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Rwanda : la propagande du FPR passée au crible

Publié : le 30 janvier 2012 à 14:24 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité
Conférence de presse des avocats des accusés 11/01/2012 - Rwanda - Attaque contre l'avion présidentiel, 6 avril 1994

Conférence de presse des avocats des accusés 11/01/2012 - Rwanda - Attaque contre l'avion présidentiel, 6 avril 1994

Depuis les évènements tragiques survenus au Rwanda en 1994, et l’accession au pouvoir d’un gouvernement dirigé par le FPR, le pays continue de se construire sur les mensonges et l’histoire manipulée. « Mensonges et manipulation » sont les maitres mots des nouveaux maitres du Rwanda. Dans cette quête de manipuler la vérité, le régime s’est entouré d’ alliés, qui consciemment ou pas contribuent largement à imposer une réalité imaginaire, une réalité revue et corrigée pour servir à leurs plans machiavéliques.  » De tout temps, ces conteurs comme leurs publics ont préféré les histoires où les bons combattent les méchants plutôt que celles où des salauds en affrontent d’autres » affirment Rony Brauman, Jean-Hervé Bradol et Claudine Vidal dans l’hebdomadaire Marianne.

Ces fidèles indéfectibles et inconditionnels du régime de Kigali se sont faits entendre ces derniers jours lors de la sortie du rapport des experts commandé par les juges français Marc Trevidic et Nathalie Poux sur les circonstances de l’attentat d’avril 1994, dans lequel périrent notamment le président Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira.

Dans leur tribune, ces trois personnalités se demandent comment est –il possible que le régime de Kigali impliqué dans les pires atrocités du XXIème siècle continue de bénéficier d’une amnistie pour ses forfaits, et pointent du doigt les medias qui, même les plus fiables, continuent de se laisser manipuler. « Depuis dix-huit ans, des centaines de milliers de morts, rwandais et congolais, sont imputables au Front patriotique rwandais (FPR) mais aucun de ses membres n’a été condamné pour ces faits. Les sources existent, elles sont connues. Comment expliquer une telle absence de réponse face à ce qui peut être considéré comme des crimes contre l’humanité ? La quasi-unanimité de la presse française sur les prétendues conclusions du rapport balistique commandé par les juges français chargés d’instruire la plainte des familles dont les membres sont morts dans l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, le 6 avril 1994, fournit une nouvelle opportunité de comprendre comment le régime de Kigali assure son impunité ». Pouvons-nous lire dans les lignes de Marianne.

Dans cette tribune, trois éléments de méthode qui sont utilisés par « les idiots utiles de Kagame », dans le but d’assurer l’impunité et la longévité au régime répressif de Kigali sont décrits:

Prêcher « une seule vérité historique »

Le premier élément de méthode consiste selon ces analystes à « déclarer qu’une vérité historique », celle qui consiste à clamer haut et fort et partout que « le génocide des Rwandais tutsis, est en butte au négationnisme et au révisionnisme ». Le génocide tutsi est ainsi présenté comme « le seul crime ayant été perpétré au Rwanda ». C’est la seule version de l’histoire tragique du Rwanda qui doit être révélée, quiconque ose dénoncer les atrocités commises par le FPR avant, pendant et après le génocide, que ça soit au Rwanda, en dehors (surtout en RDC), il est très vite taxé de  » négationnisme et au révisionnisme ». Il devient dans ce cas cynique voire insensé, de s’entêter à professer par tout que, dénoncer les horreurs perpétrées par le FPR de Paul Kagame est une forme de nier le génocide (tusti), alors que ces nombreux crimes du FPR ont fait l’objet de rapports officiels des Nations Unies (Mapping report sorti 2010), d’ONG des droits de l’homme comme Human Rights Watch ou Amnesty International. Comment une vérité qui saute auxyeux peut-elle être une négation de la mort de milliers des gens ?

Imposer le point de vue des amis de Paul Kagame

Le deuxième élément de méthode révélé dans Marianne est, « l’emploi systématique de la terreur pour imposer le point de vue des amis de Paul Kagame en dépit des évidences contraires ». Le régime de Kigali s’est forgé une réputation qui en dit long sur lui, ce dernier ne cesse d’occuper les bonnes places parmi les prédateurs des droits humains, et répression contre la presse libre. En effet, Paul Kagame que nombreux de ses supporteurs qualifient d’ « héros », mais traité aussi de « pire des dictateurs encore en activité », voire de « Hitler africain » par ses détracteurs, a instauré un système de terreur systématique, réprimant tout contre-pouvoir à l’intérieur, même à l’extérieur du pays. « Il n’existe plus de réelle opposition structurée à l’intérieur du Rwanda, ni de presse libre, en raison des arrestations et des assassinats ».

Ainsi, Maitre Bernard Ntaganda, Madame Victoire Ingabire et Déo Mushayidi respectivement leader du PS Imberakuri, des FDU Inkingi et du PDP-Imanzi sont emprisonnés depuis des mois. André Kagwa RwiseReka, vice-président du Parti vert démocratique, a quant à lui été quasiment décapité le 14 juillet 2010, Frank Habineza, le Président de ce parti a préféré l’exil, probablement pour ne pas subir le même sort que son vice-président. Les anciens du FPR qui se sont dissociés du pouvoir en place ont été réduits au silence ou contraints à l’exil quand ils n’ont pas été tout simplement assassinés. « Dans cette entreprise, les sicaires de Kigali ne s’embarrassent pas des frontières et plusieurs opposants et journalistes ont été exécutés dans les pays où ils s’étaient réfugiés, crimes et tentatives d’assassinats précisément relatés par les médias des pays concernés (Afrique du Sud, Ouganda, Royaume Uni, etc.) » affirme Marianne.

Le soutien des réseaux « d’amis » à l’étranger

« Le troisième élément de méthode est le soutien de réseaux d’« amis » à l’étranger (à une autre époque, on aurait parlé de « compagnons de route ») afin de relayer les accusations de négationnisme et de révisionnisme contre les commentateurs qui osent contredire les versions des faits produites par le régime en place à Kigali. Ces « amis », hyperactifs dans le débat public, viennent récemment d’occuper la plupart des tribunes afin de faire dire à un rapport balistique ce qu’il ne disait pas, et se sont comportés, volontairement ou non, en vecteurs de la propagande internationale du FPR ». Rappelons que ce rapport des géomètres et experts en balistique, commandé par les juges français Marc Trévédic et Nathalie Poux sur les circonstances de l’attentat contre l’avion du président, n’avait pas pour objet d’identifier les auteurs du tir de missiles qui ont explosé le Falcon présidentiel, mais seulement de localiser l’endroit d’où ils ont été tirés.

La sortie d’un rapport balistique n’a pas en aucun cas produit une conclusion sur l’identité des assassins, cependant, Marianne constate que la publication de ce rapport a été accompagnée d’une campagne médiatique affirmant le contraire : « l’expertise balistique innocenterait Kagame. Les deux avocats du FPR, qui se sont exprimés après la remise du rapport balistique, ne sont pas les seuls responsables de cette vague d’enthousiasme en faveur de Kagame. Le juge Bruguière, auteur d’une précédente instruction incohérente, et une bonne partie de la presse française ont apporté leur contribution au brouillage de pistes. De tout temps, les conteurs comme leurs publics ont préféré les histoires où les bons combattent les méchants plutôt que celles où des salauds en affrontent d’autres. Doit-on pour autant présenter comme équivalents le génocide des Rwandais tutsis et les crimes commis par le FPR ? Absolument pas. Pour cela il faudrait oublier la différence entre deux types d’ordres : « Exterminez les tous » ou « Massacrez une partie d’entre eux » affirment RonyBrauman, Jean-Hervé Bradol et Claudine Vidal dans leur tribune.

L’art de la manipulation et du mensonge continuent à réglementer l’histoire du Rwanda, et les médias internationaux qui ne prennent pas la peine d’analyser de manière critique les informations en provenance de Kigali et ses relais sont là pour perpétrer cette tradition dont la principale victime est la vérité.

Jean Mitari

Jambonews.net

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49 Commentaires à “Rwanda : la propagande du FPR passée au crible”

  1. rwimbi dit :

    Mwatashye mukareka kurya imfashanyo mukaza mukabaka igihugu, mukava mumatiku

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    • Steven dit :

      Ukeka ko aribise barya imfashanyo se? Hano tuba rega abanshi barakora ntamfashanyo bahabwa, bari korera. Imfanshanyo ahubwo zijya mugihugu maze Intore nkuru ikazirira.

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    • Gerry dit :

      Ariko wowe uvuga imfashanyo ubwo uzi ibyo uvuga? Mbere na mbere kurya imfashanyo nk’uko ubyita nta kosa ririmo kuko byemewe n’amategeko y’ibihugu tubamo. Ni uburenganzira bw’umuntu wese udafite akazi cyangwa ufite akazi katamuzanira umushahara uhagije. Iyo mfashanyo nk’uko uyita uyihabwa aba ayikeneye ikamufasha kwisuganya ngo ashobore kwitunga. Yarantunze for 7 months kugeza aho nshoboreye kubona imirimo intunze ikantungira n’umuryango. Icyo utazi ni uko hano atari ikinegu kuko ari uburenganzira. Of course iryo jambo uburenganzira umuntu nkawe ntashobora kuryumva kuko ritaba muri vocabulary mukoresha i Kigali. Ikindi sinzi icyo ukora, ibyo ari byo byose mbere yo kuvuga imfashanyo wakagombye kwibuka ko uretse n’abantu ku giti cyabo, u Rwanda nk’igihugu rutunzwe n’imfashanyo z’abandi to the tune of at least 60%, ibisigaye ni ibyibano either from DRC cyangwa mwambura abaturage mu misoro y’imirengera n’ubwambuzi bwambaye ubusa. Whataver you do for a living my dear – and trust me I’m not interested in any way what you do – ayo uhembwa ava mu mfashanyo. Nugura byeri jya wibuka ko iva mu misoro ntanga. Izo modoka z’ibitangaza muryohamo n’imiturirwa ava ku mfashanyo z’amahanga, and you don’t deserve none of it kuko n’abazibaha ntibaba mu iraha nk’iryo mubamo. Ikibabaje ni uko abantu b’ibigambo nk’ibyo byawe usanga banari ku turapfarapfa tw’imfashanyo batanazi aho imfashanyo nyazo ziba. Utunze indege se cyangwa urara muri hotel room ya $ 20,000 ngo unamenye uko imfashanyo ziryoha? Oya rwose! How dare you criticise imfashanyo niba koko ufite umutwe muzima! Muvandimwe, umugabo umwe agerwa kuri nyina nk’uko bavuga mu kinyarwanda, that stupid arrogance mwatojwe na shobuja mumenye ko abashuka, try and think outside the box if you’ve got a bit of brain left in your little head.

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    • Nyambo dit :

      Rwimbi, iryo jambo si ryiza! N’iyo byaba ari uko bimeze kuri bamwe, ntuzibagirwe wa wundi useka imbohe!!! Mbaye kandi nkwiseguyeho.

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    • kibuye dit :

      @ Rwimbi: c’est assez surprenant parce que ce sont les mêmes qui viennent de débarquer du Rwanda il y’a pas longtemps qui demandent aux autres de rentrer. J’ai une question à vous poser: Si le Rwanda est un merveilleux pays où il fait bon vivre pourquoi est ce que vous quittez le Rwanda en prétendant venir faire des études ? Effectivement, vous faites des études mais bizarrement vous ne retournez pas définitivement au pays des milles collines. C’est assez curieux vous le conviendrez.. Je me suis rendue au pays des milles collines pour juger par moi même et je suis désolée contrairement aux histoires que les propagandistes de Kagamé viennent raconter ici, j’ai vu un Rwanda où le système universitaire est totalement défaillant, le niveau est nul. Les jeunes galèrent à trouver un travail, Les prix des denrées alimentaires sont élevés. Le salaire moyen au Rwanda est 50 000 FRW et en même temps le prix d’une paire d’escarpins est de 25 000 FRW( fin de mois difficiles dehhhhhh). Par contre ce qui est vrai c’est que les riches sont vraiment riches, et d’ailleurs ceux çi se plaisent dans leur immobilisme( Ne surtout pas critiquer le roi Kagamé), ces derniers ont en horreur l’opposition, vu qu’ils craignent pour leurs privilèges. Après avoir vu tout cela, on ne peut pas venir me raconter des histoires sur le soi disant développement du pays. Je reconnais seulement le mérite des gens du peuple qui se battent tous les jours dans les rues de Kigali en faisant leur petit commerce et tout ce qu’ils peuvent pour gagner honnêtement leur vie.

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      • Gatwa dit :

        Oui,KIbuye komera.Twe i Rwanda twashize rwose,turangije Kaminuza ariko udafite mwene wanyu nta kazi,urakora examen ngo interview iragutsinze.Seulement,nous qui avons la chance de toucher sur le clavier d’un ordinateur,et lisons le plan de reconquete du Rwanda initié par ces tutsi:Afande Rudasingwa,Karegeya.Kayumba ………………en concert avec les FDU,PSI IMBERAKURI,RDI de Twagiramungu,estimons qu’il est temps de nous tranquiliser.Est-ce que vous le trouvez assez fort et convainquant,mwe muri iyo?….

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  2. gakwerere dit :

    ese wowe rwimbi ibyo uvuga urabona bifite umutwe nikibuno? gute ushaka ko abantu bataha kubaka igihugu mugihe abandi bagihunga ngo bakize amagara yabo ? gute umuntu yakubaka igihugu yapfuye? icya mbere nugukiza amagara…….

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  3. epimaque dit :

    Rwimbi, nawe ubonye uko wasohoka wagenda.ikindi umenyeko abazungu batabakunda nabusa.muziko byarangiye cyakora muribesha .ikindi abarya imfashanyo ni benewanyu badashoboye gukora uzabaririze neza turi mubambere bintangarugero mugukora nyine ikibabaje nuko tudashoboye gukorera urwatubyaye kubera President Kagome wumwicanyi ninjiji nkamwe.
    kagome abunza amamiliyoni ayaha abazungu ntabenewabo bishwe nabwaki?

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    • luna dit :

      Epimaque, ko uvuga ko mwabonye uko musohoka, ese icyo uvuga si ya mafaranga mwasahuye urwababyaye? Mwagiye ubusa se? Ntimwahagurutse n’imiryango yanyu yose mugasinga abandi bicwa? Nibyo koko pe, mwali mufite uko mugenda aliko mwagiye musahuye, mwikoreye inote ku mutwe, mwarujuje ama banques yo hanze. Uliho uligamba et en même temps ugatukana? Ese nturamenya ko gukoronga ali uburere bucye? Imvugo yawe yonyine irakuranga. Erega uvuganye uburere twakwumva icyo ushaka kuvuga, naho waba unyuranyije ibitekerezo n’abandi. Iyo mvugo yawe rero ntabwo alirwo rugero rw’ubugororoke. Gabanya ibitutsi uvuge turakwumva.

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  4. Bertrand Loubard dit :

    Le dernier épisode de l’enquête Trévidic a déchaîné des logorrhées particulièrement excessives de la part du Gouvernement rwandais (Kagamé étrangement « excepté »). Certains ont, précipitamment, emboîté les pas. Le manque de réserve des réactions rend suspecte la sincérité de leurs auteurs mêmes et éclairent d’une lumière troublante, leur « spontanéité ». Si on peut comprendre que 70 ans de dictature ont formaté, chez les Nord-coréens, l’expression du deuil de leur Guide en manifestations qui nous semblent choquantes, grotesques, presque indécentes, on peut se demander, en comparaison, si le mode exalté des propos tenus par certains représentants officiels du pouvoir rwandais n’est pas leur seul moyen, en s’adaptant au mode Nord-Coréen, d’exprimer un appel au secours, de lancer un SOS de fait, de nous faire comprendre leur détresse. L’épisode du rapport Mucyo et celui de la fuite en Allemagne de Rose Kabuye n’en serait-il pas des exemples? L’amalgame victoire-justice-vérité est particulièrement lourd et suspect, révélateur d’une volonté de faire confondre contenant et contenu. La culture rwandaise donne de très nombreux exemples de ce mode d’expression : « code ésotérique », « linguistique secrète », « détournement du sens », « instrumentalisation du signifiant » jusqu’au deuxième, voire troisième degré et jusqu’à la confusion du non initié. Pour nous occidentaux, ceci est particulièrement difficile à admettre et est source de confusion, de méfiance et d’exacerbation. Il n’empêche que si d’autres éléments devaient apparaître dans l’enquête Trévidic, éléments qui iraient dans le sens d’une responsabilité du FPR, il ne faudrait pas que les parties civiles à cette affaire et leurs « supporters » ne tombent dans le piège. Il ne faudrait pas qu’ils se conduisent pour s’exprimer de la façon « compulsive » qui a été adoptée par les officiels du régime. L’effroyable de tout crime n’est pas à compenser par l’horreur d’un quelconque châtiment. Seuls le pardon et la joie sont rédempteurs.

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    • munana dit :

      Abantu bapfa ubusa kweri. Ariko ubundi abahatira abandi gutaha baba bashaka iki? Uzarambirwa kuba mu mahanga azicyura, uzumva kuba yo ari byiza azagumeyo. Huuuu! Ni igitangaza kubona abantu bakuze bapfa ko bamwe bivanga mu burenganzira bw’abandi.
      Jye mbivuga mba mu Rwanda, ntawe umbuza gusohoka, mpaba kuko mpahitamo kurusha ahandi hose kw’isi. Nize mu mahanga, nkora mu mahanga merewe neza (mpembwa menshi) imyaka myinshi, ariko nagezeho numva narambiwe, nkumbura u Rwanda rw’imisozi n’ibibaya, nkumbura rubanda ruguga ikinyarwanda, na cyane cyane ndambirwa guhora nitwa umunyamahanga, ndataha.
      N’abandi benshi bari hanze bazataha igihe bazumva babishaka ubwabo. Abatazabishaka bazaguma aho bari. Where is the problem? Ntaho. Abantu bareke gupfa ubusa. Uburenganzira bwo guhitamo aho uba, ku mpamvu zawe, ntawugomba kubukubuza.

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      • Gatwa dit :

        Yego di.ibyo uvuga ni ukuri.None se ubure kurutaka niba uri umuhutu ugenzwa n’inda nini ukananekuza bene wanyu ,wanamubona no muri examen y’akazi ukaba uwambere mu kumugusha mu manota macye muri interview ngo ushimwe n’abo batutsi muba muri kumwe?Cy nyine uri umututsi wumva byose byatunganiye,nta mushiki wawe wibuze kuri liste ya Frg,nta nyoko wambuwe amabti agiye kubakirwa akaruri?Cg wavuye mu mahanga nka ba Rwigemma na ba Ntasamaje bari baje kuneka

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  5. Victor Ingabe dit :

    Jean Mitari,

    Narinzi ko déportation ya Léon Mugesera izaba à UNE muri journal yanyu (Kangura nouvelle formule) ariko mukabura ibyo mwandika gutuka gusa FPR, Mugere mu Rwanda mwirebere. Ni Singapour.Umugani,mushyobore mwirire i firti babasigira, mureke FPR amahoro.

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  6. madjer dit :

    Cher MITARI,
    Inutile de crier ta haine sur ce site.Pour toi et beaucoup de tes amis,le Rwanda est un enfer et le président Kagame est un homme à abattre.Ta haine pour Kagame dépasse les bornes.
    Tu as été surpris par les conclusions du rapport Trévidic parce que ce dernier a été traité avec beaucoup de professionnalisme(admettons-le) contrairement au rapport incohérent du juge Bruguière.Dons le rapport Trévidic ne pouvait pas plaire aussi à tous ces gens que tu cites parce qu’ils ont TOUJOURS propagé mensonge,désinformation et négationnisme.Il est donc temps de laisser le temps au temps et toute la vérité éclatera UN JOUR.
    Cesses donc ta propagande mensongère cher MITARI.

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    • Derille dit :

      La haine ? cher monsieur, c’est plutôt chez vous que je l’entends. Vous pouvez exprimer votre opinion librement et sans conséquences malheureuses pour vous. On ne peut pas en dire autant de certains endroits du monde.
      Que Jambo continue à nous donner un lieu d’information et d’échange le plus objectif possible. Ce n’est pas si fréquent !

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  7. rwimbi dit :

    Harya iyo za Rouen abakora nkangahe? Ko twumva ko bajya mumwyigaragambyo nyuma yoguhaga ibyubusa France ibaha

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  8. Greg dit :

    Il faudrait se demander le Rwanda qui est devenu Singapour africain, quel est le taux de chômage dans ce pays. Et d’après le dernier PIB le Rwanda ne fait que 5 milliards de $. Si on devrait voir le niveau de richesse des pays avoisinant, il ne dépasse que le Burundi(qui sort tout juste de guerre) avec 2 milliards de $ comme PIB. Par contre, il faudrait que le nouveau Rwanda-singapour se batte beaucoup pour rattraper les autres voisins:
    Ouganda : 15 milliards$
    Kenya: 36 milliards $
    Tanzanie : 23 milliards $
    la RDC :15 milliards $, pays toujours non pacifié.
    Ce que le Rwanda nouveau oublie souvent c’est que avoir une opposition est une chance et une grande opportunité pour pouvoir avancer.
    Passer son temps à se congratuler sur des châteaux construit sur du sable est plutôt dangereux qu’autre chose.
    Passer son temps à faire du marketing à deux balle, à la fin le consommateur voit très bien la supercherie.

    Greg

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  9. madjer dit :

    Greg,
    Avoir une opposition est une chance et une grande chance pour avancer.Cette affirmation ne convient pas pour beaucoup de nos pays,le Rwanda y compris.Nos pays n’ont plus d’hommes politiques dignes de ce nom.Une analyse bien approfondie le prouve et beaucoup d’exemples nous le montrent.Inutile de te donner des exemples!En outre,comparaison n’est pas raison,dit-on.Nous admettons que notre pays doit se construire et aller de l’avant.
    Chaque pays se trace une ligne directive et doit se fixer des objectifs à attendre dans sa marche vers le développement.Le Rwanda s’est fixé des objectifs à atteindre mais cela ne tombera pas du ciel ou ne sera pas obtenu à coup de baguette magique.Tout le monde doit apporter sa pierre dans la construction d’un Rwanda nouveau dans lequel la haine,le mensonge,les divisions et intrigues n’auront plus de place.Nous avons donc beaucoup apprendre des autres mais pas des gens comme toi Greg qui voient toujours NOIR,pessimisme oblige!Tu as des yeux pour voir et tu ne veux pas voir,tu as des oreilles pour entendre mais tu ne veux pas entendre. Tu ne sais que critiquer sans donner de solutions,chose la plus facile à faire:C’est cela l’opposition à la Greg.Malheureusement les gens comme toi doivent exister sur cette terre des Hommes.
    Salut.

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    • Greg dit :

      Madjer,

      j’aime votre réaction car, pour vous il faudrait toujours dire du bien du régime de Kigali, Oui monsieur vous êtes beau, oui monsieur les rues de Kigali sont propres(on mangerait même par terre), oui monsieur il y’a de nouveau batiments(mais la plupart vides) dans Kigali, oui monsieur vous êtes les premiers partout ;
      Premier à avoir une majorité de femmes au parlement qui n’ont pas le droit à la parole.
      Premier à vouloir éradiquer le cancer de l’Utérus avec un vaccin comme le Gardasil,…etc
      Premier pour avoir éradiquer la malaria,… j’ai un ami au centre du pays qui vient de s’en taper une malaria d’une force
      Premier,… enfin premier. Mais finalement le dernier pour tout les rwandais qui ne voient pas de futur dans ce pays.
      Tenez parlant de critique, même la représentante des USA Madame Rice a vu ses critiques êtres balayées de la même façon que vous vous employez à le faire à mon égard.

      A partir du moment où quand on énonce une critique, vous voulez qu’on se taise,et vous nous affublez des drôles de noms « négationnisme, génocidaire » et j’en passe. Comment voulez vous qu’on place un mot pour apporter des solutions. Tenez même au sein du parti au pouvoir, beaucoup de jeunes soldats venant du Burundi,du Congo, de la Tanzanie, et du Rwanda meme se sont fait tues pour la simple raison qu’ils apportent de la critique sur la conduite de la guerre. Et certains sont morts pour la simple raison qu’ils ont été à l’école et qu’ils étaient aussi francophones. Demandez cela aux familles qui ont perdu les leurs sur les champs de Mulindi.
      Ils ne sont pas morts du fait des balles sifflantes venant des FAR, croyez moi.
      Tenez dans l’actualité d’aujourd’hui, le gouvernement demander aux paysans de couper les bananiers. Ah que ça va bien participer à la croissance et au développement du pays. Que les enfants qui auront rien dans le ventre vont bien suivre les cours à l’école.
      Pessimisme NOIR comme vous le dites, la situation du Rwanda d’aujourd’hui est désolante plutôt.

      Juste une petite question;
      Que pensez vous des dépenses de sa majesté Kagame quand le monde entier est en crise, quand même les bailleurs de fonds réduisent leurs dépenses?
      Vous trouvez cela normal ou pas? Ayez l’honnêteté de répondre à cette question.

      Par conte je crois que vous avez des yeux pour voir la réalité mais vous baissez beaucoup la tête je pense.

      Greg

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  10. Greg dit :

    Attentat de Kigali: “la vérité a gagné”?
    (Le Monde 31/01/2012)

    Le 10 janvier dernier, les juges Trévidic et Poux ont communiqué aux parties un rapport d’expertise sur la destruction en vol, le 6 avril 1994, de l’avion présidentiel rwandais, événement déclencheur du génocide. Il ne s’agit pas d’un rapport des juges, mais d’un important élément versé au dossier d’instruction qui contient de très nombreuses autres informations.

    Il n’est pas étonnant que les avocats des personnes mises en examen, sept officiers de l’armée rwandaise, aient relevé, lors d’une conférence de presse, les éléments du rapport qui semblent favorables à leurs clients, qu’ils en aient donné une lecture sélective et qu’ils aient affirmé que “la vérité a gagné”. Il est normal également que le gouvernement rwandais ait accueilli le rapport avec satisfaction et affirmé que cette “vérité scientifique” met un terme aux accusations portées contre lui.

    Ce qui est nettement moins normal est la façon dont la presse et certains autres commentateurs ont immédiatement tiré des conclusions péremptoires et définitives, alors qu’ils n’avaient pas lu le rapport, couvert par le secret de l’instruction, et qu’ils ne pouvaient se baser que sur ce que les avocats des mis en examen en aient dit et, peut-être, sur leur propre intime conviction. Ils font ainsi dire au rapport ce qu’il ne dit pas, en l’occurrence que l’attentat a été commis par les FAR de Habyarimana. Des propos parfois très durs et définitifs ont été tenus. Ceux qui ont osé suggérer que le FPR pourrait être derrière l’attentat sont accusés de négationnisme et ceux qui n’adhèrent pas à ce qui semble être soudainement devenu politiquement correct sont violemment pris à partie, voire même intimidés. Ainsi, les avocats des mis en examen annoncent qu’ils vont porter plainte pour « tentative d’escroquerie au jugement en bande organisée ». Certaines de ces affirmations pourraient bien avoir pour but d’orienter la suite de l’instruction, puisque, maintenant que « la vérité est connue », il serait plus difficile pour les juges de conclure à une autre vérité.

    Ayant fait des recherches sur cette affaire, j’ai été fort sollicité par les médias qui souhaitaient entendre mes commentaires. J’ai systématiquement refusé de me prononcer, puisque je ne pouvais commenter un rapport que je n’avais pas lu. Maintenant que le rapport d’expertise est disponible grâce à une fuite dont j’ignore l’origine, une analyse peut être proposée. Elle débouche sur des conclusions bien moins tranchées que celles qu’on a pu entendre ces dernières semaines.

    Le rapport d’expertise tente de donner des réponses à deux questions principalement : l’endroit d’où les missiles ont été tirés et le type des missiles utilisés. Deux données techniques autorisent les experts à désigner les endroits de tir les plus probables: d’une part, le point d’impact du missile qui a touché l’avion, d’autre part des données acoustiques sur le bruit du souffle de départ des missiles que des témoins ont entendu. Notons que l’expert acousticien ne s’est pas rendu sur les lieux, mais a effectué une simulation sur un terrain militaire en France. Quant à l’endroit où l’avion a été touché, les experts se basent sur une approche normale, alors que l’avion aurait pu être dévié de sa trajectoire par le premier missile ou que le pilote aurait pu effectuer une manœuvre d’évitement, possibilité d’ailleurs signalée dans le rapport. Sur cette double base technique, l’expertise privilégie deux endroits à l’intérieur du domaine militaire de Kanombe, le cimetière et une position en bas du cimetière, tout en notant que la zone Masaka se situe dans le prolongement des endroits retenus.

    Les experts estiment également que la position de Masaka est la meilleure de celles étudiées et que celles retenues offrent une probabilité d’atteinte de l’avion moins élevée, mais qu’elle était suffisante pour que, sur les deux missiles tirés, l’un d’eux puisse toucher l’avion. Plusieurs points doivent être notés à ce sujet. D’abord, contrairement à ce qu’ont affirmé de nombreux commentateurs, ces endroits ne se trouvent pas à l’intérieur du camp militaire de Kanombe (ce qui en toute probabilité désignerait les FAR), mais à la lisière d’un vaste domaine militaire d’une centaine d’hectares. Ce domaine n’était ni clôturé ni gardé. Les experts estiment en outre que le périmètre de lancement pourrait s’étendre vers l’Est ou le Sud, de l’ordre d’une centaine de mètres voire plus, ce qui situerait l’endroit de tir en dehors du domaine militaire.

    Ensuite, deux importants témoins cités dans le rapport ont vu les traînées des missiles à travers la baie vitrée à l’arrière de la maison qui est située à la limite du domaine et qui est orientée vers la vallée de Masaka. Dans une déposition faite devant l’auditorat militaire belge le 13 avril 1994, une semaine après les faits, le colonel médecin Daubresse déclare qu’il a vu « regardant en direction de l’est (c’est-à-dire les environs de Masaka), monter de la droite vers la gauche, un projectile propulsé par une flamme rouge-orange » à une distance maximale de cinq km et une distance minimale de un km (les deux endroits retenus par les experts se situent à 116 et 203 mètres respectivement de la maison). Cette observation est confirmée le même jour par son collègue le colonel médecin Pasuch. Ces deux témoins ne situent donc pas le départ des missiles à l’intérieur du domaine militaire, mais dans la direction de la vallée de Masaka.

    Enfin, puisque le lieu dit « La Ferme » dans la vallée à côté de Masaka a été cité comme lieu de départ des missiles, il est étonnant qu’aucun témoin de Masaka n’ait été entendu par les experts ni dès lors que leurs déclarations aient été vérifiées du point de vue acoustique. Or en octobre 1994 des témoins de Masaka m’ont dit avoir vu les missiles partir des environs de « La Ferme », et cela à un moment où ni eux ni moi ne nous rendions compte de l’enjeu que constitue l’endroit de départ des tirs. On constate donc que l’expertise technique ne correspond pas forcément aux observations de témoins oculaires, et il appartiendra à l’instruction d’évaluer la force probante de ces données contradictoires.

    Quant aux missiles utilisés, le rapport d’expertise conclut, par un processus d’élimination, à la probabilité qu’il s’est agi de SA16 d’origine soviétique. Les experts soulignent que leur conclusion n’est pas influencée par la découverte, près de « La Ferme » quelques semaines après l’attentat, de deux tubes de lancement de missiles SA16. Les experts notent que 50 à 60 heures de formation sont nécessaires pour pouvoir se servir de ces armes et qu’un novice ne peut pas mettre en œuvre un tel système. Or les anciennes FAR ne possédaient pas de missiles sol-air (elles avaient en vain tenté d’en acquérir), alors que le FPR s’en était servi pendant la guerre. Le juge Bruguière avait déjà établi que les missiles dont les lanceurs ont été trouvés près de « La Ferme » avaient été vendus par l’Union soviétique à l’Ouganda. Mes sources haut placées dans l’armée ougandaise affirment qu’ils faisaient partie d’un lot plus tard cédé au FPR.

    Ces quelques constats montrent simplement que ceux qui ont affirmé qu’avec le rapport d’expertise, « la vérité est connue » aiment les histoires simples. Même si je pense toujours que les faisceaux d’indications désignent plutôt le FPR que les FAR comme auteur de l’attentat, je ne prétends pas connaître la vérité. Ce sera aux juges Trévidic et Poux de décider, à l’issue de leur instruction, sur base de tous les éléments du dossier et –surtout? en toute indépendance, si oui ou non il sera nécessaire de transmettre le dossier pour poursuites éventuelles. Puisque le gouvernement rwandais a salué le sérieux des deux juges, il faut espérer que leur décision mettra fin à une controverse vieille de près de 18 ans.

    Point de vue |

    par Filip Reyntjens, professeur à l’Université d’Anvers et auteur de Rwanda. Trois jours qui ont fait basculer l’histoire (Paris, L’Harmattan, 1995)

    LEMONDE.FR | 31.01.12 | 09h19 • Mis à jour le 31.01.12 | 09h19

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    • madjer dit :

      GREG & Cie
      Lisez un peu cet article qui,je le sais,vous dérange.Soyez courageux chers frères et sœurs et sachez qu’en lisant toutes les tendances il vous sera facile de tirer les conclusions qui s’imposent.C’est cela se documenter!Courage.

      Branle-bas de combat contre un rapport qui dérange

      La communication aux parties par les juges Trévidic et Poux des résultats de l’expertise balistique sur l’attentat du 6 avril 1994 a réveillé les défenseurs de la politique menée par la France au Rwanda entre 1990 et 1994.

      Furieux que la piste d’un assassinat commis par le FPR soit désormais improbable et que les soupçons de la justice française se tournent enfin vers les extrémistes hutu, plusieurs journalistes, universitaires et responsables politiques ont depuis déversé dans les médias des tombereaux de mensonges soigneusement affûtés.

      Leurs thèses sont connues. Leurs noms aussi. Pour eux, le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame a abattu l’avion du président Habyarimana et « déclenché » ainsi le génocide rwandais (ils ont beaucoup de mal à dire « génocide des Tutsi »). Pour eux, Kagame, mu par une soif inextinguible de pouvoir, peut être considéré comme le responsable du génocide des siens. Pour eux, il est également coupable d’un génocide des Hutu. C’est le même discours qui est ainsi tenu en boucle à l’opinion publique française depuis bientôt dix-huit ans. Et qui a resurgi avec une force inattendue pour tenter de relativiser le rapport des experts et l’interprétation que l’on peut raisonnablement en donner.

      Jeter le doute sur le travail des experts

      Faire feu de tout bois pour atténuer la portée du rapport balistique sur l’attentat, tel semble être le mot d’ordre. Le premier contrefeu consiste à affirmer que les conclusions du rapport reposeraient sur l’expert acoustique, qui ne s’est pas rendu au Rwanda (Hubert Védrine, Le monde selon Hubert Védrine, France Culture, 13 janvier 2012 ; Bernard Lugan, sur le site de l’association France- Turquoise ; Alma Rodinson, Politis du 26 janvier 2012).

      Rappelons les faits : quand les cinq experts français ont demandé l’aide d’un acousticien, les constatations matérielles faites sur la carcasse de l’avion incitaient déjà à exclure que le site de Masaka puisse être le lieu du tir des missiles. Elles montraient en effet que le missile avait atteint le dessous de l’aile gauche. Or, depuis Masaka, le missile ne pouvait pas percuter l’avion à cet endroit. Il ne pouvait que percuter un des réacteurs, alors qu’ils n’onta pas été touchés. L’expertise acoustique a d’abord confirmé que Masaka était trop loin pour que les témoins aient pu entendre le souffle de départ des tirs depuis le camp de Kanombe où ils se trouvaient. Elle a servi ensuite à préciser les lieux de tir possible à Kanombe. Fondée sur la différence entre la vitesse du son et la vitesse de la lumière ¬ – les témoins avaient-ils d’abord vu la trajectoire du missile ou entendu le souffle de son départ ? – qui est la même à Paris et à Kigali, elle ne nécessitait pas de se rendre sur place, des relevés topographiques très précis ayant été réalisés au Rwanda par les cinq autres experts.

      Concernant les témoins, il est presque comique de lire sous la plume d’Alma Rodinson qu’ils ont été « fournis par le régime rwandais, les témoins d’autres pistes [Masaka] ayant été écartés ». Parmi les témoins « fournis par le régime rwandais » figurent en effet trois médecins militaires belges et un officier français, le commandant de Saint-Quentin, qui logeait au camp de Kanombe avec sa famille ! Quant aux « témoins de Masaka », dont le juge Bruguière avait fait grand usage, l’un d’entre eux a protesté qu’on avait détourné ses propos, d’autres ont été convaincus de mensonge et le principal, Abdul Joshua Ruzibiza, a reconnu sur procès-verbal qu’il n’était pas présent sur les lieux de l’attentat.

      Le FPR s’infiltre partout…

      Une fois admis que les tirs sont bien partis de Kanombe, la deuxième ligne de défense consiste à suggérer que le camp était en quelque sorte ouvert à tous vents et qu’il était possible pour le FPR de s’infiltrer dans la zone, « à l’intérieur ou à l’extérieur du camp » (Stephen Smith, Libération du 23 janvier 2012 ; Alma Rodinson). Rappelons, même si tout est possible avec un peu d’imagination, que nous parlons d’un camp militaire abritant le cantonnement d’une des unités d’élite des Forces armées rwandaises (FAR), le bataillon para-commando, et un détachement de la garde présidentielle affecté à la sécurité de la résidence du chef de l’Etat jouxtant le camp…

      Et revoilà les missiles venus d’Ouganda !

      Balayant ces objections, l’un de nos braves polémistes s’interroge : « Est-ce que c’est central que les missiles soient partis d’un camp hutu ? Ce qui est central, ce n’est pas l’affirmation, peut-être inexacte [admirons l’artiste !], sur l’origine du tir. C’est l’origine du missile. C’est un missile numéroté dont on a retrouvé la trace et qui est un missile soviétique qui est arrivé en Ouganda et qui est passé de l’Ouganda au FPR » (Hubert Védrine). L’adjectif « numéroté » est là pour impressionner le chaland.

      En exclusivité pour ses lecteurs, Billets d’Afrique va donner le numéro de série de ce missile, ou plus précisément de son lanceur : 9 M 322. La rédaction tient cette information ultra-secrète d’une source confidentielle : le rapport de la Mission d’information parlementaire de 1998… Les députés se sont en effet penchés sur l’attentat du 6 avril en étudiant les différentes pistes.

      Ils ont été opportunément éclairés par des photographies fournies par la Direction du renseignement militaire (DRM), présentées comme des photographies du lanceur d’un des deux missiles SA 16 ayant servi à abattre l’avion. Le lanceur photographié portait le même numéro que l’un des deux lanceurs évoqués par Filip Reyntjens en 1995. Après avoir longuement examiné la question, les députés concluent : « La probabilité étant forte que le missile photographié n’ait pas été tiré, ce missile ne peut en aucune manière être considéré de façon fiable comme l’arme ayant abattu l’avion du président Juvénal Habyarimana ».

      Alors de deux choses l’une : soit M. Védrine parle d’un autre missile et il doit dans ce cas prendre rapidement rendez-vous avec les juges Trévidic et Poux pour leur communiquer ses informations ; soit il parle du missile étudié par la MIP, et il est alors étonnant que l’ancien secrétaire général de l’Elysée et ancien ministre des Affaires étrangères ait si mal lu le rapport de la Mission d’information parlementaire présidée par son ami Paul Quilès, autre gardien intransigeant de l’héritage mitterrandien. Ajoutons que les députés avaient eu un fort sentiment d’avoir été « enfumés » avec ces documents apportés pendant le génocide au général Huchon, chef de la Mission militaire de coopération, par le lieutenant-colonel Rwabalinda, de l’Etat-major des FAR. Ils écrivent en termes peu diplomatiques : « L’intervention des FAR en exil dans cette tentative de désinformation ne les désigne-t-elle pas comme possibles protagonistes d’une tentative de dissi¬mulation ? A moins que sincères, les FAR en exil aient elles-mêmes été manipulées mais, dans ce cas, par qui ? ».

      Les FAR n’avaient pas de missiles SA 16

      Hubert Védrine et Bernard Lugan le proclament, Alma Rodinson et Stephen Smith le laissent entendre : les missiles provenaient d’un stock de l’armée ougandaise, très proche du FPR. Les FAR n’auraient pas été en possession de tels missiles. Là encore, on nous ressert une vieille histoire réfutée par les députés de la MIP en 1998 : « Nous savons de sources concordantes, que les forces armées rwandaises avaient récupéré, en 1990 et 1991, sur le théâtre des opérations militaires et sur le FPR, des missiles soviétiques, qu’elles auraient pu utiliser pour perpétrer l’attentat ».

      Les FAR ne savaient pas tirer

      S’il faut bien admettre que les missiles ayant servi à abattre l’avion n’ont pas été retrouvés et que les FAR disposaient de missiles SA 16, comment, dans ces conditions, continuer à soutenir que seul le FPR a pu faire le coup ? En arguant que les FAR n’avaient pas de personnel formé et compétent pour tirer ces missiles (Stephen Smith). Tout le monde en convient, effectivement. Reste alors une seule possibilité : celle d’une aide extérieure. Militaires ? Mercenaires en service commandé ? Ou agissant au bénéfice de certains extrémistes hutu ? Des tireurs français ? Formés par des Français ? Et Paul Barril dans tout ça ?

      Ce qui est certain, c’est que cette piste d’une main française dans l’attentat n’a pour le moment pas été examinée à fond, ni par les députés, qui l’ont au moins envisagée grâce aux documents fournis par Patrick de Saint-Exupéry, ni, évidemment, par le juge Bruguière.

      Le rapport des experts ne dit pas qui a tiré

      C’est la dernière trouvaille, l’argument définitif : le rapport balistique ne révèle pas l’identité des tueurs (Alma Rodinson). Il s’agit de « preuves sans conclusions » (Stephen Smith). Que répondre à tant de bêtise ? Que puisque tous les autres mensonges de l’instruction Bruguière se sont dissipés, le fait que les tirs soient partis d’une zone étroitement contrôlée par des soldats d’élite de l’armée rwandaise permet de conclure que ce sont très probablement, les extrémistes hutu (et parmi eux des officiers supérieurs) qui ont assassiné Habyarimama, avant de perpétrer un coup d’Etat dès la nuit du 6 au 7 avril 1994, et de s’emparer du pouvoir.

      La formation du Gouvernement intérimaire rwandais, dans les locaux de l’ambassade de France, marquant le 9 avril la réussite du putsch.

      La suite au prochain numéro

      Après cette réfutation, bien lassante pour le lecteur, mais indispensable, des falsifications répandues dans les médias ces dernières se¬maines à propos du rapport d’expertise, la question qui se pose est celle-ci : pourquoi un ancien ministre – Hubert Védrine -, un ancien spécialiste de l’Afrique à Libération et au Monde, aujourd’hui professeur d’université aux Etats-Unis – Stephen Smith
      , un historien – Bernard Lugan -, un inconnu sous pseudo aux débuts prometteurs dans le domaine de la désinformation – Alma Rodinson (dans Politis), ne peuvent-ils pas accepter l’idée que ce n’est pas le FPR qui a abattu l’avion du président Habyarimana ?

      Réponse à cette question dans la deuxième partie de cet article, à paraître dans Billets d’Afrique de mars sous le titre « Un négationnisme d’Etat ».

      par Groupe Rwanda
      © copyright Survie

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    • luna dit :

      Et vous pensez avoir trouvé la vérité et documenté vos dires ne fussent que par le rapport de Mr. Philip Reytjens? Oh la la! Savez-vous qui il est? Un ancien conseiller de Mr. Juvénal Habyarimana. Et allez demander s’il est partial. Méfiez-vous chers rwandais. Sachez toujours à qui vous avez affaire.

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  11. byenaku dit :

    Habyara ati « U Rwanda ni ruto, abashoboye kwibera hanze mugumeyo ».
    RPF iti « U Rwanda ni rugari, mwese mugomba gutaha ».
    No comment.

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  12. madjer dit :

    Greg,
    Comme Mitari,le rapport de Trevidic te fait parler beaucoup à tel point que tu perds les pédales.Hier le rapport de Bruigiere te faisait grandement plaisir car les accusations se portaient sur tes ennemis jurés. Aujourd’hui c’est Trevidic et son rapport qui te rongent le cœur et tu le manifestes.C’est ton droit.
    Mais tu devrais attendre le moment opportun,c’est à dire le jour ou toute la vérité éclatera .Tu auras beaucoup à dire en lieu et place du « copier-coller ».Tu sais autant que moi qu’on peut mentir aujourd’hui ou demain mais pas éternellement.
    En outre,je ne condamne pas ta prise de position sur tout ce qui se passe au Rwanda mais te demande d’être réaliste et dire les choses comme elles sont.Je ne suis pas sur ce site pour défendre qui que ce soit ou dire que tout est BEAU.Mais tout n’est pas aussi NÉGATIF comme tu le prétends.Le Rwanda n’est pas UN PARADIS mais il n’est pas non plus un ENFER comme tu veux le faire croire à tous les lecteurs.
    Avec les gens comme toi,menteurs jusqu’à la moelle,il est difficile d’avancer cher Greg,car « cessité et prostitution intellectuelle obligent ».
    Enfin,tu diras à ton frère malade d’utiliser ne fut-ce qu’un moustiquaire imprégné pour se prévenir contre la malaria.Ou bien sois plus catholique et envois-lui au moins 10euros et il pourra s’en acheter un:PRÉVENIR VAUT MIEUX QUE GUÉRIR dit-on et l’ENFER CE N’EST PAS TOUJOURS LES AUTRES.
    Vivra verra.

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    • gakwerere dit :

      pourquoi souffler du chaud et le froid à propos du rapport? pourquoi se précipiter pour faire dire le rapport ce qu’ il n’ a pas dit? ceux qui ne veulent pas attendre les conclusions finales de ce rapport, préférant de mentir ont des choses à cacher. le rapport n’a pas innocenté personne. cher madjer le Rwanda n’est pas un pardi ni une enfer, ça nous le savons, le Rwanda n’a pas à être ni l’un ni l’autre, tout ce que nous voulons c’est un pays où nous puissions vivre en toute liberté, où on ne se fait pas tuer pour ses idées, on ne peut pas vivre au Rwanda comme des moutons, condamnés à se taire, et se laisser diriger par des individus mal intentionnés

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  13. TRUTH dit :

    Pour Greg et ses camarades,

    J ai juste une question à vs poser, nommé moi Un leader,ou un president ou un régime politique ayant gouverner mieux le pays que le president Kagame depuis l’indépendance du Rwanda?? Tous pouvoir politique ,y compris ceux qui veulent ns faire croire qui vive en démocratie( imaginaire selon moi) comme l’occident ou ailleurs n’ont jamais été aussi honnête qu’on veut ns faire croire,ce n’est pas pour autant que je partage vos accusations insensé sur le régime Rwandais! Vs avez eu 32ans au pouvoir , je le redis 32ANS! de mensonges,de séparation,pauvreté etc…résultats final, un génocide! et le soit disant dictateur ou criminel kagame l’a fait en 15anset maintenant vs voulez venir nous faire des leçons sur le quoi et le comment développer ou construire le pays? Un conseil cher amie,garde ton ignorance pour toi et tes ignorant amies,et laisser le peuple Rwandais vivre en Paix.

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    • Steven dit :

      @vous Truth
      Pourras-tu répondre la question de Greg.
      Qu’est-ce que mieux gouverner pour vous?

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    • Derille dit :

      Je précise que je ne suis pas un camarade de Greg !
      Vous avez tout à fait raison, on ne peut que se rapprocher de la démocratie parce que c’est une UTOPIE ( et non imaginaire). Il faut reconnaître que sur les plans économique, urbanistique et de l’enseignement, de nets progrès ont été faits, avec la langue anglaise en prime, langue que la majorité des Rwandais ne connaissent pas. Mais sur le plan social et humain ? Les habitants des collines vivent dans la peur, la pauvreté et connaissent à nouveau la famine, ce qui n’existait plus durant les 32 années dont vous parlez. Sur l’échelle officielle à ce niveau, le Rwanda arrive 185 sur 187. Désolé.

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    • philemon dit :

      Truth,

      Franchement merci pour ta « vision éclairée » de l’histoire du Rwanda: je ne sais pas ce qui m’impressionne le plus dans ton commentaire. Ta façon ridicule de disiver les « pro » et « anti » Kagame par cette comparaison de l’avant et l’après génocide ou ta connaissance primaire de l’évolution socio-économique du rwanda depuis l’indépendance (ah oui: qui date de 1960. à ne pas confondre avec la « fête de libération » de juillet 1994. quoique……. vu comme on avance, cette première date ira aux oubliettes).
      Le Rwanda a toujours été parmi les pays d’Afrique les plus stables et ce, avant 1994 déjà. malgré le gouffre socio-économique qu’on a traversé (1990-1994), le rwanda n’a pas beaucoup changé depuis lors. malgré une « modernisation » radicale de Kigali et ses alentours, le fond reste le même.
      On est revenu au point de départ alors arrête de blablater. Par le passé la guerre qu’a mené de FPR fut légitime. Mais à force de se terrer au pouvoir, Kagame perd des ailes et tout le monde le voit. appelle moi « négationiste » ou même « anti-Kagame », mais toi et tous les autres pro-Kagame, arrêtez de vous cacher derrière cet insulte (« négationniste ») que vous lancez à tue-tête, tel une réponse simpliste dénuée de sens.

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  14. Greg dit :

    Madjer,

    Et oui, je fais du copier-coller pour informer et partager, afin d’éviter de toujours citer les auteurs.C’est un gain de temps monstre.
    Le rapport justement, il va faire avancer les choses, puisque même Kigali lui donne du crédit. Je trouve que c’est plutôt bien que la partie qui se sentait lésée dans l’histoire y trouve bon compte. ça va faire bouger les lignes.
    Dans ma prise de position, je ne vois nullepart où j’ai dit que le Rwanda est un enfer, par contre, vous pourrez trouver des personnes qui disent les deux. Pour certains c’est l’enfer, pour les autres c’est le paradis. Donc parlant de cessité, dites moi où j’ai écrit le mot Enfer. J’ai oublié par contre de vous dire qu’à trop baisser la tete pour ne pas voir, on fini par devenir comme l’animal qui plante sa tete dans le sable. A vous de voir lequel.

    Je ne sais pas si vous le savez également, je ne vous cris pas dessus pour me faire entendre, par contre écrire en lettre capitale, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Il faut répondre posément et ne pas crier. Vous risquez de ne pas voir ce que vous écrivez.

    Par contre, le Rwanda nouveau est vraiment décrit comme un Paradis. Et c’est cela que je dénonce. et vous n’avez toujours pas répondu à ma question sur les dépenses de son Excellence. Alors que le pays stoppe les bourses destinées aux étudiants. Tiens je critique, mais dans ma critique il y a une réponse. Si vous voulez bien comprendre ce que je dis.
    Une petite note : un pays qui veut s’en sortir et progresser, déjà il devrait favoriser l’éducation et en dépensant de la sorte je ne pense pas que ça va dans le bon sens.
    Le taux de scolarité est élevé, ce qui est bien (vous voyez j’y arrive)mais le contenu des formations ne permet même pas à un étudiant de sortir avec un assez bon niveau.

    Augmenter la richesse de la population pour créer de l’emploi. Ce n’est pas en coupant les banniers qu’ils vont devenir riche les pauvres.

    Diminuez les impôts, le rwandais d’aujourd’hui paie plus d’impôts que sa fortune propre.

    Vous voulez de la critique, j’ai une liste.

    Le gouvernement a de bonnes idées mais oublie beaucoup trop souvent l’essentiel. On veut rattraper Singapour avec des buildings vides, alors que la population a besoin de beaucoup de bien de nécessité. Dont se nourrir par exemple. Je vois son Excellence dire qu’un peuple qui n’a pas faim ne peut pas obéir. Ca c’est diriger ça, c’est vraiment avoir de la suite dans les idées.
    Tenez ils ont pensé à la mutuelle, c’est fort bien. Bon si je critique là dessus, vous allez devenir fou, mais je laisse passer.

    Bon je vous laisse digérer déjà cela.

    Bonne lecture
    PS: Je ne suis pas fâché contre vous, c’est juste votre position qui m’interpelle.

    Greg

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    • madjer dit :

      A MITARI,GREG et Cie,
      Comme vous le savez,les articles parlant de notre pays sur le web sont multiples.En lisant toutes les tendances,on parvient à disséquer beaucoup de contradictions.Ces mêmes contradictions entrainent confusion et parti-pris.MITARI,GREG et beaucoup d’autres êtes parmi les gens qui ne cachent nullement pas leur position et leur haine pour Kagame.Les textes et surtout les auteurs LUS sur ce site en disent long.C’est pourquoi je vous laisse ce texte qui,je le pense,vous rafraichira la memoire et vous donnera quelques bribes d’informations,mais tres utiles.

      Génocide des Tutsi du Rwanda:un juge français contre un autre (et les Africains dans tout ça?)
      L’Auteur
      Abdourahman Waberi
      ________________________________________
      Topics
      L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop revient sur les circonstances de l’attentat qui serait, selon certains, à l’origine du génocide qui a secoué le Rwanda en 1994 et fait plus de huit cent mille morts exterminés à la machette en 100 jours. Le 10 janvier 2012, il y eut, côté français, un nouveau développement juridique de très grande importance. Après une longue enquête, les juges français anti-terroristes Nathalie Poux et Marc Trévidic ont attribué la responsabilité de l’attentat qui a couté la vie au Président rwandais Juvénal Habyarimana à son propos camp. Boubacar Boris Diop en tire toutes les conclusions. Les masques tombent. Le troublant juge Brugière, les journalistes Pierre Pean et Stephen Smith, les universitaires André Guichaoua, Claudine Vidal, Filip Reyntjens (et bien d’autres voix) perdent toute ou partie de leur crédibilité. Et ce n’est que justice.
      Mercredi 6 avril 1994. La nuit tombe sur Kigali. Au-dessus de la piste de l’aéroport Grégoire Kayibanda, un petit avion débute ses manœuvres d’approche. C’est le Falcon 50 de Juvénal Habyarimana, cadeau personnel de François Mitterrand, qui a également mis à sa disposition un équipage français composé des pilotes Jacky Héraud et Jean-Pierre Minaberry et du mécanicien navigant Jean-Michel Perrine. Le président rwandais revient de Dar es Salam. Il y a participé à un sommet régional lors duquel ses homologues l’ont pressé de mettre en œuvre les accords de paix conclus avec le Front patriotique rwandais (FPR) huit mois plus tôt. Cela fait longtemps qu’il tergiverse, en effet, car il a bien conscience de la farouche hostilité des ultras de son camp à tout partage du pouvoir avec ceux qu’ils appellent haineusement les Inyenzi, les cafards, à savoir les Tutsi du mouvement politico-militaire de Paul Kagamé.
      Persuadé en outre de ne pouvoir contrôler la nouvelle Assemblée nationale de transition de 70 membres, il craint de devoir répondre devant elle des nombreux assassinats politiques ciblés et massacres de masse commis pendant son règne, sous ses ordres ou avec son aval, en particulier depuis le déclenchement de la guerre le 1er octobre 1990. Habyarimana, à la tête de son pays depuis le Coup d’Etat de juillet 1973, sait donc au moment où son appareil s’apprête à atterrir au Rwanda quels gros risques il a pris en Tanzanie et quel climat pourri l’attend chez lui. Il est toutefois loin de se douter qu’il lui reste quelques minutes à vivre. Un premier tir de missile rate l’avion, immédiatement suivi par un second, qui le transforme en une immense boule de feu. Ses flammes, qui engloutissent le président du Rwanda, son homologue du Burundi Cyprien Ntaryamira et tous les autres passagers, ne s’éteindront pas avant le 4 juillet, jour de la prise de Kigali par les forces du général Kagamé. C’est le signal de ce qu’on va bientôt appeler les Cent-Jours du Rwanda. Le macabre calcul est vite fait : du 6 avril au 4 juillet 1994, entre chaque aube et chaque crépuscule, dix mille innocents ont été décapités, jetés dans le Nyabarongo, offerts en pâture à des chiens devenus soudain aussi féroces et assoiffés de sang que leurs maîtres, mitraillés, dépecés, violés, brûlés vifs, enterrés vivants ou précipités dans des fosses septiques, le tout au milieu des ricanements de mères de famille, de pères de famille et de gamins hilares. Même si, comme on dit, comparaison n’est pas raison – dans ce domaine en particulier – on ne peut s’empêcher de noter que le coût humain du génocide des Tutsi équivaut à onze mois d’attaques ininterrompues contre le World Trade Center de New York, c’est-à-dire à un attentat par jour entre octobre 2000 et septembre 2001… A en juger par les réactions bien différentes suscitées dans le monde par le génocide des Tutsi et les 3000 morts du « Nine eleven » américain, la vie humaine n’a pas du tout la même valeur selon qu’on est d’un pays pauvre ou puissant. Il n’est pas étonnant, dès lors, que l’ONU, plutôt que de renforcer sa présence militaire au début des tueries, ait au contraire choisi ce moment précis, le pire assurément, pour retirer du Rwanda les neuf dixièmes de ses 2500 Casques Bleus. Elle a ainsi facilité la mise en œuvre d’une « Solution finale » planifiée dans les moindres détails par des politiciens à l’intelligence limitée et aux méthodes brutales. Ces gens ont été assez sots pour dire à leurs administrés : « Allez par les rues, allez par les collines, entrez dans les maisons et découpez à la machette tous ceux que vous jugerez différents de vous ! »
      Voilà pourquoi les historiens qui se sont intéressés au drame rwandais sans a priori idéologique n’ont jamais pu leur trouver la moindre excuse. Mais cette courageuse lucidité n’est pas la chose du monde la mieux partagée, loin s’en faut. Le fait est que nombre de journalistes, écrivains ou hommes politiques, surtout français, n’écoutent que leur négrophobie, diffuse ou militante, quand ils en viennent à parler du Rwanda. Le plus curieux, c’est que les vues de ces spécialistes d’occasion sur le génocide des Tutsi sont souvent d’autant plus tranchées qu’ils ignorent presque tout du sujet. Je me souviens par exemple d’un accrochage en 2007 dans un café de Guadalajara avec un romancier français du nom de Patrick Deville, très choqué, indigné même, de m’entendre contester la thèse de l’assassinat de Juvénal Habyarimana par l’actuel régime de Kigali. Au fil des échanges, je me suis aperçu sans réelle surprise que le bonhomme ne savait rien du Rwanda, qu’au fond ce pays où il n’avait jamais mis les pieds ne l’intéressait en aucune façon mais qu’il n’y avait pas dans son esprit l’ombre d’un doute quant à la culpabilité de Kagamé. Et pourquoi donc ? On est désolé de le dire : parce que l’accusateur est un juge français, blanc, et l’accusé un chef d’Etat africain, noir. Ce racisme primaire est très clairement au cœur de la négation du génocide des Tutsi par certains Occidentaux. Quid des Africains eux-mêmes. alors ? Il en sera question plus loin. En vérité, racisme et négationnisme marchent depuis toujours d’un même pas. Ainsi ne peut-on nier l’existence des chambres à gaz qu’à partir de fortes convictions antisémites. Dans le cas du Rwanda aussi, on a affaire à un déni spontané d’humanité mais qui reste presque toujours honteux de lui-même et niché dans les recoins les plus obscurs de l’âme humaine. Ils sont légion, les intellectuels occidentaux qui tiennent à ce que leur Afrique, une Afrique fantasmée, reste une terre de paradoxes et d’énigmes, à la fois glauque et gorgée de lumière, exaltée et somnolente, partagée entre une joie de vivre débridée et les plus sombres passions. Dans cet espace ouvert à des émotions si diverses et variées, chacun fait son marché et l’on se lasse vite de dénombrer les inepties doctement distillées, entre soupirs entendus et sourires en coin, par les uns et les autres.
      Stephen Smith fait de l’Afrique « le paradis naturel de la cruauté » ; l’impayable Pierre Péan, se réfugiant derrière tel auteur colonial, voit dans les Tutsi une race gangrénée par « la culture du mensonge » et si contagieuse qu’à son contact les Hutu ont fini par devenir des « menteurs par imprégnation » (sic !). Plutôt que d’être mis au ban de leur corporation après des propos aussi scandaleux, les deux journalistes ont au contraire gardé intact leur statut d’experts du génocide des Tutsi du Rwanda. Le rapport commandité par Trévidic – qui crédibilise fortement la thèse selon laquelle le Hutu Power a liquidé Habyarimana afin de rendre possible le génocide – a visiblement mis KO debout Smith, Péan et leurs semblables mais cela ne doit pas faire oublier toutes les souffrances qu’ils ont infligées aux rescapés pendant si longtemps. « Le négationnisme à la française » – l’expression est de Mehdi Bâ – existe aussi en version «light», comme chez le discret et insidieux Jean Hatzfeld. L’auteur de Dans le nu de la vie décrit, impassible, d’effroyables atrocités puis réalise soudain qu’il lui faut tout de même dire, avant de boucler sa trilogie, un mot des causes d’une telle orgie de haine. Et voilà Hatzfeld qui glisse au milieu de La stratégie des antilopes un chapitre intitulé « Visions noires de l’Afrique », chapitre truffé des mêmes préjugés sur le continent, qu’il n’a même pas le courage de prendre à son compte.
      Il est également beaucoup question ces jours-ci dans les medias de Claudine Vidal et d’André Guichaoua, qui font rire sous cape leurs collègues malgré l’extrême gravité du sujet. Il est désormais établi que ces deux universitaires ont fait bénéficier le juge Jean-Louis Bruguière de leurs « lumières » et le second, Guichaoua, s’est fendu d’un gros ouvrage (Rwanda, de la guerre au génocide) au ton ostensiblement neutre mais qui a surtout été écrit pour faire porter au FPR la responsabilité de l’attentat du 6 avril 1994. Malheureusement pour lui, c’est la partie la plus faible d’un livre où il se contente de répéter les extravagances de Ruzibiza, d’ailleurs revenu entre temps sur ses déclarations à Bruguière. On découvre enfin que le magistrat français, décidément bien encadré, a eu tout au long de son enquête ce qu’on pourrait appeler un troisième « conseiller scientifique » secret, l’historien belge Filip Reyntjens. Le rôle de ce dernier a été mis en exergue en termes très virulents par Me Bernard Maingain, un des avocats de l’Etat rwandais, qui n’a pas hésité à s’écrier lors d’une conférence de presse : « Comment le juge Bruguière et son équipe ont-ils négligé de vérifier le passé et les intérêts de M. Filip Reyntjens au Rwanda ? Comment pouvaient-ils ignorer que M. Filip Reyntjens a participé à l’élaboration de la Constitution qui a avalisé le système d’apartheid au Rwanda durant la période du régime Habyarimana ? » Il y a plus grave, car Me Maingain va jusqu’à tenir Reyntjens pour indirectement responsable de l’élimination physique par Habyarimana d’hommes politiques rwandais de bonne volonté engagés dans de discrètes négociations en Belgique pour ramener la paix dans leur pays.
      Il est à peine besoin de mentionner ici tel avocat du Minnesota ou les « travaux » du Camerounais Onana et du Canadien Robin Philpot.
      Chacun de ces auteurs a apporté, d’une façon ou d’une autre, sa petite pierre à l’édifice négationniste. Cependant celui-ci aurait eu bien du mal à tenir debout sans le juge Bruguière. Lui, mérite que l’on s’arrête sur son profil et sur ses agissements. S’il est vrai que personne n’a jamais cru en son infaillibilité, il passait au moins pour un professionnel intègre. Eh bien, ce juge cloué au banc d’infamie par des révélations de plus en plus accablantes, nous apparaît désormais sous les traits d’un individu falot, indigne et aux ambitions incroyablement dérisoires au regard des enjeux politiques et moraux de son enquête. Refusant de se rendre au Rwanda ou de faire expertiser les débris du Falcon 50, Bruguière a systématiquement instruit à charge dans cette affaire. Il s’est notamment attaché les services d’un interprète-traducteur rwandais fourni par le tristement célèbre ex-capitaine de gendarmerie Paul Barril, un autre de ses « coachs» occultes. Barril, expert en coups tordus en tous genres, est signalé à Kigali deux jours avant l’attentat du 6 avril ; on le voit ensuite rôder autour de l’épave de l’avion en plein génocide et exhiber fin juin dans Le Monde et sur France 2, comme en un tour de magie, une fausse boîte noire. Quel genre d’interprète un individu aussi douteux, par ailleurs officiellement au service de la veuve Habyarimana, pouvait-il bien proposer à Bruguière ? Eh bien, celui qu’il lui fourgue, un certain Fabien Singaye, est un ex-informateur d’Habyarimana mais aussi l’ami et l’associé en affaires de Jean-Luc, fils du défunt dictateur et partie civile à la procédure ; Singaye, diplomate expulsé de Suisse dès 1994 à cause de ses liens avec le régime génocidaire, est en outre le gendre de Félicien Kabuga, surnommé à juste titre « le financier du génocide » et réfugié au Kenya depuis la débâcle. On imagine très bien de quelle manière Singaye a traduit pour Bruguière, qui ne comprend pas le kinyarwanda, les dépositions de son compère Abdul Ruzibiza.
      De toute façon, ces témoins de Bruguière, contradictoires et fantaisistes, se sont presque tous rétractés. J’ai mentionné dans un de mes livres (L’Afrique au-delà du miroir) le récit fait par Libération d’une audition de Ruzibiza. Bruguière menace de le faire expulser s’il ne dit pas ce que, lui, veut à tout prix entendre. Il est aussi question dans le même article d’un droit d’asile en Norvège que lui avaient arrangé les services spéciaux français, également organisateurs de son exfiltration de Kampala. De là à penser qu’ils lui ont dicté chaque phrase de son témoignage…
      En résumé, la partialité de Jean-Louis Bruguière ne fait pas l’ombre d’un doute. Il reste à connaître ses motivations. La lecture des câbles de WikiLeaks permet de s’en faire au moins une petite idée. On y découvre, entre autres informations intéressantes, le récit de ses entretiens avec des diplomates de l’ambassade américaine à Paris. Il leur dit notamment qu’il a conduit toute son enquête sur le Rwanda en concertation avec l’Élysée – du temps de Chirac – et ajoute qu’il est bien déterminé à châtier Paul Kagamé, un peu trop pro-américain à son goût. Le juge, qui est un patriote, ne supporte pas que l’on accuse la France d’avoir été si résolument du côté des génocidaires. Décidément en veine de confidences ce jour-là, avenue Gabriel, dans le huitième arrondissement, il avoue être tenté par un siège au Palais-Bourbon et précise que, tout bien considéré, son rêve ultime est de devenir ministre français de la Justice. Tout cela est incroyable mais on peut le trouver écrit noir sur blanc, de source on ne peut plus fiable…
      La lecture de ces rapports ultra confidentiels de diplomates a du reste le mérite de nous rafraîchir la mémoire. Ainsi se souvient-on brusquement des promesses ministérielles de Chirac au juge mais aussi des ambitions politiques clairement affichées de ce dernier. Bruguière ne s’est-il pas en effet présenté aux législatives de juin 2007 sur la liste UMP, dans le Lot-et-Garonne ? Sans succès, bien entendu. Drôle de bonhomme que ce Bruguière. Méprisé par tous, il n’a réussi à devenir ni député ni ministre et encore moins à faire de Paul Kagamé un paria. Que peut bien penser un tel homme de lui-même au soir de sa vie ? Mais il est fort probable que Bruguière, habitué des dossiers sensibles, n’a cure de ces petites blessures d’amour-propre. Il a eu en charge l’affaire des moines de Tibérine et celle de l’attentat de Karachi qui a coûté la vie à 11 Français en 2002. Il semble s’y être illustré de manière peu flatteuse puisque, à en croire le quotidien Libération du 16 juin 2010 il avait été « accusé par les familles des victimes, représentées par Me Olivier Morice, de faux témoignage et d’entrave à l’exercice de la justice. » Bruguière aurait purement et simplement fait disparaître le rapport d’autopsie tendant à infirmer la thèse officielle de l’Etat français. Il risquait 5 ans de prison pour le premier chef d’accusation et 3 ans pour le second mais selon certaines sources la plainte vient d’être classée sans suite en raison de son immunité juridictionnelle.
      Voilà donc le personnage qui a bafoué, avec une approbation quasi universelle, l’honneur d’un pays et réussi à peser si lourdement sur la lecture du dernier génocide du vingtième siècle. Cependant Bruguière a surtout insulté la mémoire des suppliciés du Rwanda en accréditant l’idée que, responsables de leur propre destruction, ils ne sont pas réellement dignes de compassion. Après deux décennies de mensonges, le travail du deuil peut enfin débuter en toute sérénité pour les survivants. Ce n’est pas trop tôt mais ce n’est pas rien non plus.
      Quand on en vient au fameux Plus jamais ça, le devoir de vigilance doit s’étendre, au-delà du crime lui-même, à tous les éléments constitutifs du cycle génocidaire. Il est donc essentiel de savoir comment une aussi grossière manipulation a pu prospérer pendant presque vingt ans.
      Tout reposait jusqu’ici sur la thèse de la colère spontanée des masses hutu après la mort de leur leader mais la situation a radicalement changé. Plus personne n’osera utiliser un tel argument après la publication du rapport d’expertise remis à Trevidic. Il a plongé dans un grand désarroi certains analystes de pacotille qui en sont réduits aujourd’hui à suggérer, comme Christophe Boisbouvier de RFI, qu’un commando du FPR a pu, après tout, s’infiltrer au camp Kanombe, y guetter pendant des heures le Falcon 50 puis faire le job et disparaître, ni vu connu, dans la nature ! Personne ne s’est naturellement donné la peine de réfuter des propos d’une si affligeante puérilité.
      L’explication du génocide par un simple attentat est de toute façon un aveu en bonne et due forme, qui se passe de commentaire. Il est vrai que le crime a été si spectaculaire qu’il eût été vain de chercher à en nier la réalité. Alors, on a fait feu de tout bois. Mais il faut être totalement à court d’arguments ou presque fou pour oser déclarer à la face du monde : « Désolé, nous avons tué un million de Tutsi parce que leur chef nous a provoqués en assassinant notre président.»
      Le plus inquiétant, toutefois, c’est le fait que tant d’intellectuels africains aient cautionné ce discours, de manière ouverte ou tacite. Nous vivons une époque assez bizarre : de nos jours, il suffit au premier venu d’imputer les pires monstruosités à n’importe quel leader politique africain pour qu’aussitôt, de Dakar à Maputo, moult éditorialistes et autres « penseurs » se mettent à crier haro sur le dictateur assoiffé de sang. Pourquoi cette réticence à évaluer, au cas par cas, les données politiques disponibles avant de se faire une religion ? Une telle absence d’esprit d’examen, sur un sujet aussi grave que le génocide des Tutsi du Rwanda, a beaucoup à voir avec ce qu’on peut appeler la haine de soi. Sans la ténacité et la force de caractère de Paul Kagamé, on en serait encore à l’accuser d’être l’organisateur du génocide alors que c’est bien lui qui y a mis un terme, sans l’aide de personne et surtout pas des donneurs de leçons, dont certains étaient les complices des tueurs. La partie n’était cependant pas gagnée pour Kagamé car les fables de ses ennemis étaient validées d’avance par la mauvaise réputation des hommes politiques africains, jugés par définition cruels, insignifiants et folkloriques. Ainsi a-t-il suffi d’esquisser du chef du Front patriotique rwandais, par petites touches, le portrait du tyran africain typique pour que la cause soit entendue : on ne se bat avec des mots contre une image. La négrophobie évoquée plus haut et l’afro-pessimisme dorment pour ainsi dire dans le même lit et se confortent mutuellement. S’il est si important de prendre en compte les faits, c’est que nul ne peut être déclaré coupable ou innocent a priori. Ce sont les évènements réels, du moins ce que nous pouvons en savoir, qui doivent éclairer notre jugement.
      Le Rwanda est, à cet égard, un cas d’école. Paul Kagamé avait d’autant moins de chances d’être jugé équitablement par ses frères africains que l’accusation contre lui était amplifiée par des intellectuels occidentaux dont la parole, même délirante, est toujours sacralisée. On n’aurait pourtant jamais entendu parler de Bruguière si, en Afrique même, son dossier avait été passé au peigne fin par les juges, les journalistes et les historiens. Il est d’un vide sidéral et, le sachant fort bien, le juge ne se serait pas risqué à des magouilles aussi choquantes. Il aurait sûrement compris tout seul la nécessité de se calmer.
      Quels sont donc, dans cette enquête, les faits historiquement établis qui méritaient d’être pris en considération ?
      Tout d’abord, les extrémistes hutu se sont si souvent trahis qu’il n’était nul besoin d’une commission d’experts pour conclure à leur responsabilité dans l’assassinat de Juvénal Habyarimana. Il faut dire aussi qu’ils ont joué de malchance dès la toute première seconde : l’avion du président rwandais s’est écrasé dans les jardins de sa propre résidence, forcément protégée par sa Garde présidentielle. Ce simple caprice du hasard rend vaines toutes les supputations sur la boîte noire du Falcon 50, que l’on fait toujours semblant de chercher dix huit ans après. A qui veut-on donc faire croire qu’il est plus facile de trouver la boîte noire du vol AF 447 Rio de Janeiro-Paris dans l’immensité de l’Océan Atlantique que de mettre la main sur celle d’un avion tombé dans un petit jardin de Kigali ? Selon toute probabilité, les planificateurs du génocide et leurs alliés ont détruit ou cachent encore cet instrument qui les aurait vite confondus. Pour mémoire, l’un des premiers arrivés sur le site du crash a été un certain commandant Grégoire de Saint-Quentin. Devenu général, il est aujourd’hui le patron des forces françaises basées à Dakar. Au Sénégal, seul le Parti de l’indépendance et du Travail (PIT) s’est ému de la présence sur notre sol d’un officier fortement soupçonné de collusion avec les génocidaires rwandais.
      En situation normale, les dépositions farfelues, déjà mentionnées, des témoins de Bruguière, auraient suffi à elles seules à ruiner sa thèse. L’un d’eux a par exemple prétendu que Rose Kabuye avait hébergé trois membres du commando dans sa chambre au CND, l’ancien Parlement de Transition. Le juge Bruguière n’a même pas cru devoir vérifier si la chambre en question était assez grande pour cela, ce que les juges Trévidic et Poux feront en 2010. Un autre témoin, Ruzibiza, auteur de l’ouvrage agrémenté d’une préface de l’universitaire Claudine Vidal (CNRS/EHESS) et d’une postface de Guichaoua – on excusera du peu ! – décrit en détail le déroulement de l’attentat pour bien convaincre le juge qu’il y a directement participé. Quand quelqu’un s’accuse ainsi, spontanément, d’avoir contribué à la mort de douze personnes dont deux chefs d’Etat en exercice et trois citoyens français, la moindre des choses n’est-elle pas de lui demander au moins de rester à la disposition de la justice ? Eh bien, ce n’est pas l’avis de Bruguière qui le laisse repartir totalement libre vers la Norvège.
      S’il est un génocide dont les architectes et exécutants ont agi à visage découvert, c’est bien celui des Tutsi du Rwanda en 1994. Des articles d’Hassan Ngeze dans Kangura aux sorties enflammées de la Radio-Télévision libre des Mille Collines (RTLM) les bourreaux ont toujours formulé très clairement leur projet d’anéantissement des Tutsi. Le 22 novembre 1992, soit dix sept mois avant l’attentat du 6 avril, Léon Mugesera demande à la foule, qu’il suspecte de tiédeur : «Pourquoi n’arrête-t-on pas ces parents qui ont envoyé leurs enfants et pourquoi ne les extermine-t-on pas ? Pourquoi n’arrête-t-on pas ceux qui les amènent et pourquoi ne les extermine-t-on pas tous ? Attendons-nous que ce soit réellement eux qui viennent nous exterminer ?» Et d’ajouter : «Celui à qui vous ne couperez pas le cou, c’est lui qui vous le coupera.» Mugesera, extradé la semaine dernière du Canada vers le Rwanda, a été encore plus précis à l’occasion de cette harangue en invitant ses partisans à jeter les cadavres des Tutsi dans les eaux du Nyabarongo. Cela a été fait, car personne n’a oublié les images abominables de dizaines de milliers de corps emportés par le même fleuve.
      Une autre preuve du caractère planifié du génocide est la défection du fameux « Jean-Pierre », chargé d’entraîner les milices de tueurs du parti présidentiel, les Interahamwe. Se rendant compte que ce qui se prépare est totalement fou, il décide d’avertir en secret le général canadien Roméo Dallaire, commandant de la Minuar (« Mission des Nations unies pour l’Assistance au Rwanda »). En janvier 1994, il lui révèle en particulier que ses hommes ont été spécifiquement entraînés pour éliminer le moment venu 1000 Tutsi toutes les 20 minutes et indique avec exactitude les lieux où sont entreposées les armes destinées à être distribuées à la population le Jour J. Le général Dallaire envisage aussitôt de monter une opération pour démanteler les caches d’armes : il est stoppé net par ses chefs de l’ONU, dont Koffi Annan, qui lui donnent au contraire l’ordre, carrément surréaliste, de partager ses informations avec le Président rwandais.
      On sait également que les massacres ont démarré, selon un agenda précis, par l’élimination de milliers de politiciens hutu modérés. Entre 1990 et 1994, ceux-ci avaient d’ailleurs déjà payé un lourd tribut à la volonté des durs du régime Habyarimana, le Hutu Power, de se débarrasser des Tutsi et de leurs supposés complices hutu, les Ibiyitso.
      Le génocide n’a assurément pas éclaté d’une minute à l’autre et son image emblématique que voici parle d’elle-même : un paysan qui tient sa machette de la main droite, le transistor collé à son oreille gauche. Il écoute attentivement les instructions de ceux qui coordonnent les tueries, la musique raciste de Simon Bikindi que l’on passe en boucle lui donne du cœur à l’ouvrage, il entend les animateurs de la RTLM lui indiquer les endroits où il y a la plus forte concentration de Tutsi à éliminer mais aussi les zones où il doit se hâter d’aller se « mettre au travail » parce que beaucoup de victimes potentielles sont en train de chercher à y traverser la frontière, vers le Burundi ou la Tanzanie par exemple.
      Et, last but not least, ceci qui me semble absolument fondamental : le génocide des Tutsi du Rwanda n’a pas commencé quelques heures après l’attentat du 6 avril 1994 mais trente cinq ans plus tôt, très exactement le 1er novembre 1959. Ce massacre initial est appelé la « Toussaint rwandaise », en parallèle avec la « Toussaint algérienne », le FLN ayant déclenché sa lutte armée le 1er novembre 1954. Il faut bien savoir qu’au Rwanda, à partir de cette date fatidique, les Tutsi n’ont jamais eu droit au moindre répit. Systématiquement marginalisés en raison de leur prétendue appartenance ethnique, ils ont été tués par milliers ou par dizaines de milliers au moindre prétexte. C’est à ce point que dès 1964, Bertrand Russell, mathématicien et philosophe, prix Nobel de littérature en 1950, initiateur des « Tribunaux contre la guerre du Vietnam » et immense autorité morale en son temps, tire la sonnette d’alarme et qualifie sans ambiguïté les évènements survenus au Rwanda comme « les massacres les plus horribles et systématiques d’êtres humains auxquels on ait assisté depuis l’extermination des Juifs par les Nazis. » De même, malgré la participation avérée de tant de religieux dans le génocide de 1994, on ne doit pas oublier que dans les mêmes années soixante, Radio Vatican utilise le même vocable – génocide – pour caractériser les tueries anti Tutsi du Rwanda. Les pogroms dans le Bugesera et chez les Bagogwe, entre 1990 et 1994, étaient très visiblement les signes annonciateurs de la détermination des extrémistes hutu à aller jusqu’au bout de leur logique d’extermination d’une partie de leurs compatriotes.
      Il est encore une fois incompréhensible, au vu de tout ce qui précède, que le Rwanda ait dû faire face dans une si grande solitude à la puissante machine négationniste.
      Le manque de solidarité des autres pays africains était déjà patent lorsque, à l’occasion de son sommet de juin 1994 à Tunis, en plein génocide, l’Organisation de l’Unité africaine n’a même pas cru devoir inscrire la question à son ordre du jour. Et aujourd‘hui le constat ne peut que remplir d’amertume : c’est un juge français, Jean-Louis Bruguière, qui a injustement sali la réputation du régime de Kigali et ce sont deux autres juges français, Marc Trévidic et Nathalie Poux, plus honnêtes et plus rigoureux, qui ont remis les choses en ordre.
      En a-t-on tiré les conséquences sur le continent ? Rien n’est moins sûr. A Dakar, une « Union des Ressortissants rwandais au Sénégal » (URRS) distille, sous prétexte d’œuvrer à la réconciliation, le poison de la négation et de la division lors de ses conférences de presse régulièrement abritées par la Rencontre africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO). Il n’est pas facile d’expliquer pareille complaisance. On pourrait arguer que les locaux de cette structure sont ouverts à tous les sans-voix. Ce serait une excuse trop facile, car les propos que l’on y a entendus il y a quelques jours ont une tonalité plutôt militante. Accueillant le 25 janvier 2012 la énième conférence de presse de l’URRS, la RADHO a en effet repris à son compte, de manière encore plus radicale et caricaturale que ses hôtes, la réécriture de l’histoire politique récente du Rwanda. On a notamment entendu son représentant encenser l’enquête Bruguière et affirmer péremptoirement que le rapport d’experts remis aux juges Trévidic et Poux avait certainement été rédigé à l’Élysée, au nom du rapprochement diplomatique franco-rwandais. Quant à l’opposante Victoire Ingabire, en cours de jugement au Rwanda pour négationnisme, divisionnisme et soutien aux Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) – une rébellion armée sans foi ni loi, héritière des sinistres Interahamwe – le même orateur l’a présentée avec candeur comme une courageuse opposante détenue « arbitrairement », autrement dit sans motif.
      Tout cela laisse rêveur…
      La RADDHO sait bien que Victoire Ingabire n’est que la figure politique destinée à donner un vernis de respectabilité aux FDLR, dont le Secrétaire exécutif Callixte Mbarushimana, bien que relâché par la Cour pénale internationale, reste accusé de génocide en France où il est sous contrôle judiciaire.
      On aurait préféré entendre la RADDHO s’exprimer sur l’affaire Léon Mugesera qui est encore au cœur de l’actualité ou sur le fait qu’un nombre croissant de génocidaires fuient désormais l’Amérique et l’Europe, par crainte d’être extradés vers le Rwanda, et viennent chercher refuge dans les pays africains, de préférence francophones. Ils s’y sentent plus en sécurité que partout ailleurs sur terre et ce n’est certainement pas un hasard. C’est là un tournant majeur qui rend impératif un débat public, serein et rationnel, sur l’attitude de la RADDHO. Les sujets à discuter sont très sérieux et leurs enjeux sont de taille. C’est bien ici, au Sénégal, qu’a été arrêté le 27 novembre 2001 Aloys Simba, alias « le boucher de Murambi ». Il est devenu un des personnages de mon roman parce que j’ai souvent retrouvé son nom au cours de mes recherches sur le fameux massacre de l’Ecole technique de Murambi ayant causé en quelques jours la mort d’au moins 45.000 Tutsi. Eh bien, je ne me doutais pas que Simba était paisiblement installé à Thiès où il bénéficiait par ailleurs de la protection d’une association de défense des droits de l’homme, autre que la RADDHO il est vrai. Sans la requête expresse de Carla del Ponte, ancienne Procureure de la Cour Pénale Internationale, il y coulerait encore de beaux jours… Cela ne devrait-il pas nous donner à réfléchir ?
      Au-delà de ses atrocités et de son ampleur, le génocide des Tutsi du Rwanda a été pour l’Afrique l’événement politique le plus significatif du vingtième siècle, une véritable « fracture historique », et il est tout simplement inconcevable qu’on la traite avec une si insoutenable légèreté. C’est encore moins acceptable à l’heure où le négationnisme est littéralement aux abois. S’il est vrai, comme viennent de le rappeler l’historienne Hélène Dumas et le politologue Etienne Smith, que les juges n’écrivent pas l’histoire, les nouveaux développements juridiques changent du tout au tout la lecture des Cent-Jours du Rwanda. Il est du devoir de tous d’en tenir compte pour ôter aux bourreaux, si habiles à se déguiser en victimes, toute tentation de reprendre du service ou à d’autres politiciens, ailleurs sur le continent, de s’inspirer de leur funeste exemple.
      Boubacar Boris Diop
      (Texte publié à Dakar, Thiesvision.com, samedi 28 janvier 2012 et repris avec l’aimable autorisation de l’auteur).

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      • Derille dit :

        Désolé. Je ne mets pas en cause la bonne foi de l’auteur de cet article. Mais c’est encore et toujours le même
        discours excessif. Bien sûr, il n’est pas question de « nier » les souffrances des victimes tutsi. Mais sur les
        800.000 morts de 94, il y a aussi eu pas pas mal de victimes hutu
        Pourquoi, si le Rwanda est devenu un pays de cocagne, y a-t-il encore tant de réfugiés politiques tutsi en
        Belgique et ailleurs. Pourquoi aucune opposition possible ?

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  15. Greg dit :

    Truth,

    Qu’est-ce que mieux gouverner pour vous?
    On peut commencer par là. Je voudrais savoir.
    Greg

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  16. Veritas dit :

    @ Madjer

    Le hic est que vous et le puissant réseau de soutien de Kagamé en Occident faites dire au rapport ce qu’il ne dit pas! Stephen Smith et Filip Reyntjens viennent de le rappeler dans deux articles inspirés et modérés (j’attends votre démontage point par point)! En tout cas, J’espère que vous avez bien lu le dit rapport avant de verser dans l’intoxication et autres manipulations révélatrices d’un esprit particulièrement fanatique!

    @Rwimbi

    Mon cher ou ma chère Rwimbi,

    Ton vibrant appel pour le retour au Rwanda est assez touchant. Il aurait été encore plus touchant si les sympathisants de Kagamé , réfugiés économiques , ne grouillaient pas dans des capitales européennes , bénéficiant de fait ,ces aides que tu pointes du doigt (chose connue par les offices des étrangers)! Donnez l’exemple, rendez vos statuts de réfugiés ( ou nationalités) et rentrez chez vous vous enivrer du lait et du miel qui coulent abondamment dans le nouvelle terre promise ! Soyez cohérents avec vous -même!

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  17. Mlle H. dit :

    Greg,

    Suite à le lecture de tout ce que tu as écris, je te répond ceci : Il serait vraiment temps que tu retournes faire un tour dans ce magnifique pays qui est le tien.Il est claire que ta dernière visite doit remonter à bien longtemps si tu ne t’es pas rendu compte que le Rwanda est en plein évolution et changement et oui ce, que tu le veuil ou non, grâce à notre président Kagamé!Il y a plein d’exemples que je pourrais te donner en dehors de ceux que tu connais déjà mais je pense que c’est peine perdue étant trop ancré dans ton monde imaginaire et sombre!Ensuite en ce qui concerne les faits que tu te permets d’évoquer à plusieurs reprises concernant le génocide du Rwanda sont très déplacés et tu les relates de manière assez irrespectueuse envers les personnes qui ont perdu des membres de leur famille pendant celui – ci.Sais – tu que c’est à cause de personnes comme toi que ce même génocide a commencé?le fait d’en parler comme tu le fais, de dire ce que tu dis, fait passer un message de haine et c’est exactement comme ça que tout cela a commencé.T’en souviens tu?car moi oui!Et je pense qu’il serait temps de laisser cette histoire de côté, aujourd’hui au Rwanda tout le monde vie sa vie et ce mieux qu’avant, tout le monde fait de son mieux pour avancer et le plus important c’est qu’une histoire comme celle – ci ne se reproduise jamais!Alors plutôt que de dénigrer ton Pays, ton président fait en sorte d’y apporter quelque chose!Si tu penses pouvoir faire mieux pour le Rwanda ou y apporter plus, plutôt que de médire et de critiquer apporte ta propre pierre à l’édifice, aide ton pays à avancer et met tout le monde au même pied d’égalité, nous somme tous RWANDAIS et le RWANDA est NOTRE pays à tous!

    A bon entendeur, Salut!

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    • kibuye dit :

      Mlle H vous dites:  » aide ton pays à avancer et met tout le monde au même pied d’égalité, nous somme tous RWANDAIS et le RWANDA est NOTRE pays à tous! » en vous adressant à GREG et vos propos m’interpellent. En Les rwandais veulent agir pour leur pays mais comment agir lorsque les principaux leaders des partis d’opposition qui représentent la moitié de ces rwandais sont emprisonnés, victimes de chasses aux sorcières ou pire assassinés. Comment agir quand le débat public est verrouillé ? Tu dis : » nous sommes tous rwandais », c’est une belle phrase et je vois bien que t’as bien retenu tes leçons de civisme à l’école mais je me suis baladée cet été dans les rues de Kigali et contrairement à tes cours de civisme la réalité quotidienne montre qu’à Kigali il y’a les uns et les autres. Bien sur que L’Etat a intérêt à embrigader les gens sur l’idée qu’on est tous rwandais, qu’il n’y a pas d’ethnies, et j’en passe des meilleurs, mais le terrain lui prouve le contraire.

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  18. Greg dit :

    Bien je vois que Truth a du mal à nous donner sa vérité sur comment bien gouverner un pays.

    @Mlle H,… je ne vais pas vous appelez Mlle Haine ou Mlle Hutu car ce n’est pas mon propos de vous donnez des noms qui ne sont pas les votres 😉 je ne vous demande pas non plus d’avoir de l’esprit et de la légèreté 😉
    Car pleurer on ne pleure plus, il ne reste que le rire après l’hécatombe rwandais.

    Au fait vous ne pouvez pas me dire d’oublier le passé. De ne pas parler des morts,…etc mais c’est le délire alors. Vous ne voulez pas une réconciliation ou bien. Si tel est votre point de vue, il ne faut pas arrêter Mugesera alors. Quelle contradiction dans vos propos et actes.
    Et puis sincèrement de dire que ça fait longtemps que je n’ai plus vu le pays. Vous n’en savez rien non plus. De plus ce beau pays qu’est le Rwanda, il serait plus beau encore si il était bien gouverné, si la vraie paix était là.
    J’ai parcouru les pays d’Afrique, et je me limite à l’Afrique pour ne pas comparer ce qui n’est pas comparable. La première richesse d’un pays, c’est la paix et je peux vous dire que même si il n’y a pas d’obus qui explosent(les petites grenades de temps en temps), dans le coeur, le regards des gens que vous croisez dans les rues de Kigali, Muhanga(ex-gitarama), Huye…etc la paix n’y est pas. Et ça vous avez beau avoir un président qui a 2 jets privé, et des gens qui sont forcés de l’applaudir. La paix vous ne l’avez pas.

    Un pays évolué, tenez un exemple pas plus tard que fin novembre, il y avait du traffic dans Kigali. Et pour faire plaisir aux étrangers, surtout des Europeens, le président a décidé d’envoyer ses militaires dans les foyers et leur imposer aux gens à quelle heure ils doivent partir au boulot, sinon ils courraient des peines de prison. Ah la liberté, la chère liberté. Un gouvernement qui vous donne l’ordre de partir au boulot à 6h45 au lieu de 7H30 comme d’habitude. Il n’y a que dans des pays où le dictat est de rigueur que ça se passe.

    Contribuer au progrès du pays. ça c’est un gros chapitre;
    Meme envoyer de l’argent à quelqu’un au Rwanda qui veut ouvrir une boutique, on l’empêche de se faire de l’argent,… haha les Hutus ne doivent pas devenir riches, sinon c’est grand danger pour la communauté Tutsi.
    Ou alors ils vont cotiser pour les FDLR et autres opposants,.. that’s bad hum.

    Un pays où votre salaire il y a un pourcentage qui part pour le parti au pouvoir,.. j’appelle cela du Vol. donc au pays des voleurs, alors je dis non à mon beau pays.
    Alors participer, contribuer, ce n’est pas faute d’avoir essayer. C’est juste l’expérience qui nous fait parler ainsi.

    Greg

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  19. byenaku dit :

    Dans toute l’histoire de l’humanité, l’AUTOSUFFISANCE alimentaire est une condition primordiale pour le développement d’un pays.
    Vision 2020, Singapour africain, tout ça n’est que….mirage.
    Il n’y a pas longtemps, le Kenya pouvait espérer la même chose. Mais il suffit de s’éloigner de la capitale de quelques kilomètres, vous vous retrouvez en « Afrique ».

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    • Veritas dit :

      Rwanda, futur Singapour :-) !Tout ça c’est de la communication et de l’enfumage. Le Rwanda ne présente qu’un seul intérêt stratégique: Accès aux richesses de l’ Est Congo. C’est donc juste une voie comme peut l’être le Burundi ou encore la Tanzanie. Les dirigeants rwandais ne brillent particulièrement pas par leur modestie, ils sont constamment dans la surenchère. L’histoire du petit Singapour africain me rappelle cette fable de la grenouille qui voulait se prendre pour un éléphant! Ca fait sourire tout homme ou femme encore doté de ses capacités de discernement ! Singapour, c’est tout de même des milliers d’ingénieurs et chercheurs scientifiques publiant chaque année des articles de qualité et déposant des brevets d’invention (lisez la revue Science). Singapour, c’est une voie maritime stratégique et incontournable , un port de première importance dans une région en pleine boom économique . En quoi un petit pays enclavé, dont une grande partie de la population est encore analphabète et rurale (et meurt de faim), en proie à des divisions ethnico-politiques dont le régime tente tant bien que mal de masquer, serait -il un futur Singapour ? Combien de scientifiques, d’ingénieurs sortent-ils dans des écoles ou universités rwandaises? Combien de brevets déposés? Quels sont les pôles d’excellence ( de la recherche)? Nada, rien du tout! Même le Kenya qui est pourtant plus grand, mieux situé et plein de devises( tourisme, commerce international) ne se rêve pas encore à la place du Calife.

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  20. epimaque dit :

    abobavugango turya ifashanyo babajije Kagome we icyo azagushaka iburaya nahandi?ntimukajye mwihuta mumagambo .wabwira aba president bomuri afrique bataza gusaba infashanyo iburaya?? uriya uvugakuri nuko amaze guhaga cg akabayarabuze ukoyagerahano; ahubwo natubwire tumugire inama zukoyagerahano.

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  21. epimaque dit :

    nubwo narimutocyane sinzi kd ntabwo nigeze numvako hari umututsi watashe murwanda habyarimana akamufunga cg akamwica .ARIKO ICYONZI NUKO YABASHAKIYE AKAZI MUBIHUGU BARIMO CYANECYANE NKABARI zAIRE ;;IKINDI NTAMUNTU NUMVISE HABAYRA YISHE AMUZIZA IMITUNGOYE; KWA KAGOME HO NIBYO GUSA .

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    • luna dit :

      Epimaque, nibyo koko urabyivugiye wali muto ntabyo uzi na buhoro, habe na mba. Ceceka rero ntukavuge ibyo utazi. Ikindi ndabona uli umunyarwanda, ntugatukane. Uliya utuka niba utanamukunda, ni umugabo mukuru kandi wubahiwe byonyine ko ayobora igihugu cyawe. Twebwe rero abali bakuru ku ngoma ya Habyarimana, tuzi benshi bafunzwe bakagwa mu munyururu. Tutanagiye kure, hera kuli Président Kayibanda, n’abandi ba politiciens ba kera bamubanjilije. Ntawuzi iherezo ryabo. Nabo abatutsi bo bihorere, ntawali kuza mu Rwanda ngo amufunge, kuko yali yararufunze avuga ko ali ruto. Umubyeyi iyo afite inzu nto, ntaheza abana inyuma ngo ni hato, arabakira bakadendura bose bakararana. Nta mututsi Habyara yali yarashakiye akazi hanze iyo bali bali. Ubu se wowe niba utali iwanyu, nuwaguha akazi kakurutira gutaha mu gihugu cyawe? Icyo utazi rero, jya wilinda kukivuga nk’ukizi. Kutabimenya s’ikosa aliko kubyemeza n’ikinyoma. Rekera aho rero.

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  22. Greg dit :

    Et pourtant le Kenya a aussi accueilli plus de boites multinationales que le Rwanda en un temps record.
    Quand on passe à Nairobi, on voit Google, Dell, IBM, HP, Oracle, SAP, Jpmorgan,Citigroup,Ericson, Nokia, Microsoft, Cisco, Avaya,…etc
    Avec le IT HUB qui est à Kigali, je pense que le Rwanda a raté le coche.Et ces sociétés continuent à investir sur le Kenya avec leurs bureaux régionaux mais pas dans notre cher pays.
    Alors que le Rwanda est parmi les pays où il fait bon établir le business(Business friendly). Mieux que le Kenya. Alors cherchez l’erreur.
    Ca ce sont des faits réels et pas de mensonges ou de manipulations d’info.
    Ah le Singapour Africain
    Le Singapour qui a pourtant faim.

    Greg

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  23. Veritas dit :

    J’aimerais que ceux qui chantent les louanges du régime m’explique pourquoi il y a tant de réfugiés économiques pro-Kagamé en Occident (et ils arrivent toujours…curieux pour un pays qui marche du tonnerre)? Pourquoi ne rentrent-ils pas profiter des bienfaits du fameux développement tant vanté? Merci de vos réponses!

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  24. Greg dit :

    Là c’est sur qu’ils vont se cacher.
    Ou alors ils vont démontrer leur art d’ubwenge 😉
    Sinon vous savez il y a toujours des interahamwes partout sur les collines, même en prison. Ils sont tellement forts ces interahamwe qu’ils ont maintenant la technique de Prison Break pour sortir de 1930 ou autres prisons du pays.

    Greg

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  25. Madidane dit :

    Wowe ubahamagarira abantu gutaha uzi icyo ubahamagarira! Twe tururimo abantu bagiye kumarana; mu byumweru bitatu, abantu 15 bamaze kwicana bazizanya GUSANGIRA UBUSA(inzara), Abandi imosoro, kugeza n’aho abaturage bari guhatirwa kwishyura UBUKODE bw’AMASAMBU YABO! Kandi nta mwaka bahawe ibyangombwa byemeza ko ubutaka ari ubwabo! Ni gute watanga ubukode ku mutungo wawe ufitiye ibyangombwa? Tugarutse ku bibategereje mwe mutahuka, muzaze MWIKIJE kuko mbere yo kubaka ugomba guanga Plan y’ibyo ushaka kubaka(babanza kujya gucyenguza ku GISHUSHANYO MBONERA(mubyukuri umuntu adashobora kumenya aho kiba) kitajya gishyirwa ahagaragara!, uzakwa umusanzu w’UBUREZI mbere yo guhabwa Service iyo ari yo yose mu mudugudu utuyemo, uzishyura 2000Frw. Niba ushaka kuba muri Kigali, ugomba gutanga 2000Frw y’irondo, 2000Frw y’ibishingwe, 3000 Frw ya Mituelle de sante, nusiba umuganda uzacibwa 5000Frw cyangwa ufungwe. Nuramuka uguze itungo rikagucika rigakandagira hanze y’igipangu cyawe uzacibwa amande atari munsi y’25000Frw, nubaga itungo ugashaka kujyana inyama i Kigali byo uzabifungirwa! Nujya Congo ukagura 3kg y’isukari kuko ho hendutse ushobora kuyamburwa cyangwa ugategekwa kuyisuka mu Kivu cg Rusizi bitewe n’uko uri Gisenyi cg Cyangugu. Uzategekwa imbuto uzahinga mu murima wawe, urutoki bazarutema, nta rugo rw’imiyenzi rugicyenewe mu Rwanda rwa Paul KAGAME! Nureba nabi kandi bazaguhuriza muri ya gahunda yo guhuza ubutaka, maze bazaguhinge munsi mpaka ku kibero cy’inzu ubure aho ushyira n’ilengalenga! Uzahamagarirwa kwitaba inama zikunze gutumirwamo uhagarariye INGABO MU MURENGE, AKARERE cg INTARA; uyu azavuga amare nk’amasaha 6 arimo ababwira ko arimwe mushyigikira FDRL n’ibigarashi ko za Gerenade ziterwa hirya no hino mu gihugu arimwe BASIVILIYANI MUZIZANA! Hazaba hagowe utazitabira inama nk’izo! Uzibeshye uzane ayo MADEMUKARASI Y’IBURAYI NA AMERIKA! Hano byose ni MUNANGE, nta ARIKO iryo jambo ntaho ritandukaniye n’INGENGABITEKEREZO YA GENOSIDE cyangwa GUPFOBYA! Nimuze bana ba mama, nimuze TURWUBAKE! Nureba nabi uzarwara umutima kubera kunenga no kubabazwa n’ibibera iwacu kwa Paul! Mbiswa njye kwihenera, abasirikare baraye muri KARITSIYE batambaza ibyo mba ndiho ncaniye amatara ijoro ryose!

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    • Manibaho dit :

      Merci Madidane, pour nous ouvrir les yeux, c’est vrai que la réalité au pays fait très très mal, osons en parler les amis et espèrons une avenir meuilleure

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  26. Veritas dit :

    @greg

    La conséquence directe du fanatisme est qu’il vous coupe généralement du réel (ou de la réalité)! Les mots « lucidité » et « modestie » ne font plus parti de leur vocabulaire( pourtant, ce sont là des qualités de la culture ancestrale rwandaise). Si Jambonews partageait le même degré de cynisme , il publierait les adresses IP de nos fielleux posteurs anonymes (Rwimbi et consorts)! On se rendrait vite compte que tous ces « chiens enragés » postent à partir de Bruxelles, Paris, Londres, Montréal, Toronto, … Allez savoir pourquoi ils ont fui leur pays si avancé? Sont-ils au moins conscients qu’ils n’ont aucune légitimité à lancer des appels au retour au pays? Qu’ils apprennent au moins à être dignes et cohérents, ça serait déjà ça de pris! Je respecte 1000 fois, quelqu’un qui poste à partir du Rwanda. Là au moins il a toute la légitimité de ses convictions!

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  27. RWAGASABO dit :

    URU RWANDA RWACU NTABWO RUKENEYE ABANTU BUZUYE INGENGABITEKEREZO Y’IVVANGURA IRYO ARIYO RYOSE,ABANYARWANDA BARABABAYE BIHAGIJE,GUKOMEZA KUBA IMBATA Z’AMOKO(ABAHUTU CYANGWA ABATUTSI),GUKOMEZA GUTWARWA N’AMARANGAMUTIMA Y’INZANGANO,INZIKA N’INZIGO NTIBISHOBORA KUZATUGEZA KU MAHORO TWIFUZA.IYABA ABANTU BOSE BAHANGAYIKISHIJWE N’URWANDA(ABARI MURI OPPOSITION N’ABARI KUBUTEGETSI MU RWANDA) BASHOBORAGA GUHISHURA ICYO ABANYARWANDA ABAKENEYE KUGIRANGO BABEHO MU BUMWE N’UBWIYUNGE,BAGIRE UMUDENDEZO MUGIHUGU CYABO,TWABABA TUTSINZE IGITEGO ICY’UMUTWE,N’ABAGASHAKABUHAKE BYAZABAGORA KUTWINJIRIRA,BIRAGOYE GUHISHURA IRYO BANGA UMUNTU ARI IMBATA Y’IVANGURA RY’AMAKO N’UTURERE,IKINYOMA N’INDA NINI,UBWIRASI N’IBINDI BIBI NK’IBYO BIDUHUMA AMASO Y’UMUTIMA,TUGAHONYORA ABANDI TUGAMBIRIYE KUGERA KURI BYINSHI TUTAZATUNGA,TUZASIGA CYANGWA BYO BIKADUSIGA NK’AHO HARI UMUNTU N’UMWE UFITE UBUDAHANGARWA KU RUPFU.

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