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Le Rwanda, cette plaie au cœur des Grands Lacs

Publié : le 25 décembre 2010 à 1:37 | Par | Catégorie: Opinion
Rift Valley

Rift Valley

Chers lecteurs, je vais commencer cette introduction par une métaphore qui va nous suivre tout au long de ce petit essai. Notamment celle de l’Afrique de l’Est, région victime elle aussi d’une déchirure, parcourant de la péninsule arabique, au Nord, jusqu’au lac Malawi, au Sud : c’est de la Vallée du Rift dont je parle. Le Berceau de l’humanité ! Et en son milieu, un petit bout de terre capturé dans les hauteurs inter-lacustres au niveau de l’équateur et traversé par des cours d’eau, dont un d’entre eux est source du plus long fleuve au monde : le Nil. Des altitudes fusionnant avec des volcans encore en activité dans un climat tempéré, laissent farouchement apparaître sur ses flancs, à la végétation luxuriante, quelques uns de nos plus proches cousins: le gorille des Montagnes, espèce unique et endogène. Ce dernier se prélasse alors dans ces forêts vierges au nord, dans un décor digne de l’époque préhistorique. Comme si le temps s’était arrêté. Au-delà, à l’est, on découvre de grandes plaines : la savane. Des impalas, des grues couronnées. Des symboles ! Tout cela illustre la richesse, la particularité des terres qu’a développé cette région particulière et le lien intime créé, au fil des millénaires, avec ces Hommes : qu’ils fussent chasseurs-cueilleurs, cultivateurs ou pasteurs. Vous l’aurez compris, c’est du Rwanda qu’il s’agit, ce petit paradis terrestre perché au sommet du monde, au cœur de l’Afrique.

Et voici l’hypothèse de départ, chers lecteurs : cette fissure, dont je viens de vous parler, qu’est la Vallée du Rift, qui s’exprime jusqu’à la surface des Hommes, en serions nous métaphoriquement ses dignes héritiers ? Me voilà qui avance une idéologie rwando-centriste et déterministe qui voudrait que l’homme soit le résultat (avorté) de son milieu ! Mais la comparaison n’est pas moins pertinente quand on voit les événements « déchirants » qui secouent justement la région des Grands Lacs, voilà maintenant des décennies. Bien sûr que la région a connu ses heures noires dans un passé plus éloigné. Mais focalisons nous davantage sur les 50 ans qui viennent de s’écouler.

Le Rwanda et le Burundi d’ailleurs, c’est un peu le principe des vases communicants”

Réfugié au Congo

Réfugié au Congo

Les années 60’ c’est la période des indépendances sur tout le continent. On se libère du joug colonial et autres tutelles. L’Afrique est en fête. Mais, au cœur de cette euphorie, l’héritage colonial, qui fut celui entre autre de la cristallisation des groupes “ethniques”, est déjà absorbé par la masse, légitimant alors des discriminations envers l’“autre”. Mais la révolution Parmehutu (Parti du Mouvement de l’Emancipation Hutu) d’octobre 1959 par Grégoire Kayibanda et le premier régime parlementaire, où fut élu démocratiquement le premier président rwandais, Dominique Monyumutwa : signant la fin de la monarchie absolutiste Tutsi et le servage pastoral sur le paysan Hutu (ubuhake), frustra à plus d’un titre l’élite minoritaire Tutsi du mwami Kigeli. Son parti, l’UNAR (Union Nationale Rwandaise) tenta de renverser la démocratie afin de rétablir la monarchie, constitutionnelle, en faisant appel aux Nations Unies et à la Belgique, en vain. La dissolution fut nette. Et c’est sur cette fracture brutale (Hutu/Tutsi) que la nouvelle nation rwandaise va prendre forme. C’est l’heure des passions nationalistes!  Les voici maintenant installées dans une Afrique post-indépendante en prenant des formes locales, c’est-à-dire ethniques. Au Rwanda, c’est les cartes d’identités, produits de l’administration coloniale, qui sont toujours là pour nous rappeler qui est « Hutu » (dit paysan) et  surtout, «Tutsi » (dit noble). En effet, dès 1959, c’est le début où les terres, autrefois aux pasteurs Tutsi, “retournent” aux Hutu majoritaires. On dénombre des massacres localisés sur la population Tutsi. Pour les autres, c’est l’exode en grand nombre vers les pays frontaliers. L’UNAR, de l’étranger, tentera à plusieurs reprises de faire un coup d’Etat. Et Kayibanda peine à contrôler ces attaques orchestrées par le mwami déchu, Kigeli. Ce sera la population Tutsi de l’intérieur qui payera le prix le plus fort. Ce sera d’ailleurs leurs heures les plus noires jusqu’au coup d’Etat du Général Juvénal Habyarimana, le 05 juillet 1973. Son règne marquera en effet la tentative d’une réconciliation nationale, tout en contrant la menace d’un retour à la monarchie de l’élite militaire Tutsi postée à l’extérieur. Car il faut le dire, le Rwanda commençait à prendre les allures de son jumeau, le Burundi. Sauf que pour ce dernier, c’était la population Hutu qui était massacrée. Un génocide qui visait de façon systématique l’élite Hutu, en 1972. Le Rwanda et le Burundi d’ailleurs, c’est un peu le principe des vases communicants. Dans le premier cependant, sous Habyarimana, la tolérance règne en général. Le Rwanda vit alors son Âge d’or. Une nation socialiste (umuganda) et prospère. Sa politique de tolérance relative entre ethnies, dans le domaine de l’économie, fut le moteur de son essor, au point qu’on surnommait le Rwanda de l’époque la Suisse africaine. Mais une fraction des exilés Tutsi de la révolution 59’ est toujours refusée le retour au pays. Cette dernière, depuis la révolution, a perdu tout ses privilèges absolutistes depuis l’instauration de la république. République qui se veut elle aussi à présent parti unique. Assurément, le champ politique est chasse gardée par les Hutu nordistes. Les Tutsi rwandais de l’extérieur vont alors chercher des alliances, notamment avec l’Ouganda, en prêtant main forte à Museveni pour renverser le régime Obote – qui refusait d’ailleurs d’accorder le statut de réfugiés à ces derniers, devenus décidément indésirables partout. Mais une fois qu’Oboté fut écarté, le problème ne se posait plus. Il était temps maintenant pour ces réfugiés de rentrer au pays et renverser à leur tour certaines têtes, et pas des moindres : c’est la Première guerre du Rwanda, qui débute le 01 octobre 1990 à la frontière nord-ougandaise. Déjà, on dénombre des massacres ciblés et l’exode de centaines de milliers de Hutu. Ces derniers fuient alors vers le Sud. Le soutient des troupes françaises au régime de Habyarimana sauve de justesse la prise de Kigali.

“En effet, selon Paul Kagame…Habyarimana a trop duré!”

En 1993, c’est au tour du Burundi de s’embraser. Melchior Ndadaye, président Hutu démocratiquement élu, est abattu par l’élite militaire Tutsi, trois mois à peine après son élection au pouvoir. S’ensuit à nouveau une guerre meurtrière forçant des milliers de Hutu à l’exode, généralement au Rwanda, comme en 1972. Mais en 1994, les deux pays sombrent littéralement dans l’anarchie. Pour le Rwanda, c’est même l’hécatombe. Le président burundais fraîchement élu, Cyprien Ntaryamira ensemble avec son homologue rwandais, Juvénal Habyarimana sont abattus dans l’avion présidentiel le 06 avril 1994, après leur retour de Tanzanie. La guerre du Rwanda est à son summum. Les radicalistes Hutu rwandais ayant été témoins des événements passés au Burundi (assassinat de Melechior Ndadaye), ils se contractent. Et de la sorte, éviter que le même sort Hutu  leur soit réservé, notamment celui d’un coup d’Etat par une élite militaire Tutsi. C’est l’entrée en scène des interhamwe. Leurs craintes sont réelles, car un coup d’Etat (final) se fomente à nouveau dans les maquis ougandais, après l’échec d’octobre 1990. En effet, selon Paul Kagame, sous soutien de Museveni : Habyarimana a trop duré ! Et le FPR (Inkotanyi), en abattant l’avion présidentiel et en lançant concomitament une offensive générale sur le Rwanda: les interahamwe vont « épurer » le pays en représailles (pour utiliser le terme de la Radio Télévision Libre des Mille collines, RTLM), parlant de la population Tutsi de l’intérieure. Et l’impensable arriva effectivement : le génocide des Tutsi d’avril jusqu’à juillet 1994, moment marquant la prise de Kigali par le FPR. Ce dernier, sur sa route au pouvoir, commet des actes de génocide à l’encontre de l’élite Hutu et le reste de la population, femmes et enfants confondus.

“Le gros gâteau qu’est l’ex-Zaire (…) grand, immensément riche et le comble: encore sous contrôle socialiste. Sacrilège!”

Volcan Nyamulagira en éruption

Volcan Nyamulagira en éruption

Donc on vient de le voir, l’histoire des Grands Lacs n’est pas une single story sans contexte, mais bien des actions en corrélations et une historicité propre. La région inter-lacustre c’est l’histoire de l’arrivée successive des Hutu, des Tutsi et des colons sur un territoire étroit, à forte population et aux structures très hiérarchisées. L’absorption et les occupations diachroniques de ces peuples, aux mœurs divergentes, n’ont apparemment pas encore été assimilées et par conséquent, les tensions qui règnent dans cette région sont les effets directs d’une « fracture » marquant le passage de royaumes centralisés ou (semi)autonomes à celui d’Etats-nations. En résumé : l’Etat-nation et la démocratie (de tradition occidentales) peinent encore à trouver leurs bases légitimes dans les structures indigènes du Rwanda et du Burundi. En effet, on a à faire à trois traditions hétérogènes (Hutu, Tutsi, Occidental) qui se repoussent mais aussi s’attirent, comme deux aimants. Le frottement de deux plaques et les chocs corollaires d’une Terre instable et en constante mutation faisant, par moments, jaillir un magma rouge, chaud et gluant…comme le sang. Voyez-vous à présent l’analogie faite avec le Rift, dans mon introduction ?

Mais revenons sur terre. Juste avant avril 1994. Notamment quand les Etats-Unis s’y mêlent. Assurément, ces derniers sont les grands gagnants de l’Après Guerre et bien plus encore depuis la chute du Mur de 1989. La nouvelle grande puissance mondiale, pour satisfaire son appétit boulimique-capitaliste, veut pour régime le gros gâteau qu’est l’ex-Zaïre. Ce dernier est grand, immensément riche et le comble : encore sous contrôle socialiste (pour ne pas dire Françafrique). Sacrilège ! Un, deux, trois,…le tour est joué, à coups de millions de dollars d’armement des militaires Tutsi FPR, les mêmes qui avaient combattus auprès de Museveni. Ces derniers ont acquis entre-temps la réputation de guerriers infatigables et disciplinés. Et la menace récente du retrait des troupes rwandaises au Darfour par Kagame, suite à la publication du rapport de l’ONU sur les crimes commis par son armée à l’Est du R.D.Congo, est un exemple éloquent de la notoriété acquise par celle-ci. L’armée du FPR règne en maître absolu dans la région des Grands Lacs.

Après la victoire de celle-ci en juillet 1994 et l’échec de l’intervention de l’ONU et de la communauté internationale pour stopper le génocide des Tutsi, le FPR décide, comme mesure de rétorsion, de poursuivre les Hutu, jusqu’au Zaire : c’est la traque des régugiés Hutu. En effet leur exode se passe par millions. Mais voilà que dans la masse il y a aussi les interahamwe. Tous empruntent le couloir sécurisé par l’Opération Turquoise du président français, François Mitterrand, qui mène au-delà de la frontière rwandaise, à l’Ouest. C’est la Première guerre du Zaïre, de 1996 à 1997. Laurent Désiré Kabila (père de l’actuel Joseph Kabila) prend le pouvoir en mai 1997, à l’aide du FPR, pour renverser Mobutu. Kisangani, ville clé où transitent les pierres précieuses, est prise. Mobutu est forcé d’exil. Il mourra quelques temps après en septembre 1997, au Maroc. Pendant ce temps, à l’Est du Congo des massacres en masse ont lieu. L’ONU observe, et quelques rapports (discrets) arrivent à s’échapper et dénombrent déjà des centaines de milliers de morts de Goma à Kisangani par l’armée du FPR et ses alliés. Les cibles : ces mêmes réfugiés Hutu et la population congolaise. La deuxième guerre du Zaïre, entretemps devenu République Démocratique du Congo, bat de nouveau son plein, un an après, de 1998 à 2003.

Les victimes se comptent maintenant en millions de vies humaines. Un autre génocide a lieu à ciel ouvert. On viole, on mutile : une vraie chasse à l’Homme. Voilà que les images de 1994 réapparaissent. Et, de nouveau, la communauté internationale préfère fermer les yeux. Du coup, en dix ans à peine, c’est-à-dire depuis 1990, l’Afrique des Grands Lacs a dépassé le chiffre effarant de 10 millions de morts. Imaginez un instant l’équivalent de la population belge disparaître à jamais. Le bilan humain le plus meurtrier depuis la Deuxième Guerre Mondiale.

“Doit-on, nous aussi, penser au partage en deux du gâteau rwandais?”

Viellard

Viellard

Voilà que je vous ai présenté en bref et dans son contexte l’histoire du Rwanda. Mais, comme on l’a vu, on peut en dire autant de son voisin direct, le Burundi. Ces deux pays sont passés maîtres dans l’accumulation de récits tragiques et misérables entre deux peuples qui peinent aujourd’hui à se comprendre, malgré qu’ils parlent une même langue. Un malentendu aux conséquences désastreuses. Le Rwanda…pays où Dieu s’absente un instant, et à son retour, trouve des fosses communes remplies de cadavres. Dieu a-t-il déserté le cœur des hommes des Grands Lacs ? Car l’amour, chez ces derniers, brille surtout par son absence. Des nations divisées entre Tutsi et Hutu, de même qu’entre Tutsi (/Hutu) eux-mêmes. Des extrémistes Hutu qui massacrent des Tutsi et des extrémistes Tutsi qui massacrent des Hutu ! Bref, des rwandais qui massacrent des rwandais ! Qui a tort, qui a raison ? L’habitude en a fait qu’on ne connait même plus la honte quand on profère des propos haineux envers l’ « autre ». Mais cet « autre » est-il vraiment « autre » ou juste cette extension – qui dérange –  de soi? Les enfants de la nation se disputent le pouvoir. Après les indépendances, les Hutu ont pris le pouvoir. Après 1994, les Tutsi en ont à leur tour profité. Aucun ne veut céder. Doit-on, nous aussi, penser au partage en deux du gâteau rwandais ? Opter pour deux Etats fédéraux et autonomes ? Car la forme de démocratie, suggerée par l’Occident, entre Hutu (85%) et Tutsi (14%) est semble-t-il intenable au Rwanda. Brisons les tabous ! Parlons-en franchement. De même que les tribunaux « traditionnels » gacaca (et cette fois, toutes ethnies confondues !) peuvent être réactualisés, trouvons un arbre à palabre où parler de nos problèmes. A savoir si le divorce doit être prononcé, ou s’il reste une chance à la réconciliation, à l’entente ? Chers lecteurs, c’est à vous que s’adresse cette question.

L’indescriptible, l’inaudible, l’inimaginable a donc une origine. Mais il faut ajouter qu’il s’est installé un habitus de discours séduisants : celui d’entendre que Hutu et Tutsi on est fondamentalement différents. C’est l’avis de ceux qui nous divisent, au nom de je ne sais quel essentialisme « racial », « ethnique » ! Réveillez-vous enfin ! Même si on est différents, cela justifie-t-il le meurtre? A la base, il y avait des familles à l’ancêtre commun, puis des clans, des relations (de clientélisme), des rites associés,…Loin de romantiser le passé, cet idéal ! Mais voilà que la démocratie, la modernité, et surtout le nationalisme, tous veulent faire de nous des outils à leur service. On s’est perdu dans ces discours. Nous voilà à présent étrangers au sein de nous mêmes. Condensés, atomisés, tantôt sujets, tantôt acteurs de la globalisation, cette dernière nous fait constamment douter de notre identité. Economie monétaire oblige ! On se veut bons chrétiens dans la grande cathédrale de l’Evolution de l’espèce humaine. Quel échec. Dans cette course effrénée, on a perdu l’essentiel en route : l’humanité. Les discours de la modernité ont compressés nos cœurs. L’Homme n’y a plus sa place. Seule l’accumulation de matériels compte. Un matériel d’ailleurs à présent surendetté, après passage des politiques d’ajustements structurels néolibéralistes. Le Rwanda est acteur en même temps victime de ces bouleversements…devenus rites de passages, douloureux. Une déchirure, une plaie qui ne cesse de saigner, le temps de la mutation.

“La plaie actuelle, se nommerait-elle Paul Kagame?”

Enfant rwandais

Enfant rwandais

L’évolution d’un stade vers un autre, donc ? Oui. De même que la métaphore de la Vallée du Rift, le Rwanda est en train de connaître ce même phénomène accablant. Et l’énorme quantité de sang qui émane de la plaie béante depuis les indépendances en est le signe.

Le phénomène responsable de la déchirure de la Terre c’est le magma, bouillonnant du fond des entrailles de celle-ci et créant des fissures à la surface continentale. Ce même magma, enragé, provoque alors  des éruptions, ces plaies à ciel ouvert: les volcans. Mais qu’en est-il à notre niveau, au coeur de l’Afrique? A savoir, la plaie actuelle – saignée des Grands Lacs – se nommerait-elle Paul Kagame ? Car il faut dire que chez ce dernier, il y bouillonne une colère plus créatrice de misère que de vie. Et surtout, pourquoi tant de haine? Vous allez me dire, est-ce un cycle, un passage obligé ? Était-ce déterminé d’avance ? Hélas, de même que la Terre ignore quand le magma va jaillir des fonds, j’ignore si Kagame est un passage obligé, ou le signe avant-coureur d’un retour de la paix au Rwanda.

Saviez-vous que dans les plaines d’Afrique, après des mois de sécheresse, viennent les feux de brousse? Il sont causés par la foudre ou des éruptions volcaniques. Aussi dévastateurs soient-ils, ces feux sont néanmoins annonciateurs de pluies et de fertilité…Les mêmes feux qui ont initiés les premiers Hommes de l’humanité! En résumé: Paul Kagame fait donc parti intégrante de l’histoire des Grands Lacs et non juste ce cas déviant dont on voudrait étiqueter l’essence du mal. Bien qu’il soit le mal, il n’en est pas pour autant la source.

Quoi qu’il en soit, je vous invite à contempler la nature qui nous entoure, elle inspire. En effet, sans l’apparition, douloureuse, du Rift, il est peu probable que le Rwanda aurait acquis des lacs aussi magnifiques, une faune et une flore dignes du pays des Mille Collines à rendre jaloux le jardin d’Eden !

Heureusement que la Terre bouge, mute ; c’est pareil pour ses Hommes. Les deux d’ailleurs s’influencent mutuellement. Cette petite leçon d’écologie est très d’actualité quand on voit les ravages causés par le réchauffement climatique par les pays dits « modernes » et industrialisés. Là aussi, les inégalités et les victimes se comptent par millions. L’Homme moderne, en se soustrayant à la terre, sa nourricière, au nom du progrès technologique, est devenu étranger à celle-ci, et par conséquent à lui-même. Nous voilà les Damnés de la Terre, pour emprunter l’expression de l’écrivain caribéen et psychiatre, Frantz Fanon. Il sait de quoi il parle, lui dont les ancêtres ont  été « arrachés » de leurs terres natales et transportés comme des bêtes sauvages dans des négriers par des marchands d’esclaves : le fameux Black Atlantic, du sociologue jamaïcaino-britannique, Paul Gilroy. Les peuples rwandais, burundais, congolais,…tous extirpés de force éprouvent ce même sentiment de « déracinement » : source de traumatismes. C’est notre spleen Baudelairien des Temps Modernes. Oui, notre Black Atlantic!

Tout compte fait, tout est à (re)construire en Afrique. A redécouvrir même!”

Lac Kivu

Lac Kivu

Maudites soient ces cartes d’identités ! Les politiques coloniales de centralisation à coups de canons et nous voilà unis sous une même nation, après nous avoir divisés ? Nations aux frontières tracées à la va-vite, dans les salons bourgeois de Berlin en 1884 : le fameux Partage de l’Afrique ? Foutaises. De la mission civilisatrice ? Foutaises. De l’échec inhérent de l’homme Noir ? Foutaises. Des politiques d’Ajustements structurels (voire culturels) par le FMI et la Banque Mondiale, pour moins d’Etats, plus de marchés ? Quels Etats, quelles nations ? Foutaises ! Tout compte fait, tout est à (re)construire en Afrique. A redécouvrir même ! Notamment que l’Afrique, n’est pas cette masse statique plongée dans les Ténèbres et méprisée par l’Histoire et la raison. Non, Hegel avait tort ! Du Caire au Cap de Bonne- Espérance, elle est dynamique et plurielle. Elle bouge, jusque dans ses entrailles, à commencer par la Vallée du Rift, Berceau de l’humanité, je le répète ! Et donc, pourquoi toujours attendre que la solution vienne du Nord ?

Tâchons de comprendre ce qui se cache derrière cette « crise » que nous traversons. J’ai appris dernièrement qu’étymologiquement parlant, le mot « crise » est interprété en grec par la « faculté de distinguer, de décider » de rendre un jugement, dans « une action pour s’en sortir ». Alors, en quoi cette « crise », au sens grec du terme, que vit la région des Grands Lacs, peut-elle nous apprendre de l’Histoire et de nous-mêmes, à part le fait que nous ne sommes que des témoins passagers de cette longue mutation en cours et apparemment essentielle à la vie ? Le challenge ici serait de penser la « crise » des Grands Lacs et, à travers la parole, aboutir à une action concluante en se nourrissant de pensées hybrides (Nord-Sud) dialoguant entre-elles, et non monolithiques et univoques. C’est-à-dire, (re)penser les termes dits importés, mais cette fois au niveau local, où chacun partirait de soi (son expérience, ses valeur, ses coutumes, sa langue, etc.) : un processus qui démarrerait donc de l’intérieur vers l’extérieur, et non le contraire, comme il fut souvent le cas. L’Afrique est très hétérogène au point que des concepts d’origine coloniaux ou néocoloniaux (Etat-nation, démocratie, Ajustements Structurels, etc.) ne puissent nous accommoder à l’unanimité, sans même qu’on nous ai demandé notre avis!

On ne nous le dira jamais assez en Afrique : « L’homme, c’est la parole ». De l’importance majeure qu’on accorde à celle-ci sur le continent, ce dernier longtemps dépourvu d’une tradition écrite, aurait une raison selon moi. Cherchons-la. Interrogeons nos aînés, ces oubliés des Temps Modernes ! Je ne veux point porter de jugement, mais plutôt suggérer que les valeurs d’Afrique peuvent avoir leur place légitime dans ce monde « globalisé ». Loin de moi le mythe du Bon Sauvage, cher à Nicolas Sarkozy dans son allocution, de juillet 2007 à l’Université Cheick Anta Diop, à Dakar. Osons aller à contre-courant dans une recherche dialectique, de parole. Parole qui se veut plus réconciliant, sans tabous avec nos voisins « ethniques » ; nos voisins du continent, comme du monde entier et surtout, avec nous-mêmes !

Frères, sœurs, voici une petite devinette : entre une parole ciblée et une machette, laquelle des deux croyez-vous être la plus aiguisée ? Si nje wahera, hahera umugani !

Jean Bigambo

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13 Commentaires à “Le Rwanda, cette plaie au cœur des Grands Lacs”

  1. BIRENGUSEKE dit :

    …Merci BIGAMBO ; c’ est vraiment bien fouillé ton message ! Nituzantinde kubona lero la solution kuko , à mon avis le dialogue interrwandais doit être reprécisé ikaba plutôt dialogue entre les deux clans que certains rwandais avides de pouvoir ; barwanisha bagirango bihimure ku bandi babeshya ko ali l’ éternel conflit inter ethnique HUTU-TUTSI ! …En vérité BIGAMBO , qui êtes-vous? Umwega ou Umunyiginya ?…..Moi je suis UMUGESERA w’ Umunyarwanda pour éviter ko hagira umurundi uvuga ngo  » : urakagesera »….! Vous voyez ; ça ne m’ empêche pas yo kubirenga byose nkitwengera.. ….!
    BIRENGUSEKE.

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  2. Rwembe dit :

    Cher Bigambo,
    Je m’en voudrais (en ce jour de Noel) de ne pas reagir a ton excellent article. Ton approche deterministe dans laquelle tu nous lances l’idee que l’homme serait le resultat de son milieu, et que donc les hommes de la region des grands lacs seraient des heritiers aux comportements tumultueux comme le sont les tumultes ecologiques du Rift Valley. Soit.
    Nos problemes au Rwanda/Burundi ne sont pas lies a notre milieu naturel. Les rwandais / burundais se comporteraient identiquement meme s’ils occupaient un territoire situe au pole nord ou au pole sud.
    Notre probleme est le resultat de notre comprehension du pouvoir, car faut-il le souligner, notre probleme n’est pas ethnique. Nous avons un probleme lie a la comprehension de la gestion du pouvoir. Les ethnies ne sont la que comme des ingredients, c’est tout. Nous avons au Rwanda une notion erronee du pouvoir: d’abord que le pouvoir etait dans les mains d’un monarque (muhinza ou roi). Et que les autres n’etaient que ses sujets. Ainsi donc au Rwanda il a prevalu, et ce pour longtemps, cette vision erronee du pouvoir; en fait une sorte d’esclavagisme car il s’agissait d’un maitre et de ses sujets esclaves. Cette vision ou comprehension du pouvoir a prevalu meme apres les independances ou mieux apres le renversement de la monarchie. C’est le nom (democratie, republique au lieu de monarchie, ubuhake) qui a change, mais la pratique/gestion du pouvoir est reste la meme. C’est cette meme vision ou pratique du pouvoir qui prevaut aujourd’hui: ntaho twavuye, nta naho tujya!
    Notre seul salut pour nous en sortir c’est le changement radical des mentalites: Il nous faudra un jour comprendre que le pouvoir n’appartient a personne et n’est pour personne. Que le pouvoir appartient au peuple et qu’il est exerce pour le peuple. Le pouvoir n’est pas pour une ethnie x ou une region y. Le pouvoir appartient au peuple qui decide a qui le confier selon un contrat bien precis: nous peuple (rwandais) te confions a toi politicien (rwandais) NOTRE pouvoir et te donnons un mandat de realiser endeans x temps les contrats a,b,c…faute de quoi, toi politicien tu nous remettras NOTRE pouvoir.
    Pour moi, l’homme est le resultat de sa mentalite = capacite de generer des connaissances brutes, philosophiques, techniques, et surtout politiques. Son milieu ou son habitat n’y est pour rien. Politiquement nous, peuples du Rwanda et du Burundi, sommes des peuples mediocres, tel est mon constat.
    Rwembe

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  3. nyanjwenge dit :

    Rwembe, Bon développement mais conclusion MÉDIOCRE. !

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  4. Jean Bigambo dit :

    Bonsoir chers lecteurs,

    Merci tout d’abord de vos commentaires qui m’enrichissent toujours plus.
    Et naturellement: joyeuses fêtes de fin d’année et meilleurs vœux!

    Pour réagir @ Birenguseke: je suis du même avis qu’il faut passer la frontière des tabous et aborder les sujets et problèmes rwandais avec plus de camaraderie. En effet, les rwandais et burundais, sur la question des clans, ethnies…on prend tout au sérieux. Alors que ces mots sont des constructions en constante mutation et façonnés par ses acteurs. Ils ne sont pas statiques mais dynamiques.

    @ Rwembe: comme dit à Birenguseke: l’ethnie est une construction, parfois utilisée pour légitimer sa suprématie sur l’autre. pourtant les ethnies sont diverses, hybrides et variables dans le temps. Il n’y a pas de d’ethnie, de race « pure ». On vient tous de quelque part !! Quant à la notion de pouvoir du peuple: en Afrique centrale, la souveraineté du peuple reste encore marginale, car; comme souligné, on a à faire au Rwanda et Burundi à des pouvoirs fort hiérarchisé, centralisés et très peuplés. Donc le contrôle de cette masse (hétérogène ou pas, Hutu ou Tutsi) et des terres agraires sont primordiales: sont là les sources des conflits. Il faut compter aussi que plus de la moitié de la population dépend encore de l’agriculture vivrière.. Il y a un problème des terres. La main d’œuvre, elle, est là et prête a travailler…elle n’est pas médiocre… et là je rejoins Nyanjwenge…
    Et puis, quel dirigeant en Afrique n’aimerai pas garder le pouvoir pour tjrs? Car comme disent les ivoiriens: « le pouvoir est doux ! »

    J. Bigambo

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  5. Rwembe dit :

    Chers Bigambo et Nyanjwenge,
    J’ai conclu en disant que Rwandais et Burundais sont des peuples POLITIQUEMENT mediocres.
    Mediocres parce que incapables de correctement gerer leurs societes. La politique correcte sous-entend une gestion correcte des societes. Or, que constatons-nous? Des massacres, des genocides, des guerres fratricides, des miseres a connotation politico-sociale…Comment voulez-vous qualifier les peuples dont les dirigeants issus de ces memes peuples sont incapables de gerer leurs propres peuples?
    Je crois sans me tromper que vous deux etes probablement assis quelque part en Occident, en tout cas loin du Rwanda/Burundi. Vous avez donc fui vos pays, comme moi d’ailleurs. Nos pays sont des grands producteurs de refugies au monde = critere No 1 de mediocrite politique. Que voulez-vous de plus?
    A plus,
    Rwembe.

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  6. Jean Bigambo dit :

    @ Rwembe: merci d’avoir éclairci tes propos.
    Ok, donc si les rwando-burundais sont politiquement médiocres, cela voudrait dire qu’ils ne sont pas excellents. (médiocre étant l’antonyme d’excellent): qui considères-tu alors comme des politiciens excellents?? Ca existe? Placerais-tu tous les rwandais/burundais dans un même sac?

    Je pense qu’une idéologie engagée et féroce est la forme la plus « achevée » des politiques!
    Et je pense que les dits Hutu et Tutsi ont développé des idéologies et buts diamétralement opposés au cours des siècles passés. De quelles mentalités faudrait-il changer alors?
    Pcq va savoir qui est médiocre des deux groupes…Mais une minorité ethnique doit toujours faire preuve d’une plus grande vigilance et tactiques pour ne pas se faire « avaler » par la majorité. Question de survie instinctive de la dite « race » menacée

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  7. Rwembe dit :

    Cher Bigambo,
    Je n’ai pas ete complet dans ma reaction. Uti: « la main d’oeuvre, elle, est prete a travailler…elle n’est pas mediocre…(J. Bigambo).
    La aussi suis pas d’accord avec ta comprehension des choses. Cette main d’oeuvre que tu qualifies de non-mediocre, en quoi est-elle performante? Es-tu d’accord avec moi que cette main d’oeuvre travaille avec la meme houe depuis des millenaires? As-tu jamais vu sur nos collines un tracteur? Meme en Inde la au moins les paysans ont su utiliser le boeuf pour labourer la terre. Depuis des millenaires nos paysans (99% de la population) utilisent la vieille houe et cultivent le meme lopin de terre qui entre-temps est devenu trop petit pour les descendants de la famille. Et tu appelles cela la performance? Moi j’appelle cela la mediocrite, voila tout! En politique nous sommes mediocres, et en agriculture sommes aussi mediocres. C’est mon constat.
    Rwembe.

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  8. Jean Bigambo dit :

    @ Rwembe:

    « Et tu appelles cela la performance? » … Je n’ai jamais dit ça. J’ai dit qu’ils ne sont pas médiocres. Quant à dire que l’Homme africain n’a pas évolué depuis des millénaires…

    Début années 70′ le PIB du Rwanda était nettement supérieur à celui de l’Inde, de la Chine !
    Durant les années fin 70′ début 80′: le Rwanda avait le PIB le plus élevé ds pays des Grands Lacs.
    Les outils étaient certes archaïques ms le paysan rwandais non seulement savait travailler sa terre, mais il aimait sa terre également. Certes il y eu des famines.

    Donc s’il y a un peuple loin d’être médiocre dans son travail, c’est bien le rwandais et le burundais (agriculture, monde intellectuel, droits des femmes,…)

    Le paysan européen, malgré sa technologie supérieure, n’est-il pas lui aussi devancé par l’essor de la mondialisation? Ses produits, locaux, ne sont pas compétitifs face aux bananes du Brésil, pommes/oranges du Maroc,…Cela fait-il de lui un homme médiocre? Les politiques néolibérales d’ouverture des marchés et free-competion, on lésés les plus faibles. Cela n’a rien à voir avec leur médiocrité.

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  9. nyanjwenge dit :

    Le peuple rwandais n’est pas médiocre ! loin de là , puis le PIB du Rwanda n’a JAMAIS été supérieur à celui de l’inde ! (essayez d’être précis), bref, effectivement le PIB/habitant ppa l’était! en Inde une personne produisait 212$ où au Rwanda produisait 214,3, c’était en 1970.
    Mais en 1970, au Rwanda les gens mourraient (non pas par la famine , mais par leur ETAT)! des centaines, ensuite des milliers puis des centaines de milliers.. cela à duré jusqu’ à la fin des années 90. Perso je n’ai RIEN à applaudir, ni le stade amahoro ni la route Kigali -Ruhengeri. les populations civiles se faisaient tuer par leur propre ETAT , le même qui leur apportait tout ce progrès ! Les gens fuyaient le pays pas par un manque de vivre, mais la peur de tout les jours ou simplement parce qu’ils n’avaient aucun droit!, ici je parle de réfugiés Tutsi.
    voilà les Tutsis exterminés i, les hutu refugiés au Zaire exterminés par le choléra d’autres par les bombardements dans des camps… vous maîtrisez mieux cette histoire que moi.

    La paix s’installe au Rwanda (en tout cas pour Mr et Mme tout le monde), mais cela n’a pas désenclavé le pays chers amis; nous restons même un pays sans richesse aucun sous nos sols enfin, nous sommes un marché MINUSCULE auquel même Mac Donald’s n’ira ouvrir 1 seul restaurant.
    LA MAIN D’OEUVRE EST LÀ EST PRÊTE à TRAVAILLER, seulement elle est enclavée et son marché n’intéresse personne
    ARRETONS Donc , aucun mashia’h (messie) n’est parmi NOUS pour changer cela et n’attribuons pas cette menace (pas faiblesse) au Rwandais ; ni à Kagame, ni à Rubyogo

    Supposons que le Rwanda ait à la présidence l’homme le plus juste du monde (JESUS) et l’Ange Gabriel à la « Primature », son équipe au parlement….! pensez vous que le Rwanda deviendra le grand « duché d’Afrique centrale »? ça dépendra de qui sera au pouvoir chez les limitrophes (Kenya, Tanzanie, RDC…).

    @Rwembe, j’ai vu un petit tracteur dans les champs de NYIRANGARAMA, , ça m’a fait chaud au coeur, mais j’ai également vu des sourire de gamins (IBIBONDO) aller à l’école en se tenant par les épaules, et quand j’ai réalisé que chacun pouvait aller à l’école je littéralement vu la cher d’ampoule ! Aujourdh’ui monsieur tout le monde s’inquiète pour son assiette PLUS pour son sommeil (IBITOTSI).
    Là vous me direz:  » tu es un pro-kagame TWAKUMVISHE » ! à votre désespoir (ou soulagement) je dirais que NON! mais je préfère le Rwanda d’aujourdh’ui car il est prometteur (on le sens à l’intérieur).
    LA PAIX ok, Le PROGRES ok, LA LIBERTE Ok, la liberté d’expression???
    faut-il faire comme les belges (DIVISER pour REIGNER ou pour récupérer le pouvoir), ça c’est MÉDIOCRE et certains le font , c’est malheureux.
    abarwana barwane, abakora politiki n’ababwira iki., POURVU que le paysans se trouvant à NYAMASHEKE, KIBOGORA, ou NYAKABANDA… dorme tranquille avec comme seuls préoccupation s, « son assiète, les études de ses enfants… » , les mêmes préoccupation d’un habitant de TORONTONIEN ou BRUXELLOis !

    La paix, les droits fondamentaux (santé , études,..) c’est le devoir PRIMORDIALE des dirigeants (en Afrique en particulier) ! et la JUSTICE et la liberté d’expression sont les fruits de cette base.
    je termine par ces paroles de BUDDHA
    « Si la haine répond à la haine, comment la haine finira-t-elle? »

    NYANJWENGE

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  10. Rwembe dit :

    Je vais clore cette discussion sur le sujet nous propose par notra ami Bigambo.
    Les populations du Rwanda/Burundi (Hutu et Tutsi et Twa) sont preoccupees par la SURVIE quoitidienne: ils doivent se battre pour l’eau, pour avoir a manger, pour se loger decemment, pour donner une education de base a leurs enfants, pour se faire soigner (soins primaires)…juste pour survivre. Les besoins de base nous manquent cruellement. Nyanjangwe nous dit le contraire. Le vecu quoitidien de chaque rwandais/burundais moyen est deplorable, et cela represente plus de 98% de la population. Pourquoi sommes-nous dans cette situation? Nous avons manque d’elaborer des POLITIQUES adequates (=defaillance, mediocrite) pour pouvoir assurer a nos populations le minimum de bien-etre. Nous avons par contre excelle dans les guerres et pogroms fratricides. Nous sommes des peuples trop mediocres a tel enseigne que nous ne pensons qu’a s’auto-exterminer! Nous avons transfome note habitat/miieu en enfer! Eh oui, Rwanda et Burundi sont devenus des enfers sur terre. Ce sont des etats de non-droit ou regnent l’anarchie, famine, guerre, corruption, exclusion, prison…Les Rois de notre enfer sont: nos Bami, Bahinza, Presidents, Ministres, Vice-Ministres, Minstanteri, Bourgmestres, Generaux, …
    Voila, j’ai tout dit, mais c’etait de bon coeur meme si mes interlocuteurs se sont sentis choques par l’emploi du qualificatif de mediocre…
    Rwembe

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  11. MicMac dit :

    NYANJWENGE

    Que voulez-vous? Qu’on applaudisse le régime de Kagamé? Le mot « paix » est devenue le leitmotiv incapacitant du régime pour éluder toute réclamation de la liberté , de la bonne gouvernance. Mr, je ne vais pas vous faire la liste des pays sans sous sol riche, enclavés mais qui sont parvenus à se développer! Vous semblez condamner le Rwanda au sous développement de part sa situation geologico-géographique défavorable! Quel défaitisme! Le Rwanda doit miser sur les ressources humaines, investir dans l’éducation et la formation! Je rappelle que le rwanda n’est pas loin des centres de production des matières premières convoitées. Pourquoi ne pas construire des usines de transformation ( mais il faut des compétences !)?
    Au lieu de quémander aux chinois un palais de congrès flambant neuf, le régime aurait bien fait d’ériger une école polytechnique ou une nouvelle université! Mais faut-il pour cela avoir des dirigeants qui réfléchissent à long terme !
    Au dessus de tout, tant que les problèmes politiques et ethniques ne seront pas résolus, inutiles d’espérer un développement durable ( Mr Gahima l’a d’ailleurs souligné).

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  12. Eric Ntwali dit :

    Navré de te le dire Bigambo, mais je trouve que ta version historique est quelque peu détournée!!!

    Habyarimana serait un « Héros »?!? Propagande!?! Bigambo, n’oublie surtout pas que c’était un dictateur et que la démocratie dont tu parles, lui aussi en avait très peur!!! Pour aller au pouvoir, non seulement, ses « camarades » et lui même ont monté des actions de déstabilisation du pays, mais en plus s’il était un vrai démocrate, il aurait du se retirer, créer son propre parti d’opposition (permis par la Constitution de la 1ère république, contrairement au parti Unique inscrit dans la Constitution de la seconde république!!!) et peut-être gagner les élections qui étaient prévues en 73.

    Au lieu de cela, tout d’abord, ce « Héros » a fait un coup d’Etat et a massacré les éminents qui était au pouvoir d’alors. Par après, il a continué sa politique de terreur qui ne visait pas seulement les Tutsis mais également les sudistes Hutus. Sous le régime Habyarimana, de nombreux opposants au régime étaient soit emprisonnés, soit disparaissaient dans de mystérieuses conditions… Ceux qui avaient de la chance avaient pu fuir ce régime de dents serrées. Sais-tu que de nombreuses personnes opposantes au « Héros » étaient persona non grata au Rwanda?

    Il y aurait tellement à en dire sur le « Héros » rwandais que je pense vraiment que tu devrais revoir de manière critique son parcours. Aucun régime au Rwanda n’a été parfait et encore moins celui de Habyarimana!!! Sous ta belle plume romancière, car en effet je trouve que t’as de très belles tournures de phrases mais qui souvent manquent de fond historique, j’espère que toi même t’arrive à distinguer le vrai du faux.

    Ainsi, j’espère donc qu’à l’avenir JamboNews fera plus attention quant aux faits historiques relatés dans ses articles. Une bonne information se doit d’être vérifiable et selon moi, Bigambo aurait du mal à le faire. De cette manière, pour la partie historique relative à la révolution sociale qu’il semble moins maîtriser, je lui recommande de lire Jean-Paul HARROY, « Rwanda – De la féodalité à la démocratie, 1955-1962″ ; Ian & Jane LINDEN, « Christianisme et pouvoirs au Rwanda: 1900-1990″ ; Logiest, « Mission au Rwanda : Un blanc dans la bagarre Tutsi-Hutu » ; etc.

    ps: par ce commentaire, je ne prétends pas que ce n’est pas le droit de l’auteur d’être un défenseur du régime Habyarimana. Je dis juste que JamboNews doit faire plus attention aux infos qu’il publie…

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    • Jean Bigambo dit :

      Bjr Ntwali,

      En effet, vs avez raison d’apporter vos précisions.
      Mais le fait de dire que sous son règne le Rwanda prospérait, ne veut pas dire que c’est un « héros » d’ailleurs, je ne me souviens pas avoir utilisé ce mot. De plus, j’ai bien précisé dans mon article que « Assurément, le champ politique est chasse gardée par les Hutu nordistes » que donc les sudistes en étaient écartés, voire assassinés. L’exemple le plus horrible est bien sûr Grégoire Kayibanda qui fut emprisonné et mourru en prison par Habyarimana. La justice n’a jamais été faite! Néanmoins, Kayibanda reste la figure de départ quand j’écris « Mais la révolution Parmehutu (Parti du Mouvement de l’Emancipation Hutu) d’octobre 1959 par Grégoire Kayibanda et le premier régime parlementaire, où fut élu démocratiquement le premier président rwandais, Dominique Monyumutwa : signant la fin de la monarchie absolutiste Tutsi et le servage pastoral sur le paysan Hutu (ubuhake), frustra à plus d’un titre l’élite minoritaire Tutsi du mwami Kigeli »

      Donc dire que « sous Habyarimana, la tolérance règne en général. Le Rwanda vit alors son Âge d’or. Une nation socialiste (umuganda) et prospère. Sa politique de tolérance relative entre ethnies, dans le domaine de l’économie, fut le moteur de son essor, au point qu’on surnommait le Rwanda de l’époque la Suisse africaine » n’enlève en rien les crimes commis (contre les sudistes, les Tutsi et autres opposants). Je connais bon nombre de Tutsi, sudistes et occidentaux qui admettent que Habyarimana a fait prospérer le Rwanda. Les chiffres de l’époque soutiennent aussi ma théorie de l’Age d’Or rwandais.

      Par conséquent: les faits historique relatés n’ont rien de propagandiste (pro Habyarimana). Si vs lisez mes autres articles, vous verrez que je n’hésite pas à comparer dans le domaine politique, par moments, Habyarimana à Kagame (pour ce qui est du parti Unique)! Cela fait-il de moi un pro Habyarimana?

      Mais je te remercie d’avoir apporté tes éclaircissements que je tiendrais en compte la prochaine fois. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue. D’ailleurs, c’est pourquoi vos commentaires sont, à mes yeux, plus importants que l’article lui-même: car ils instaurent un dialogue. La chose la plus importante à mes yeux! Merci à toi.

      Jean Bigambo

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