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Rwanda : 485,867 cartes SIM bloquées par les autorités

Publié : le 6 août 2013 à 21:59 | Par | Catégorie: Actualité

Le régime de Kigali avait prévu que le 31 juillet 2013 tous les détenteurs de téléphones portables devaient se faire connaître en se faisant enregistrer. Presque un demi-million, soit près 8% de l’ensemble des usagers de téléphones portables dans le pays ne s’est pas plié à cette obligation. Les cartes SIM de ces derniers ont de ce fait été bloquées.

source : MBOA News

Comme ce fut déjà le cas au Cameroun, au Sénégal ou encore au Maroc les détenteurs des téléphones portables au Rwanda avaient jusqu’au 31 juillet pour se faire enregistrer à l’office de l’utilité publique en charge de la matière (Rwanda Utilities Regulatory Authority, RURA). Ainsi, chaque utilisateur devait fournir son numéro de téléphone, nom et adresse.

Les informations parvenues à Jambonews affirment néanmoins que « certains ont même été obligés de fournir l’identité ainsi que le numéro de téléphone de leur conjoint, ou de définir leur lien de parenté avec certaines personnalités publiques, surtout les opposants en exil. ».

Pour les autorités rwandaises l’obligation de faire enregistrer son téléphone portable résulte du besoin de « combattre le vol », de « faire changer une carte SIM qui ne t’appartiens pas », de lutter contre « les fraudes bancaires »,  et en dernier lieu de « combattre ceux qui lancent des menaces au téléphone ». Cela aidera également le régime à « identifier ceux qui portent atteinte à la sureté de l’Etat par téléphone ».

 Le 31 juillet dernier, date de l’échéance d’enregistrement des cartes SIM, 6, 596,005 personnes s’étaient déjà fait enregistrer. Ce qui représente à peu près 92% des utilisateurs de téléphonie mobile. 485,867 utilisateurs n’ont pas voulu se faire connaître et ont vu leur numéro de téléphone suspendu pour toujours, a annoncé l’autorité en charge, RURA.

Au début de ce programme d’enregistrement des cartes SIM, ceux qui n’ont pas voulu se soumettre à cette loi se sont empressés à se procurer des cartes SIM chez les opérateurs des pays voisins, surtout le Burundi et l’Ouganda. D’autres, qui ont des proches en Europe, surtout en Belgique, ont demandé à se faire envoyer les cartes SIM de ces pays, pour ne pas prendre le risque de voir leurs appels tracés. De nombreuses autres personnes changent de cartes SIM pour émettre ou recevoir certains appels.

Pourquoi près de 8% ont-ils refusé de s’enregistrer ?           

Plusieurs motifs peuvent expliquer la raison pour laquelle près de 8% des usagers ne se sont pas fait connaître, et ont pris le risque de voir leur numéro de téléphone, pourtant indispensable de nos jours, suspendus.

Une des raisons est la volonté de ne pas se faire connaître car le gouvernement allait avoir accès à l’historique de leurs appels. « Si dans le passé j’avais parlé à Kayumba (opposant en exil NDRL) ou un de ses proche,  je n’allais quand même pas prendre le risque de me faire identifier » confie à Jambonews un utilisateur. C’est ainsi que beaucoup ont préféré se procurer un nouveau numéro qu’ils ont fait enregistrer, en abandonnant l’ancien.

D’autres n’ont tout simplement pas voulu se soumettre à cette obligation et se sont procurés des cartes SIM étrangères, même si le prix du service va être exorbitant.

Il y a également de nombreux travailleurs de missions diplomatiques qui n’ont pas voulu se soumettre à cette loi.

Enfin, dans un pays où le contrôle de la population est aussi intensif et permanent, la plus part des citoyens s’étaient procurés deux, trois, voire quatre cartes SIM. Ces derniers n’ont pas pu toutes les enregistrer.

Cette mesure visant à connaître les appelants s’ajoute à d’autres prises précédemment  dont certaines ont pour but de contrôler la population comme l’interdiction de  » lire des informations non approuvées par le pouvoir », «  le droit pour la police, d’écouter tous les appels téléphoniques et lire les courriels entre les particuliers » et ce sans l’autorisation de la justice.

Jean Mitari
Jambonews.net

 

http://www.rura.rw/home/news-detail/?tx_ttnews%5Btt_news%5D=17&cHash=73ee4d24d36599fc212f4851ab3895cf

http://www.igihe.com/amakuru/muri-afurika/u-rwanda/article/simukadi-485-867-zakuwe-ku-murongo

 

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7 Commentaires à “Rwanda : 485,867 cartes SIM bloquées par les autorités”

  1. Urbain dit :

    Une vraie République bananière, le Rwanda de Kagamé. Bizarrement ces fanatiques n’ont pas d’argument pour justifier cette entorse à la liberté.
    Malheur !

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    • Rwanda Rwacu dit :

      C’est déjà en application dans d’autres pays africains comme le suggère l’article, donc je ne vois pas où se situe le problème. Cette mesure a été annoncée de longue de date, donc pas de surprise non plus, ceux qui ne voulaient pas s’y soumettre on eu tout le loisir de s’y préparer.
      En occident la situation est pareille voire encore plus catastrophique qu’en Afrique en termes de violation de la vie privée (récente affaire des écoutes de la NSA avec l’affaire Snowden, le programme Echelon qui donne accès aux américains à toutes les télécommunations du monde, PRISM et Indect tout récemment….), et puis si tu as un abonnement ton opérateur possède tes données personnelles, si tu perds une cart sim prépayé et bien t’es obligé de fournir ta carte d’identité si tu veux récupérer ton numéro ! C’est pas du flicage ça ? C’est encore plus évident et sophistiqué qu’au Rwanda, mais on préfère comme d’habitude cracher sur le Rwanda.
      A bon entendeur….

         7 likes

  2. jovial dit :

    Comme vous le soulignez vous-mêmes, ces mesures sont aussi prises dans d’autres pays et pas seulement ceux que vous citez dans cet article. Quant aux témoins anonymes que vous citez en appui de vos accusations routinières contre le « régime » que vous combattez avec des méthodes pas moins déloyales que celles dont vous l’accusez à longueur de colonnes, ils sont justement anonymes. C’est-à-dire non crédibles. Le Rwanda a besoin d’une opposition intelligente. La votre est très loin de l’être.

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  3. Kamanzi dit :

    Franchement vous n’avez même pas honte de vous contredire, vous dites que c’est bien passé dans d’autres pays , mais parce que c’est le Rwanda ( Votre pays ) vous essayez de créer un buzz c’est pathétique . grandissez-vous ne soyez pas guider par votre haine. quand on s’oppose il faut donner des vrais arguments ( on est en place public tout le monde jugera , mais de grâce arrêter votre haine si vous aimer votre pays comme vous le chanter tout le temps …

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    • Hendrix dit :

      @ Kamanzi

      Ce soit disant journalistes ecrivent juste pour salir leur pays et une chose sure le journal entre guillemet « Jambonews » n’est autre que l’organe de presse des Intarahamwe. Il y a des infos qui sont plus utile telles qu’il y a juste 20 ans (Aout 1993) etaient signer a Arusha en Tanzanie, les accords de paix et de partage du pouvoir censer permettre au Rwanda de sortir de la crise. Un compromis longtemps attendu mais juger inacceptable par les extremistes hutus qui declencheront le genocide ( predit d’apocalypse par le colonel Theoneste Bagosor ) contre les Tutsis huit mois plus tard.
      Telles que aussi les infos qui classent le Rwanda parmi le top 10 des pays les plus liberal derriere le Maurice et le Botwana.

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  4. jack dit :

    voilà le bienfait de la dictature

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  5. songe ya mbeli dit :

    jean mitari tu n’est pas intelligent ou tu dois etre un extremiste hutu .et au cameroun et au maroc? sachez que la pluspart des pays africain adoptent cette methode il n’y a rien de suspicion cher journaliste

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