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RWANDA : Les journalistes Saidath Mukakibibi et Agnes Nkusi jugées en appel

Publié : le 1 février 2012 à 21:55 | Par | Catégorie: Actualité

Agnes Uwimana Nkusi (G) et Saidati Mukakibibi, source: rfi.fr

Agnes Uwimana Nkusi (G) et Saidati Mukakibibi, source: rfi.fr

Les deux journalistes Agnès Uwimana Nkusi et Saidath Mukakibibi avaient été condamnées à 7 et 17 ans de prison pour diffamation, incitation à la désobéissance civile et minimisation du génocide. Leur procès en appel a débuté lundi 30 janvier devant la Cour suprême à Kigali.

La directrice d’Umurabyo, Agnès Uwimana Nkusi, avait écopé de la plus lourde des deux peines pour « minimisation du génocide (des Tutsi en 1994), incitation à la division (divisionnisme) et diffamation » contre de hauts responsables dont le président Paul Kagame, à travers des articles publiés dans ce mensuel. La Haute Cour de justice de Kigali avait reconnu sa consœur Saidath Mukakibibi coupable « d’incitation à  troubler l’ordre public ». Les procureurs avaient requis une peine de 33 ans pour Nkusi et de 12 ans pour Mukakibibi.

 Lundi, les deux journalistes sont restées silencieuses à leur descente du véhicule les amenant de la prison au tribunal, elles étaient vêtues de rose et le crâne rasé. Elles sont défendues par une équipe de sept juristes comprenant des représentants d’organisations de défense des droits de l’homme et de liberté de la presse, dont l’Initiative pour la défense légale des médias (Media Legal Defense Initiative)  basée à Londres, et Avocats sans frontières, basé à Bruxelles.

«  Le jugement était une sorte de contradiction avec le reste de la politique que le Rwanda développe », a déclaré lundi Nani Jansen à AFP, du  » Media Legal Defense Initiative « , basé à Londres qui fait partie de l’équipe de sept avocats représentant Nkusi et Mukakibibi. «  Le pays prétend qu’il veut promouvoir la liberté de la presse, qu’il a une société ouverte et démocratique, mais pour cela vous devez avoir un media solide » a réitéré Jansen.

La condamnation des deux journalistes à des peines aussi lourdes avait provoqué l’indignation de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté d’expression, dont Reporters Sans Frontière (RSF), Amnesty International (AI) et le Comité de protection des journalistes (CPJ). Le dictateur rwandais lui-même, le général Paul Kagame, avait déclaré dans une interview accordée  à un journal  ougandais le 10 novembre 2011 que, 17 ans de prison pour diffamation est trop « disproportionné et négatif pour l’image du pays« .

Dans un communiqué publié en février 2010 après la condamnation des deux journalistes, Reporters sans Frontières s’était dit « choquée par l’entêtement et la cruauté de la justice rwandaise qui vient de prononcer de très lourdes peines de prison à l’encontre d’Agnès Uwimana Nkusi, directrice du bimensuel privé Umurabyo, et l’une de ses journalistes, Saidath Mukakibibi ». « Le verdict porte un coup de plus à la liberté d’expression et d’opinion au Rwanda », avait pour sa part déclaré Amnesty International, qui a vivement dénoncé la répression contre les médias à l’approche des élections présidentielles d’août 2010, remportée haut la main  par l’actuel dirigeant rwandais avec un score stalinien de 93% après avoir emprisonné Déo Mushyayidi, Bernard Ntaganda et Victoire Ingabire Umuhoza, ses principaux concurrents qui souhaitaient prendre part au scrutin.

 Le Comité de protection des journalistes pour sa part, avait  condamné  » l’usage continu par les autorités rwandaises de lois vaguement formulées contre la négation du génocide et le divisionnisme pour intimider la presse et l’empêcher de couvrir de façon critique l’après-génocide ». Dans sa visite au Rwanda le 18 février 2010, le ministre néerlandais  de la coopération Ben Knapen a dit se poser «  des questions sur l’indépendance des tribunaux au Rwanda » après des lourdes condamnations des deux journalistes.

Le Rwanda ne cesse de déflorer la polémique à cause du sort réservé aux journalistes dans ce pays, certaines critiques affirment  qu’exercer le métier de journaliste libre au Rwanda « équivaut à un suicide« . D’ailleurs plusieurs journalistes en ont payé le lourd tribut  pour avoir osé exercer ce métier, c’est le cas de Jean Leonard Rugambage,  le rédacteur en chef d’Umuvugizi, qui a été abattu par balles en juin 2010 devant son domicile. Même les journalistes rwandais en exil ne se sentent plus en sécurité, dans la nuit du 30 novembre 2011, Charles Ingabire, un journaliste rwandais refugié en Ouganda depuis quelques années avait été sauvagement abattu par balles dans une banlieue de Kampala. Très critique envers le régime de Kigali, les services de renseignements rwandais l’avaient maintes fois menacé, et  annoncé leurs intentions de fermer son journal.

Le procès d’Agnès Uwimana Nkusi et Saidath Mukakibibi s’est poursuivi   ce 31 janvier, avant d’être reporté au 17 février prochain à 10h00 (heure locale) nous annonce le média pro-gouvernemental igihe.com.

Jean Mitari
Jambonews.net

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7 Commentaires à “RWANDA : Les journalistes Saidath Mukakibibi et Agnes Nkusi jugées en appel”

  1. cmunan dit :

    Où serait Survie France, les autorités Canadiennes et d’autres marionettes d’un tyran de Kigali pour dire encore que la ustice au Rwanda respecte lzes normes internationaux.

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  2. Benejuru dit :

    Malgré les soutiens qu’ a bénéficié Léon Mugesera de Human Right Watch, Amnesty International, Reporters Sans Frontières et toute la bande canadiènne de Reintjens, et j’en passe et des meilleurs….on l’a eu…Tuzui ye…Bruguière ce n’est plus que la vieille histoire. A propos de Bruguière, attendez la suite…la meilleure est à venir…Et vous? On vous aura aussi.

    Benejuru.

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    • Derille dit :

      Qui l’a eu ??? Cette haine, d’où qu’elle vienne, est lassante…

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    • patience dit :

      @Benejuru
      Tu décrit tous cela comme s’il s’agit d’un match, vous les avez eu et quoi? Il s’agit des vies qui sont en jeu. Vous n’aurez pas tous le monde. Il y aura toujours des personnes pour refuser la soumission à la tyranie. Vouloir faire taire tout opinion discordante c’est faire preve de peu de clairvoyance. Fuyez l’histoire nulle n’y est arrivé.

      Je me demande quelle est votre idéale pour le Rwanda? Une sociète de liberte où tous le monde peut vivre en paix ou une société régis par une seule idéologie que tous le monde doit avaler de gré ou de force pourvu bien sûr que vous soyez du bon côté c à d du côte des favoris du regime ou ceux que cet idéologie arrange.

      Je suis vraiment en admiration pour ces femmes (Agnès Uwimana Nkusi et Saidath Mukakibibi) qui ont risque leur vie pour dire ce qu’il pense, pour exprimer leurs idées.

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      • Benejuru dit :

        Cher patience,

        Que ça te plaise ou pas, on l’a eu. Le Canada a ouvert les vannes. D’autres pays vont suivre…Déjà dans certains pays, d’autres dossiers sont en bonne voie. Le révisionnisme et le négationnisme, votre cache-sexe, votre dernier et ultime protection, grâce à Bruguière, vous venez de le perdre. Vous êtes nus !!!
        Quant à Agnes et Saidath, elles ne sont pas mécontentes du tout !!! Elles sont maintenant en bonne compagnie, puisque leur maître Mugesera est là.

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  3. ….Sayidati…..komara…komeraaa…..ujye…uducumbikira….nezaaaaa……Muri…BACAR….baragusuhuzaaaaa……!!!!

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