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RDC : L’attaque du Nouvel An, les commanditaires sont à chercher ailleurs

Publié : le 5 janvier 2014 à 22:47 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Tout habitué de Kinshasa sait comment  la ville est en ébullition à l’approche du Nouvel An. Mais le 31 décembre a été l’un des plus caractériels de la précarité sécuritaire du Congo. Kinshasa s’est réveillée dans la peur, la confusion et surtout la terreur. Des jeunes gens non autrement identifiés ont créé la panique provoquant une stupeur dans l’ensemble du pays. Des actions similaires ont été signalées  dans la deuxième ville du pays, Lubumbashi (province du Katanga) ainsi que la ville de Kindu dans la province du Maniema où un camp militaire est aussi pris d’assaut.

attaque_congoTrès vite, le nom d’un certain Gidéon Mukungubila circule comme étant l’instigateur de ces attaques. Il s’agirait d’un pasteur, candidat malheureux aux élections de 2006 où il n’a recueilli que 60.000 voix. Le ministre congolais de l’information et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a qualifié ces assaillants de terroristes dont le seul but était de vouloir perturber les fêtes. Pourtant, plusieurs questions persistent à propos  de cette attaque.

Comment des jeunes gens en T-shirt blanc, armés de machettes mais aussi d’armes lourdes telles que des lances roquettes ont pu mener des actions spectaculaires : incursion au siège du média public sans corvée jusqu’à faire irruption sur le plateau, prendre en otage des journalistes et le tout en direct. Ceci est d’autant plus ambigu car la sécurité du site est assurée en permanence par plusieurs militaires de la garde républicaine. Au même moment plusieurs sites névralgiques notamment des camps militaires et l’aéroport international  sont à leur tour attaqués. Ce qui a empêché l’avion présidentiel, avec le président en son bord, d’atterrir et de répliquer sur Lubumbashi.

Et plus encore comment un simple groupe de  « jeunes gens » peut, le temps d’une matinée, paralyser la capitale en menant des actions « spontanées » non seulement à Kinshasa mais aussi à Lubumbashiet à Kindu?

Il est donc difficile de croire que ces actions ont été spontanées et qu’elles découlent du mécontentement suite aux récentes nominations au sein de la police nationale congolaise. En effet, la précision des attaques et les sites visés supposent une minutieuse préparation, des fins connaisseurs de la logistique militaire du pays et surtout de l’argent. Le gouvernement s’est vite empressé de responsabiliser le pasteur Mukungubila, mais ce dernier apparaît être un bouc émissaire et que les vrais commanditaires sont à chercher ailleurs.

Entre-temps, l’ambassade américaine au Congo a rappelé à tous les citoyens américains de s’assurer que leurs documents de voyage, y compris leurs passeports américains, leurs visas congolais et leurs permis de séjour sont valides. En outre, les citoyens américains doivent avoir leurs documents de voyage en leur possession en tout temps, en cas de besoin de voyage immédiat. Tout ne présage pas un avenir radieux.

Et le prisme de violence dans lequel semble être confiné toute l’Afrique centrale détourne  l’attention des Nations Unies au Congo. Selon Colette Braeckman, journaliste, la brigade d’intervention des Nations Unies forte de 3.000, qui a aidé les militaires congolais à mater la rébellion du M23 pourrait être envoyée au Sud Soudan à la demande du président Museveni. Si cette information venait à se confirmer, cela remettra à zéro les compteurs de la pacification dans le Kivu car ça démoraliserait les troupes loyalistes et réveillerait toutes les forces négatives, anesthésiées pour le moment. L’unique solution pour consolider la paix au Congo  passe par l’édification d’une armée forte et républicaine, à même de défendre l’intégrité nationale du pays.

 

Cynthia Bashizi

Jambonews.net

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