FR | EN

Il y a 20 ans le Rwanda tombait dans un abîme, le président de Jambo ASBL s’exprime

Publié : le 25 mars 2014 à 12:30 | Par | Catégorie: Actualité

La guerre durait quatre ans déjà; les accords d’Arusha avaient été signés entre le gouvernement en place et le Front Patriotique Rwandais (FPR) en 1993 mais leur mise en application fut une autre grande difficulté. Le soir du 6 avril 1994, un attentat coûta la vie à deux chefs d’Etat et à leurs accompagnateurs. Les jours qui ont suivi furent  très pénibles et l’instabilité dans toute la région des Grands Lacs d’Afrique commença. 20 ans plus tard, la mémoire est encore vive. Mais de quelle mémoire parle-t-on et comment est-elle transmise ? La réconciliation, la justice, l’avenir et le rôle de la jeunesse dans sa construction… tels sont les enjeux sur lesquels JamboNews a voulu s’entretenir avec le nouvellement élu Président de Jambo ASBL, Brave Bahibigwi.

Jambonews : Bonjour et merci d’accorder à JamboNews votre première interview. Vous avez donc été élu à la tête de Jambo, parlez-nous un peu plus de cette organisation ?

Brave Bahibigwi : Jambo ASBL est une association fondée en 2008 et qui s’est fixée comme but de contribuer à l’instauration et à la pérennisation d’un état, d’une situation de droit dans la région des Grands Lacs d’Afrique.

Photo : Brave H. , Président du conseil d'administration de l' asbl Jambo.

Brave Bahibigwi, Président de l’asbl Jambo

Nous y contribuons en mobilisant les ressources qui sont nécessaires et en menant des projets visant la création de conditions favorables à l’émergence d’un tel état. Nous faisons cela à travers divers projets visant les domaines du respect de l’identité socioculturelle, de la paix, de la justice, de la cohabitation et du développement durable dans la région des Grands Lacs et dans sa diaspora.

In fine, notre idéal est de permettre aux populations de la région des Grands Lacs et à sa diaspora de devenir maîtres de leur destin.

Parlons de votre mandat qui  est de 2 ans ; que comptez-vous faire durant ce temps ?

« nous ne voulons pas être juste des dénonciateurs, mais, nous voulons faire entièrement partie de la construction et du développement de cette région »

L’objectif de ce mandat est de renforcer notre ancrage dans la communauté et d’augmenter notre visibilité à l’international. Naturellement, nos actions passeront par la sensibilisation et conscientisation des communautés originaires de la région des Grands Lacs, mais également de la communauté internationale sur les problèmes que connaît cette région. Les droits de l’Homme sont bafoués. Massacres, viols, et autres atrocités de ce genre continuent à être imposés aux populations de la région et donc nous devons continuer à en parler. Bien sûr nous ne voulons pas être juste des dénonciateurs,  nous voulons faire entièrement partie de la construction et du développement de cette région.

Nos prédécesseurs se sont attelés à mettre sur pied les structures solides capables de porter la mission qui est la nôtre. Maintenant c’est le moment de les déployer et ainsi de contribuer à mettre fin au calvaire que vivent les populations de cette région  depuis des plus de 20 ans. A ce jour, les massacres n’ont pas cessé,  viols de masses, tortures, assassinats et emprisonnements arbitraires suivent leur cours.

Bien évidement on ne peut  ignorer cette année particulière marquant  le  20ème anniversaire  du génocide qui s’est déroulé au Rwanda. Quel regard porte Jambo sur les 20 dernières années ?

« Pire, nous voyons certains  criminels être mandatés par l’ONU dans des missions de maintien de la Paix dans divers pays tels que le Sud-Soudan et le Mali »

Il est vrai que nous approchons du 20ème anniversaire du génocide qui s’est déroulé au Rwanda. L’  année 1994 fut le comble de l’horreur au Rwanda  avec près d’un million de personnes massacrées en trois mois. Cet anniversaire sera une occasion particulière de rappeler jusqu’où les luttes de pouvoir et de domination peuvent amener les familles, les amis, les voisins et connaissances. Ce sera également l’occasion de rappeler les victimes oubliées, celles des massacres de masses et autres crimes de guerre qui ont commencé en 1990 avec la guerre menée par les rebelles du FPR. Cette guerre et ses crimes continueront même après 94, notamment en 1996-1998 avec l’attaque de la RDC et l’extermination des  réfugiés rwandais  et, depuis lors, l’extermination des populations de l’Est du Congo et les viols de masses qui les caractérisent jusqu’à ce jour. Nous regrettons particulièrement que les responsables de ces atrocités ne sont pas inquiétés par la Justice.

Et donc, le premier regard que Jambo porte  est que le Génocide de 1994 n’a rien appris à l’Humanité puisque les mêmes massacres d’extermination ont continué à se répéter, le plus récent épisode étant la guerre du M23 qui a pris fin il y a moins de 6 mois.

L’autre regard que porte Jambo sur ces dernières 20 années est qu’il existe beaucoup de victimes oubliées ou ignorées et que l’impunité règne en règle d’or. Pire, nous voyons certains  criminels être mandatés par l’ONU dans des missions de maintien de la Paix dans divers pays tels que le Sud-Soudan et le Mali.

Enfin ces 20 ans de crimes dans la région des Grands Lacs ont été marqués par l’exploitation du génocide à des fins politiques. On note dans le chef du régime rwandais une stratégie d’élimination d’opposants politiques en les accusant, si accusations il y’a, de négationnisme, de divisionnisme, puni par des lois censées prévenir la répétition du drame de 1994.

Jambo ASBL entame donc la commémoration de cette année sous l’intitulé MPORE20. De  quoi s’agit-il exactement ? Quelles actions concrètes vont être menées ?

« Cette campagne sera ponctuée par une commémoration qui sera organisée le 26/04 »

Logo : Jambo asbl

www.jamboasbl.com

Effectivement, Jambo a lancé une campagne de sensibilisation et de conscientisation sur les tragédies que connaît la région des Grands Lacs, et ce, depuis 1990. En outre, cette campagne a également comme objectif de dire aux victimes qu’il existe au sein de Jambo un cadre découte, d’échange et de travail de mémoire  pour toutes les victimes des exterminations de civils perpétrées dans la région. Cette campagne se déroule depuis le 1er mars et ira jusqu’à fin mai. Tout le long de cette campagne, nous nous attellerons, à informer le grand public des crimes et violences subis par les victimes, des difficultés des victimes à se reconstruire par manque de justice équitable et d’un véritable programme de réconciliation.

Cette campagne sera ponctuée par une commémoration qui sera organisée le 26/04. Cette commémoration sera précédée d’une conférence sur le bilan des 20 dernières années en matière de justice et de la mémoire.

Naturellement, il s’agit d’une campagne lancée au sein d’un de nos projets appelé Mpore, Mémoire et Justice. Ce projet a comme objectif de promouvoir la Paix, la Justice et la Mémoire pour les victimes de la crise de la région des Grands Lacs d’Afrique.

Même si les commémorations s’étendent sur plusieurs jours, il y a une date particulière et la vôtre diffère de celle du Rwanda et ailleurs. Pourquoi commémorer le 26 avril ?

« …les victimes n’ont vraiment pas besoin de se retrouver au centre de ces polémiques… »

Comme vous le savez, la particularité de l’histoire du Rwanda mène toujours à la polarisation, à la confrontation des mémoires et à la monopolisation de la souffrance. Nous avons choisi une date en dehors du 6 et du 7 avril car comme vous le savez ces dates ont été politisées ce qui a finalement augmenté une polarisation des mémoires et jeté le recueillement au second plan. Dans l’objectif de mettre le côté mémoire et recueillement en avant-plan, nous avons choisi une date en dehors de ces deux-là.

Vous savez, les victimes n’ont vraiment pas besoin de se retrouver au centre de ces polémiques, ce qu’elles veulent c’est tout simplement faire un travail de mémoire, mais surtout se reconstruire dans les meilleures conditions. D’autre part, cette confrontation des mémoires ne profite  pas aux victimes, mais au contraire, elle les enfonce encore plus dans le désarroi, la frustration, la colère, la haine et finalement inhibe le travail nécessaire à leur reconstruction.

La date du 26 avril a été choisie bien sûr pour les raisons citées ci-dessus, mais également parce qu’elle se trouve dans le mois qui a marqué le début du summum de la tragédie rwandaise

Il y a une autre campagne commémorative soutenue par le Rwanda et qui est menée sous la thématique de Kwibuka20. Certains pensent  à une « confrontation » de mémoires. Pourquoi ce morcellement de la mémoire rwandaise?

« …nous avons mis en place un cadre permettant que toutes les victimes, sans distinctions, puissent se rencontrer dans un atmosphère propice au dialogue et à la  transmission des mémoires… »

Vous savez, au Rwanda les luttes de pouvoir et de domination ont créé, entretenu et utilisé les divisions Hutu -Tutsi, Nord-Sud, peuple supérieur – inférieur etc… et cela va jusque dans le travail de mémoire, comme je l’ai dit dans la question précédente. Aujourd’hui c’est la même formule, le FPR, pour se maintenir au pouvoir, entretient le clivage ethnique. On assiste aujourd’hui à une justice à sens unique pilotée par un gouvernement qui se maintient en place en divisant le peuple rwandais. Avec des programmes tels que « Ndi umunyarwanda » qui appellent les enfants Hutu à demander pardon aux Tutsi pour des crimes soi-disant commis au nom de leur ethnie, on ne peut assister qu’à un renforcement de frustrations, de haines et de colère entre les deux principaux groupes qui composent le peuple rwandais.

Dans le même ordre d’idées, on peut encore citer les tribunaux traditionnels « Gacaca » qui ont essentiellement expédié les accusés en prison et ce sans réel droit de défense. Mais, plus grave encore, dans ce travail de mémoire et de Justice, c’est l’oubli des victimes sur base de leur ethnie et de leurs bourreaux. Les victimes twa et hutues ne sont pas commémorées, bien que nous remarquons que pour cette année il est prévu de commémorer les victimes hutues tuées par les Interahamwe, le 13 avril selon le programme du régime rwandais. C’est une avancée, mais nous sommes loin d’une commémoration où toutes les victimes se retrouvent. Notamment celles massacrées par l’Armée Patriotique Rwandaise bras armé du FPR au pouvoir depuis 20 ans.

Vous savez, le travail de mémoire commence par des actions sur ce que vivent les victimes au quotidien. Si tout est mis en place pour accentuer ce clivage, il va de soi qu’il en résulte une fragmentation des communautés, de l’histoire, mais également des mémoires.

Cependant, au sein de Jambo, nous sommes conscients que la fracture entre les deux communautés est grande et nous avons mis en place un cadre permettant que toutes les victimes, sans distinction, puissent se rencontrer dans une atmosphère propice au dialogue et à la  transmission des mémoires, et surtout de pouvoir parler de leur avenir et du vivre ensemble. Et pour moi, là sont les facteurs déclencheurs et catalyseurs  d’une réelle réconciliation.

Parvenir à une réconciliation est-ce possible ? Que manque-t-il pour y parvenir ?

Avec la volonté et l’envie, tout est possible ! Mais, le chemin est vraiment long et semé d’embuches. Surtout que le dialogue entre les politiciens, censés montrer le chemin aux citoyens semble impossible. Mais le principal préalable est, pour nous, la Justice.

La justice est donc centrale dans cette démarche selon vous.  Ce domaine fait couler beaucoup d’encre  et ce sera encore plus  le cas dans les prochaines semaines. Quels sont vos  commentaires là-dessus ?

“« …l’heure de la Justice n’a pas encore sonné pour beaucoup de victimes »

Durant ces 20 ans la Justice s’est organisée à travers 4 catégories de juridictions. La justice classique rwandaise, la Justice populaire rwandaise dit « Gacaca », des Juridictions Nationales des pays étrangers et la juridiction internationale à travers le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, le TPIR.

Le bilan de ces juridictions est hautement négatif. A commencer par la Justice rwandaise dominée par la corruption et contrôlée par le parti au pouvoir le FPR. Parti qui, il faut le souligner, a pris part activement aux massacres de Rwandais.

Les Juridictions nationales étrangères telles que belge, canadienne et française ont contribué à leur niveau à la Justice mais très timidement et en se laissant parfois manipuler  par le système de faux témoins, conçu par les services de renseignement du régime rwandais.

La contribution du TPIR est plus scandaleuse. Ce tribunal financé à coups de millions de dollars par mois, n’a fait qu’un travail partiel et partial.

Logo: Mpore

www.mpore.org

Pour rappel, le conseil de sécurité des Nations Unies a adopté le 8/11/1994 la résolution  955  reconnaissant que les massacres des populations civiles au Rwanda constituaient des violations flagrantes du droit humanitaire international, qualifiées de génocide, de crimes de guerre ou de crimes contre l’Humanité. C’est dans ce cadre  que fut décidée la mise en place du TPIR dans le but de  contribuer au processus de réconciliation et de restauration de la paix au Rwanda. En gros cette institution était chargée de juger tous les auteurs des crimes commis entre le 01/01/1994 et le 31/12/1994. Le mandat du TPIR ne mentionne nulle part qu’il faut poursuivre exclusivement les criminels de l’ancien gouvernement sans inquiéter les criminels du FPR, en rebellions avant et pendant le génocide de 1994. Mais on se rend compte que de manière exclusive les personnes appartenant au camp du gouvernement de l’époque ont été et sont poursuivies et jugées. Pourtant beaucoup de crimes contre l’Humanité commis par les militaires du FPR, durant la période couverte par le mandat du TPIR, ont été recensés et largement documentés par des ONG et des experts de l’ONU.

A plusieurs reprises le TPIR a cédé à des pressions du régime du FPR, allant jusqu’à modifier des décisions des juges.

Par ailleurs l’influence avérée du régime du FPR a amené le TPIR à contribuer à l’élimination des opposants politiques au régime rwandais. Ceci sur base de dossiers très douteux et des témoins entrainés au mensonge par le même régime. Il faut savoir que la quasi-totalité des acquittés sont encore aujourd’hui confinés dans la ville d’Arusha où ils n’ont quasi aucun droit. Ils  se réclament prisonniers politiques de l’ONU.

Ainsi le  bilan de cette institution, qui avait  pourtant donné une lueur d’espoir aux victimes est un lamentable échec dans sa mission de Justice et de contribution au processus de réconciliation. A l’heure où elle ferme ses portes, elle laisse une grande partie du peuple rwandais en désarroi et  sans justice, ses résultats et procédés ont contribué à renforcer des frustrations et à empirer la haine.

En bref l’heure de la Justice n’a pas encore sonné pour beaucoup de victimes.

Comment envisagez-vous l’avenir du vivre-ensemble des Rwandais ? Sans oublier les Congolais voisins qui ont été et sont toujours affectés par ce qui touche le pays des mille collines ?

Vous savez, j’aime dire que“ « le chemin est encore long, mais chaque distance a une fin »

Il est vrai que ce sera dur d’arriver à une cohabitation effective et durable, mais, les Rwandais doivent comprendre, qu’on le veuille ou non, que ce pays est composé de 3 ethnies (hutu, tutsi et twa), qu’on est condamné à vivre ensemble et qu’on doit se respecter, mutuellement peu importe notre appartenance éthnique.

Cela  vaut aussi dans les relations que nous entretenons avec nos voisins, ici vous venez de citer la RDC, mais cela vaut également pour nos autres voisins .Cependant, on peut se focaliser sur la RDC, car depuis des années le FPR y commet  des  atrocités de tout genre.  Le bon voisinage ne fera que profiter à nos 2 populations. Il est donc primordial que le FPR cesse les violences qu’il impose à la population de cette région, car cela aura des conséquences désastreuses sur les générations futures.

La jeunesse dans tout cela, quelle place lui accorde Jambo ?

Pour nous, les jeunes sont l’avenir et il est donc primordial qu’ils s’impliquent dans la recherche des solutions effectives et durables pour la région. C’est dans ce sens que notre association mène des actions et projets pour sensibiliser les jeunes et surtout leur faire prendre conscience que l’avenir de cette région ne passera que par l’implication de chacun. Vous savez la jeunesse constitue un atout pour le développement. Et Jambo en est conscient, nous avons donc mis en place une structure permettant de valoriser son potentiel tout en lui permettant de garder un atome crochu avec son pays, son identité et sa communauté.

Finalement, nous travaillons au quotidien pour offrir aux jeunes générations originaires de la région des Grands Lacs, un cadre leur permettant d’être maitres de leur destin.

Finalement, quels sont vos  souhaits pour les 20 prochaines années ?

« …que les peuples de ces régions puissent prendre conscience que ça ne sera que par eux-mêmes qu’ils se détacheront des chaines des dictatures et des criminels… »

Pour rappel, cette région connait des guerres répétitives depuis 1990. Ces guerres de lutte pour le pouvoir ont abouti à des nettoyages ethniques. Bien sûr que je n’oublie pas nos voisins Congolais qui continuent à payer un lourd tribut dans cette crise. A ce jour c’est près de 7 millions de civils qui ont péri dans ces conflits.

Et donc dans le court terme en tout cas je souhaite que les peuples de ces régions puissent prendre conscience que ça ne sera que par eux-mêmes qu’ils se détacheront des chaines des dictatures et des criminels et qu’ils doivent commencer à prendre les choses en main, car la liberté ne se donne pas, elle s’arrache.

Que la communauté internationale comprenne qu’aides et appuis donnés à certaines dictatures ne profitera à personne dans les années à venir, mais qu’au contraire, ils continueront à contribuer à l’anéantissement des peuples et continueront à faire couler le sang des victimes.

Que les victimes puissent avoir justice et réparation, car sans cela le chemin de la réconciliation sera sinueux. En effet, ce qui compte ce n’est pas leur origine ethnique ni leur penchant politique, mais bien l’injustice qu’elles ont subies et que certaines continuent à subir.

Par-dessus tout, je souhaite un avenir radieux à la région des Grands Lacs où chacun est maitre de son destin. 

Propos recueillis par Pacifique Habimana

www.jambonews.net

Profitez et partagez avec vos amis:
  • Facebook
  • Twitter
  • MySpace
  • email
  • LinkedIn
Tags: , ,

7 Commentaires à “Il y a 20 ans le Rwanda tombait dans un abîme, le président de Jambo ASBL s’exprime”

  1. RASEC dit :

    Pour Kagame, les siens et leurs excroissances opérant partout dans le monde, des millions de cadavres de Hutu sont des victimes des dommages collatéraux inévitables dans la guerre légitime contre le Rwanda. Par conséquent, la commémoration concerne exclusivement les victimes Tutsi. Il convient de signaler que parler des victimes Hutu est constitutif de crime de négationnisme du génocide des Tutsi comme en témoigne l’arrêt contre Ingabire Umuhoza, en prison depuis plusieurs années pour avoir prononcé le mot « Victimes Hutu ».

    La non-réconnaissance délibérée des millions de victimes Hutu par Kagame a pour effet, la division des Rwandais en deux catégories: d’un côté les bons, les Tutsi, génétiquement victimes du génocide commis par les Hutu, qui ont droit à la compassion, à la justicet et à une commémoration et de l’autre les méchants, les Hutut dont font partie les victimes des dommages collatéraux, ci-dessus évoqués, génétiquement auteurs du génocide des Tutsi, qui ne méritent aucune justice et encore moins une compassion et/ou une commémoration.

    Kagame a déchiré en deux parties le tissu social rwandais de sorte qu’il faudra plusieurs générations pour le recoudre après lui bien entendu. Il a fait et fait irréparablement mal au Peuple Rwandais et à ses postérités.
    Son ancienne vie ne lui a rien appris. Il ne pense quà sa petite vie actuelle. Penser à sa destinée ultime, inévitable en tout état de cause, est dépourvu de sens.
    Pour les Rwandais qui ont une âme, c’est moralement insupportable d’entendre un Rwandais dire publiquemet que la commémoration ne peut nullement concerne des milliers de femmes, enfants et hommes Hutu de tous âges très majoritairement paysans qui ont été massivement massacrés par les soldats du FPR sur ordre de Kagame parce qu’ils ne sont pas victimes du génocide et que par conséquent, seuls les Tutsi ont le monople à la souffrance morale.
    La plaie est toujours béante et plus le temps passé, plus les conséquences seront d’une particulière gravité quant aux rapports entre les Tutsi et les Hutu. Les Tutsi se considèrent comme une race sui generis ici au Rwanda et différents des Hutu comme en témoignent le procès d’IBUKA France via SOS Racisme contre Pierre Péant et l’arrêt de la Cour d’Assises de Paris dans l’Affaire Simbikangwa, condamné récemment à 25 ans ferme pour génocide des Tutsi en tant que membre d’une race au Rwanda. C’est édifiant.Kagame qui se dit président de Rwandais n’a jamais condamné voir sanctionné ce genre d’étiquettage des Tutsi. Il l’ approuvée. Par conséquent, il n’est pas président de tous les Rwandais mais président des seuls Tutsi en tant que race sui generis.

       1 likes

    • Semanzi dit :

      Je crois que les rwandais devraient cesser de rêver. Kagame et le Général Kayumba ne vont jamais avouer leurs crimes, au contraire ils vont toujours tenir le même language que les nazis qui ont génocidé les juifs et qui considèrent leur carnage comme un service rendu à l’humanité. Les génocidaires Kayumba, Kagame, Kabarebe prétendent eux aussi qu’ils ont libéré le peuple rwandais, congolais. Mais par contre, Abdul Ruzibiza, un tutsi qui a lontemps servi le FPR qualifie à juste titre les crimes du FPR de génocide planifié par certaines personnalités dont les 2 sinistres généraux.

         1 likes

      • RASEC dit :

        Semanzi, vous avez parfaitement raison.Depuis des années Kagame dit invariablement que seuls les cadavres de Hutu qu’il a vus sont ceux consécutifs aux dommages collatéraux de la guerre légitime qu’il a menée contre le Rwanda. Il restera, sa vie durant, conséquent avec lui-même. En est-il de même de Nyamwasa?

        La reconnaissance effective de ses crimes contre les Hutu est attendue avec impatience. Quant aux millions de morts congolais, il ne faut même pas en parler. Pour Kagame et les siens, il n’y a jamais eu de morts congolais. Sa position ne changera pas car il n’est pas de ses habitudes de changer de position et ce, quelles que soient les circonstances et les conséquences. Il assume.

        Dans le Rapport dit Mucyo contre la France, Kagame dit clairement qu’il a pris les armes non pas pour libérer les Rwandais c’est-à-dire les Hutu, les Tutsi et les Twa mais uniquement les Tutsi.Il est donc président des Tutsi qu’il a prétendument libérés et nullement des Hutu dont il reconnaît que des millions d’entre eux ont été victimes des dommages collatéraux de la guerre de libération des Tutsi.

        Extrait du Rapport dit Mucyo
        « Rapport MUCYO / Contexte de la guerre d’octobre 1990 1.3.1paragraphe 3
        Le 1er octobre 1990, le FPR lance depuis l’Ouganda une attaque d’envergure contre les FAR, déclenchant la lutte armée. Selon les déclarations du FPR, cette lutte a pour but d’instaurer un Etat de droit au Rwanda, de mettre fin à la politique de discrimination ethnique et régionale institutionnalisée et de permettre le retour des réfugiés éparpillés dans la région des grands lacs et dans le monde, certains depuis trente cinq ans. Cette attaque est l’aboutissement de plusieurs années de mobilisation des communautés réfugiées de part le monde depuis le milieu des années 1980, que ce soit au Kenya, en Ouganda, au Burundi, au Sénégal, en Suisse, en France, aux Etats-Unis ou ailleurs. Les communautés des réfugiés rwandais s’organisent et commencent à articuler une plate forme revendicative fondée sur la fin de la politique de discrimination ethnique et régionale et leur droit au retour. Deux courants apparaissent : l’un, radical, pense que le régime idéologique de la suprématie hutu n’est pas auto réformable et qu’il faut donc le combattre politiquement et militairement ; l’autre, collaborationniste, prône le dialogue et la recherche d’un arrangement de type humanitaire. Cinq évènements poussent à l’accélération du processus de mobilisation et de radicalisation des communautés réfugiées ».

        Il ressort de cet extrait que, contrairement aux divagations contradictoires au surplus de pseudos experts du Rwanda dont Reintjens , Guichaoua et consorts que
        1/ ce sont les Tutsi qui ont déclenché la guerre contre les Hutu, afin de s’emparer du pouvoir par la force et l’exercer sans partage au Rwanda au sein d’un régime purement Tutsi;
        2- pour réaliser cet unique objectif, il fallait décapiter le leadership politique et religieux Hutu et réduire les paysans Hutu à une proportion acceptable par Kagame
        3- il dès lors incontestable que ce sont bel et bien les Tutsi qui ont commencé les massacres de masse planifiés contre les Hutu, majoritairement paysans et assassiné les dirigeants Hutu des partis d’opposition Gapyisi Emmanuel, Gatabazi Félicien, Bucyana Martin et Président en fonction Habyalimana sans oublier les hauts fonctionnaires et leurs familles.

        Les massacres des Tutsi par les Hutu sont incontestablement consécutifs agissements criminels des soldats du FPR sur ordre de Kagame qui incarne les Tutsi contre ces derniers.

        Pour Kagame et les siens, les Hutu ont planifié et exécuté le génocide des Tutsi dans une guerre qualfié par lui et les siens de guerre civile et massacres de masse qu’il a lui-même planifiés et exécutés. Dans tous les actes d’accusation contre les exilés Hutu , le procureur général du Rwanda qualifie de guerre civile la guerre qui a été déclenchée et menée pendant quatre ans par Kagame contre le Rwanda, très majoritairement Hutu.

        Question: peut-il y avoir judiquement un génocide dans une guerre civile dont les victimes sont ceux qui l’ont déclenchée?

        Il ne s’agit pour ma part de nier les massacres contre les Tutsi.

        J’ai posé cette question à plusieurs juristes du parquet général et avocats ici à Kigali mais aucun n’est parvenu à y répondre précisément avec des arguments judidiques crédibles.

        Chaque fois que je pose cette question, les Tutsi me traitent de négationniste du génocide des Tutsi ou de génocidaire des Tutsi qui est resté impuni.

        Que celui qui est apte à répondre à cette question puisse éclairer les lecteurs de Jambo News, le tout au regard des affirmations assumées et limpides contenues dans l’extrait du Rapport Mucyo ci-dessus reproduit.

           0 likes

  2. Caribu dit :

    Peut-on être Rwandais sans être extrémiste Hutu ou extrémiste Tutsi ? Si cela était possible, lesHutus et Tutsi installés au Congo seraient pacifiques comme les Congolais. Ils s’entretuent entre eux et vont jusqu’à tuer les Congolais.
    Etre Rwandais égale être tueur.

       0 likes

  3. Gikongoro dit :

    le Rwanda avec à sa tête Hitler africain est toujours dans l’abîme,

       1 likes

  4. nyanjwenge dit :

    Jeunes gens vous vous ridiculisez. FRANCHEMENT! vous etes sur le mauvais chemin. Vous allez y laisser votre temps et autres ressources et y sortir QUE avec des regrets si pas d’ennemis. Je m’explique; Vous partez pour unir les Rwandais mais commencez par une guerre POLITIQUE qui n’est clairement rien d’autre qu’une banale campagne contre le « Regime » du FPR. En lisant l’interview de ce jeune homme je reconnais ma personne dans les années 1990. Nous avons crié, cotisé, nous nous sommes reunis etc. mais jusqu;aujourd’hui rien n’a marché car les politiciens sont employés full time pour gérer UN PAYS, ce n’est pas vos maigres moyens, manque d’experience du sujet et du pays + vos petites pensées que vous allez reconcilier les Rwandais. c’est beaucoup plus compliqué que ca et certains hommes et femmes sont payés pour faire ce boulot. bon courage mais en tous cas vous perdez votre temps (on en reparle d;ici quelques années ). Vous voulez avancer sur ce dossier ?? VENEZ au Rwanda, DISCUTER avec les 11.000.000 de RWANDAIS, et prennez enfin des positions – Ce n’est pas quelques dizaines d’individus qui après quelques années d’études vont s’assoir quelque part à Bruxelles pour décider, penser, corriger, orienter 11.000.000 d’hommes et femmes qui aujourd’hui vivent en PAIX , SECURITé, travaillent, étudient, se font soigner.. qd mm! ca c;’est de l’arrogance…. A FORCE DE RESTER LONGTEMPS A L’ETRANGER vous avez developper le mm esprit colonisateur que vous parrains ! YOu guys wake up, you really have to. COME AND SEE, you’ll then think before wasting your expensive time.

    Dutahe Cyane.

    Nyanjwenge.

       0 likes

  5. Eric dit :

    @Nyanjwenge there is something wrong with your comment. Yes…. out of all the comments posted I pick on yours.

    You sound very negative and also angry at what this youth are saying. You claim you were also like them in 90s but it didnt work out for you. Understand that where you think you have failed, others can succeed…who knows it is matter of trying. Let them do so. The politicians you are referring to also took the risk and luckly it worked for them. My point is let the youth do what it wants to do because it will not be able to do it once it has reached its senior citizen era. Perhaps that whatever it is on about could bring about new thinking and momentum in the Great Lake region. Nyanjwenge, there is not any arrogance in having different thought and bieng able to share it with others. It is natural to have different views on situations and infact such difference leads to innovation…even if it id politically driven….so I desagree with you Nyanjwenge when you claim this youth is wasting its time. You haven’t given concrete reasons why it is wasting time other than the fact that in 90s you use to be like them and whatever you fought for didn’t work for you. I repeat where you failed others can suceed. The world has significantly advanced since 90s. Technology and new approach to use toward influencing political change are emerging. Yes money is needed but it complements convincing ideas, right attitude and approach, determination, leadership and people who have no fear…(certainly not you)….perhaps this youth dont have money but think it may have other qualities and many other requirements it takes to bring about change in the Great Lake…what do you have to say about that?

    My only concern is that this youth claims it is trying to help people in the Great Lakes region to have control of thier destiny but its only and main focus is on Rwanda. We all know that Great Lakes also include Tanzania, Burundi, Uganda and the East of DRC. In the above interview it was not mentioned any of the social, economic and political issues facing other member countries of the Great lakes! Why is it so if this youth claim to be trying to help people of the great lake to have control of thier destiny. This is for me a concern and consequently I suggest them to either clearly state they are main focus is purely on Rwanda issues alone or across all Great lake members.

       0 likes

Laissez un commentaire