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Journée internationale de la femme – Rencontre avec Liliane

Publié : le 8 mars 2015 à 21:10 | Par | Catégorie: En bref
Liliane, 33 ans, belgo-rwandaise, écrivaine et mère de famille.

 

Ce 8 mars nous fêtons la Journée Internationale de la Femme. Que t’évoque-t-elle?

femme1Pour moi, la Journée Internationale de la Femme est une occasion pour prendre du temps et penser à cet être aimant et courageux qu’est la femme. C’est vanter ses mérites et lui permettre pendant une journée de prendre du temps pour elle, de se poser et réfléchir aux prochaines étapes et aux défis qu’elle aimerait relever.

Ça ne devrait pas être le moment pour dénoncer les violences faites envers elle, ni le fait qu’elle a encore à prouver plus que les hommes pour pouvoir bénéficier du même traitement salarial par exemple. Ces préoccupations devraient être quotidiennes et intégrées dans des politiques globales.

Elle n’attend pas le 08 mars pour montrer qu’elle est une battante et qu’elle est précieuse. Elle vit ça chaque jour qui passe. Ainsi, il ne faut pas attendre ce jour pour lui dire à quel point elle est importante pour la société.

Le monde est fait d’hommes et de femmes. Elle a sa place pour le faire évoluer, changer tout autant que l’homme.

 

Penses-tu que la condition de la femme s’améliore d’année en année?     

Je suis convaincue que la valeur de la femme prend de plus en plus d’ampleur et ne peut plus être contestée. La condition de la femme a clairement changé en positif mais c’est dommage que dans certains pays, dans certains domaines, elle doit encore se battre pour être traitée avec plus de sérieux et d’égards.

 

Quelle place penses-tu que la femme occupe ou devrait occuper dans des domaines tels que la politique, la famille ou encore dans le monde du travail? 

On voit de plus en plus de femmes sur la scène politique et au niveau économique, il ne fait aucun doute que les femmes, en plus d’être présentes dans de nombreux domaines, sont tout aussi perfomantes, si ce n’est plus, que les hommes. Pensons à Oprah Winfrey ou à Janet Yellen qui font partie de ces dirigeants féroces.

Même à des niveaux plus proches de « monsieur tout le monde », les femmes prennent en main leurs destins et entreprennent de plus en plus pour subvenir à leurs besoins et aux besoins de leurs familles. La femme du 21ème siècle est clairement une femme qui va de l’avant et qui ose, confiante et fière.

La femme est partout et quand elle s’engage, c’est pour apporter une valeur ajoutée sûre. Alors pour moi, la femme devrait, sans discussion, avoir les mêmes chances que les hommes. On ne devrait pas avoir à se poser ce genre de questions.


En tant que femme d’origine rwandaise vivant en Belgique, est-il facile de combiner les deux cultures  (rwandaise et belge ) dans sa vie quotidienne?   

La culture rwandaise telle que je la vis au quotidien épouse parfaitement la culture belge. Je dirais que les deux cohabitent en harmonie et me permettent chacune à sa manière de m’épanouir et d’apporter un plus à ce que je fais. Par exemple, mes enfants, bien qu’évoluant dans cette société et parlant le néerlandais et le français, apprennent avec moi le kinyarwanda et le comprennent assez bien. Donc, eux aussi, tout comme moi, bénéficient de cette chance d’avoir des racines variées.

C’est d’ailleurs cette richesse d’avoir deux cultures qui me permet de m’épanouir en tant qu’auteure car je puise dans l’une et l’autre pour parler des différents sujets qui m’interpellent. D’ailleurs, mon dernier livre, qui est un recueil de poèmes, illustre bien cela. Certains poèmes sont en français et d’autres en kinyarwanda.

Bien sûr, il y a des situations dans lesquelles le choc de ces cultures devient inévitable comme quand il s’agit de coutumes ancrées mais en discutant on arrive à comprendre le point de vue de l’autre et à accepter sa décision. Et c’est souvent avec des personnes plus âgées que des situations comme celles-là se présentent.

 

Que pourrais-tu dire à nos lectrices à l’occasion de cette Journée de la Femme?

J’encouragerais toutes celles qui veulent se lancer dans un projet et je leur dirais de foncer et de ne pas se mettre de limites. La femme a un potentiel énorme et elle ne devrait pas se sentir démunie. Mais attention : nous devons rester femmes, c’est-à-dire ne pas mal interpréter le principe d’égalité homme-femme. En effet, je pense que si Dieu nous a créé homme et femme c’était pour une bonne raison et nous devons garder cet équilibre par le respect et la compréhension mutuelle.

Et un dernier mot : Bonne fête de la femme à toutes celles qui se battent au quotidien pour un meilleur lendemain. Spéciale dédicace à celles qui connaissent la guerre, la famine, la violence conjugale et autres formes de violences.

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