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Le Rwanda expulse des enquêteurs français

Le Rwanda expulse des enquêteurs français

Les autorités rwandaises annoncent avoir expulsé la semaine dernière de leur pays, une commission rogatoire française qui était venue au Rwanda, pour poursuivre ses enquêtes concernant plusieurs rwandais vivant en France et soupçonnés d’avoir pris part au génocide de 1994.

Martin Ngoga (source:Igihe.com)

Martin Ngoga (source:Igihe.com)


C’est lors d’une conférence de presse tenue à Arusha en Tanzanie ce jeudi 22 mars, que Martin Ngoga, le procureur général du Rwanda a annoncé que son pays avait expulsé une semaine plus tôt, une équipe d’enquêteurs français qui était venue au Rwanda, pour mener des enquêtes sur plusieurs rwandais refugiés en France, et soupçonnés d’avoir joué un rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda. Martin Ngoga a indiqué que ces enquêteurs ont été expulsés, car  ils ne semblent pas faire un travail sérieux. « Si vous n’êtes pas prêts pour ces affaires, vous pourriez suspendre vos enquêtes, ne continuez pas à nous faire perdre notre temps, ne continuez pas à effectuer des visites innombrables au Rwanda sans résultats ». a-t-il souligné. « La France nous a très déçu  avec la façon dont elle traite les affaires liées au génocide. Selon nos statistiques, la France a envoyé plus de missions rogatoires au Rwanda que tout autre pays européen », a-t-il poursuivi lors de cette conférence de presse dont l’Agence de Presse Hirondelle s’est fait écho. Martin Ngoga a rappelé que l’équipe refoulée la semaine dernière avait déjà effectué 34 missions au Rwanda.
En effet, plusieurs Rwandais vivant en France font l’objet d’enquêtes sur leur rôle présumé dans les massacres de 1994, mais aucun procès n’a encore eu lieu dans ce pays, accusé par Kigali d’avoir soutenu le régime en place pendant le génocide. Parmi les personnes poursuivies par la justice française figurent, Agathe Habyarimana, veuve du président rwandais assassiné en avril 1994, dont Kigali réclame depuis des années son extradition, mais à chaque fois sa requête a été rejetée par la justice française, jugeant que le Rwanda n’était pas à même de garantir un « procès équitable » et l’accès à une justice indépendante. Agathe Habyarimana est accusée par le Rwanda,  d’être impliquée dans la planification du génocide au Rwanda en 1994, mais pour son avocat, Agathe Habyarimana fait les frais du rapprochement entre Paris et Kigali, et dénonce le fait que » le cas d’Agathe Habyarimana se règle sur le terrain diplomatique plutôt que judiciaire ». Rappelons que la brève arrestation d’Agathe Habyarimana, début mars 2010, était intervenue cinq jours seulement après un voyage du président français, Nicolas Sarkozy, au Rwanda placé sous le signe de la réconciliation. Une visite d’ailleurs, durant laquelle le président français avait reconnu de « graves erreurs d’appréciation » de la France lors du génocide et demandé que les « génocidaires » soient punis.
Le parquet général du Rwanda par Martin Ngoga, a menacé de revoir ses relations de travail avec la France, si cette dernière « ne change pas sa façon de traiter les affaires liées au génocide« .  Le Rwanda se dit ne plus être disposé à  accepter que la France évoque des motifs budgétaires pour retarder voire négliger les poursuites contre les personnes suspectées de génocidese cachant en France. Le procureur général du Rwanda reproche d’autre part à Paris, « d’accorder plus d’importance à un délit routier qu’à un dossier de génocide« .
Jean Mitari
Jambonews.net

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