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Rwanda: La jeunesse « harcelée pour harceler au nom de la dignité »

Publié : le 30 mai 2013 à 11:57 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Global Campaign for Rwandan Human Rights (GCRHR) accuse le leader du gouvernement Front patriotique rwandais (FPR) d’utiliser la peur et la déstabilisation psychologique sur les jeunes. Dans son rapport « Harcelé pour harceler au nom de la dignité » publié le 19 Avril, l’ONG a déclaré que le gouvernement rwandais et les services de sécurité « forcent les jeunes à participer à des activités dans le but d’aider le gouvernement à promouvoir son image et contrôler son peuple. ».

GCRHR dit qu’il a découvert et catalogué « diverses méthodes utilisées par les dirigeants du FPR visant à contraindre les jeunes à prendre part à diverses actions, ce qui provoque une peur extrême des autorités et une déstabilisation psychologique. » Ce faisant, le régime serait occupé à tenter de sécuriser son pouvoir politique et « minimiser toute menace à son remplacement », indique le rapport.

Le rapport a recueilli plusieurs interviews de témoins et victimes affirmant que les services de sécurité nationale de renseignement rwandais (NISS) et le parti FPR, au pouvoir, « contraignent les jeunes à participer à des activités qui visent à modifier et façonner leur croyance sur le régime du FPR ». Leur [le NISS et le FPR] but étant de « peindre et construire une image positive du pays au niveau international et espionner sa propre population ».

Les recherches menées par le GCRHR affirment que les jeunes qui ont été engagés dans la formation obligatoire de deux mois dite « éducation civique » destinée aux élèves du secondaire, ont subi « une détresse profonde et un découragement qui les amènent à vivre dans une extrême crainte des autorités ». En outre, la plupart des participants ont également dit avoir subi « une déstabilisation psychologique » après l’expérience.

Dans les camps de BUSOGO, dans la province du Nord, il est reporté que les jeunes sont regroupés en fonction de leurs « backgrounds ou origines ethniques ». L’éducation donnée au groupe tutsi parle de l’unification, du patriotisme et du contrôle de ceux « qui sont enclins à commettre un génocide ». Dans le groupe hutu, le message est que toutes les suggestions, idées, selon lesquelles le FPR aurait commis des crimes contre les Hutu sont considérées comme étant une négation du génocide et si cela arrive, cela devrait être signalé et traité par la loi « en conséquence ». Qui plus est, une personne avec de telles croyances ou toute personne qui laisse penser que « beaucoup de Rwandais sont illégalement emprisonnés ou harcelés par les autorités » est un ennemi de l’Etat.

« Pour les jeunes qui ont fait l’expérience de ces camps (aux mains des autorités du FPR, des agents et des militaires), soit personnellement, à travers un membre de la famille ou par l’intermédiaire d’amis proches, ces camps leur enseignent et forcent de croire des idées différentes de ce qu’ils ont; cette expérience leur laisse une détresse profonde. Plusieurs cas de dépressions nerveuses, de suicides et tentatives de suicide chez les jeunes qui ont participé à ces jeunes camp ont été rapportés« , affirme le rapport.

Le recrutement pour des rebelles en RDC

Les chercheurs du GCRHR ont également constaté que les camps sont utilisés comme un réservoir de recrutement pour la formation de groupes rebelles dans l’Est du Congo. »Il y a eu des cas de disparition de jeunes après qu’ils aient participé à des camps d’entraînement (…). Depuis 2007, c’est un secret de polichinelle que ces jeunes disparus ont été envoyés pour rejoindre des groupes rebelles en RD Congo, rebelles qui sont soutenus par le gouvernement rwandais. » Un évadé des groupes armés en RDC a déclaré au GCRHR que le FPR sélectionne ceux qui seront envoyés au Congo sur base de leurs compétences linguistiques en swahili, du niveau d’éducation atteint à l’école secondaire et de leur statut social.

Transmettre des idées

Les entretiens tenus avec les « anciens et actuels fonctionnaires du gouvernement rwandais » révèlent que la stratégie du FPR est de cibler les jeunes âgés entre 16 et 30 ans parce que « ce groupe d’âge n’a pas connu la guerre civile des années 1990, ni le génocide rwandais de 1994 ou ne l’ont connu qu’étant des  enfants en bas âge. ». De telle sorte, leurs croyances sur ces événements sont plus enclins à être façonnées par l’éducation. En outre, ce groupe d’âge constitue un grand pouvoir politique, car ils représentent 40% de la population rwandaise et plus de 60% des électeurs.

GCRHR a constaté que l’enseignement donné à cette jeunesse ciblée, à propos de l’histoire du pays ainsi que ses  valeurs culturelles, est en faveur de « l’idéologie du FPR » qui présente la force armée du parti en tant que leader héroïque qui « a aidé à renverser la mauvaise et discriminante histoire du Rwanda. ». Ceux qui adhèrent à cette nouvelle croyance « deviennent des supporteurs, partisans ou potentiels promoteurs et protecteurs de l’idéologie du FPR. ». C’est d’eux que les idées politiques du FPR sont ainsi transmises. En outre, ceux qui questionnent ou critiquent « la moindre idée de l’idéologie officiellement approuvée » seraient , « arrêtés, harcelés, marginalisés, contraints à l’exil ou disparaîssent ».

Formation d’espions

Le rapport mentionne également la formation secrète d’élus « fraîchement diplômés » de Nasho, à l’Est du Rwanda. Les étudiants sont censés être formés à « la méthodologie militaire de pointe, de communication et de persuasion, diverses méthodes pour identifier un ennemi de l’Etat, et les méthodes d’espionnage ». À la fin du programme d’un an, les étudiants sont employés par le gouvernement « à différents niveaux », où, entre autres, ils ont « la tâche particulière de surveiller secrètement leurs collègues et de produire des rapports quotidiens ou hebdomadaires au secrétariat du FPR, au service des renseignements militaires (DMI) ou au NISS ».

Les chercheurs du GCRHR signalent également des réunions et des formations organisées par les ambassades rwandaises et hauts commissariats pour les jeunes de la diaspora, y compris ceux détenteurs de bourses d’étude. « Au cours des formations, des rencontres et des camps qui sont organisés dans le cadre de ce programme, les jeunes sont informés et guidés sur les différentes activités et les méthodes à utiliser afin de satisfaire ou de contribuer au programme de la jeunesse diaspora et au programme de l’étudiant. Ils sont également tenus de signaler aux ambassades et hauts commissariats des informations sur tout Rwandais qui cherche asile ou refuge dans les pays où ils résident. Et doivent signaler tous les groupes d’opposition ainsi que leurs activités. »

Basée à Londres, Global Campaign for Rwandan Human Rights se veut être une « campagne internationale relative aux droits humains créé pour promouvoir et soutenir les droits de l’homme de tous les Rwandais ». L’enquête de dix mois a inclus un nombre total de 43 témoins, la plupart d’entre eux appartenant à un groupe d’âge de 19 à 35 ans et a été menée afin de « peindre un tableau complet de la situation actuelle au Rwanda en ce qui concerne la jeunesse ».

Pour la collecte des données, GCRHR a interviewé « des jeunes étudiants et travaillant au Rwanda » ainsi que « des jeunes étudiants internationaux bénéficiaires de différentes bourses, établis en Angleterre et aux USA, ainsi que « des jeunes demandeurs d’asile au Royaume-Uni , en Belgique, France, Irlande et aux Etats-Unis« . En outre, des anciens et des actuels responsables du gouvernement ont également été entendus.

 

Version originale en anglais par Jane Nishimwe

Traduit par Arlette Ngoboka

Jambonews.net

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4 Commentaires à “Rwanda: La jeunesse « harcelée pour harceler au nom de la dignité »”

  1. Kadafi dit :

    La destruction de l’Afrique peut etre decrite en trois phases distinctes.
    En premier lieu il y eut l’invasion et la prise de controle en catimini du continent par les branches de la Noblesse occulte d’Europe: les anglais, les hollandais, les belges, les allemands, les portugais et les français.
    Vint ensuite une phase de transistion, de la gouvernance coloniale ( au moyen de l’occupation physique) à la gouvernance au moyen de l’occupation financière, par le biais de présidents et de premiers ministres corrompus, imposés par la Fraternité. Quiconque ne joue pas le jeu est retiré de la circulation par le meurtre, le scandale ou un coup d’état.
    Les visages changent, mais les maîtres restent les mêmes. La Rhodésie (Cecil Rhodes) devint le Zimbabwe sous la manipulation britannique de Margaret Thatcher et Lord Carrington. Toutefois, il ne s’agissait que du remplacement de la dictature blanche de Ian Smith par la dictature de Robert Mugabe.
    La vie des africains n’a pas changée parce que les mêmes personnes contrôlent toujours la situation. Il est cependant plus difficile de les identifier parcequ’ils oeuvrent dans les coulisses.
    La troisieme phase de cette opération en Afrique consiste à transformer le continent en un bain de sang qui détruira toute société cohérente et justifiera l’imposition des réglements de l’OTAN et des forces de maintien de la paix de l’ONU. L’environnement sert de pretexte pour y voler davantage de terres, et les crises découlant des dettes nationales sont résolues par les banques de l’oligarchie qui proposent d’effacer les dettes en échange de droits illimités sur les ressources minérales.

    Les massacres à grande échelle qui ont été commis en Algerie, au Rwanda et au Burundi ne sont pas des évènements fortuits. Ils ont ete organisés dans leurs moindres details, tout comme l’ont été les conflits et les massacres de l’ancienne Yougoslavie, de l’Afghanistan, du Cambodge, du Laos, de Sri Lanka etc.

    Les réserves fauniques et les parc nationaux comptent pour plus de 8% du territoire de l’Afrique subsaharienne et pour 40% de la Tanzanie.
    Dans le sous sol de ces territoires gisent de fantastiques réserves de matières minérales et, dans certains cas, des réserves d’uranium encore inexploitées. Les parcs sont souvent situés en des endroits stratégiques ou se chevauchent les frontières, ce qui permet a leurs administrateurs d’en refuser l’acces a qui ils jugent bon.
    Et qui sont ces administrateurs ? Des agences comme le Fonds mondial pour la nature (FMN) du prince Philip et d’autres organismes de l’oligarchie mondialiste, dont l’Union mondiale pour la nature, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour le Developpement (PNUD). Pour ce faire, ils emploient du personnel de l’armée et des services secrets, faisant peu de cas de la souveraineté des nations africaines.

    L’Operation Stronghold et l’Operation Lock en sont deux exemples defoutants. Stronghold etait cense appuyer le ministere des PArc nationaux et de l’amenagement de la faune du Zimbabwe dans le but de sauver 700 rhinoceros noirs dans la valee de Zambezi. Cependant, le chef des gardes chasse, Glen Tatham et son personnel, tuaient simplement les braconniers sans leur servir un avertissement. Des chiffres officiels demontrent qu’entrent juillet 1984 et septembre 1991, 145 braconniers furent tues, la majorite a partir d’un helicoptere subventionne par le FMN du prince Philip et pilote par des sous traitans. Cependant, si l’on s’interesse de plus pres a la chose, on decouvre qu’une importante majorite de ceux qui furent tues n’etaient pas armes! Pourquoi aucune poursuite ne fut elle intentee? Parceque lorsque la verite eclata, une mesure legislative dite Loi sur la conservation de la faune fut votee de toute urgence par le Parlement du Zimbabwe, dans laquelle on garantissait aux gardes chasse du parc l’immunite contre toute poursuite. Desormais, le FMN pouvait tuer dans les reserves qui il voulait et quand il le voulait. Dans le cadre de l’Operation Lock, le FMN deploya un escadron d’elite, compose d’hommes du SAS , pour
    neutraliser les cartels qui passaient en contrebande les animaux sauvages et leurs produits derives. Il apparait que les gens du SAS faisaient eux memes la contrebande
    de l’ivoire et de cornes de rhinoceros. les africains savent depuis longtemps que les principaux tueurs de la vie sauvage dans les parcs sont souvent ceux la meme qui sont censes la proteger.

    Les parcs nationaux sont utilisés comme planques par les terroristes sponsorises par l’oligarchie, qui sont responsables de la majorité des génocides en Afrique. Pres de 20% du Rwanda sont couvets de réserves. L’invasion du Rwanda en 1990 par le soi disant Front patriotique rwandais (FPR) se deroula dans les parcs Gorilla et Akagera, situes en OUganda a la frontiere entre le Rwanda et le Zaire, et le parc volcan situé au Rwanda.

    Le FPR (une organisation terroriste controlée par les britanniques et américains) avait aussi des bases militaires dans certaines zones du parc Virunga au Congo. Quelques mois avant ces évènements, on mit en place un programme de preotection des gorilles dans les parcs Virunga, Gorilla et Vilcan, lequel etait administré par le FMN.
    En 1994, le FPR envahit le Rwanda, par le par Akagera, dans le but de déclencher un conflit qui a tué, jusqu’à maintenant plus d’un million de personnes. Il semble que la violence ait eclaté peu apres une mission diplomatique de Henry Kissinger et Lord Carrington au Rwanda, et elle suivit la vente d’armes a ce pays par le gouvernement israélien alors dirigé par Yitzahk Rabin . La verité est que cette invasion ne fut pas du tout le fait du FPR. Presque chaque membre de ses troupes était un soldat de l’Armée de Resistance Nationale (ARN) du président ougandais Yoweri Museveni. Ce sont les memes personnes qui dirigent le FPR et l’ARN! David Tinyefuzan, du FPR, etait ministre de la défense en Ouganda, tandis que Paul Kagame, le ministre de la Defense du Rwanda sous le FPR, etait le chef du service d’espionnage et du contre espionnage de l’armée ougandaise: quant a Chris Bunyenyezi, du FPR, il etait l’ancien commandant de la 306° Brigade meurtrière de l’armee ougandaise. Cette même équipe commandée par Museveni, fut impliquée en 1993 dans la tentative de coup d’etat au Burundi lors duquel le president Melchior Ndadaye dut assassine et qui couta la vie a près de 100 000 personnes.

    Cette politique mise en oeuvre en Afrique et en Amerique Centrale et du Sud vise a réduire la population de ceux que Henry Kissinger appelle les bouches inutiles.
    Le genocide est coordonné, en grande partie, a partir de l’Ouganda qui a été longtemps sous le contrôle de cartels bancaires, économiques et d’agences d’espionnage a la solde des oligarques mondialistes. La ministre britannique du Developpement outre mer sous Margaret Tatcher, Lynda Chalker, eut plusieurs rencontres avec Museveni et ses fonctionnaires. A la fin du mandant présidentiel de Nelson Mandela, l’Afrique du Sud deviendra une cible de premier choix pour ceux qui s’activent a monter les noirs contre leurs freres dans le but de justifier l’intervention de la force de paix des blancs.
    Son successeur, thabo Mbeki, est un pur pantin des oligarques mondialistes. Jusqu’a present, nous n’avons assiste qu’aux balbutiements des problèmes sur le continent africain: il est grand temps que les africains ouvrent les yeux !

    « Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important » François Mitterand

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  2. eric mugabo dit :

    Qui sauvera l’Afrique? Jesus. Jesus. Jesus.

       4 likes

  3. Abanyamahoro dit :

    Il est temps de revoir que le rôle des africains en destruction de leurs continent? Sont ils les occidentaux qui viendront nos donner la paix?

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