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RDC : Vous avez dit « Révolution de la modernité » ?

Publié : le 4 juin 2013 à 22:36 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

14 septembre 2011. Le président Joseph Kabila tient, dans sa ferme privée de Kingakati, un discours-bilan  sur son mandat à la tête de la RDC. Ce jour-là, le vocabulaire politique congolais va s’enrichir d’un nouveau  concept lancé par le président congolais: « La Révolution de la modernité ».

 

Bongola MakanisiQuid de la « Révolution de la modernité » ?

C’est grâce à la campagne électorale de Novembre 2011 que cette expression lancée par Joseph Kabila va commencer petit à petit à se vulgariser : ses sympathisants et  son équipe de communication, vont, à travers des multiples interventions médiatiques, s’époumoner à  la promouvoir et à la populariser. Selon la pensée de  son initiateur,  la «  Révolution de la modernité » peut être comprise comme une vision ambitieuse et à long terme de modernisation et de développement de la RDC.  Cette expression sera même adjointe à la  nouvelle dénomination du ministère du Plan (Ministère du Plan et du suivi de la Révolution de la modernité), lors de la mise en place du gouvernement Matata et depuis, les congolais s’y sont habitués, oubliant peu à peu celle des 5 chantiers en vogue lors de la précédente législature.

Bien avant la Révolution de la modernité

En effet, « la Révolution de la modernité », n’est pas le premier  slogan entendu par  la nation congolaise au cours de son histoire.  Sous le long règne du Président Mobutu, elle a eu droit à un florilège de phrases chocs  et des concepts à la fois  ambitieux, originaux  mais toujours creux dans leurs matérialisations : « Retroussons les manches », « Salongo alinga mosala », « Objectif 80 », « Moto na moto abongisa », « Plan Mobutu », « Plus rien ne sera comme avant », « le Septennat du social »,  « Tout doit changer, tout va changer ».  La courte présidence de Laurent-Désiré Kabila a elle aussi eu son lot de concepts et de slogans : « Révolution-pardon », pour traduire une sorte de variante humaniste de la révolution populaire, «  La paix se gagne », « la guerre finira où elle a commencé », slogans véhiculés au début de la guerre d’agression de 1998 ou encore «  CPP, pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple »

Un concept assez flou

Tous ces slogans, bien que n’ayant pour la plupart jamais dépassé le cycle de  la parole ont en commun un mérite : celui d’avoir un sens et de ne pas mobiliser une lourde cogitation pour  les comprendre. Le « Retour  à l’authenticité », par exemple, sur le plan sémantique, se comprend aisément  comme une volonté de recours aux valeurs zaïroises de l’époque(en rupture avec le passé colonial), de même le «  pouvoir au peuple, par le peuple et pour le peuple » cher à Mzee Laurent-Désiré Kabila est clairement une forme de galvanisation du nationalisme et du patriotisme du peuple congolais.

L’expression « Révolution de la modernité »  quant à elle semble brumeuse.  Le mot « révolution » peut être compris de diverses manières. Cependant toutes les définitions de ce mot s’accordent sur quelques points : une révolution est un changement à la suite d’une action (brutale ou violente). Quant au mot modernité, il exprime l’idée qu’une époque se fait d’elle-même dans sa différence avec ce qui la  précède.  Elle (la modernité)  sous-entend donc une idée de changement et de nouveauté.  Qu’en est-il alors  de l’expression « Révolution de la modernité » ? En se basant sur la compréhension de ces deux mots (révolution et modernité), la « Révolution de la modernité » devrait  donc être comprise comme un changement  de ce qui est nouveau, c’est à dire «  une action pour changer» ce qui est, en soit, déjà « un pas vers l’avant ». Quel serait le résultat d’un changement de ce qui  déjà apporte  du changement ?

Un concept à renommer

 La modernité ne peut  être révolutionnée. L’affirmer c’est user d’une tautologie insensée car en elle-même la modernité est déjà une forme de révolution. Voulait-t-on parler de «  De la Révolution (du 17 mai 1997) vers la modernité » ? Pour traduire un certain progrès depuis la chute du régime du maréchal Mobutu à l’avènement de celui de Joseph Kabila ?,  « De la modernité de la Révolution ? » ou de « Révolution moderne » pour marquer une sorte de  rupture ou un caractère novateur par rapport aux révolutions d’antan ? On peut certes construire de belles routes, de beaux et grands hôpitaux, d’impressionnants barrages hydroélectriques, de magnifiques cités ; toutes ces réalisations ne sont pas une « révolution de la modernité » mais plutôt une « évolution » vers la modernité dans un Congo où presque tout est à reconstruire. De plus,  comme l’affirmait le philosophe français, Jean Baudrillard : il n’y a pas de lois de la modernité, il n’y a que des traits de la modernité, Il n’y a pas non plus de théorie (de la modernité), mais une logique de la modernité. C’est ainsi qu’on parle d’Etat moderne, de technique moderne, de musique moderne, d’art moderne ou encore d’idée moderne.

Changeons l’homme congolais !

La première des révolutions en République Démocratique du Congo devrait être mentale. Loin d’être un slogan creux, ce « changement des mentalités », n’arrivera non pas du fait du hasard mais dépendra tout d’abord de l’action du congolais, du peuple congolais. Ce dernier a non seulement la volonté de changer, mais  aussi le potentiel pour le faire. Malheureusement, il reste encore cantonné au stade de la parole et n’atteint jamais celui de l’action.  Quelles seraient les causes  à la base de l’incapacité congolaise à réellement changer ? La question mérite d’être posée.

 

Prince Djungu

Jambonews.net

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14 Commentaires à “RDC : Vous avez dit « Révolution de la modernité » ?”

  1. Thy dit :

    Bien vu Monsieur Djungu, personellement j’en ai déjà discuter avec un ami pour lui faire voir que tout ceux qui accepter ce concept étaient comme des courtisants dans  » Nacked King ».

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  2. RASEC dit :

    L’illustration de l’implosion du Rwanda programmée consécutivement aux méfaits de Kagame est ce qui suit.
    Il ne s’agit pas des faits inventés mais des faits réels. Tous mes remerciements à l’auteur de cet article. A chaque lecteur de Jambo News de s’en faire une opinion objective.

    « Rwanda: La jeunesse « harcelée pour harceler au nom de la dignité »
    (Jambonews 31/05/2013 – 08:09)

    Global Campaign for Rwandan Human Rights (GCRHR) accuse le leader du gouvernement Front patriotique rwandais (FPR) d’utiliser la peur et la déstabilisation psychologique sur les jeunes. Dans son rapport « Harcelé pour harceler au nom de la dignité » publié le 19 Avril, l’ONG a déclaré que le gouvernement rwandais et les services de sécurité « forcent les jeunes à participer à des activités dans le but d’aider le gouvernement à promouvoir son image et contrôler son peuple. ».

    GCRHR dit qu’il a découvert et catalogué « diverses méthodes utilisées par les dirigeants du FPR visant à contraindre les jeunes à prendre part à diverses actions, ce qui provoque une peur extrême des autorités et une déstabilisation psychologique. » Ce faisant, le régime serait occupé à tenter de sécuriser son pouvoir politique et « minimiser toute menace à son remplacement », indique le rapport.

    Le rapport a recueilli plusieurs interviews de témoins et victimes affirmant que les services de sécurité nationale de renseignement rwandais (NISS) et le parti FPR, au pouvoir, « contraignent les jeunes à participer à des activités qui visent à modifier et façonner leur croyance sur le régime du FPR ». Leur [le NISS et le FPR] but étant de « peindre et construire une image positive du pays au niveau international et espionner sa propre population ».

    Les recherches menées par le GCRHR affirment que les jeunes qui ont été engagés dans la formation obligatoire de deux mois dite « éducation civique » destinée aux élèves du secondaire, ont subi « une détresse profonde et un découragement qui les amènent à vivre dans une extrême crainte des autorités ». En outre, la plupart des participants ont également dit avoir subi « une déstabilisation psychologique » après l’expérience.

    Dans les camps de BUSOGO, dans la province du Nord, il est reporté que les jeunes sont regroupés en fonction de leurs « backgrounds ou origines ethniques ». L’éducation donnée au groupe tutsi parle de l’unification, du patriotisme et du contrôle de ceux « qui sont enclins à commettre un génocide ». Dans le groupe hutu, le message est que toutes les suggestions, idées, selon lesquelles le FPR aurait commis des crimes contre les Hutu sont considérées comme étant une négation du génocide et si cela arrive, cela devrait être signalé et traité par la loi « en conséquence ». Qui plus est, une personne avec de telles croyances ou toute personne qui laisse penser que « beaucoup de Rwandais sont illégalement emprisonnés ou harcelés par les autorités » est un ennemi de l’Etat.

    « Pour les jeunes qui ont fait l’expérience de ces camps (aux mains des autorités du FPR, des agents et des militaires), soit personnellement, à travers un membre de la famille ou par l’intermédiaire d’amis proches, ces camps leur enseignent et forcent de croire des idées différentes de ce qu’ils ont; cette expérience leur laisse une détresse profonde. Plusieurs cas de dépressions nerveuses, de suicides et tentatives de suicide chez les jeunes qui ont participé à ces jeunes camp ont été rapportés« , affirme le rapport.

    Le recrutement pour des rebelles en RDC

    Les chercheurs du GCRHR ont également constaté que les camps sont utilisés comme un réservoir de recrutement pour la formation de groupes rebelles dans l’Est du Congo. »Il y a eu des cas de disparition de jeunes après qu’ils aient participé à des camps d’entraînement (…). Depuis 2007, c’est un secret de polichinelle que ces jeunes disparus ont été envoyés pour rejoindre des groupes rebelles en RD Congo, rebelles qui sont soutenus par le gouvernement rwandais. » Un évadé des groupes armés en RDC a déclaré au GCRHR que le FPR sélectionne ceux qui seront envoyés au Congo sur base de leurs compétences linguistiques en swahili, du niveau d’éducation atteint à l’école secondaire et de leur statut social.

    Transmettre des idées

    Les entretiens tenus avec les « anciens et actuels fonctionnaires du gouvernement rwandais » révèlent que la stratégie du FPR est de cibler les jeunes âgés entre 16 et 30 ans parce que « ce groupe d’âge n’a pas connu la guerre civile des années 1990, ni le génocide rwandais de 1994 ou ne l’ont connu qu’étant des enfants en bas âge. ». De telle sorte, leurs croyances sur ces événements sont plus enclins à être façonnées par l’éducation. En outre, ce groupe d’âge constitue un grand pouvoir politique, car ils représentent 40% de la population rwandaise et plus de 60% des électeurs.

    GCRHR a constaté que l’enseignement donné à cette jeunesse ciblée, à propos de l’histoire du pays ainsi que ses valeurs culturelles, est en faveur de « l’idéologie du FPR » qui présente la force armée du parti en tant que leader héroïque qui « a aidé à renverser la mauvaise et discriminante histoire du Rwanda. ». Ceux qui adhèrent à cette nouvelle croyance « deviennent des supporteurs, partisans ou potentiels promoteurs et protecteurs de l’idéologie du FPR. ». C’est d’eux que les idées politiques du FPR sont ainsi transmises. En outre, ceux qui questionnent ou critiquent « la moindre idée de l’idéologie officiellement approuvée » seraient , « arrêtés, harcelés, marginalisés, contraints à l’exil ou disparaîssent ».

    Formation d’espions

    Le rapport mentionne également la formation secrète d’élus « fraîchement diplômés » de Nasho, à l’Est du Rwanda. Les étudiants sont censés être formés à « la méthodologie militaire de pointe, de communication et de persuasion, diverses méthodes pour identifier un ennemi de l’Etat, et les méthodes d’espionnage ». À la fin du programme d’un an, les étudiants sont employés par le gouvernement « à différents niveaux », où, entre autres, ils ont « la tâche particulière de surveiller secrètement leurs collègues et de produire des rapports quotidiens ou hebdomadaires au secrétariat du FPR, au service des renseignements militaires (DMI) ou au NISS ».

    Les chercheurs du GCRHR signalent également des réunions et des formations organisées par les ambassades rwandaises et hauts commissariats pour les jeunes de la diaspora, y compris ceux détenteurs de bourses d’étude. « Au cours des formations, des rencontres et des camps qui sont organisés dans le cadre de ce programme, les jeunes sont informés et guidés sur les différentes activités et les méthodes à utiliser afin de satisfaire ou de contribuer au programme de la jeunesse diaspora et au programme de l’étudiant. Ils sont également tenus de signaler aux ambassades et hauts commissariats des informations sur tout Rwandais qui cherche asile ou refuge dans les pays où ils résident. Et doivent signaler tous les groupes d’opposition ainsi que leurs activités. »

    Basée à Londres, Global Campaign for Rwandan Human Rights se veut être une « campagne internationale relative aux droits humains créé pour promouvoir et soutenir les droits de l’homme de tous les Rwandais ». L’enquête de dix mois a inclus un nombre total de 43 témoins, la plupart d’entre eux appartenant à un groupe d’âge de 19 à 35 ans et a été menée afin de « peindre un tableau complet de la situation actuelle au Rwanda en ce qui concerne la jeunesse ».

    Pour la collecte des données, GCRHR a interviewé « des jeunes étudiants et travaillant au Rwanda » ainsi que « des jeunes étudiants internationaux bénéficiaires de différentes bourses, établis en Angleterre et aux USA, ainsi que « des jeunes demandeurs d’asile au Royaume-Uni , en Belgique, France, Irlande et aux Etats-Unis« . En outre, des anciens et des actuels responsables du gouvernement ont également été entendus.

    Version originale en anglais par Jane Nishimwe

    Traduit par Arlette Ngoboka

    Jambonews.net ».

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    • Hendrix dit :

      @RASEC

      Dans cet article c’est la Republique Democratique du Congo dont il s’agit et non du Rwanda et de son excellence le President Kagame. Je pense que tu as une extreme obsession du Rwanda et de Kagame. Fais attention a ta sante sinon tu risque d’avoir un AVC si tu ne te controle pas et sois sur que tout ce que tu parles c’est de la pure fiction et invention.Tu depenses ton energie inutilement. Tu fairais un bon romancier de la fiction du genre Gerard de Villier , au moins ca t’apportera des sous pour soigner ton desequilibre mental.

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      • Amani dit :

        Il souffre du kagamisme aiguë…Il parait que c’est contagieux

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      • RASEC dit :

        Hendrix, merci pour votre remarque. Toutefois, on peut faire une comparaison entre la révolution de la modernité de Kabila et la modernité-apartheid de Kagame. Cet article de Jambo News reprorduit sur l’apartheid et la ségrégation rwandais peut aider les commentateurs de bien éclairer ceux qui ne savent ce qui se passe ici au Rwanda ou l’état du Rwanda sous Kagame comparativement à l’état de la RDC sous Kabila.
        J’ai fait deux ans de taule pour avoir demandé aux escadrons de la mort de Kagame où ils ont enterré un ami pour que les siens puissent récupérer son corps.Je fais abstraction des fouilles et des écoutes téléphoniques dont j’ai fait et fait encore l’objet.
        Il me semble que Kagame est avant tout un citoyen rwandais et rien qu’un citoyen qui , en cette qualité, devrait avoir les droits et obligations envers la communauté. Il s’ensuit que je n’ai aucune obsession évoquée dans votre ramarque. Il est vrai que dans tous mes commentaires, je parle exclusivement de Kagame. La raison est qu’il est commandant en chef avec les charges et droits y afférents. Le constat est sans équivoque: ses méfaits font froid au dos et tout rawandais père ou pas de famille a le droit de se poser à bon droit les questions sur l’avenir de ses enfants et/ ou de notre pays. C’est ce que je m’efforce de faire.Je n’ai rien et je n’aurai rien contre Kagame nonobstant le mal qu’il a fait et fait contre le Rwanda et les Rwanda.Je lui ai par ailleurs écrit aux fins de lui faire part des méfaits de ses milices ou escadrons de la mort à mon endroit et contre des milliers de Rwandais et les conséquences inévitables pour notre pays si rien n’est fait en temps utile pour y mettre un terme. En tout état de cause, il sera jugé par l’histoire et je ne suis pas l’histoire pour le juger. Le Rwanda est et sera éternellement le patrimoine commun de tous les Rwandais. Par conséquent, avoir une sentiment négatif à l’endroit d’un compatriote pour ce qu’il est constitue une déchéance de la pensée humaine et une régression morale. L’intérêt général est supérieur à l’intérêt privé. Dès lors, tout agissement qui porte atteinte à l’intérêt général doit être dénoncé et condamné avec force, le tout peu importe la fonction ou la fortune de son auteure et le degré de gravité de cet agissement. Je subodore que vous avez accès directement ou indirectement à Kagame. Un bon citoyen est celui qui dit la vérité à son dirigeant comme dans la vie de tous les jours un ami est celui qui vous dit la vérité en face, peu importe votre réaction. Je vous suggère, vous et les vôtres, de dire la vérité à Kagame quant au sentiment des millions de Rwandais à ses agissements non pas entant que citoyen rwandais, mais en sa qualité de président , deux qualités que vous confondez comme en témoigne votre remarque.

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  3. Amani dit :

    RASEC, quel rapport avec l’article?

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  4. Mbrototos dit :

    La modernité… ça devrait commencer dans nos cerveaux de noirs africains; éternels enfants aux yeux des autres. Avec tous les ingénieurs que nous avons formés dans leurs meilleures institutions du pays et du monde, nous en appelons aux chinois pour nous fabriquer des maniocs et du yaourt,… il y a un problème en nous. Un sérieux problème. La modernité c’est refuser qu’un cheveu de son frère, de sa soeur ou d’un enfant noir africain ne tombe pour enrichir les vautours occidentaux. La modernité, c’est aussi savoir gagner son pain pour un travail honnête et digne: agriculture, enseignement,…. La modernité, c’est proscrire de nos pays toute la racaille politicarde. Que tous les politicailleurs se cherche un travail pour lequel ils ont été formés et pour lequel l’Etat a dépensé d’immenses sommes en bourses d’études… La modernité, c’est que l’homme noir africain cesse de baisser son pantalon devant les occidentaux (L’ex Président Lula / Brésil)… La modernité, c’est se débarrasser de tous les nègres de service qui pourrissent l’Afrique et condamnent son décollage, la modernité c’est aussi bannir dans l’esprit de dirigeants africains que l’homme blanc est réellement blanc. La modernité c’est sortir de la logique rentière, de la cueillette et du ramassage…

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    • kolomabele dit :

      @Mbrototos.

      Je suis tout à fait d’accord avec vous.
      La modernité, c’est à la fois un état d’esprit et un comportement. L’élite politique et intellectuelle et le peuple congolais en sont très éloignés.
      La modernité, c’est pas -accéder au pouvoir par la violence(par les armes et par un coup de force),
      -faire tout pour le conserver par tous les moyens(corruption, assassinats, affaiblissement des opposants, élections truquées…). -soutenir des dirigeants tout simplement parce qu’ils sont ses frères clanico- tribalo-éthnico-régionalises, même quand on est un va-nu-pied.
      -s’entourer d’abord des membres de sa famille, de son clan, de son éthnie ,de sa province.
      -promouvoir d’abord le développement socio-économique de sa région d’origine et laisser à l’abandon les autres coins du pays.
      -avoir un pays qui s’installe dans une situation de ni paix, ni guerre.
      -assurer l’impunité à ceux qui commettent de crimes contre l’humanité (assassinats, viols ) et économiques (pilleurs des ressources naturelles),
      -avoir dans les villes des dizaines des milliers d’enfants de rue(shégués) dans l’indifférence générale et des pouvoirs publics et de la population.
      -avoir des croyances idiotes comme celles d’enfants-sorciers, des séances des désenvoûtements, tshibau, tshibindi, -fermer les yeux sur le travail des enfants dans les mines,
      -destruction de l’environnement(exploitation sauvage des forêts, abattages des espèces rares et protégées(okapis, rhinocéros, éléphants, gorilles de montagne, chimpanzés).

      Les pouvoirs publics et les peuples qui ne protègent pas l’environnement en ce 21è siècle devaient tourner leurs langues 7 fois avant de parler de modernité. Personne ne les prend au sérieux. Ils ne suscitent que le mépris

      La modernité, c’est la démocratie, l’alternance pacifique au pouvoir après des élections justes incontestables, équitables; le respect de droits humains, surtout ceux des personnes vulnérables comme les femmes, les enfants, les personnes âgées ou vivant avec un handicap; la lutte contre la pauvreté, la protection de l’environnement.

      Le changement de mentalité, ça vient pas comme ça, comme par enchantement. Il faut s’y mettre.
      Un violeur ou un détourneur de deniers publics, s’ils sont sévèrement sanctionnés( prisons, perte d’emploi et de responsabilité),cela va décourager ceux qui seraient tentés par ces crimes. Je ne dis pas que cela va faire disparaître ces crimes. Au moins les criminels potentiels hésiteront avant de passer à l’acte.

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  5. Tony Busselen dit :

    Je ne vois aucune analyse du discours de Kingakati. Ceci n’est pas une tentative de comprendre ou de critiquer, ce n’est pas une analyse du texte expliquant ce que siginifie le slogan. Naturellement un slogan est un slogan et peut être comparu à toute sorte d’autres solgans pour le vider de tout sens, pour ensuite venir à la conclusion qu’il « n’a pas de sens ». Mais ce type de méthodes s’apelle de la démagogie. Mbrototos a raison de définir la signification du mot « modernité ». Ca touche au contenu de la révolution de la modernité. Ca vaut la peine de relire le texte de Kingakati avec cette définition dans sa tête. Et alors on peut avoir des remarques des désaccords partiels ou complètes mais au moins à ce moment on est dans un débat sérieux.

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  6. Integral dit :

    Le « changement des mentalités », ce terme a déjà été utilisé par M. E. Tshisekedi à la CNS Conférence Nationale Souveraine. Selon lui, l’instauration de la démocratie au kongo devrait être accompagné par le changement de la mentalité.
    Évidement, ces deux notions sont complémentaires, ces deux notions ne peuvent s’appliquer aux moyens des lois ou être imposé par la force.
    Souvenons-nous, de la démocratie exporté des États-Unis vers l’Irak par le président G. W. Bush, conséquence, fiasco et donc échec lamentable.

    La démocratie tout comme le changement de mentalité, ne sont pas tout à fait des modes de vie, mais, c’est avant tout une attitude, une prise de conscience progressive dans le temps.
    Comment le peuple Kongolais peut y parvenir? Tout d’abord cette prise de conscience doit découlé du haut sommet de l’état. C’est à dire, le jour ou, le Kongo aura un leadership fort, responsable et représentatif de tous les Kongolais, peu importe la manière qu’il arrivera au pouvoir, mais, pourvu qu’il aspire à la volonté et la confiance du peuple Kongolais, ça sera déjà un pas et en même temps un début et un espoir pour le changement de la mentalité.

    Une anecdote : Aujourd’hui les Kongolais n’ont pas assez des confiances aux banques locales, mêmes certains élites du régime actuel préfèrent investir dans les banques étrangères. Aujourd’hui, faire une loi imposant tout Kongolais d’investir dans les banques locales ne résoudra pas le problème. Mais, le jour ou, ces banques garantiront la confiance du peuple, ça sera naturellement qu’ils y investiront massivement.
    C’est à dire, quand la hiérarchie dirigeante du Kongo, respectera la constitution et les lois du pays, cela interpellera la conscience de chacun et ainsi de suite, progressivement, on assistera à la généralisation du changement.

    Une autre anecdote : Quand un Kongolais ou tout autre Africain du tiers monde, voyage pour la première fois en Occident, à sa descente d’avion, et quand il franchi l’aéroport, il y a un truc très banal qui se passe, c’est à dire sans que personne ne lui le fasse la remarque, il suit l’ordre de marche et se place en file d’attente, en entendant son tour pour passer à l’immigration. Donc, tellement qu’il n’a vu personne troublé l’ordre, il se resoud instinctivement dans cette logique, c’est à dire qu’il qu’il réalise tout de suite qu’il est dans un état de droit, c’est qui veut dire changement de mentalité.

    Donc, quand, l’esprit du respect des lois du pays sera d’abord observé au sein de la classe dirigeante, cela impactera dans la conscience du citoyen lambda , et progressivement avec en plus un encadrement et éducation de masse, le Kongo entrera malgré les obstacles des quelques récalcitrants dans le changement de la mentalité.

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  7. Grandcongo dit :

    Je vis en RDC et suis témoin du volontarisme d’un homme qui bouscule les limites lui imposées par les bailleurs des fonds en innovant chaque jour comme cette distribution des tracteurs (John Deere, la meilleure marque mondiale) dans tout le pays pour revolutionner l’agriculture, des engins routiers à l’Office de route dans toutes les provinces, etc…
    Dans 20, 30, 50 ans il y aura encore des gens qui rouleront sur les routes, qui se feront soigner dans les hopitaux et étudieront dans les universités construites sous la présidence de Joseph Kabila. Le comparer à Mobutu dans ce domaine là, c’est vraiment faire fausse route!
    Je peux aussi constater la toute puissance des médias pro-occidentaux et françafricains comme RFI, TV5, Jeune afrique, qui conditionnent les africains comme dans une salle où il faut qu’un maître donne le signal et tout le monde applaudit. Kabila Joseph n’est pas le chouchou de ces médias, et tous les africains suivent….

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    • Mboka dit :

      Mr GrandCongo,
      Quand allez-vous comprendre que Le soit disant Joseph Kabila, de son vrai Hypolite Kanambe, n’est que le pion de Mr Kagame qui lui est le chouchou des lobbi mafieux occidentaux. Le genocide des Rwandais a ete occasione pour un but et un seul, celui de faire main basse sur les richesses du Kivu. Pouvez-vous un seul instant imaginer ce que le Zaire aurait gagne si le COLTAN etait vendu de maniere legale et reguliere? Combien coutent les services de la MONUSCO? Ne pensez-vous pas que cet argent est recupere en creant le desordre que Kanambe entretien? Mange avec Kanambe si tu veux, mais reflechi juste une minute et tu comprendra…..

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    • kolomabele dit :

      @Grandcongo.

      Tu vis au Congo, mais dans ton Congo à toi, dans le Palais de la Nation. Tu y prend l’hélico pour te rendre à Kingati. Pour rentrer par le même moyen de transport. Si tu arrivais dans certains quartiers de Kinshasa comme Yolo et bien d’autres et aussi dans d’autres villes de l’intérieur, tu te rendrais compte de ceci: au Congo de Kabila, nous assistons à la ruralisation des villes au lieu de l’urbanisation des campagnes. Sous Kabila, le Congo détient le triste record mondial des crashs d’avion:84 avec près de 500 victimes. On a brûlé vives au Katanga 13 femmes dont certaines étaient enceintes. Quelle barbarie en seuil du 3è millénaire? Le Congo de Kabila n’est-il pas la capitale mondiale du viol? Des tracteurs? Il y en aurait qui sont envahis par les herbes dans certaines provinces, donc rouillés. La faim sévit toujours au Congo.

      Les universités? Tu veux parler des quelles? Celles existantes sont dans état de délabrement avancé. Les étudianst y réussissent à coup des dollars. Aucune université congolaise ne figure parmi les meilleurs universités d’Afrique. Pour ton information, les étudiants congolais sont victimes de racisme en Inde. Mende se tait en, toutes les langues. Matata ne fait rien. Sous d’autres cieux, le gouvernement congolais allait demander les explications au gouvernement indien par l’intermédiaire de son ambassade à Kinshasa. Quand on sait que les Indiens, les Pakistanais, les Libanais se comportent chez nous comme dans un pays conquis.. c’est vraiment révoltant. Sauf évidemment pour un kanambiste pur sucre comme toi. Les kabilistes sont des Congolais minables. Le Congo de Kabila, malgré ses ressources humaines et naturelles abondantes est le dernier de la classe parmi les nations. Une honte!

      Kabila doit son trône aux mêmes grandes puissances. Sans celles-ci les Congolais l’ignoraient jusqu’à son nom. Quand elles n’en voudront plus, elles le mettront dehors. Et il sera renié par tous, même par ses ardents partisans comme toi. L’histoire de Mobutu est encore fraîche dans nos mémoires.

      La présence de Kabila à la tête du Congo est une cata pour le plus grand et le plus riche pays de l’Afrique centrale.

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      • Georges dit :

        Des quartiers comme Yolo où j’ai vécu autrefois étaient les plus urbanisés avec toutes les structures possibles: centre commercial, système de drainage, chaussées bitumées, le réseau d’eau et d’ électricité assuré… il a fallu une quarantaine d’années pour que les africains les mettent en torchons… Noir c’est vraiment noir !!

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