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Rwanda-Umushyikirano : Dialogue inachevé

Publié : le 17 décembre 2012 à 10:25 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Lors de la 10 ème édition du Dialogue national qui s’est achevé le 14 décembre 2012 au Rwanda, le Premier Ministre burkinabé Luc Adolphe Tiao,  invité d’honneur au dialogue, a souligné que « le dialogue national est la preuve d’une véritable démocratie africaine ». Même si certains éléments du dialogue sont à saluer, d’autres points comme l’absence de représentants de l’opposition, laissent à cette 10 ème édition, un goût d’inachevé.

Le dialogue national est une bonne initiative qui peine pour rencontrer les exigences de la démocratie. Ainsi, l’absence des représentants de l’opposition, des représentants du corps associatif, des médias et des représentants des commerçants met-elle en évidence les limites de ce dialogue censé réunir toutes les composantes de la société dans leur diversité. 

Exercice de démocratie participative

Du point de vue de la forme, ce dialogue national a été un exercice de démocratie participative permettant aux Rwandais et à la diaspora notamment par les réseaux sociaux de soumettre leurs problèmes quotidiens et de demander des comptes aux autorités nationales dont le président Paul Kagame.

Umushyikirano 2012

Umushyikirano 2012

Néanmoins, la réussite de cet exercice par le chef de l’Etat est à nuancer. En effet, on a noté l’absence des représentants de l’opposition a l’instar du PS-Imberakuri, parti d’opposition pourtant reconnu au Rwanda, des représentants des médias mis à part le média gouvernemental (ORINFOR), du corps associatif et des représentants des commerçants alors que Paul Kagame rappelait l’importance et la nécessité du dialogue entre Rwandais et avec l’étranger.

Les questions politiques portant notamment sur la liberté des médias, l’impartialité de la justice, les droits des partis d’opposition reconnus, la réforme de la loi sur l’idéologie génocidaire n’ont pas été abordées.

La figure présidentielle était omniprésente et le terme  en Kinyarwanda « Nyakubahwa » qui signifie «  son excellence » revenait à chaque prise de parole d’un membre de l’auditoire ou d’un ministre. On notera que les ministres s’adressaient au Président et non au peuple ; cela illustre l’imposante figure présidentielle dans les débats, Président auquel on rend des comptes plutôt qu’au peuple.

Le dialogue avait plus la forme d’une séance de questions-réponses que d’un véritable processus de réflexion ou de discussion contradictoire sur des enjeux stratégiques d’avenir alors que la population dans l’auditoire posait des questions majeures portant notamment sur la difficulté des coopératives agricoles  à trouver des marchés, la faiblesse des revenus des enseignants, l’inaccessibilité des services publics en zones rurales, les inégalités dans la tarification de l’électricité, l’utilité du fonds de développement AGACIRO , les défaillances de la mutuelle de santé gouvernementale, l’enclavement des zones rurales ; etc.

Le  chef de l’Etat était plutôt dans une posture de défense d’un programme politique que dans une démarche d’écoute.

Umushyikirano 2012, au centre: Boniface Rucagu, ancien sous-préfet de Ruhengeri

Umushyikirano 2012, au centre: Boniface Rucagu, ancien Préfet de Ruhengeri

L’autosuffisance, l’épargne, la dignité et la maîtrise de son destin étaient les valeurs qui étaient à l’honneur. Le panafricanisme était également présent et le chef de l’Etat a fait référence au fait que «  l’Africain est toujours bien vu par l’occident à partir du moment où sa voix ne diverge pas. L’Africain est vu comme devant toujours être dirigé et non comme un dirigeant ». La question congolaise qui n’avait pas du tout été abordée  pendant les débats a émergé pendant le discours de clôture du président de la République. Paul Kagame a fait appel à la métaphore de quelqu’un qui vient déposer un cadavre devant la porte de son voisin et qui par la suite appelle la police pour constater  effectivement le cadavre  et la culpabilité du voisin. A cela il ajoute « Ceux qui nous accusent sont ceux-là  mêmes qui ont tué le Congo depuis longtemps ».

Le Gouvernement présente sa stratégie

Sur le fond, mis à part les questions de l’auditoire, on notera d’abord la présentation de la stratégie de croissance de l’épargne intérieure par John Rwangombwa, ministre des finances. Cette stratégie a un coût annuel  de 151 milliard de francs rwandais(FRW). Pour financer cette stratégie, le ministre pose 5 hypothèses :

  • Si 500 000 personnes en zone rurale épargnent chaque mois 5 000 Frw via le fonds Umurenge SACCO, cela produirait par an 30 milliards de Frw
  • Si 300 000 auto entrepreneurs au revenu mensuel de 100 000 Frw mensuel épargnent à un taux de 6% cela génèrerait 21.6 milliards de Frw par an
  • Si 1000 coopératives parmi les 5 000 épargnent 50 millions de Frw cela créerait 50 milliards de Frw par an
  • Les 31 groupes d’investissement locaux génèreront 70 milliards de Frw
  • Si 1 million de rwandais investissent 10 000 Frw en moyenne par an cela créerait 10 milliards

A cela, il présente également la stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté basée sur un revenu moyen par habitant estimé à 1200$ US en 2020 soit une croissance de 11% entre 2011-2020 ; des recettes d’exportation estimées à 5 milliards de $US en 2020 soit une croissance de 28% pour 2011-2020 et une hausse de 5% des recettes générées par le secteur des assurances soit 506 milliards de francs rwandais disponible pour l’investissement en 2020.

Ces deux stratégies présentent des objectifs ambitieux, néanmoins elles supposent une croissance annuelle  et constante de 11.5% jusqu’en 2020 alors que le fond monétaire international (FMI) prévoit entre 2013 et 2014 un taux de croissance compris entre 7.5 et 7.2% à cause du gel des aides internationales et de la contraction économique mondiale.

Le deuxième point d’interrogation concerne le taux d’investissement car l’accomplissement de ces deux stratégies suppose un taux d’investissement de 30% en 2020 alors qu’il est estimé par la banque nationale rwandaise à 22.1% en 2012 et un accroissement de l’investissement privé dans le PIB de 9.2% à 20% d’ici à 2020. Cela nécessite une politique ambitieuse d’infrastructures (routes, électricité, eau, aérien), or aucune information n’a été communiquée à ce sujet.

Enfin les prévisions concernant la croissance du secteur de l’assurance soulèvent des doutes quant à leur cohérence. En effet, la croissance de 5% qui a été annoncée suppose que les problèmes intrinsèques au secteur ont été résolus ; or la pénurie de personnel qualifié et la sous-capitalisation des compagnies d’assurances sont des problèmes récurrents. D’ailleurs en 2011, Bernardin Kubwimana, secrétaire éxecutif de l’association des assurances du Rwanda soumettait à la Rwanda Revenue Authority la proposition d’obligation d’assurances des importations étant donné que 70% des produits consommés sont importés. Les primes d’assurances sur les marchandises étant élevées, cela constituerait une véritable source de recettes.

L’emploi des jeunes figurait également parmi les thèmes à l’honneur. Anasthase Murekezi, Ministre du service public et du travail a présenté la stratégie  gouvernementale pour favoriser l’employabilité des jeunes. Cette stratégie est centrée sur des accords de partenariat avec des établissements anglais et américains principalement tels que le Birmingham University et le Carnegie Melon University pour former des étudiants rwandais dans des secteurs stratégiques et la création de centre de recherche et d’incubation. Cependant, cette stratégie ne répond pas au problème de chômage des 2.48 millions des 14-35 ans n’étant pas allés à l’école ou ayant arrêté au cycle primaire ; cela représente tout de même 22,64% de la population rwandaise dans son ensemble.

Concernant le Fonds Agaciro, il enregistrerait 10 698 millions de Frw actuellement selon le ministère des finances. Alors qu’à son lancement, aucune loi ne régissait ce fonds, le ministère des finances annonce qu’il sera encadré par une nouvelle loi « Rwanda’s new trust Law », un conseil d’administration et qu’un ou plusieurs managers décideront des projets à financer par le fonds en fonction du taux de rentabilité et de l’impact socio-économique de ceux-ci.

Néanmoins, la teneur de la « Rwanda’s new trust Law » demeure encore un secret d’Etat. Les lacunes de ce fonds  demeurent et concernent principalement : le manque de cadre institutionnel, de procédure d’évaluation d’atteinte des objectifs, de comité de pilotage et d’objectifs planifiés.

L’autosuffisance est une nécessité, une survie et l’actualité nous le rappelle avec l’introduction le 14 décembre 2012  du sud africain PPC dans le capital du fleuron de la cimenterie rwandaise CIMERWA à 51% pour 69.4 million de dollars US ; ce qui en fait l’actionnaire majoritaire. Malgré les efforts de développement du secteur privé depuis une décennie, la sous-capitalisation de nombreuses entreprises rwandaises dans l’industrie, le tourisme, les assurances constitue un défi majeur.

Pour clôturer les travaux de l’assemblée, vingt-trois résolutions ont été prises au terme de ce forum national et portent principalement sur l’accès aux soins, la tarification et l’accès à l’électricité pour les populations rurales et le transfert de fonds de la diaspora vers le Rwanda.

L’idée  même de dialogue national est essentielle et contribue à un meilleur fonctionnement d’une société et d’une démocratie à condition que toutes les composantes de la société en fassent partie et que toutes les questions puissent y être abordées sinon cela demeure un mirage.

Marie Umukunzi

Jambonews.net

[1]


[1]http://www.primature.gov.rw/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/documents/National_Dialogue_Resolutions-Umushyikirano/EDPRS_2_Towards_Achieving_Self_Reliance.pdf&t=1355636664&hash=77c3a7226e302e5a64e8322645acd96e136044e4

http://www.primature.gov.rw/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/documents/National_Dialogue_Resolutions-Umushyikirano/Enhancing_Domestic_Saving__Mechanisms_Towards_Self-reliance.pdf&t=1355636664&hash=ba4f674aaa65aeede2ec79b9905b0260

http://www.primature.gov.rw/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/documents/National_Dialogue_Resolutions-Umushyikirano/Strategic_Skills_Development_and_Youth_Employment.pdf&t=1355636664&hash=815b0ada4a6ed928ea3a9281940cd542fe3df27e

http://www.primature.gov.rw/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/documents/National_Dialogue_Resolutions-Umushyikirano/Prosperity_for_Generations_Agaciro_Development_Fund.pdf&t=1355636664&hash=f0964f1ee8f38264da60cb88c9f0d4a3758b0bc5

http://www.primature.gov.rw/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&file=fileadmin/user_upload/documents/National_Dialogue_Resolutions-Umushyikirano/Promoting_Principles_and_Values_of_Self-Reliance_in_Rwanda.pdf&t=1355636664&hash=d23f0fb3e342659e6bcfe857cac2c22a9

 

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14 Commentaires à “Rwanda-Umushyikirano : Dialogue inachevé”

  1. kolomabele dit :

    <>.

    Comment Pau Kagame sait que le Congo était tué depuis longtemps?Donc il a assisté à la réunion pendant laquelle la mort du Congo était décidée.Il a réçu la mission d’achever le travail par le pillage des ressources naturelles du Congo et le maintien de l’insécurité permanente.

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  2. RASEC dit :

    Kagame a présenté un catalogue de ses actions depuis qu’il est au pouvoir.On aurait pu dire une pré-campagne présidentielle.Il s’ensuit que ses invités, étaient venus non pas pour dialoguer avec lui mais pour écouter la lithanie de ses sections.
    Ce qui est frappant pour un chef d’Etat, accompagné d’une kyrielle de ministres au surplus, c’est qu’il a sciemment oublié ses propos d’une extrême gravité lors de son discours de fin novembre 2012 devant les corps diplomatiques en poste ici au Rwanda et ses parlementaires contre les Rwandais qui ont une autre vision constructive que la sienne quant à la gouvernance de notre pays, la discrimination légale, l’ethnicisation légale du Rwanda par lui ( préambule point 1 et article 14 de la constitution qu’il a lui-même promulguée) et un régime purement FPR.
    Kagame a rencontré les Rwandais dits rescapés, conformément aux critères prévus dispositions ci-dessus évoquées. Qui y a vu des rescapés de ses forfaits? Comment peut-il oser parler de dialogue alors qu’il dénie à des millions de Rwandais l’appartenance à l’humanité et l’accès aux droit élémentaires pourtant prévus par la constitution?
    Diaolguer c’est échanger des idées contradictoires. Dialoguer est un des éléments de la civilisation humaine. C’est par la confrontation des idées contradictoires que l’homme évolue dans sa marche sur les esacaliers de la civilisation humaine. Dès lors, tout homme qui refuse le débat contradictoire ne peut prétendre avoir un sens de dialogue et/ou oeuvrer pour l’intérêt commun des membres de la communauté nationale. Kagame a une allergie chronique au débat contradictoire. Comment peut-il alors prétendre avoir un sens dialogue? Toutes les Voix des Sans Voix croupissent dans ses geôles. Sous peine de prendre des Rwandais pour des bougres, le dialogue évoqué dans cet article n’en est pas un. En réalité, il s’agit précisément d’une mise en scène pour montrer aux Rwandais aveugles et étrangers ignorants qu’il gère le Rwanda en bon père de famille. C’était l’objectif visé.
    Cet article dont l’objectivité et la qualité informative ne sont pas à prouver, montre le contraste entre la réalité et les dires de Kagame. A chaque Rwandais de se faire une opinion.

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  3. Kagabo dit :

    Très bel article, je ne reviendrai pas non plus sur la qualité de l’article et son objectivité.

    Ce qui est intéressant à souligner dans le cas présent, est que dès qu’un article aborde les sujets de fond et avance des arguments, des chiffres et contient des critiques constructives, les Théoneste Rwemalika disparaissent subitement et il est très rare de les lire commenter lorsqu’il est question de discussions de fond.

    Cela montre très clairement, que malgré la façade (qui peine souvent à faire illusion) d’un argumentaire développé, le débat de fond n’intéresse pas, mais juste la polémique pour la polémique.

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    • RASEC dit :

      Kagabo, vous dites tout et un peu de mots.
      S’agissant de Nduhungirehe Olivier, dit curieusement Rwemalika,celui-ci est un serviteur du régime de Kagame.
      Il est de notoriété publique que Kagame souffre d’une allergie chronique au débat aussi bien au fond qu’à la forme quant à gouvernance de notre pays.
      La parfaite illustration est l’emprisonnement de Madame Ingabire Victoire alors que celle-ci ne lui demandait qu’une seule chose : un débat sur les problèmes réels et majeurs que rencontre notre pays depuis de années. Il en est de même des autres leaders des partis d’opposition qui croupissent dans les geôles de Kagame.
      Par conséquent, comme son maître, il est tout à fait normal que Ndhungirehe soit aussi ellergique au débat tant au fond qu’à la forme relativement aux problèmes que connaît notre pays. Tous ceux qui ont lu ses réactions subjectives sur les articles de Jambo News ont pu constater que ce Monsieur a osé dire que ni Kagame ni le Rwanda, n’a aucune part de responsabilité dans la tragédie du Kivu, que les allégations de la RDC ne sont que de pures fabulations. Or, hier le 18 courant, le président Obama, maître de Kagame, a demandé à celui-ci de mettre définitivement fin à ses agissements en RDC. Que va-faire Nduhungirehe? Va-t-il qualifier Obama de fabulateur ou de négationniste du génocide des Tutsi? A une demande de débat au fond sur la situation économique, sociale et institutionnelle du Rwanda, Kagame et les siens ou ses obligés opposent le négationnisme du génocide des tutsi ou le divisionnisme. Lors de son discours devant les corps diplomatiques en poste ici au Rwanda, pour comme argument infirmatif de ses méfaits en RDC, Kagame a qualifié les dirigeants des Etats membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU de négationnistes du génocide des Tutsi comme il a qualifié de génocidaire l’ambassadeur français aux Nations Unies en 1994.
      La mise en scène, à savoir Umushyikirano dans le cas présent, au surplus inopérante en tout état de cause, est devenue une des hautes spécilaités de Kagame et ses obligés.
      La question posée est, à mes yeux, la suivante. Dans l’unique intérêt national et pour les générations futures, que faut-il faire face un individu allergique au débat aussi bien sur sa gestion des affaires du pays que sur divers problèmes que connaît le Rwanda, le tout dans un monde en pleines mutations et où l’homme d’un pays matériellement pauvre comme le nôtre n’a aucune valeur para rapport aux intérêts financiers des multinationales, actuellement maîtres du monde?

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  4. G.D dit :

    Chers journalistes de Jambonews, un journaliste digne de ce nom, dit la vérité: Je ne dis pas ceci, non seulement pour cette article, mais aussi pour beaucoup d’autres rédigés par vos soins! Que de la polémique, que des idées qui pousseraient quelqu’un à croire que vous ne savez pas ce qui ce passe dans le pays, ou alors vous sympatisez avec ceux qui ne souhaitent pas que le Rwanda aille de mieux en mieux…. Je sais de quoi je parle car je vous lis beaucoup. Quant aux partis d’opposition qui n’ont pas été présents dans l’umushyikirano… ridicule! Tout le monde est invité sur place et même vous pouvez participer à ce dialogue à distance.. vous êtes le genre de personnes qui cherchent toujours la petite bête pour salir les gens mais… la vérité a toujours remporté… il y a 18 ans!

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    • Marie Umukunzi dit :

      Cher G.D,

      Le devoir d’un journaliste est de toujours rapporter des informations sourcées. Vous dites que cet article et les autres articles publiés par Jambonews » ne disent pas la vérité  » mais en tant que fidèle lecteur comme vous dites, vous avez constaté que nos articles et cet article en particulier citent leurs sources. Vous parlez de  » polémique » mais notre objectif consiste plutôt à informer et à analyser toute l’information avec une rigueur, une approche objective et des chiffres à l’appuie. Cet article en témoigne.
      Si vous avez effectivement suivi les débats, l’absence des représentants de quelques partis d’opposition reconnus par l’Etat ne vous aura pas échappée. Pendant, la séance de questions, on n’entend à aucuns moments des représentants de l’opposition. Comment expliquez vous cette absence de prise de parole ? Il ne s’agit pas  » de salir les gens » ou  » de ne pas souhaiter que le Rwanda aille de mieux en mieux  » comme vous prétendez mais de contribuer à une réflexion objective dénuée de toutes passions concernant des enjeux qui ne constituent en aucuns cas le monopole d’une catégorie d’individus mais concernent tous ceux et celles qui s’intérèssent à la recherche du progrès pour le Rwanda d’aujourd’hui et de demain. Comme dit Philippe Claudel:  » Rien n’est tout noir, ni tout blanc; c’est le gris qui gagne » .

      Bien à vous.

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      • G.D dit :

        Je vous remercie. Pour ce qui concerne les partis d’oppositions qui n’étaient pas représentés dans l »umushyikirano 2012″, je ne peux vraiment pas répondre à leur place. Tout ce que je peux dire: c’est que personne n’est reppoussé derrière la porte pour ne pas y participer…. Je constate plutôt que SI CES PARTIS N’ONT PAS ETE PRESENTS, C’ETAIT UNIQUEMENT LEUR CHOIX. On n’oblige personne d’y participer, on ne refuse l’idée et opinions de personne… même si tu peux parler ce qui pourrait être un object du « hors sujet »… vu que tu peux parler au téléphone, twiter, facebook etc… et on vous écoute et répond. Ce que je voulais pas de votre analyse, c’est dire ou faire connaître aux gens (polémiquer) que les partis d’oppositions sont ignorés, ne sont pas écoutés au Rwanda. Par contre je suis d’accord que les auto-proclamés « partis d’oppositions » donc qui ne sont pas reconnus officiellement puisent parler en « ce nom »… je préfère plutôt qu’ils participent en tant que citoyens et saisir cet occasion pour ce faire entendre pour enfin décoller en tant que « partis politiques ». Ibihe byiza et encore merci de votre réponse.

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  5. RASEC dit :

    Un homme courageux et qui a un dessein pour son Peuple est celui qui accepte le débat public tant au fond qu’à la forme sur tous les problèmes qui se posent dans notre pays. Il convient de rappeler que gérer un pays est gérer les intérêts contradictoires et que tout dirigeant digne de ce nom doit dès lors trouver le juste équlibre entre l’intérêt général et ces divers intérêts.
    Le refus de débat est la consécration du monologue et le propre des régimes tyranniques.
    Seuls Jambo Neww permet aux Rwandais aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur de s’exprimer sur divers sujets nationaux et internationaux qui intéressent le Rwanda. Sous peine de mauvaise foi, la qualité informative de ses articles n’est pas à prouver.
    Dans le cas présent, nul ne peut prétendre que le seul le fait d’être partisan de Kagame lui confère la qualité de seul connaisseur de ce qui se passe dans ce pays. Par contre, seul les débats quant au fond et à la forme entre divers acteurs politiques et sociaux sur des problèmes fondamentaux que connaît le Rwanda permet au président de connaître ce qui se passe dans son pays.
    Au Rrwabnda ,les acterurs sociaux sont inexistants. Les vrais acteurs politiques croupissent dans les geôles de Kagame. Les acteurs politiques existants dans ce pays ne sont que des obligés de Kagame. En cette qualité, sous peine de perdre leurs privilèges et des conséquences diverses, ils ne peuvent nullement lui dire la vérité sur les problèmes rencontrés par les paysans rwandais ( plus de 98% de la population). Il n’est pas à prouver que pour être parlementaire dans ce pays, le seul critère déterminant est d’avoir préalablement fait effectivement preuve d’obligé du régime de Kagame. La parfaite illustration est le silencede tombeau des prétendus parlementaires rwandais sur les méfaits de Kagame et les soldats de l’armée rwandaise détenus en RDC sans oublier des centaines de blessés et de morts d’enfants rwandais envoyés à la boucherie en RDC par Kagame. Monsieur Obama vient de sommer Kagame de déguerpir de la RDC. Alors que les partisans de Kagame dont G.D ont réagi négtivement aux articles de Jambo News jusqu’à qualfier les auteurs de ces articles d’anti-régime Kagame, alors qu’ils ne relataient que les faits irréfutables sur la tragédie du Kivu, force est de constater leur silence sur la sommation d’Obama contre Kagame. Vont-ils traîter le président américain de négationniste du génocide des Tutsi, seul argument en leur possession,excipé pour réfuter les faits qui sont reprochés à Kagame ou pour fuire les débats sur des divers sujets qui intéressenent le Peuple Rwandais?Sous peine d’amuser les galeries, il ne peut y avoir dialogue entre les membres de la communauté nationale en dehors des acteurs politiques et sociaux reconnus ou considérés comme tels par la majorité du Peuple Rwandais.
    La vérité blesse celui qui n’est pas en état de l’affronter tout droit. La vérité a toujours remporté sur la fuite de celle-ci. Tout Homme a toujours été rattrapé par son passé c’est-à-dire par la Vérité. Kagame et les siens ne faront sûrement pas l’exception à cette loi séculaire. C’est donc une question de temps. Il me semble qu’au vu de ses dires, G.D a parfaitement raison de confondre Kagame président avec Kagame citoyen rwandais. C’est le propre de tout régime tyrannique.

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  6. Fueille de chene dit :

    C’est juste un débat entre des gens qui sont d’accord sur tout.Moi je me demande à qui ils croient mentir,si ce n’est à eux même.S’ils sont si soucieux d’un débat démocratique comme ils disent qu’ils en ouvrent un sur:
    1.Comment on attribue certaines études au Rwanda notamment de médecine et des bourses à l’étranger
    2.La défense nationale où les tutsis sont plus de 90%.
    3.Ce qui s’est passé au durant la période 1996 à 2002en RDC, combien de hutus innocents ont été massacré là-bas?
    4.Sous couvert de chasse aux Abacengezi dans les deux préfectures du nord(Ruhengeri-Gisenyi) en 1998,à quelle somme on est arrivé en y assassinant une personne sur deux?
    5.La volonté de lister comme génocidaire toute personne surtout d’origine hutu qui ne dit pas le même langage quel’ intelligentsia de Kigali ou tout simplement parce que ayant fait de bonnes études,il constitue à terme une menace anti- tutsi.
    6.Quel est le pourcentage de jeunes hutus qui,à diplômes égales sont engagés comme hauts fonctionnaires dans les ministères et autres organes et sociétés publiques au même titres que leurs camarades tutsis?

    Voilà si vous voulez bien faire,attaquez vous à des vrais problèmes au lieu de noyer le poisson.Auriez vous oublié que nous sommes tous enfants de Kanyarwanda et que à ce titre on se connait vraiment bien?Dès lors pourquoi avoir dépensé autant d »énergie et jeté l’argent du peuple par la fenêtre ?Pour en mettre plein la vue aux étrangers sur la démocratie en jouant le bon élevé des pays africains?J ‘ai une très mauvaise nouvelle pour vous,c’est tombé à l’eau tout ça!!!!ON PEUT TROMPER QUELQUES PERSONNES TOUT LE TEMPS,MAIS ON NE PEUT JAMAIS TROMPER TOUT LE MONDE ET TOUT LE TEMPS. Les blancs savent tout maintenant et j’ai une deuxième mauvaise nouvelle pour vous :Il n’y a pas pire qu’un BLANC qui te prend en flagrant délit de mensonge,il croit que vous avez toujours menti,que vous mentez toujours et que ça ne changera jamais.Mais remarquez qu’en ce qui vous concerne;ils ne se tromperaient qu’à moitié et encore…AU REVOIR

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  7. Franck dit :

    @feuille de chêne, je regrette ta perception négative de ceux qui se passent au Rwanda. Dire que les bourses sont attribuées sur base ethnique, cela relève de la désinformation ou de la sous-information qui nuit à toute la communauté rwandaise car cette affirmation n’ajoute que des frustrations comme si on n’en avait pas suffisamment. Je serais d’accord avec toi que le Rwanda reste à la traîne, en matière de démocratie et de liberté d’expression et c’est très regrettable. Cependant il faut l’avouer qu’un rwandais moyen a plus de chance qu’auparavant d’évoluer sans tenir compte de ses origines par rapport aux régimes précédents. en t’entendre dire que la défense nationale est à 90% faite de tutsis, j’affirmerai sans beaucoup de risque de me tromper que c’est puisque tu as été au Rwanda depuis fort longtemps et que tu es resté marqué par cette connotation ethnique dans ta perception et dans ton jugement. Cette façon de voir est depuis fort longtemps dépassée.
    Je regrette les victimes de massacre qui ont eu lieu en RDC, et de ce côté, le gouvernement devrait reconnaître les faits et ses responsabilités et en tirer les conséquences pour le bien de la nation. En revenant, à la guerre des abacengezi, je pense que tu as une mauvaise perception également de c’est qui s’est passé. Si la guerre a été gagnée, je t’avoue que ce n’est pas par la puissance militaire de l’APR mais par la stratégie de pouvoir se rapprocher de la population du Ruhengeri-Gisenyi. Bien qu’il y a eu des morts non justifiés et pour lesquels les sanctions n’ont pas suivis, je connais bien nombre de militaires qui ont été sanctionnés pour avoir massacré des civils en ce temps-là. Rappelons aussi la triste stratégie des abacengezi d’impliquer les pauvres populations dans les confrontations armées. On a vu des villageois qui accompagnaient en masse des miliciens en vue de combattre l’armée. c’est une réalité à relever en rappelant que pendant le génocide, le même stratégie a été appliquée avec la conséquence ultérieure d’avoir des prisons emplies des personnes civiles. c’est notre réalité qui nous devons voir en face en tant que rwandais et non en tant que de telle ou telle ethnie.
    En ce qui concerne, le pourcentage des hauts-fonctionnaires hutus, je ne sais pas s’il s’agit d’une volonté délibérée si cela s’avérait ainsi. En ma connaissance, il a été une politique du gouvernement de faire un équilibre non dit dans les postes de l’état les plus élevés.
    Je suis néanmoins d’accord avec toi que ce débat aurait être plus ambitieux et toucher les questions qui sont restées comme des tabous, notamment, les questions des opposants politiques et la liberté de la presse qui pour moi, pourront devront créer plus d’émulations en terme d’initiatives privées dans la société rwandaise bien sûr avec le revers de la médaille qui est celle de voir les chômeurs déguisés faire la politique et la gestion des affaires publiques au détriment de la population. Et pour limiter les effets pervers de ces outils de la démocratie, il faudra des partis politiques forts et responsables. De ce fait, le gouvernement devrait oeuvrer à les soutenir au lieu des les émietter ou de les priver d’agréement comme cela ça se passe pour le moment.

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    • INAYA dit :

      Je suis d’accord avec toi quand tu dis que le pouvoir en place à Kigali a encore du travail concernant l’ouverture de l’espace politique aux autres composantes de la société et notamment l’opposition, les médias, les associations citoyennes. C’est vrai que les bourses ne sont pas directement attribuées sur des critères ethniques; en fait c’est encore plus subtile que ça. Être un rescapé du génocide est un facteur clé de succès dans l’obtention de la bourse alors que seul le mérite devrait d’abord être pris comme critère, ensuite les revenus. Tout rescapé du génocide n’a pas forcément de faibles revenus. Vous dites qu’un rwandais moyen a plus de chance de reussir aujourd’hui mais j’en doute. En effet, il me semble plutôt que tout rwandais moyen ou pas aura plus de chances de reussir si il peut émigrer à l’étranger plutot. Par exemple, depuis 2010, le gouvernement supprime petit à petit les bourses pour les étudiants afin de transferer cette somme à l enseignement primaire. bernard Makuza et charles Selon Charles Murigande, le gouvernement veut privilégier les formations courtes techniques au détriment des sciences sociales. Par conséquent aujourd’hui il est certes plus facile d’étudier du primaire au secondaire mais malheureusement quand on veut accéder aux études supérieures, la porte est close à moins d’avoir une famille bien nantie ou de pouvoir émigrer à l’étranger. En fait, je pense qu’aujourd’hui le clivage Hutu/Tutsi joue moins mais c’est plutôt un clivage entre une classe sociale bien nantie et le reste de la population qui lutte chaque jour pour manger, travailler,se soigner, envoyer ses enfants à l’université. La politique actuelle du ministère de l’enseignement supérieure concernant les bourses par exemple vient accentuer les inégalités entre ceux qui ont l’argent et ceux qui ne l’ont pas. Permettre à tous ces enfants de pouvoir étudier même en manquant d’argent c’est aussi ça IGIHUGU C’YIHA AGACIRO.

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  8. Fueille de chene dit :

    Franck,
    « Le rwanda reste à la traine en matière de démocratie » est un bel euphémisme.Mais rassures toi personnellement je suis farouchement contre la démocratie en Afrique telle qu’on la connait en Occident.Ce n’est pas qu’elle n’est pas faite pour nous,mais parce que la majorité des gens étant non éduqués ils la comprennent comme un droit à faire n’importe quoi et à ce titre je pense que la démocratie tuera les africains et au mieux les retardera de quelques décennies dans tous les domaines.T’ auras compris qu’en l’état actuel des choses je suis pour des « dictatures » douces et intelligentes si tant est que ces » dictateurs  » soient des « despotes éclairés » c’est à dire qui œuvrent pour le bien commun de leurs pays tout en faisant régner l’ordre ce ne sont pas là deux choses répulsives.Si les chefs d’ États africains s’étaient attelé à cette mission dès les indépendances oui,aujourd’hui on passerait à l’étape des démocraties sans heurt .Pour gagner du temps je répond tout de suite à la question que tu seras tenté de me poser du genre »Ne penses-tu pas que le président Kagame œuvre dans ce sens vu qu’il rencontre certains éléments dont tu sous entends plus haut,développement,l’ordre,réconciliation,lutte contre la corruption etc,etc… » Sauf que le dit développement est un leurre et construit sur du sable parce que d’une part,c’est typique en Afrique les gens prennent comme indice de développement des beaux grattes-ciel et des belles villas dont on connait tous les processus d’acquisition ce qui vaut à Kigali d’être la Mecque dans ce domaine et que d’autres part ce développement apparent laisse sur la route des millions de rwandais, pire encore d’aucuns croient que cela n’a été réalisé qu’en sacrifiant beaucoup de vies congolaises(ceci étant un autre débat). Chaque régime a ses travers,mais moi je privilégierais l’époque Habyalimana ( on parle du développement) où il fallait partir du bas vers le haut et non l’inverse,vous vous souvenez sans doute des campagnes d’ acheminement d’eau dans des endroits improbables et autres programmes de « Kurwanya nyakatsi » sans oublier la construction des routes et écoles qui servent encore aujourd’hui j’imagine.C’est ahurissant de voir à quel point les gens meurent de faim tout en habitant dans des huttes que seuls leurs grands parents ont connu vu que ça n’existait plus après les années 70.Venons-en maintenant à la réconciliation;vous dites à juste titre »il ne faut pas provoquer de la frustration il y en a déjà suffisamment » N’êtes vous pas d’accord avec moi que cette frustration tient du fait que seule une partie de la population est en permanence pointée du doigt?Il n’ y a pas longtemps je suis tombé sur une interview d’une femme métisse Belgo-Rwadaise et son discours fait froid dans le dos.Cette pauvre être a une haine sans limites à l’endroit des hutus parce que dit- elle ils ont massacré toute sa famille,cette pauvre être qui est par ailleurs professeure de religion dans le secondaire clame haut et fort que aucune famille tutsi n’est sortie indemne des événements de 1994 et qu’aucune famille hutu n’est innocente.Si la première affirmation est sans doute vraie la deuxième est doublement fausse:premièrement beaucoup de tutsis ont été sauvé grâce à la témérité des hutus et croyez moi bon nombre l’ont payé de leur vie et ici le Rwanda serait inspiré en suivant l’exemple d’Israël quant aux justes parmi les justes il le fait bien dans d’autres domaines de porté moins nobles.Deuxièmement il n’existe aucune famille qui n’ait perdu un membre au Rwanda de 1990 à nos jours.Donc cette pauvre femme diplômée de philosophie de son état rendez-vous compte continue à dire que le génocide a été préparé alors que le TPIR a été clair là dessus!Néanmoins elle dit une seule chose juste il n’y a qu’une réconciliation de façade et d’intérêts croisés et tout cela ne présage rien de bon pour l’avenir.S’agissant des études,de l’armée,de l’administration je te cite »un rwandais moyen a plus de chance de réussir aujourd’hui sans tenir compte de ses origines par rapport aux régimes précédents,et ton jugement faussé par une connotation ethnique que t’as gardé ».Mais moi je pense , et ça sera sans doute le seul gros point de désaccord avec toi,que la discrimination qui existe aujourd’hui au Rwanda est la pire de toutes les époques,évidement en bons rwandais que nous sommes on aime toujours se mentir à nous même comme cette bonne(fausse) idée de dire qu’il n’y a plus de hutus ni tutsis , c’est vraiment nous dans toute notre splendeur.
    Voilà mon cher ami,je n’ai pas ressenti le besoin de te répondre point par point parce que il me semble qu’on soit d’accord sur l’essentiel et qu’apparemment tu t’accommodes de bien de choses(qui se passent dans notre pays) avec lesquelles tu n’es relativement pas d’accord .

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  9. Ilibagiza Annie-Solange dit :

    Le fait qu’être hutu ou tutsi au Rwanda est un sujet tabou me fait penser à des fiançailles auxquels j’ai assisté cet été en Europe. C’était entre une jeune fille du Burkina Faso et un jeune burundais. La famille de la fiancée s’est présentée largement et a relaté leur ethnie. Celle du jeune homme à son tour s’est présenté et son ethnie hutu a été mentionné.

    Que ce serait-il passé si ce jeune homme était rwandais?

    Il s’agit d’une situation banale mais qui pousse à réfléchir au véritable problème rwandais : Vivre dans le mensonge, mentir à soi-même en croyant que ce sont les autres que l’on dupe!

    Dommage que le Rwanda soit dirigé par des gens dont le manque de sagesse, de culture et d’ouverture d’esprit ne permettra pas la réussite d’une réconciliation inter-rwandais en général.

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    • INAYA dit :

      Si le jeune homme etait rwandais, il allait être mal à l’aise, commencer à bégailler et tenter d’expliquer vainement qu’il est rwandais avant tout , tout en essayant de s’auto convaincre vainement que les ethnies n’ont pas de sens alors qu’avec sa famille et son entourage c’est une question des plus sérieuses. C’est à mourir de rire tous les stratagèmes dont les rwandais usent pour éviter de parler des ethnies alors que généralement ça leur brûlent la langue. Si l’hypocrisie pouvait tuer, il y’aurait tellement de victimes. Pourquoi un tel malaise même après 18 ans ?

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