui était un jeune homme « ambitieux et discipliné » «toujours disposé à aider les autres ».

Irène Nyenyeli,

Jambonews.net

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Un commentaire à “Afrique du Sud : mort suspecte d’un jeune Belge originaire du Rwanda”

  1. CESAR dit :

    Ce garçon n’avait que 3 ans en 1994. Que la Terre lui soit légère.

    Les propos nauséabonds de certains Batutsi à l’endroit d’un mort sont la parfaite illustration de ceux qu’ils sont. Conformément à la tradition séculaire de notre pays, il serait inconvenant de ma part de commenter les propos pitoyables des intéressés.
    Sur le père du défunt, il n’a commis aucun crime contre les Tutsi ou quiconque autre.
    Ngeze Hassan était un fouineur hors norme dans les annales de l’histoire de notre pays. Il fouinait à gauche et à droite. Jusqu’à ce jour, il n’a jamais craché ce qu’il sait concernant les grands acteurs du drame de notre pays. Il n’a raconté que des bribes aux juges du TPIR. Exemple: Le monde entier a retenu qu’il est l’auteur des fameux dix commandements. En réalité au vu de la qualité littéraire de haut niveau du texte même et compte tenu de son niveau d’instruction, il n’en est pas son auteur. Leur vrai auteur est Kajeguhakwa Valens, hommes d’affaires millionnaires grâce au régime Habyarimana dont les connaissances et compétences en littérature ne sont pas à prouver du moins pour ceux qui le connaissent en l’occurrence ses anciennes élèves aux Collèges de Musanze et de Gisenyi (Inyemeramihigo).
    Kajeguhakwa a pris le code MAGRESA en l’envers. Le code MAGRESA est un ensemble de textes ésotériques inventés par les Tutsi et Hutu du Kivu au Congo (devenu Zaïre puis RDC) dans les années 60.C’est un ensemble des règles portant sur les conditions d’être respecté et de se faire accepter dans une société hostile. Pour les jeunes rwandais et les non-informés, il convient de préciser que les dans les années 60, ceux que l’on appelle les Rwandophones du Kivu et d’autres régions du Congo ont fait l’objet de chasse à l’homme de la part des autorités congolaises de l’époque. Des milliers d’entre eux sont venus ici dans leur mère patrie. Ils ont été intégrés dans l’ensemble de la population rwandaise sans problème majeur. Ceux qui sont restés, il s’agissait de résister et imaginer les solutions durables au drame qui le frappait. Ils ont inventé dix commandement que tout Rwandophone initié devait connaître parfaitement. Ces dix commandements qui forment le code MAGRESA est le contraire de dix commandements imputés faussement à Ngeze Hassan. Il faut donc lire les commandements de celui-ci en l’envers. Il s’ensuit que les dix commandement qui ont été criés sur les toits et colportés à grande comme étant un des éléments probatoires du génocide dit des Batutsi n’ont jamais existé. Ngeze est, pour Kagame et les siens, l’homme à abattre et recherché par ses escadrons de la mort parce qu’il a un paquet d’informations sur Kagame et son FPR de sorte que s’il crache, le masque de Kagame tombera. Il en est de même de certains Hutu qui prétendent aujourd’hui être opposants au régime Kagame. Ngeze Hassan a été le premier à informer les Rwandais de l’attaque du FPR contre le Rwanda. Au lieu de vérifier ses affirmations, le gouvernement d’alors l’a envoyé en prison. Ceux qui l’ont envoyé en prison ont essuyé impunément le honte lorsque des milliers des maquisards du FPR ont déferlé sur le Rwanda.Il a été le premier à informer les Rwandais de l’assassinat du Président Habyarimana au mois d’avril 1994.Comme en 1989, elle a été pris pour fanfaron. L’histoire a parlé le jour J. Les escadrons de la mort de Kagame qui n’arrivent à l’atteindre ont minablement assassiné son fils, qui n’était qu’un bébé en 1994.

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