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RWANDA : Amnesty dénonce l’usage systématique de la torture par le régime

Publié : le 27 mai 2012 à 1:18 | Par | Catégorie: Actualité

Amnesty International vient de dénoncer une fois de plus l’usage systématique de la torture au Rwanda, les services des renseignements militaires DMI, sont particulièrement pointés du doigt pour leurs recours répétés à la torture afin de faire parler les gens.

Amnesty International

Amnesty International

Dans son rapport annuel qui vient de sortir ce mois de mai 2012, Amnesty International, l’organisation mondiale qui lutte contre les violations des droits de l’homme met en cause le Rwanda pour le recours systématique à la torture. Selon ce rapport, plusieurs civils continuent d’être arrêtés injustement, séquestrés dans les prisons militaires où ils subissent des traitements inhumains, souvent pour les pousser à dénoncer leurs voisins, membres de leurs familles ou des simples connaissances.

Dans une interview qu’Erwin van der Borght, le représentant d’Amnesty International en Afrique a accordée à la BBC, il explique comment la culture de la torture s’est normalisée au Rwanda, ainsi, se basant sur les enquêtes que son organisation mène depuis ces deux dernières années au Rwanda. S’appuyant également sur les rapports du comité des Nations Unis de lutte contre la torture basée à Genève, il a annoncé que ces deux dernières années, au moins 18 personnes ont été enlevées et séquestrées dans les prisons clandestines installées souvent dans les cas militaires, où elles subissent des traitements cruels. C’est surtout la fameuse agence de renseignements militaires DMI, réputé pour sa cruauté, qui est en ligne de mire d’Amnesty International, cette agence est accusée d’avoir installé plusieurs prisons tenant lieu des laboratoires de la torture, surtout dans les camps militaires de Kami et Mukamira.

Selon Amnesty International, plusieurs méthodes de torture sont pratiquées dans ces camps de torture : des coups de poing, des coups de pieds, souvent à des personnes enchainées ou suspendues. L’électrocution est citée comme la méthode préférée des tortionnaires de la DMI, Amnesty International évoque également d’autres méthodes de torture comme l’étouffement par un sac sur la tête, de longues heures bras et pieds enchainés de derrière. De plus, toutes ces personnes séquestrées qui subissent des tortures sont isolées dans les cellules souvent non éclairées, sans possibilité de voir ni avocat ni médecin.

Amnesty international a annoncé avoir interrogé beaucoup de personnes ayant été relâchées, et a annoncé avoir recueilli beaucoup de témoignages sur l’intensification de la torture au Rwanda et la diversification des méthodes de torture. Le recours à la torture s’est lourdement intensifié au Rwanda en 2010, pendant la période des élections, et peu après suite au climat de terreur dû aux nombreux lancements des grenades dans la ville de Kigali.

Amnesty International s’est dit inquiet de l’usage de la torture qui s’accroit au Rwanda et ce, aux mépris des principes des droits et de la dignité humaine.

Jean Mitari

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8 Commentaires à “RWANDA : Amnesty dénonce l’usage systématique de la torture par le régime”

  1. Derille dit :

    Est-ce si étonnant ? Depuis 2010 seulement ?

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  2. marie dit :

    @ Derille: étonnant, non . ça ne fait que confirmer et renforcer la conviction que ce régime a un double discours. 2010 je ne pense pas mais disons que ce qui était avant un secret de polichinelle devient officiel

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  3. rugege dit :

    Mwakoze ibara nimwishyure sha

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  4. jumelle dit :

    C’est toujours une bonne chose que ce soit reconnu et dénoncé
    C’est comme pour la libertée d’expression, libertée d’opinion sous peine de mort, l’expropriation des maisons sans dédomagement, l’améngement et l’attribution des cultures par le président (peut être paysagiste), le changement de la langue pour l’éducation en Anglais du jours au lendemain.
    C’est un pays francophone, une dictature depuis longtemps, où on se demande encore si la france à eu des responsabilitées mais n’a jamais voulu être concernée, ni hier, ni aujourd’hui
    On a pris soin de constater qu’à la fin du génocide ce pays allais mieux.
    Il y a plein de pays comme ça mais c’est un bon exemple.

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  5. Kiyiko dit :

    Ce qu’Amnisty raconte est peu par rapport à ce qui se fait réellement.Puis ce n’est pas seulement Dmi,mais aussi la police qui n’hésite pas à tirer sur la victime simplement suspectée.Les élections!En 2003,abamamazaga undi utari Kagame,bahuye n’uruva gusenya:prison,tortures morale et physique et enrôlement de force au fpr.ensuite on te forge un accusateur et t’es renvoyé en prison pour participation au genocide,ou t’es contraint à l’exil.Mitali ushatse wakoramo film nk’iriya ya Kivu Ruhorahoza. Beaucoup de gens ici vivent la 25e heure! They keep smile!

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  6. Inararibonye dit :

    Génocide: le missile qui impliquerait Paris
    (Le Temps.ch 01/06/2012)

    Un document émanant de l’ONU exhumé des archives révélerait l’existence de missiles Mistral dans l’arsenal de l’armée rwandaise à la veille de la tuerie de masse en 1994, contrairement à ce que disait l’armée rwandaise – et Paris – depuis vingt ans.

    C’est une simple liste qui énumère des stocks d’armes, sans aucun commentaire. Depuis près de vingt ans, elle se trouvait dans les archives des Nations unies, à New York. Aujourd’hui, soudain exhumé de l’oubli, ce document relance quelques questions troublantes sur le rôle de la France dans l’attentat qui a coûté la vie au président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

    Ce soir-là, l’avion présidentiel amorce sa descente sur Kigali, lorsqu’il est abattu par deux tirs de missiles sol-air. L’attentat ne sera jamais revendiqué mais, dans les heures qui suivent, une machine de mort se met en marche: le génocide des Tutsis vient de commencer, il va durer trois mois et faire près d’un million de victimes. Le président assassiné était hutu, et c’est au nom d’une prétendue «vengeance spontanée», que les ultras du camp présidentiel vont justifier le massacre systématique de la minorité tutsie, collectivement accusée du meurtre du chef de l’Etat.

    En réalité, depuis cette époque, deux camps s’opposent: ceux qui croient que Habyarimana a été assassiné par certains de ses proches, inquiets de le voir accepter de partager le pouvoir, et ceux qui pensent qu’il a été tué par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), un mouvement de guérilla tutsi avec lequel Habyarimana était justement pressé de faire la paix. Or, depuis vingt ans, ceux qui accusent le FPR assènent de manière répétée que l’armée rwandaise ne disposait pas de missiles avant le génocide et ne savaient pas s’en servir. Contrairement aux rebelles du FPR.

    C’est cet argument qui risque d’être mis à mal par le document exhumé des archives de l’ONU. Car la liste qui détaille les stocks d’armements à la veille du génocide révèle que l’armée rwandaise était alors en possession d’une quantité «indéterminée» de «missiles sol-air de type SA-7» et de «15 missiles sol-air Mistral». Des armes d’origine française. Même si rien ne permet à ce jour d’attester que ce sont ces missiles-là qui ont servi à l’attentat, l’information est en contradiction flagrante avec les nombreux démentis et déclarations officielles qui se sont succédé depuis plusieurs années, affirmant que «le camp hutu n’avait pas de missiles», comme l’a encore répété en janvier le socialiste Hubert Védrine, secrétaire général de la présidence de la République au moment du génocide.

    La présence de missiles Mistral dans l’arsenal de l’armée gouvernementale avait pourtant déjà été mentionnée. Mais jamais attestée de source officielle onusienne avant que soit lancé le massacre des Tutsis. Ce sont des observateurs militaires de la Minuar, la mission d’observation de l’ONU envoyée au Rwanda quelques mois avant le génocide, qui ont compulsé la liste des stocks d’armes dans le cadre des inspections qu’ils effectuaient en attendant l’application des accords de paix. Début mai, le général Roméo Dallaire, à l’époque commandant en chef de la Minuar, a confirmé l’authenticité de cette liste qui, après inspections des stocks, a été finalement rédigée… le jour même de l’attentat.

    Mais alors pourquoi l’ONU n’a-t-elle jamais fait mention de cette liste? Très vite, le document se noie dans d’autres urgences à une époque où l’origine des missiles n’est pas encore un enjeu. Une copie atterrit bien à New York, où elle sera finalement annexée à une synthèse de huit pages datée du 1er septembre 1994. A cette date, le génocide a été arrêté. Les inquiétudes se sont déplacées: le reliquat de l’armée gouvernementale et des miliciens impliqués dans le massacre ont fui le Rwanda et se trouvent en exil dans l’ex-Zaïre (l’actuelle République démocratique du Congo). D’où ils menacent de déclencher une offensive contre le Rwanda, passé sous le contrôle du FPR.

    A la quatrième page de la synthèse, des missiles en possession de l’armée rwandaise sont à nouveau évoqués, mais cette fois dans le contexte de la menace qu’ils font encore peser sur la région. Le document est transmis à Kofi Annan, alors à la tête du département des opérations de maintien de la paix des Nations unies, puis au représentant de l’ONU à Kigali. A la suite de quoi, il est enregistré dans les archives. Puis oublié.

    L’attentat d’avril 1994 ne fera jamais l’objet de la moindre enquête internationale. Il aura fallu attendre 1998 pour qu’une information judiciaire soit ouverte en France. Le juge Jean-Louis Bruguière privilégie alors la thèse des missiles appartenant au FPR et accepte d’emblée l’idée que les forces armées rwandaises n’en avaient pas. Puis, à partir de 2007, le dossier est confié aux juges Marc Trévidic et Nathalie Poux. Contrairement à leur prédécesseur, les deux magistrats se rendent, en septembre 2010, sur le site du crash. Mais le rapport d’expertise de cette mission exclut lui aussi immédiatement qu’un missile Mistral ait pu être utilisé dans l’attentat, puisque «la première commande à l’export» date de «1996» – avant cette année-là, la France n’était pas autorisée à exporter ces armes.

    Les missiles qui figurent sur la liste de la Minuar auraient-ils alors été fournis en dépit de l’interdiction officielle? Un «rapport d’enquête» de l’armée belge daté du 1er août 1994 écartait lui aussi par principe la piste des Mistral. Toutefois, les auteurs précisaient en conclusion que si jamais leur utilisation dans l’attentat du 6 avril 1994 était finalement avérée, une telle information «impliquerait la complicité des autorités d’une nation qui en possède ou en produit».

    Linda Melvern

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  7. Juliennne dit :

    Ubugome bw’abo batutsi barangajwe imbere na rukarabankaba gatindi KAGAME Pahulo I si ubwa none. Mujye kureba mu mateka, murabisangamo

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    • GERMAIN dit :

      LE GVT RWANDAIS ACTUEL N’EST PAS DIFFERENT DU GVT AVANT LE GENOCIDE…DISONS QU’IL EST INCAPABLE DE FAVORISER LA RECONCILIATION POUR QUE JAMAIS DES TUERIES NE SE PERPETUENT SUR LA TERRE DES HOMMES.IL Y A EU GENOCIDE ET DES MINORITES ONT ETE MASSACRES C EST UN FAIT, 18 ANS APRES LES RWANDAIS NE SE SONT PAS RECONCILIES ENTRE EUX, DES PERSONNES SONT FORCES A L EXILE DU FAIT DE L INTRANSIGENCE DU GOUVERNEMENT RWANDAIS ET LES PUISSANCES OCCIDENTALES QUI REFUSENT DE NEGOCIER (PAS AVEC LES GENOCIDAIRES MAIS LES OPPOSANTS QUI SONT TRES NOMBREUX HORS DU RWANDA)ET FAVORISER AINSI UNE RECONCILIATION ENTRE LES RWANDAIS…LES GENS DANS CE PAYS MEURENT EN SILENCE,ILS SONT MEME PRIVE DE LA LIBERTE D EXPRESSION…SI VS VOYAGEZ A TRAVERS CE PAYS ON VS PREVIENT DEJA …ATTENTION,ICI FAUT PAS PARLER BCP,NE COMMENTE RIEN FAIS SEMBLANT COMME SI TU NE VOIS RIEN…VS POUVEZ LIRE SUR LES VISAGES DES RWANDAIS LA PEUR…ET CCECI A COMME CONSEQUENCE LES CONFLITS SANS FIN, ABSENCE DE LA DEMOCRATIE ET LES GUERRES INTERMINABLES DANS NOTRE SOUS REGION DES GRANDS LACS DONT MON PAYS LA RDC PAYE LES CONSEQUENCES…JE CONCLU EN DISANT QUE LE DIALOGUE ENTRE RWANDAIS DE TOUTE COUCHE SOCIALE EST LA SEULE VOIE POUR RECONSTRUIRE LA PAIX DANS TOUTE LA SOUS REGION. N.B: SI LA RDC,LE BURUNDI ONT ACCEPTE LE DIALOGUE, POURKWA NE PAS L IMPOSER AUX RWANDAIS?CELA POUR QUE TOUTE LA REGION AIE LA PAIX..

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