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Échos du Rwanda

Publié : le 3 décembre 2013 à 15:13 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Deux ans après mon précédent séjour, Kigali arbore un nouveau visage ; de nouvelles infrastructures ont été créées afin que la capitale devienne un pôle attractif de la communauté des États d’Afrique de l’Est. Cependant, on constate une nette fracture avec les zones périphériques et les zones rurales où de nouvelles infrastructures et services n’arrivent pas à la même vitesse.

RwandaLe secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication est en pleine croissance, car les Rwandais ne se servent plus uniquement de leurs mobiles pour communiquer ; ils s’en servent également pour les transferts d’argent et les règlements. Dans les campagnes, le réseau mobile est également présent. Ceux qui n’ont pas accès à l’électricité afin de charger leur téléphone se rendent dans des boutiques qui chargent les téléphones moyennant une somme d’argent.

Néanmoins de nombreux défis demeurent dont l’adéquation de l’enseignement supérieur au besoin de l’économie rwandaise, la modernisation de l’agriculture rwandaise et la lutte contre le fléau du chômage qui affecte d’abord la jeunesse.

 

Une rentrée étudiante difficile

Cette année la rentrée étudiante a été notamment marquée par le problème dit « ibyiciro by’ubudehe » ; en effet, il s’agit de catégories dans lesquelles les étudiants sont classés afin de déterminer les droits universitaires que ceux-ci doivent régler. Ces catégories étaient au nombre de 6 et comportaient l’architecture suivante : abatindi Nyakujya  (extrêmement pauvres) ; abatindi (très pauvres) ; abakene (pauvres) ; abakene bifashije (Abifashije)(ni riches, ni pauvres); abakungu (Jumba) (plus ou moins riches) et abakire (riches)[1]

Durant cette rentrée, beaucoup d’étudiants classés dans la catégorie 5 « Abakungu » étaient dans l’incapacité de régler les frais de scolarité qui pouvaient s’élever à 600 000 FRW par an soit environ 680 euros pour un étudiant en 3e année de Bachelor d’agronomie à l’Université Nationale du Rwanda. Beaucoup d’étudiants et notamment ceux qui ont été classés dans les catégories 5 et 6 ont remis en cause ce système de classification, car ils considéraient que les catégories dans lesquelles ils ont été classés ne reflètent pas la situation socio-économique et patrimoniale réelle de leur famille.

L’ampleur de ce problème a poussé les responsables politiques dont le Premier ministre Dr Pierre Damien Habumuremyi à demander une révision de ces catégories afin qu’ils « puissent refléter le pouvoir d’achat réel » des Rwandais. Les agents du ministère de l’Éducation et de la Rwanda Education Board (REB) ont procédé à des enquêtes et entretiens dans les districts pour vérifier la situation économique réelle de 13 298 étudiants en instituts supérieurs et universités. À la suite de ces consultations, l’État a accepté de payer les frais de scolarité pour 77 % de ces étudiants ; parmi les étudiants restants figurent 2388 qui règlent 50 % de leurs frais de scolarité et 92 qui règlent 100 % de leurs frais de scolarité.

En dépit de ce revirement des autorités, les étudiants rencontrés demeurent inquiets concernant la possibilité d’achever leur cycle, car d’année en année le coût de la vie étudiante augmente alors que parallèlement les ressources financières diminuent.

 

Kigali, une ville en pleine mutation

Deux ans après, le quartier des affaires de Kigali affiche un nouveau visage résolument moderne. Grands Pension Plazza et Kigali Tower, les deux grattes ciels qui ont émergé en moins de deux ans ont commencé à héberger en leur sein des agences bancaires et de change, des boutiques de cosmétiques et d’habillement et un supermarché Nakumatt. Les nouveaux bureaux de la ville de Kigali se construisent à proximité du quartier d’affaires où siège notamment la banque panafricaine Ecobank, le cabinet d’audit et d’expertise comptable Ernst & Young, la Bank of Kigali et les supermarchés Nakumatt et Simba.

Kigali entend être un pôle attractif pour les investisseurs ; d’où la construction d’un centre de congrès à Kimihurura (Kigali Convention Center). Ce projet dont le coût est estimé à 300 millions de dollars US n’est pas encore achevé, mais ce nouvel espace devrait comprendre une salle de conférences d’une capacité d’accueil de 2600 personnes, un hôtel 5 étoiles de 292 chambres et un musée. Néanmoins, cette construction rapide d’infrastructures demeure concentrée uniquement dans le cœur économique et politique de la capitale. En visitant les quartiers populaires tels que Kimisagara et Nyabugogo, on ne note pas de constructions nouvelles d’infrastructures ou de voiries.

 

Le fléau du chômage

Actuellement, le marché de l’emploi est saturé alors que des milliers de diplômés formés à l’université de Butare et dans les instituts supérieurs privés ne cessent d’inonder ce marché. À Butare, les étudiants rencontrés font part de leur inquiétude concernant leur avenir au Rwanda compte tenu de la difficulté de plus en plus grandissante de trouver un emploi. Beaucoup de jeunes diplômés optent souvent pour des postes d’enseignants. En effet, chaque jour de nouveaux instituts supérieurs privés font leur apparition ; récemment « The University of Kigali » a ouvert ses portes à proximité de Sonatubes. Pour un jeune diplômé, trouver un premier emploi est un parcours semé de nombreuses embûches. Après l’envoi du CV, de la lettre de motivation et du formulaire de candidature, le candidat doit attendre d’être sélectionné pour se présenter à un examen écrit. À l’issue de cet examen, une nouvelle sélection est effectuée et les candidats retenus peuvent se présenter à l’entretien. Une nouvelle sélection est effectuée pour choisir le « bon candidat ».

Avoir un bon réseau est une condition nécessaire pour celui qui envisage de trouver rapidement un emploi. Le parrainage ou la recommandation par une tierce personne de l’entreprise est d’usage et permet dans la plupart des cas de contourner la procédure classique de l’examen écrit.

Face au chômage galopant, beaucoup de personnes envisagent l’émigration vers les pays avoisinants, l’Europe ou l’Amérique en quête d’opportunités. De plus en plus de jeunes s’orientent plutôt vers les études courtes professionnalisant au sein des écoles de métiers qui enseignent la soudure, la coiffure, la mécanique, l’électricité ou la menuiserie. Beaucoup de jeunes envisagent également de créer leur propre entreprise et ainsi se donner eux-mêmes un emploi. Cependant le principal frein auquel ils sont confrontés est le capital de démarrage. Les jeunes rencontrés font part de leurs difficultés d’obtenir des prêts auprès des banques.

 

Le Rwanda rural

De Gisenyi à Kamembe en passant par Kibuye, j’ai traversé de nombreux villages et collines où j’ai rencontré de nombreux paysans afférés dans les travaux des champs à flanc de colline. Le travail des champs est rude compte tenu du relief montagneux. Les femmes rencontrées dans les champs travaillent aux rythmes des chants qu’elles entonnent pour se donner du courage.

Dans la province du Nord, de Kinigi à Musanze en passant par Kidaho, les lacs Ruhondo et Burera, on cultive principalement la pomme de terre, la patate douce, le manioc et le haricot alors que dans la région du Bugarama, on pratique essentiellement la culture du riz. De Gisenyi à Kibuye, on remarque beaucoup de plantations de café. Les paysans sont fortement incités à cultiver le café, car c’est un produit exportable sur les marchés étrangers, néanmoins ces paysans ne vivent pas correctement, car les revenus procurés par cette production ne permettent même pas d’acheter les produits alimentaires de base dans les marchés. En effet, un paysan à Kinunu reçoit 50 francs rwandais par kilo de café alors que le distributeur à Kigali revend le Kilo de café de Kinunu à 4000 francs rwandais.

La politique agricole qui avait pour objectif la modernisation de l’agriculture rwandaise a notamment provoqué la spécialisation des régions ; les bananes vendues à Kigali et Musanze proviennent généralement de Rwamagana, région spécialisée dans cette production. En cas de faibles précipitations comme ce fut le cas de septembre à fin octobre cela a pour conséquence la hausse des prix sur les marchés de Kigali, Musanze, Muhanga.

Une femme rencontrée sur la route menant de Kamembe à Shangi m’a fait part de la difficulté de nourrir une famille de 6 personnes en zone rurale à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés. Les fruits et les légumes frais coûtent cher ; par conséquent les familles préfèrent souvent consommer les légumes secs comme le haricot. Alors qu’auparavant la consommation de farine de maïs était limitée, aujourd’hui les Rwandais ont intégré la pâte de maïs dans leurs habitudes culinaires.

Que ce soit dans la province du Nord, de l’Ouest, de l’Est ou du Sud, les zones rurales sont de moins en moins enclavées de sorte qu’il existe des compagnies de bus régionaux qui permettent aux habitants des zones rurales de se rendre à Kigali ou dans les villes avoisinantes dans une durée de temps raisonnable. Ces zones bénéficient d’une couverture du réseau mobile ce qui permet à ces habitants de communiquer et de recevoir les nouvelles plus facilement. L’électricité est aussi présente dans certains villages que j’ai traversés, mais ce sont seulement les boutiques qui en bénéficient. Dans tous les villages que j’ai traversés, il y avait un centre avec l’électricité. C’est également à cet endroit que les habitants chargent leur téléphone.

Une vieille dame rencontrée sur la route allant du lac Ruhondo vers Musekera en province du nord nous a expliqué qu’elle est reconnaissante aux autorités, car pour la première fois l’électricité allait arriver chez elle. Beaucoup de paysans aspirent à accéder aux services de base auxquels ont déjà accès depuis très longtemps les personnes vivant en zones urbaines.  Que ce soit en ville ou à la campagne, les Rwandais ne se satisfont plus des discours politiques, mais attendent des actions concrètes face aux défis économiques et sociaux actuels.

Malgré les nombreuses difficultés qui affectent davantage les zones rurales que les villes, les campagnes rwandaises recèlent du potentiel économique et touristique qui ne peut être optimisé que grâce à des réformes agraires courageuses visant l’autosuffisance alimentaire d’une part, car les prix des denrées alimentaires sont très élevés sur les marchés et l’entrepreneuriat des Rwandais d’autre part, car l’action gouvernementale a ses propres limites.

De mon séjour au Rwanda, je retiendrai la volonté et le courage des paysans rwandais qui travaillent durement pour vivre dignement malgré les lourdes répercussions de la politique agricole actuelle. Les attentes en terme économiques et sociales sont importantes. Face à cela, les partis d’opposition doivent proposer des politiques économiques et sociales alternatives.

Les élections législatives de septembre n’ont pas suscité d’enthousiasme chez les Rwandais parce que « le jeu était joué d’avance » comme me l’ont déclaré certains habitants de la capitale.

L’emploi, les études supérieures et la santé sont principalement les trois préoccupations de la population. Le jeu et le fait politique sont très peu abordés par les Rwandais non pas par manque de culture politique, mais par peur de la stigmatisation pour ceux qui critiqueraient le Parti au pouvoir ou défendraient les idées politiques des partis d’opposition.  Ceux qui osent parler de « politique » le font en essayant tant bien que mal de soutenir la politique gouvernementale même si cela revient à entrer dans des contradictions. Le Rwanda a du potentiel économique, beaucoup de secteurs et de services restent à développer et à consolider en zone urbaine et surtout dans les campagnes.

Les Rwandais ont les moyens de relever le défi du développement et peuvent y parvenir à condition que chacun prenne conscience que ce sont l’audace et les initiatives tant individuelles que collectives qui peuvent davantage apporter des solutions concrètes.

 

Marie Umukunzi

Jambonews.net

 


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7 Commentaires à “Échos du Rwanda”

  1. Gatete dit :

    Pourquoi ne pas avoir précisé que les tutsi sont suppliés pour occuper certains postes, alors que les hutus sont relégués au second plan, même ceux qui occupent les postes à responsabilité (comme premier ministre, ou le général Rwarakabije) ne sont que des simples figurants sans véritable pouvoir, ce sont leurs adjoints tutsi qui sont des véritables responsables de services. c’est ça qu’on appelle « Ndumunyarwanda »

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  2. RASEC dit :

    Cet article est intéressante car il dénude la littérature colportée à grande échelle par les maîtres de Kigali et les excroissances du régime ainsi que certains médias occidentaux ( à titre onéreux ) relativement au Rwanda, dragon africain.
    Il nous apprend que la vie des Rwandais est entre les mains d’une poignée de kleptocrates, qu’il n’y a véritablement pas une politique de la Nation.Celle-ci est désordonnée. Les jeunes rwandais ne savent pas où ils vont car aucun cap n’est visiblement pas fixé par les détenteurs du pouvoir et du capital qui sont sur les deux faces d’une même médaille, le Rwanda. Les inégalités sont criantes. L’appartheid tenant à l’appartenance ethnique et à la détention du capital n’est plus à démontrer dans notre pays. Les Bahutu et les Batutsi dits de second rang c’est-à-dire ceux qui n’ont rien apporté durant la guerre du FPR contre le Rwanda sont des citoyens de seconde zone.Illustration, plus de 95% des postes d’encadrement ou décisionnels sont détenus par les Batutsi. Quelques rares Hutu qui ont été intégrés dans le système ne sont en réalité que des produits cosmétiques destinés à l’exhibition au titre de preuve: le Rwanda pour Tous les Rwandais.Un cas qui m’a personnellement touchée: Une jeune fille Hutu de dix neuf ans a terminé ses études secondaires l’année écoulée avec une moyenne de 75%. Elle avait un rêve: être ingénieur civil. Elle est une rescapée.Ses parents et tous ses frères et soeurs ont été extérminés par le FPR en 1997 lorsqu’il faisait le nettoyage dans le nord du Rwanda.Comme des millions d’autres Hutu de son âge, la loi rwandaise actuelle à savoir la constitution Kagame l’exclut du statut de rescapée et du bénéfice des droits y afférents Elle est a été pris en charge par ses grands-parents,actuellement âgés de plus de plus 90 ans. N’étant pas reconnue Tutsi rescapée ou orpheline par la loi rwandaise, elle est exclue du dispositif sur les aides aux rescapées Tutsi. Si elle est hébérgée et prise en charge par une cousine, au regard de la situation sociale à savoir la pauvreté, celle-ci ne peut aider sa cousine à payer les études universitaires. L’article a omis de préciser qu’aux frais de scolarité exorbitants, il faut y ajouter les frais de loyers, de nourriture, de matériels didactiques et autres impenses.Ine fine, le budget moyen mensuel d’un étudiant rwandais est de 800 dollars US en sus des frais de scalarité de 700 dollars US, à l’exclusion des frais d’examen. La jeune fille a enterré son rêve et marche tête besse dans son village. Les cas de celle-ci sont très nombreux. Il convient de rappeler que toute opinion négative expresse ou orale sur cette réalité ou toute évocation d’un débat ouvert et transparent sur la situation économique et sociale d’ensemble de notre pays est constitutive d’un crime d’atteinte à la sécurité publique du Rwanda, lourdement punissable ou du négationnisme du génocide des Tutsi.
    Le Rwanda réel est nos campagnes. Les paysans rwandais sont majoritairement frappés par une paupérisation flagrante. Les travaux vus ici et là dans les grandes villes du pays sont certes réels mais sont-ils la preuve de la prospérité ou progrès économique et social du Rwanda? Sûrement pas. Les situations objectivement décrites par l’auteur de cet article sont les conséquences logiques et inéluctables de la gestion du Rwanda par le parti-Etat FPR et une oligarchie d’une part et de l’existence d’une kleptocratie effective d’autre part. Par conséquent, ces problèmes mis en exergue par Marie Umukunzi n’auront pas de solutions idoines aussi longtemps que ces facteurs négatifs ne seront pas définitivement éradiqués.

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    • Karimunda dit :

      M. RESEC, à l’époque du Président Habyarimana, c’était comment comparé à aujourd’hui (en terme de bourse d’étude)?

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      • RASEC dit :

        Réponse à Kalimunda:

        Sous Habyalimana, pour bénéficier d’une bourse de l’Etat, l’élève rwandais aussi bien Hutu que Tutsi devait avoir une moyenne de 60% au moins à l’examen final. C’est ainsi que Louise Mushikiwabo, notre Minaffet, a pu accèder à l’ enseignement supérieur.

        L’enseignement supérieur était gratuit pour tous les boursiers de l’Etat Rwandais. ll en est de même de l’accès aux soins pour tous étudiants et élèves rwandais. Je n’ai pas eu connaissance d’un étudiant ou élève malade dont les médécins ou assistants médicaux ( dans les dispensaires) ont refusé de soigner au seul motif qu’il n’est pas financièrement en mesure de payer les consultations et les soins.Je n’ai aucune connaissance d’un jeune rwandais qui a terminé ses études secondaires avec une moyenne de 75% qui n’est pas allé à l’université au seul motif que ses parents n’étaient pas en état de payer les frais de scolarité.Je n’ai pas eu connaissance des élèves ou étudiants rwandais qui sont allés mendier dans la rue pour avoir de quoi soulager leurs estomacs. Je n’ai pas eu connaissance des élèves ou étudiants rwandais qui ont été hospitalisés pour malnutrion avancée.

        Avec l’évolution démographique de notre pays et la conjoncture économique nationale et internationale, le Rwanda devait nécessairement revoir les critères d’octroi de bourses. Les revenus des parents devaient être pris en compte, le tout au nom de la justice sociale et de l’égalité des chances. La réforme était déjà en cours lorsque Kagame a déclenchée la guerre sur l’ensemble du pays.

        Pour votre information, l’école gratuite pour les enfants de la République et ce, à tous les niveaux, avait été mise en place par le feu Grégoire Kayibanda, Premier Premier Ministre et Ministre de l’Education Nationale de notre pays. C’est sous son autorité que l’Ecole est Rwandaise était une de meilleures écoles du continent africain. C’est encore lui qui avait crée les écoles professionnelles gratuites pour les jeunes rwandais et ce, à tous les niveaux, nonobstant les faibles ressources financières dont disposait la toute Jeune République car le monarque qui gérait le Rwanda était parti avec les caisses. Les autorités de la toute jeune République ont trouvé les caisses vides.Il fallait donc se débrouiller pour mettre en exécution le programme politique aux fins de satisfaire les besoins immenses du Peuple Rwandais. Enfin, c’est Kayibanda qui a crée l’Université Nationale en novembre 1963 alors que sur l’ensemble du Continent Africain rares étaient les Etats qui avaient des universités et encore moins des écoles professionnelles. L’esprit de compétition et de dignité des Rwandais n’est pas à prouver. Grand lecteur des philosophes allemands qu’il était, c’est le feu Président Kayibanda qui a inculqué à la jeunesse rwandaise d’alors le sens d’AGACIRO et partant de la compétition dont Kagame et les siens s’attribuent aujourd’hui la paternité. L’émancipation et la promotion au sens large du Peuple Rwandais est un des éléments clés du Minifeste des Bahutu que vous avez lu je subodore.

        Sur ce point d’AGACIRO, le feu président Habyalimana s’était inscrit dans le droit fil de Kayibanda par ce qu’il avait appelé la JALOUSIE POSITIVE.

        Il s’ensuit que Kagame n’apporte rien de nouveau.Il a changé simplement le mot. S’il était concepteur de ce fameux AGACIRO, il n’aurait pas fait appel aux étrangers, personnes physiques et morales pour lui prodiguer des conseils quant à la gestion de notre pays, pour diriger l’UNR etc.Il n’aurait pas fait exécuter des dizaines de médecins, d’ingérieurs et de cadres Hutu pour ce qu’ils étaient.

        Il ne peut y avoir AGACIRO chez un homme dépourvu de sens de justice, d’équité, de tolérance, de sensibilité à la misère humaine, et du bien commun. Il ne peut y avoir AGACIRO chez un homme qui a peur de compétition politique ou d’affronter tout droit ses adversaires politiques et qui agit par la terreur contre ces derniers en réponse à l’invitation de débattre sur les problèmes généraux et majeurs de notre pays dont ces portant sur l’éducation et la formation professionnelle des jeunes rwandais.

        Kagame a confiné et confine les Rwandais dans leurs ethnies.Un Rwandais est vu par lui par rapport à son ethnie. La notion un Homme, une Voix c’est-à-dire un homme vu exclusivement au regard de son individulité propre et de ses droits fondamentaux inhérents à tout Homme est inexistante chez lui. Par conséquent, il serait malfondé de parler d’AGACIRO dont il ignore le sens et la définition.

        La conception de Kagame sur l’école rwandaise: l’école business. D’où par cette conception et sa politique sur l’éducation dans notre pays, il a dilué la qualité de l’école rwandaise. La conception de Kayibanda et Habyalimana sur l’école: acquisition des connaissances et compétences opérationnelles et éducation. L’école, contrairement au régime Kagame, n’est donc pas une entreprise commerciale qui permet à tout homme malin ou charognard de gagner de l’argent.

        Un président d’un Etat est vu par son Peuple comme un Père de famille.En cette qualité, il doit gérer le pays en bon père de famille et partant prouver qu’il est président dont son peuple doit être fier et digne d’une art et se montrer digne d’autre part. Tel est-il le cas dans notre pays? Sûrement pas.

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        • Vindu Muka dit :

          @RASEC et @Karimunda

          Il faudrait aussi rappeler à ce Karimunda, certainement né de la dernière pluie, qu’à l’époque, le Rwanda, avec le peu de moyens dont il disposait , basait son économie sur ses ressources propres et n’avait pas besoin d’aller piller chez le voisin et provoquer des millions de morts et génocides et s’en vanter. Lorsque l’on porte la contradiction, preuves à l’appui, à tous les thuriféraires du criminel régime ou du régime criminel (à vous de choisir) de Kagame, le mensonge bafouille et se fait lapidaire à cause de la vacuité intellectuelle des intervenants, l’argumentaire appris par coeur à l’école de la félonie de Kigali fond comme neige en période de dérèglement climatique prononcé. Les prédicateurs des évangiles sataniques selon le diable Paul des Mille Collines, se mélangent dans leurs mensonges et se trouvent confondus dans leurs propres versets corrompus que, la pêche de nouvelles ouailles, jadis fructueuse et miraculeuse, n’attire que très faiblement de nouveaux convertis, le radeau de la Méduse kagaméenne sur lequel se trouvaient des éminences grises des viols et génocides, perd presque tous ses pêcheurs attitrés (Kayumba et autres) lesquels, pour se libérer la conscience, même une infime partie, dégueule dans la nauséabonde potion criminelle qui avait fait leur renommée de sanguinaires.

          Rasec a été clair et limpide car ce qu’il dit, est la VERITE. Karimunda, vous ne trompez plus personne, mon HEROS C’EST NELSON MADIBA MANDELA, le vôtre, c’est Paul Kagame.

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  3. Rubanda dit :

    None se le Singapour rwandais ko ntayo mbona, aho babaratubeshye?

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