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France – Rwanda : Enquête sur l’attentat contre l’avion de Habyarimana, un témoin enlevé au Kenya

Publié : le 20 novembre 2014 à 9:03 | Par | Catégorie: Actualité, Justice

L’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana qui fut l’élément déclencheur du génocide rwandais ne cesse de subir des rebondissements. Après la clôture de l’enquête en juillet dernier, et sa réouverture il y a tout juste un mois, on apprend qu’un témoin a été enlevé à Nairobi, juste quelques jours avant son audition devant les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux chargés du dossier.

Débris de l'avion du Président Habyarimana

Débris de l’avion du Président Habyarimana

Estimant être allés au bout de leur travail d’enquête, les juges français, Trévidic et Poux, annonçaient le 8 juillet dernier la clôture de leur enquête sur l’attentat qui couta la vie à l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais. Trois mois plus tard, alors qu’ils devaient bientôt rendre les conclusions de leur enquête, coup de théâtre, les mêmes juges annoncent avoir rouvert l’enquête, car « il y aurait des éléments nouveaux ».

Deux semaines seulement après l’annonce de la réouverture de l’enquête, on apprend par la RFI qu’un témoin qui devait être auditionné prochainement par les juges chargés de l’enquête a été kidnappé à Nairobi. Coïncidence ou complot de ceux qui craignent de voir la lumière éclater au grand jour dans le dossier Habyarimana?

Le témoin disparu serait un rwandais dénommé, Émile Gafirita. Il était installé à Nairobi depuis quelques mois. Émile Gafirita connaissait en tout cas selon son avocat, les risques qu’il encourait en acceptant de témoigner dans le dossier Habyarimana. Il était connu sous le nom d’Emmanuel Mugisha, un nom d’emprunt. Émile Gafirita était en 1994 un kadogo (enfant-soldat) du FPR. Il faisait partie du 3e bataillon installé à l’époque, suite aux Accords d’Arusha, dans le CND. D’après nos informations, il était à l’époque dans la garde rapprochée du Général de Brigade Charles Karamba, actuel commandant de l’académie militaire de Nyakinama et ancien chef du renseignement du 3e bataillon de l’APR. Après la conquête du pays par le FPR-APR, il est même devenu son chauffeur personnel. Charles Karamba est l’un des officiers de l’APR mise en cause dans le rapport de juge Bruguière comme étant directement impliqué dans l’attentat du 6 avril contre l’avion du Président Habyarimana.

Il aurait contacté par lettre les juges d’instruction français affirmant être l’un des convoyeurs des missiles vers le CND qui devaient servir à abattre l’avion du Président Habyarimana. C’était donc pour pouvoir recueillir son témoignage que les juges Trevidic et Poux auraient rouvert l’instruction.

C’est dans la nuit du 13 novembre dernier qu’il a été kidnappé par deux hommes dans le quartier Dagoretti à Nairobi en rentrant chez lui. Il avait reçu dans la journée sa convocation pour témoigner dans l’affaire Habyarimana, a affirmé à la RFI son avocat français, Maître François Cantier. D’après les informations que nous avons recueillies, il aurait échappé il y a quelques années à une tentative d’assassinat alors qu’il se trouvait en exil en Ouganda.

Des charges pèsent sur sept des proches du président Paul Kagame dans le cadre de cette affaire. Son régime a été à maintes fois mis en cause dans de nombreux enlèvements, intimidations et mêmes assassinats d’opposants à l’étranger, ce qui pousse de nombreux observateurs à voir dans ce rapt de Nairobi, la main du régime Kagame.

Trévidic et Poux lors de leur instruction au Rwanda

Trévidic et Poux lors de leur instruction au Rwanda

Émile Gafirita n’est pas le premier témoin dans l’enquête contre l’avion de Habyarimana à disparaitre, Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs du Rwanda, devenu fervent opposant au régime de Paul Kagamé, a été assassiné le 31 décembre 2013, dans un hôtel à Johannesburg. Considéré comme un témoin direct dans l’attentat du 6 avril, quelques mois avant son assassinat, ce dernier avait accusé publiquement le général Kagame d’être responsable de cet attentat, Karegeya a même affirmé détenir les preuves impliquant l’actuel l’homme fort du Rwanda. Mais il n’a jamais pu être entendu par la justice.

L’ancien chef d’état-major du Rwanda Kayumba Nyamwasa, coaccusé dans l’affaire Habyarimana et exilé en Afrique du Sud, est un autre témoin considéré comme clé dans ce dossier, d’ailleurs une commission rogatoire a été transmise en avril 2012 aux autorités sud-africaines pour pouvoir l’interroger. Ce dernier a fait également l’objet de deux tentatives de meurtre, en juin 2010 et mars 2014, deux rwandais ont été reconnus coupables par la justice sud-africaine pour la première tentative.

La question qui se pose alors est la suivante : « à qui profite cette disparition ? » Si pour la défense c’est une manipulation visant à retarder le verdict, pour les parties civiles, c’est une nouvelle entrave à la justice, diligentée par le régime pour éviter que la lumière soit faite sur cet épisode tragique de l’histoire rwandaise.

 

Jean Mitari

Jambonews.net

 

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4 Commentaires à “France – Rwanda : Enquête sur l’attentat contre l’avion de Habyarimana, un témoin enlevé au Kenya”

  1. RASEC dit :

    L’impunité totale dont jouit Kagame l’a conduit à tomber à l’echelle infra-animale. Il convient de rappeler que récemment, après avoir été démasqué, Kagame a donné l’ordre à ses escadrons de la mort d’aller au Burundi pour déterrer les cadres des rwandais que l’on a trouvés dans le lac Rweru. Aucun homme pourvu d’humanité élémentaire ne peut commettre un tel méfait qui dépasse tout raisonnement rationnel propre de l’Hommes. Aussi ce même Kagame a fait déterrer les restes de Mbonyumutwa Dominique, Premier Président de la République Rwandais dont Kagame est actuellement est pourtant actuellement président. A-t-il fait émietter ces restes comme il l’a fait relativement à Grégoire Kayibamanda? Que celui qui sait où Mbonyumutwa Dominique a été enterré par Kagame en apporte à la connaissence des lecteurs de Jambo News. J’ai vainement fait des recherches.

    Emmanuel Mugisha dit Émile Gafirita a rejoint les autres ci-après.

    1)Le 31 décembre 2013, Assassinat Patrick Karegeya, ancien collaborateur de Kagame
    2) Le 19 juin 2010, le général KAYUMBA Nyamwasa, ancien Chef d’Etat Major de l’APR (Armée Patriotique Rwandaise) réfugié en Afrique du Sud (RSA), a été victime d’une tentative d’assassinat par un tueur qui a tiré sur lui plusieurs balles devant son domicile. Il a survécu grâce à son hospitalisation d’urgence. La police sud africaine a arrêté six suspects dont 2 ont été relâchés. Parmi les suspects relâchés se trouve un prétendu homme d’affaire rwandais qui a disparu depuis sa libération provisoire. En réalité, il s’agit du major François GAKWERERE (Ce dernier, lorsqu’il était capitaine dans l’APR, est impliqué dans l’assassinat de 18 personnalités tuées dans trois embuscades tendues par les militaires de l’APR le 7 juillet 1996 à Rushashi (dans l’ancienne préfecture de Kigali-Rural au Rwanda). Parmi les personnalités tuées ce jour-là se trouvaient l’ancien bourgmestre de Rushashi, M. Vincent MUNYANDAMUTSA, l’ancien procureur du parquet de Rushashi, M. Floribert HABINSHUTI tué avec sa femme, ses deux enfants et trois de ses proches parents ainsi que M. Laurent BWANACYEYE, Directeur de l’Ecole Secondaire de Rwankuba et M. Léopold MUREKEZI, Préfet des Etudes de cette école.
    3) Le 20 juin 2010 vers 20h, Monsieur SIBOMANA Rusanganwa Aimable, Secrétaire Particulier de Maître Bernard NTAGANDA, président du Parti Social IMBERAKURI (PSI), est enlevé près de son domicile à Nyamirambo (capitale Kigali) et porté disparu jusqu’à ce jour. Le PSI est un parti de l’opposition démocratique rwandaise reconnu et dont les membres sont régulièrement persécutés, emprisonnés, chassés de leur boulot ou portés disparus. M. Sibomana, est un ancien policier qui risque d’avoir été assassiné sur ordre du président Paul KAGAME qui ne tolère aucune dissidence des ex-policiers.
    4) Le 21 juin 2010, M. Denis NTARE SEMADWINGA a été égorgé par un commando de 10 personnes à Gisenyi au nord ouest du Rwanda. Cet ancien rebelle Tutsi congolais d’origine rwandaise, est l’ancien chef de cabinet du général Laurent NKUNDA, président du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple).
    5) Le 24 juin 2010, vers 22h, M. Jean Léonard RUGAMBAGE, rédacteur en chef du journal indépendant UMUVUGIZI, une voix critique, a été abattu de 4 balles devant son domicile à Kigali jeudi 24/06/2010 à 22h. Son assassinat fait suite à l’article de son journal UMUVUGIZI qui dénonçait l’implication du président Paul Kagame dans la tentative d’assassinat du général KAYUMBA Nyamwasa, ancien Chef d’Etat Major de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), qui a eu lieu samedi le 19/06/2010 à Johannesburg en République Sud Africaine (RSA).
    6) Le 13 juillet 2010, M. André Kagwa RWISEREKA, Premier Vice Président du Parti Démocratique des Vers du Rwanda (Democratic Green Party of Rwanda), DGPR, a été égorgé et sa tête presque entièrement tranchée. Porté disparu dans la nuit du 13/07/10, son corps a été découvert dans la journée du 14/07/2010 au même endroit où sa voiture avait été retrouvée, à savoir dans la vallée de la rivière Mukura, à 3k à peu près de la ville universitaire de Butare. Né le 31/12/1949 à Rusenge, Nyaruguru, dans la province du Sud au Rwanda, il s’est ensuite exilé en RDCongo dans les années 1960. Il devint l’un des principaux membres du parti au pouvoir, le Front Patriotique Rwandais. Homme d’affaires prospère à Butare, il a été parmi les membres fondateurs du DGPR fondé le 14/08/2009 à l’Hôtel ex-Novotel de Kigali. Il a laissé quatre enfants orphelins.
    Le président rwandais, Paul KAGAME, est le chef de l’Etat qui a éliminé plusieurs de ses anciens collaborateurs en recourant aux assassinats, aux enlèvements et aux emprisonnements arbitraires sur base de fausses accusations fabriquées dans les ateliers de la DMI (Directorate of Military Intelligence) :
    1) Le colonel Théoneste LIZINDE, député du Front Patriotique Rwandais (FPR) au parlement rwandais jusqu’à sa fuite du Rwanda. Il a été assassiné à Naïrobi au Kenya le 6 octobre 1996 en même temps que son ami commerçant, BUGIRIMFURA Augustin. Il a été enlevé d’abord de son domicile par des agents non identifiés avant d’être retrouvé tué d’une balle dans la bouche. Il était en train d’écrire un livre sur les crimes de Kagame.
    2) M. Seth SENDASHONGA, ancien ministre de l’Intérieur du Rwanda du 17/07/1994 au 25 août 1995, a été assassiné le 16/05/1998 à Naïrobi au Kenya par un commando dans la rue. Parmi les diplomates rwandais affectés à Naïrobi et chargés d’orchestrer cet assassinat se trouve Monsieur Alphonse MBAYIRE qui fut à son tour assassiné le 8 février 2001 à Kigali. Son corps fut criblé de plus de 30 balles par un jeune soldat dont on ignore le sort et dont l’issue du procès n’est pas connue. Le 26 février 1996, Seth SENDASHONGA avait déjà été victime d’un autre attentat perpétré par un diplomate de l’Ambassade du Rwanda à Naïrobi, Monsieur François MUGABO. Cet agent a été expulsé du Kenya le 22 juin 1996. Le Gouvernement rwandais avait refusé de lever son immunité diplomatique afin qu’il puisse répondre de ses actes devant un tribunal kenyan. Cet incident a provoqué un froid entre les deux pays et conduit à la fermeture momentanée de l’Ambassade du Rwanda au Kenya. Dans le film « Celui qui savait » produit par un jeune réalisateur canadien et consacré à cet assassinat du 16/05/1998, l’épouse de M. Sendashonga soupçonne le commando envoyé par le régime du président Paul Kagame. L’une des personnes chargées d’assassiner Sendashonga, M. Kiwanuka, a été assassinée à son tour en octobre 2004 dans l’indifférence totale.
    3) Le Major John BIRASA (officier venu du Burundi) et le capitaine EDDY ont été tués le 7 avril 1998 dans un embuscade à Nyarutovu (ancienne préfecture de Ruhengeri) Pourtant jusqu’à ce jour, des interrogations planent sur cet « étrange embuscade » car le cadavre de John Birasa a été brûlé. Aucune enquête n’a été ouverte pour faire la lumière sur les allégations qui persistent 12 ans après. Selon certaines allégations ils seraient tombés dans une embuscade tendue par les « infiltrés hutus » et d’autres spécifiant que cela fut la besogne d’un groupe d’officiers provenant d’Uganda. Ce qui a ravivé des suspicions entre les Rwandais de provenance burundaise d’une part et ougandaise d’autre part (source Jean Pierre MUGABE, déclaration de 1999 intitulé « Message solennel au Général-Major KAGAME Paul au sujet de plusieurs maux qui gangrènent le Rwanda».
    4) M. Assiel KABERA, ancien préfet de la préfecture KIBUYE (est du Rwanda) et conseiller du président de la République Pasteur BIZIMUNGU a été assassiné devant sa maison à Kigali le 5 mars 2000 par un commando non identifié. Les enquêtes menées par un groupe d’amis privés du défunt ont révélé qu’il a été tué une semaine après son entrevue avec le président Paul KAGAME qui en voulait à tous les rescapés tutsis originaires de Kibuye. M. Assiel Kabera aurait été tué pour avoir organisé la fuite en janvier 2000 de M. Joseph SEBARENZI, ancien président du Parlement rwandais, réfugié actuellement aux USA. Ce dernier vient de sortir un livre passionnant sur les méthodes violentes de la gouvernance du président Paul KAGAME.
    5) Le colonel RUTAYISIRE Wilson alias « Shabani », ancien directeur de Radio Rwanda sous le régime de Paul Kagame, fut tué en 2000 en mission et son assassinat fut maquillé en « suicide ».
    6) Le député Léonard HITIMANA (du parti MDR) fut enlevé et porté disparu le 7 avril 2003 à Kigali. Il devait défendre son parti le Mouvement Démocratique Républicain (MDR) au Parlement rwandais le lendemain le 8 avril 2003 et portait sur lui toute la documentation destinée à cette défense qui n’aura jamais lieu. Par contre, le MDR a été suspendu et dissous par décision du Conseil des Ministres en 2003.
    7) Le Lt colonel Augustin CYIZA, ancien président de la Cour de Cassation et vice président de la Cour Suprême du Rwanda, a été enlevé le 23 avril 2003 à Kigali et porté disparu jusqu’à ce jour. Dans un livre collectif sous la direction du professeur André GUICHAOUA, une enquête privée donne le détail sur son enlèvement et sa disparition imputable aux agents de la DMI. M. CYIZA avait rencontré Kagame une semaine plutôt.
    8) Le colonel NGOGA a été empoisonné lorsqu’il osa demander pourquoi le président Kagame s’acharne à jeter le lait provenant des vaches de Ngoga sous prétexte qu’elles seraient atteintes de la maladie de la « vache folle ».
    9) Le major Alex RUZINDANA est porté disparu en 2003. D’après des enquêtes et les déclarations de l’Ancien ministre chargé de la Sécurité, M. Jean de Dieu NTIRUHUNGWA repris par le journal Le Partisan n°49, le meurtrier serait le capitaine BUTERA arrêté et interrogé par la police. Aucune suite des poursuites judiciaires n’est connue. Rappelons que le Major Alex RUZINDANA avait un grand ami, le colonel Danny NDAHIRO. Les deux jeunes officiers étaient très critiques et étaient régulièrement emprisonnés dans des cachots secrets. D’après la déclaration du 03/08/2009 de son épouse, Mme Claire UWAMUTARA, son mari le colonel Danny NDAHIRO a été enlevé chez lui et assassiné le 01/07/2009 à Kigali avec son fils aîné, Magnifique Ndahiro.
    10) En date du 24 octobre 1997 vers 19h, le Capitaine HATEGEKIMANA Théoneste, Commandant du Groupement de Gendarmerie Gitarama-Kibuye, a été tué avec son garde de corps dans la vallée de RUGERAMIGOZI à quelques mètres de son bureau qu’il venait de quitter sur la colline de MBALI près de Kabgayi à Gitarama. C’est un ancien militaire des Forces Armées Rwandaises (ex-FAR) qui avait été intégré dans l’APR tout juste après la défaite des FAR en juillet 1994. Le 6 juin 1997, le Capitaine Théoneste avait échappé à la mort lorsqu’il tomba dans une embuscade tendue par des éléments de l’APR, près du Centre culturel dans la ville même de Gitarama, non loin de sa résidence. Il s’en sortit avec une blessure à la main alors qu’il avait essuyé une quinzaine de coups de feu. Le Général Charles Kayonga serait soupçonné d’avoir commandité ce crime.
    11) Dans la soirée du 4 au 5 mars 1995, assassinat du Préfet de Butare, Pierre Claver RWANGABO, tué avec son fils aîné et son chauffeur. Curieusement, seul son garde de corps a survécu. Le procureur chargé de l’enquête fut emprisonné le 02/05/1996.
    12) Le 27/07/95 l’ancien S/Préfet de Ruhango, Placide KOLONI a été tué et brûlé avec sa femme, ses deux filles et sa domestique dans leur maison dans la ville de Ruhango (Gitarama). Aucune enquête du régime n’a pu éclaircir le mystère de cet assassinat.
    13) Dans la nuit du 10 au 11 mai 1996, le Bourgmestre de KARENGERA (Cyangugu), Mme MUKANDOLI Anne Marie, fut abattue de plusieurs balles chez elle par un élément en uniforme militaire. Une semaine plus tard, dans la nuit du 18 au 19 mai 1996, le Bureau communal de Karengera fut attaqué et complètement incendié par des “individus armés non identifiés” qui auraient libéré 71 des 123 détenus du cachot communal.
    14) Assassinat du Député BURAKALI Evariste dans la soirée du 16 janvier 1997 vers 21h au centre de négoce de Rutare dans la commune RUTARE, préfecture Byumba, par le S/Lieut. KABERA accompagné de deux autres militaires et d’une personne en tenue civile. Le député partageait un verre de bière avec le Bourgmestre et l’Assistant Bourgmestre de Rutare. Le S/Lt Kabera est entré dans la boutique et a blessé la vendeuse avec une bouteille de limonade qu’il venait d’acheter. Le député et ces autorités locales ont conduit la blessée au dispensaire situé à 500 mètres de la Boutique. Le S/Lt Kabera a pris le fusil de son garde de corps et les a suivi à pieds. A travers la porte, il a jeté un coup d’oeil dans la salle des pansements. Il a contourné le dispensaire, s’est posté derrière la fenêtre puis a tiré 3 balles sans sommation sur Burakali. Blessé au niveau de l’épaule et la jambe droite, le député Burakali est décédé à l’Hôpital Roi Fayçal à 2h25 du matin. Il était tutsi modéré et membre du Parti Libéral très critique envers le régime FPR.

    La liste est longue. A l’actif de Kagame, plusieurs millions de morts rwandais et congolais sont enregistrés et il a lui-même reconnu ses crimes devant des millions de Rwandais et étrangers.

    Sources: CLIIR : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda.

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  2. RASEC dit :

    Émile Gafirita a rejoint quelques autres compatriotes ci-après, extraits dans la liste des millions de morts rwandais à l’actif de Kagame et ses escadrons de la mort.

    1)Le 31 décembre 2013, Assassinat Patrick Karegeya, ancien collaborateur de Kagame

    2) Le 19 juin 2010, le général KAYUMBA Nyamwasa, ancien Chef d’Etat Major de l’APR (Armée Patriotique Rwandaise) réfugié en Afrique du Sud (RSA), a été victime d’une tentative d’assassinat par un tueur qui a tiré sur lui plusieurs balles devant son domicile. Il a survécu grâce à son hospitalisation d’urgence. La police sud africaine a arrêté six suspects dont 2 ont été relâchés. Parmi les suspects relâchés se trouve un prétendu homme d’affaire rwandais qui a disparu depuis sa libération provisoire. En réalité, il s’agit du major François GAKWERERE (Ce dernier, lorsqu’il était capitaine dans l’APR, est impliqué dans l’assassinat de 18 personnalités tuées dans trois embuscades tendues par les militaires de l’APR le 7 juillet 1996 à Rushashi (dans l’ancienne préfecture de Kigali-Rural au Rwanda). Parmi les personnalités tuées ce jour-là se trouvaient l’ancien bourgmestre de Rushashi, M. Vincent MUNYANDAMUTSA, l’ancien procureur du parquet de Rushashi, M. Floribert HABINSHUTI tué avec sa femme, ses deux enfants et trois de ses proches parents ainsi que M. Laurent BWANACYEYE, Directeur de l’Ecole Secondaire de Rwankuba et M. Léopold MUREKEZI, Préfet des Etudes de cette école.

    3) Le 20 juin 2010 vers 20h, Monsieur SIBOMANA Rusanganwa Aimable, Secrétaire Particulier de Maître Bernard NTAGANDA, président du Parti Social IMBERAKURI (PSI), est enlevé près de son domicile à Nyamirambo (capitale Kigali) et porté disparu jusqu’à ce jour. Le PSI est un parti de l’opposition démocratique rwandaise reconnu et dont les membres sont régulièrement persécutés, emprisonnés, chassés de leur boulot ou portés disparus. M. Sibomana, est un ancien policier qui risque d’avoir été assassiné sur ordre du président Paul KAGAME qui ne tolère aucune dissidence des ex-policiers.

    4) Le 21 juin 2010, M. Denis NTARE SEMADWINGA a été égorgé par un commando de 10 personnes à Gisenyi au nord ouest du Rwanda. Cet ancien rebelle Tutsi congolais d’origine rwandaise, est l’ancien chef de cabinet du général Laurent NKUNDA, président du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple).

    5) Le 24 juin 2010, vers 22h, M. Jean Léonard RUGAMBAGE, rédacteur en chef du journal indépendant UMUVUGIZI, une voix critique, a été abattu de 4 balles devant son domicile à Kigali jeudi 24/06/2010 à 22h. Son assassinat fait suite à l’article de son journal UMUVUGIZI qui dénonçait l’implication du président Paul Kagame dans la tentative d’assassinat du général KAYUMBA Nyamwasa, ancien Chef d’Etat Major de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), qui a eu lieu samedi le 19/06/2010 à Johannesburg en République Sud Africaine (RSA).

    6) Le 13 juillet 2010, M. André Kagwa RWISEREKA, Premier Vice Président du Parti Démocratique des Vers du Rwanda (Democratic Green Party of Rwanda), DGPR, a été égorgé et sa tête presque entièrement tranchée. Porté disparu dans la nuit du 13/07/10, son corps a été découvert dans la journée du 14/07/2010 au même endroit où sa voiture avait été retrouvée, à savoir dans la vallée de la rivière Mukura, à 3k à peu près de la ville universitaire de Butare. Né le 31/12/1949 à Rusenge, Nyaruguru, dans la province du Sud au Rwanda, il s’est ensuite exilé en RDCongo dans les années 1960. Il devint l’un des principaux membres du parti au pouvoir, le Front Patriotique Rwandais. Homme d’affaires prospère à Butare, il a été parmi les membres fondateurs du DGPR fondé le 14/08/2009 à l’Hôtel ex-Novotel de Kigali. Il a laissé quatre enfants orphelins.

    Le président rwandais, Paul KAGAME, est le chef de l’Etat qui a éliminé plusieurs de ses anciens collaborateurs en recourant aux assassinats, aux enlèvements et aux emprisonnements arbitraires sur base de fausses accusations fabriquées dans les ateliers de la DMI (Directorate of Military Intelligence) :

    1)Le colonel Théoneste LIZINDE, député du Front Patriotique Rwandais (FPR) au parlement rwandais jusqu’à sa fuite du Rwanda. Il a été assassiné à Naïrobi au Kenya le 6 octobre 1996 en même temps que son ami commerçant, BUGIRIMFURA Augustin. Il a été enlevé d’abord de son domicile par des agents non identifiés avant d’être retrouvé tué d’une balle dans la bouche. Il était en train d’écrire un livre sur les crimes de Kagame.

    2)M. Seth SENDASHONGA, ancien ministre de l’Intérieur du Rwanda du 17/07/1994 au 25 août 1995, a été assassiné le 16/05/1998 à Naïrobi au Kenya par un commando dans la rue. Parmi les diplomates rwandais affectés à Naïrobi et chargés d’orchestrer cet assassinat se trouve Monsieur Alphonse MBAYIRE qui fut à son tour assassiné le 8 février 2001 à Kigali. Son corps fut criblé de plus de 30 balles par un jeune soldat dont on ignore le sort et dont l’issue du procès n’est pas connue. Le 26 février 1996, Seth SENDASHONGA avait déjà été victime d’un autre attentat perpétré par un diplomate de l’Ambassade du Rwanda à Naïrobi, Monsieur François MUGABO. Cet agent a été expulsé du Kenya le 22 juin 1996. Le Gouvernement rwandais avait refusé de lever son immunité diplomatique afin qu’il puisse répondre de ses actes devant un tribunal kenyan. Cet incident a provoqué un froid entre les deux pays et conduit à la fermeture momentanée de l’Ambassade du Rwanda au Kenya. Dans le film « Celui qui savait» produit par un jeune réalisateur canadien et consacré à cet assassinat du 16/05/1998, l’épouse de M. Sendashonga soupçonne le commando envoyé par le régime du président Paul Kagame. L’une des personnes chargées d’assassiner Sendashonga, M. Kiwanuka, a été assassinée à son tour en octobre 2004 dans l’indifférence totale.

    3)Le Major John BIRASA (officier venu du Burundi) et le capitaine EDDY ont été tués le 7 avril 1998 dans un embuscade à Nyarutovu (ancienne préfecture de Ruhengeri) Pourtant jusqu’à ce jour, des interrogations planent sur cet « étrange embuscade » car le cadavre de John Birasa a été brûlé. Aucune enquête n’a été ouverte pour faire la lumière sur les allégations qui persistent 12 ans après. Selon certaines allégations ils seraient tombés dans une embuscade tendue par les « infiltrés hutus » et d’autres spécifiant que cela fut la besogne d’un groupe d’officiers provenant d’Uganda. Ce qui a ravivé des suspicions entre les Rwandais de provenance burundaise d’une part et ougandaise d’autre part (source Jean Pierre MUGABE, déclaration de 1999 intitulé « Message solennel au Général-Major KAGAME Paul au sujet de plusieurs maux qui gangrènent le Rwanda».

    4)M. Assiel KABERA, ancien préfet de la préfecture KIBUYE (est du Rwanda) et conseiller du président de la République Pasteur BIZIMUNGU a été assassiné devant sa maison à Kigali le 5 mars 2000 par un commando non identifié. Les enquêtes menées par un groupe d’amis privés du défunt ont révélé qu’il a été tué une semaine après son entrevue avec le président Paul KAGAME qui en voulait à tous les rescapés tutsis originaires de Kibuye. M. Assiel Kabera aurait été tué pour avoir organisé la fuite en janvier 2000 de M. Joseph SEBARENZI, ancien président du Parlement rwandais, réfugié actuellement aux USA. Ce dernier vient de sortir un livre passionnant sur les méthodes violentes de la gouvernance du président Paul KAGAME.

    5)Le colonel RUTAYISIRE Wilson alias « Shabani», ancien directeur de Radio Rwanda sous le régime de Paul Kagame, fut tué en 2000 en mission et son assassinat fut maquillé en « suicide ».

    6)Le député Léonard HITIMANA (du parti MDR) fut enlevé et porté disparu le 7 avril 2003 à Kigali. Il devait défendre son parti le Mouvement Démocratique Républicain (MDR) au Parlement rwandais le lendemain le 8 avril 2003 et portait sur lui toute la documentation destinée à cette défense qui n’aura jamais lieu. Par contre, le MDR a été suspendu et dissous par décision du Conseil des Ministres en 2003.

    7)Le Lt colonel Augustin CYIZA, ancien président de la Cour de Cassation et vice président de la Cour Suprême du Rwanda, a été enlevé le 23 avril 2003 à Kigali et porté disparu jusqu’à ce jour. Dans un livre collectif sous la direction du professeur André GUICHAOUA, une enquête privée donne le détail sur son enlèvement et sa disparition imputable aux agents de la DMI. M. CYIZA avait rencontré Kagame une semaine plutôt.

    8)Le colonel NGOGA a été empoisonné lorsqu’il osa demander pourquoi le président Kagame s’acharne à jeter le lait provenant des vaches de Ngoga sous prétexte qu’elles seraient atteintes de la maladie de la « vache folle ».

    9)Le major Alex RUZINDANA est porté disparu en 2003. D’après des enquêtes et les déclarations de l’Ancien ministre chargé de la Sécurité, M. Jean de Dieu NTIRUHUNGWA repris par le journal Le Partisan n°49, le meurtrier serait le capitaine BUTERA arrêté et interrogé par la police. Aucune suite des poursuites judiciaires n’est connue. Rappelons que le Major Alex RUZINDANA avait un grand ami, le colonel Danny NDAHIRO. Les deux jeunes officiers étaient très critiques et étaient régulièrement emprisonnés dans des cachots secrets. D’après la déclaration du 03/08/2009 de son épouse, Mme Claire UWAMUTARA, son mari le colonel Danny NDAHIRO a été enlevé chez lui et assassiné le 01/07/2009 à Kigali avec son fils aîné, Magnifique Ndahiro.

    10)En date du 24 octobre 1997 vers 19h, le Capitaine HATEGEKIMANA Théoneste, Commandant du Groupement de Gendarmerie Gitarama-Kibuye, a été tué avec son garde de corps dans la vallée de RUGERAMIGOZI à quelques mètres de son bureau qu’il venait de quitter sur la colline de MBALI près de Kabgayi à Gitarama. C’est un ancien militaire des Forces Armées Rwandaises (ex-FAR) qui avait été intégré dans l’APR tout juste après la défaite des FAR en juillet 1994. Le 6 juin 1997, le Capitaine Théoneste avait échappé à la mort lorsqu’il tomba dans une embuscade tendue par des éléments de l’APR, près du Centre culturel dans la ville même de Gitarama, non loin de sa résidence. Il s’en sortit avec une blessure à la main alors qu’il avait essuyé une quinzaine de coups de feu. Le Général Charles Kayonga serait soupçonné d’avoir commandité ce crime.

    11)Dans la soirée du 4 au 5 mars 1995, assassinat du Préfet de Butare, Pierre Claver RWANGABO, tué avec son fils aîné et son chauffeur. Curieusement, seul son garde de corps a survécu. Le procureur chargé de l’enquête fut emprisonné le 02/05/1996.

    12)Le 27/07/95 l’ancien S/Préfetde Ruhango, Placide KOLONI a été tué et brûlé avec sa femme, ses deux filles et sa domestique dans leur maison dans la ville de Ruhango (Gitarama). Aucune enquête du régime n’a pu éclaircir le mystère de cet assassinat.

    13)Dans la nuit du 10 au 11 mai 1996, le Bourgmestre de KARENGERA (Cyangugu), Mme MUKANDOLI Anne Marie, fut abattue de plusieurs balles chez elle par un élément en uniforme militaire. Une semaine plus tard, dans la nuit du 18 au 19 mai 1996, le Bureau communal de Karengera fut attaqué et complètement incendié par des “individus armés non identifiés” qui auraient libéré 71 des 123 détenus du cachot communal.

    14)Assassinat du Député BURAKALI Evariste dans lasoirée du 16 janvier 1997 vers 21hau centre de négoce de Rutare dans lacommune RUTARE, préfecture Byumba, par le S/Lieut. KABERA accompagné de deux autres militaires et d’une personne en tenue civile. Le député partageait un verre de bière avec le Bourgmestre et l’Assistant Bourgmestre de Rutare. Le S/Lt Kabera est entré dans la boutique et a blessé la vendeuse avec une bouteille de limonade qu’il venait d’acheter. Le député et ces autorités locales ont conduit la blessée au dispensaire situé à 500 mètres de la Boutique. Le S/Lt Kabera a pris le fusil de son garde de corps et les a suivi à pieds. A travers la porte, il a jeté un coup d’oeil dans la salle des pansements. Il a contourné le dispensaire, s’est posté derrière la fenêtre puis a tiré 3 balles sans sommation sur Burakali. Blessé au niveau de l’épaule et la jambe droite, le député Burakali est décédé à l’Hôpital Roi Fayçal à 2h25 du matin. Il était tutsi modéré et membre du Parti Libéral très critique envers le régime FPR.
    Il s’ensuit que le Juge Marc Trévidic ne peut ou ne pouvait pas prétendre ignorer les méfaits et la nocivité de Kagame et doit conséquemment démissionner pour l’honneur de la dignité de son pays. Pourquoi a-t-il rendu public le nom du témoins le tout au mépris des lois de son pays, alors qu’il savait qu’en tout état de cause Kagame ne restera pas inerte et ce d’autant plus celui-ci a maintes fois prouvé sa nocivité notamment dans les affaires ci-dessus dont ce juge français ne peut nullement prétendre ignorer.

    Sources: CLIIR*: Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda.

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  3. Bertrand Loubard dit :

    N’a-t-on jamais vu, dans nos Etats de Droit, dans nos Pays Démocratiques où tous les Pouvoirs émanent exclusivement du Peuple et s’exercent d’une manière indépendante et sont séparés les uns des autres, un Juge se « fourvoyer » (se compromettre naïvement) lors d’un « souper spaghetti » avec les victimes d’une affaire dont il était en charge de l’Instruction (toujours en cours, à l’époque) ? De ce fait, ne se serait-il pas vu, ce Juge d’Instruction, à son grand « étonnement » d’ailleurs, dessaisi d’une affaire qui, si « on avait laissé faire son Procureur……..etc. » ?
    Le Juge italien Falcone, après plusieurs tentatives d' »intimidation » de la part de Cosa Nostra, ne fut-il pas assassiné le 23 mai 1992, pour ne pas voir été déchargé, assez tôt, de ces enquêtes sur le blanchissement suisse de l’argent sale, sur la Maffia sicilienne et sur la « Pizza Connection » ?
    Et Carla Del Ponte (Carlita la Pesta, justement un des bras droits de Falcone) n’a-t-elle pas été « sauvée » par le trio  » Annan – Gahima – Prosper » du sort qui aurait pu lui être réservé au cas où elle aurait non seulement « cité les faits mais aussi, donné les noms » ?…. Depuis lors, persona non grata au Rwanda, la Carla, au même titre qu’Alison Desforges († ?)
    A l’heure du repositionnement médiatiques des nos « vedettes inoxydables » des futures élections en France, aux USA, en RDC, au Burundi, au Rwanda (et ailleurs), ne serait-il pas judicieux que Mme Taubira (1) n’envisage (et n’obtienne, marchandage oblige) le dessaisissement des Juges Treveidic et Poux. A côté du fait que cela pourrait leur sauver la peau, cela donnerait, opportunément, le temps au temps pour faire taire, nécessairement, les rumeurs les plus folles et affirmer l’indépendance et la sérénité de la Justice. Les Crimes contre la Paix, les Crimes contre l’Humanité, les Crimes de Guerres et les Génocides sont, de toutes les façons imprescriptibles. Donc, « on » aura tout le temps, comme dans le cas de Katyn (et tant d’autres), pour, le moment venu, d’officiellement dévoiler et fleurir une plaque commémorative reprenant les noms des victimes en taisant ceux des bourreaux….
    (1) http://bernardlugan.blogspot.fr/

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