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Case-départ ou la mémoire tronquée ?

Case-départ ou la mémoire tronquée ?

Dernièrement est sorti sur les grands écrans en France un film intitulé ‘Case Départ’. Ce film met en scène les comiques découverts par le Jamel Comedy Club, Fabrice Eboué et Thomas Ngijol. En plus d’être les acteurs principaux, ils en sont aussi les réalisateurs.

case-depart-Affiche

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Le film ‘Case-départ’ met en scène 2 frères qui s’ignorent comme tels, renvoyés au temps de l’esclavage, ceci étant une punition de leur « jemenfoutisme » quant à l’histoire de leurs ancêtres.
Le reproche autour de ce film est qu’il aborde un sujet grave et important de manière comique. Or ce sujet n’est pratiquement jamais mentionné dans la sphère occidentale et une fois qu’il est présenté à un large public, le message est adouci, limite anesthésié. Car on ne peut parler de l’esclavage sans exposer les douleurs, sans parler des tenants et des aboutissants, sans visualiser les coups de fouets tombés sur les chairs. Parler de l’esclavage et du colonialisme fait mal au propre comme au figuré.
Assurément, le paysage du monde noir en France n’est pas le même que le monde congolais en Belgique. Mais les deux sont les survivants et les porteurs de l’histoire de l’esclavage.
Il est rare, trop rare de pouvoir voir sur les écrans francophones des productions africaines qui abordent de questions qui touchent au développement de la population subsaharienne, questions dont les réponses pourraient entraîner une modification du regard sur le monde occidental.
Un projet cinématographique nécessite un budget et la réalisation d’un projet nécessite que le concepteur et les bailleurs de fond s’accordent sur le message. Si le message développé ne plaît pas au bailleur de fonds, celui-ci peut refuser d’investir désormais dans le futur film, que ce soit au niveau de sa production ou de sa distribution.
Ce sont bien les moyens qui manquent ( ou qui sont mal utilisés). L’esclavage dans le Congo belge est si peu raconté. On sait, sans vraiment savoir. Ceux qui ont eu la possibilité de lire, entre autres, le livre d’Adam Hochschild « Les fantômes du Roi Léopold » savent de quoi il retourne. Et encore il s’agit d’un ouvrage parmi tant d’autres.
Aussi pour le monde congolais, au-delà du questionnement de «  peut-on rire de la souffrance nègre ? » Les congolais se rendent-ils compte de la souffrance congolaise ? Celle d’hier et celle d’aujourd’hui ? Quels sont les efforts entrepris pour récolter toutes ces histoires vécues par nos chers vieux ? Les vieillards meurent, les bibliothèques brûlent.
Et ces pensées qui partent en fumée dissipent dans le temps des éléments de construction d’union nationale et diminuent l’apport de l’histoire vécue et racontée par les congolais eux-mêmes et non par des agents extérieurs.
Comme l’a si bien dit un journaliste, lors du défilé national belge du  21 juillet 2011 : « les peuples qui n’ont pas de mémoire, n’ont pas d’avenir ».
 
Grâce Nzeza-Di-Nzeza
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