FR | EN

Burundi : le président Nkurunziza s’amnistie de la condamnation à mort.

Publié : le 6 juin 2012 à 18:48 | Par | Catégorie: Actualité

Condamné à mort par contumace en 1998, pour crimes de guerre en pleine guerre civile burundaise, le président burundais Pierre Nkurunziza vient de se faire amnistier secrètement. L’affaire est à l’origine d’une grande polémique à Bujumbura.

C’est le président de l’Association pour la promotion des droits de l’homme, Pierre-Claver Mbonimpa, qui a par surprise découvert que l’ancien rebelle devenu aujourd’hui chef de l’Etat avait été amnistié il y a de cela deux mois, d’une condamnation à mort pour crimes de guerre, prononcée par contumace (en son absence) en1998, a annoncé Radio Isanganiro. L’actuel président burundais qui était alors chef de la rébellion hutue des Forces de Défense dela Démocratie (FDD) à cette époque, était accusé d’être à l’origine d’une campagne de terreur contre la population de la capitale et en particulier d’avoir fait poser des mines sur les routes de la capitale et les environs.

 

Ce qui fait polémique dans ce dossier, c’est que le président Pierre Nkurunziza  ait choisi le secret pour qu’une amnistie officielle lui soit accordée. Le président aurait en effet obtenu cette décision un vendredi après-midi, demi-journée dédiée, dans l’administration burundaise, au sport collectif, promu par lui même. Seuls les juges et le procureur étaient présents à cette audience qui n’a pas été publique comme elle l’aurait dû, a annoncéla Radio Franceinternationale. Pierre Nkurunziza avait obtenu en 2003 une amnistie provisoire dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu. Ceci lui a permis de se présenter à la présidentielle de 2005, scrutin qu’il a remporté.

Cette amnistie secrète risque selon plusieurs commentateurs burundais de vider de toute substance le travail que doit entamerla Commissionvérité et réconciliation, prévue par l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation (2000), qui est chargée d’examiner les cas de quelque 600 personnes accusées de crimes de guerre.

 

Jean Mitari

Jambonews

Profitez et partagez avec vos amis:
  • Facebook
  • Twitter
  • MySpace
  • email
  • LinkedIn

3 Commentaires à “Burundi : le président Nkurunziza s’amnistie de la condamnation à mort.”

  1. gakwerere dit :

    Pierre Nkurunziza doit rendre des comptes non seulement pour les crimes qu’il a fait pendant qu’il était en rébellion mais aussi pour les violations de droits de l’homme durant sa présidence

       6 likes

  2. edouarda dit :

    Soyons sincères. Mbonimpa n’a rien découvert ‘par hasard’. Certaines personnes ne veulent tout simplement pas que la vérité soit dite au Burundi – même après 40 ans – et la Commission Vérité et Réconciliation les dérange. En quoi la soi-disante amnistie d’une seule personne pourrait vider ‘de substance’ le travail de cette Commission ??? Les témoignages seront-elles alors moins vraies. La vérité qui oblige de constater que les successifs régimes mono-ethnistes ont gouverné d’une main de fer le Burundi serait elle moint vraie pour cela ? Un peu de sérieux quand-même ! Mbonimpa, le ‘droit-de-l’hommiste’ qu’il se prétend, oublie de faire remarquer qu’un régime totalitaire non élu de surcroît et étant responsable de la mort de tant de personnes – en premier lieu des hutu mais aussi des tutsi, e.a. les veuves et enfants d’hommes hutu, et des twa – avait condamné Nkurunziza sans procès équitable. Etre innocenté en appel n’est d’ailleurs pas « s’être fait amnistier » comme le prétend Mbonimpa dont on connaît la préférence pour les anciens Upronistes qui ont tant de morts sur la conscience. Drôle de droit-de-l’hommiste qui ne trouve pas nécessaire de se demander pourquoi un Buyoya, Bagaza, Simbananiye et consorts n’ont jamais été inculpés devant un tribunal national ou international. Bizarre également qu’il n’a jamais cherché à savoir qui a commandité les assassinats des présidents élus de façon démocratique (comme Nkurunziza d’ailleurs) Ndadaye et Ntaryamira ? Il ne se pose pas la question non plus pourquoi le Burundi n’a jamais osé sérieusement enquêter sur ces assassinats ? Les assocations (soi-disant) civiles du Burundi ont des agendas bien connus. J’espère qu’elles ne vont pas aller jusqu’à vouloir à nouveau provoquer l’impasse et donc le désastre dans un pays qui a été ravagé pendant des décennies par le génocide des hutus et la guerre civile. Que se passe-t-il dans l’esprit de ces gens qui ne veulent faire passer que leurs propres ambitions avant la paix, la stabilité, la vérité et la réconciliation finalement ? L’extrémisme ne connaît finalement pas de frontières.

       4 likes

  3. Yohani dit :

    ce n’est pas une question d’extermisme ou les intérêts personnels, il s’agit de la justice, et cette justice doit être au centre de la réconciliation, la paix durable et la stabilité passent aussi par la justice,

       2 likes

Laissez un commentaire