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Case-départ ou la mémoire tronquée ?

Publié : le 24 juillet 2011 à 15:13 | Par | Catégorie: Culture

Dernièrement est sorti sur les grands écrans en France un film intitulé ‘Case Départ’. Ce film met en scène les comiques découverts par le Jamel Comedy Club, Fabrice Eboué et Thomas Ngijol. En plus d’être les acteurs principaux, ils en sont aussi les réalisateurs.

case-depart-Affiche

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Le film ‘Case-départ’ met en scène 2 frères qui s’ignorent comme tels, renvoyés au temps de l’esclavage, ceci étant une punition de leur « jemenfoutisme » quant à l’histoire de leurs ancêtres.

Le reproche autour de ce film est qu’il aborde un sujet grave et important de manière comique. Or ce sujet n’est pratiquement jamais mentionné dans la sphère occidentale et une fois qu’il est présenté à un large public, le message est adouci, limite anesthésié. Car on ne peut parler de l’esclavage sans exposer les douleurs, sans parler des tenants et des aboutissants, sans visualiser les coups de fouets tombés sur les chairs. Parler de l’esclavage et du colonialisme fait mal au propre comme au figuré.

Assurément, le paysage du monde noir en France n’est pas le même que le monde congolais en Belgique. Mais les deux sont les survivants et les porteurs de l’histoire de l’esclavage.

Il est rare, trop rare de pouvoir voir sur les écrans francophones des productions africaines qui abordent de questions qui touchent au développement de la population subsaharienne, questions dont les réponses pourraient entraîner une modification du regard sur le monde occidental.

Un projet cinématographique nécessite un budget et la réalisation d’un projet nécessite que le concepteur et les bailleurs de fond s’accordent sur le message. Si le message développé ne plaît pas au bailleur de fonds, celui-ci peut refuser d’investir désormais dans le futur film, que ce soit au niveau de sa production ou de sa distribution.

Ce sont bien les moyens qui manquent ( ou qui sont mal utilisés). L’esclavage dans le Congo belge est si peu raconté. On sait, sans vraiment savoir. Ceux qui ont eu la possibilité de lire, entre autres, le livre d’Adam Hochschild « Les fantômes du Roi Léopold » savent de quoi il retourne. Et encore il s’agit d’un ouvrage parmi tant d’autres.

Aussi pour le monde congolais, au-delà du questionnement de «  peut-on rire de la souffrance nègre ? » Les congolais se rendent-ils compte de la souffrance congolaise ? Celle d’hier et celle d’aujourd’hui ? Quels sont les efforts entrepris pour récolter toutes ces histoires vécues par nos chers vieux ? Les vieillards meurent, les bibliothèques brûlent.

Et ces pensées qui partent en fumée dissipent dans le temps des éléments de construction d’union nationale et diminuent l’apport de l’histoire vécue et racontée par les congolais eux-mêmes et non par des agents extérieurs.

Comme l’a si bien dit un journaliste, lors du défilé national belge du  21 juillet 2011 : « les peuples qui n’ont pas de mémoire, n’ont pas d’avenir ».

 

Grâce Nzeza-Di-Nzeza

Jambonews.net

 

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4 Commentaires à “Case-départ ou la mémoire tronquée ?”

  1. Wendy_Rwanda dit :

    Bonjour,

    J’ai été voir ce film ce WE et je ne suis pas du tout d’accord avec vous quand vous dites: ‘Le reproche autour de ce film est qu’il aborde un sujet grave et important de manière comique. Or ce sujet n’est pratiquement jamais mentionné dans la sphère occidentale et une fois qu’il est présenté à un large public, le message est adouci, limite anesthésié.’
    On peut aborder un sujet grave de manière comique! si vous avez vu le film vous conviendrez que la violence que la souffrance, violence -aussi bien verbale que physique (la scène de fouettage) imposées aux ‘nègres’ était bien palpable.
    En fait pour une fois je ne comprends pas du tout le message que vous voulez passer via cet article? vous parlez du Congo, de projet cinématographique… Est-ce un appel à faire une production sur le malheur congolais?

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  2. kagabo dit :

    Salut, Moi aussi pour une première fois je ne suis pas d’accord avec un article de jambonews.
    On dirait que cet article a pour but de faire culpabiliser les africains qui vivent en Belgique « peuple qui n’a pas de mémoire » ou des bailleur belge. Or, il est claire que dans le monde artistique la France a toujours eu une longueur d’avance sur la Belgique (de manière générale sur d’autre pays francophone ), Même les artiste canadien suisse ou belge vont en france s’il veulent avoire une carrière ingternational et ce n’est pas les exemple qui manque …

    Donc pour un oeuvre qui sort du commun ça ne me surprend pas que il soit produit par les français.

    De plus, je ne sais pas si tu as vraiment les sources qui t’ont montré un artiste reconnu qui a du talent , qui a voulu traiter le sujet et qui a laissé tomber pour manque de moyens. …

    bonne semaine

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  3. Michaël dit :

    Nous faisons presque tous ce triste constant: la mémoire nègre n’est traitée que sous l’angle ironique, comique…Ceci révèle en réalité les considérations qu’ont certains peuples « dominants » de la souffrance noire. On est dans la suite logique des préjugés qui frappent l’Homme noir: peu sérieux, éternel enfant, désinvolte, inconséquent donc sujet aux moqueries, brimades, etc. Pire encore, les acteurs noirs, narcissiques à souhait et soucieux de leurs petites carrières, participent à cette entreprise de mépris! Aucun recul, aucune remise en cause.Comment peut-on être respecté si déjà les premiers concernés ne se respectent pas?
    Oui, la question posée ici est celle du respect. Disons-le clairement, l’Homme noir n’est pas respecté dans le monde. Il ne fait qu’à attirer vers lui soit le mépris,soit la compassion, celle qu’on manifeste vis à vis d’un maudit ( Maladie, sous développement, guerres civiles, etc;etc). Loin de moi la volonté de sombrer dans le misérabilisme ou la victimisation dans lesquels se complaisent des « associations représentatives noires », j’ai toujours pensé que le respect est une question de rapport de forces. C’est l’ordre naturel des choses! Ne dit-on pas que le respect s’impose? Au lieu de quémander le respect, les peuples noirs devraient réfléchir sur les moyens de s’imposer, de devenir respectables ( malheureusement, dans le paradigme « moderne », le respect est corollaire de votre degré de développement intellectuel, économique,etc.). Demandez aux asiatiques, qui, dans une autre époque, étaient méprisés, considérés comme des pestifères, des sauvages (rappelez vous de caricatures d’asiatiques jouant avec les têtes humaines coupées,). Qui oserait aujourd’hui leur manquer de respect?

    Conclusion logique: La souffrance nègre sera respecté , reconnu à sa juste valeur, le jour où l’Homme noir sera respecté. Autre chose n’est que pleurnicherie , palabres inutiles.

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  4. epimaque dit :

    alors que pansez vs des refugies rds en Afrique??

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