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Cas de disparitions forcées au Rwanda

Publié : le 30 août 2014 à 22:23 | Par | Catégorie: Actualité

Le 30 août le monde célèbre la Journée internationale des victimes des disparitions forcées, décrétée par l’ONU. Celle de cette année 2014 est pour les Rwandais et les Burundais marquée par la découverte de plusieurs  corps sans vie dans le lac Rweru, à la frontière rwando-burundaise. Par ailleurs, plusieurs organisations internationales des droits de l’homme ont fait état de plusieurs disparitions forcées au Rwanda. De ce fait, plusieurs associations de la société civile rwandaise installées en Europe dénoncent « les pratiques violentes et ignobles dont se rendent coupables régulièrement et impunément les autorités rwandaises ».

Cadavres dans le lac Rweru

source: AFP

source: AFP

Des pêcheurs du  lac Rweru ont signalé  la découverte de six à quarante corps depuis le mois de juillet. Une équipe composée de responsables administratifs et policiers burundais et rwandais a découvert deux autres cadavres ce lundi 26 août.

Des enquêtes conjointes sont menées du côté rwandais et du côté burundais. Selon un correspondant de BBC, Prime Ndikumagenge, une carte de mutuelle de Gisenyi a été retrouvée sur un des corps ce 29 août 2014. Par ailleurs, des partis d’opposition rwandaise, PDR-Ihumure, les FDU Inkingi, le PDP Imanzi, le RNC, Le PS Imberakuri, Amahoro People Congres, ont dans un communiqué, exigé une enquête indépendante, et se sont également inquiétés que le porte-parole de la police rwandaise ait exclu d’emblée que ces corps soient ceux de citoyens rwandais.

Qui plus est, la macabre découverte de Rweru intervient trois mois et demi après que Human Rights Watch (HRW) ait fait état de vagues de disparitions forcées au Rwanda et réclamait une enquête. Cette organisation avait recueilli des récits détaillés auprès des habitants à propos de disparitions dans plusieurs régions du pays ainsi que dans la capitale, Kigali, dont pour certains cas la participation directe des agents de l’État avait été rapportée. Par ailleurs, le Département d’Etat américain suivi par d’autres chancelleries occidentales rapportent régulièrement leurs inquiétudes sur les arrestations arbitraires de citoyens, des défenseurs des droits de l’homme et des opposants rwandais.

Campagne sur les réseaux sociaux

Campagne sur les réseaux sociaux

C’est dans ce contexte et à l’occasion de cette Journée internationale  dédiée aux disparitions forcées, que plusieurs associations de la société civile rwandaise, notamment Jambo, le Réseau internationale des femmes pour la Démocratie et la Paix (RifDP), le Centre pour la Prévention des Crimes contre l’Humanité, le Centre de Lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda(CLIIR), Global Campaign for Rwandan’s human rights et Synergie africaine, ont fait un communiqué de presse « pour attirer particulièrement l’attention sur ces pratiques violentes et ignobles dont se rendent coupables régulièrement et impunément les autorités rwandaises ». Elles déplorent le fait que  « cette découverte macabre vient s’ajouter à une série de disparitions inexpliquées » dont « la disparation [NDLR : en juillet dernier] de condamnés à des Travaux d’intérêt général(TIG) évaporés dans la nature que les autorités pénitentiaires n’arrivent pas à expliquer »

Twitter

Campagne sur les réseaux sociaux

Par ailleurs, une campagne sur les réseaux sociaux est menée afin de sensibiliser les Rwandais ainsi que la communauté internationale sur la problématique des Rwandais disparus.

Les disparitions forcées: une stratégie de la terreur

« Des hommes arrivent. Ils pénètrent de force chez des gens, riches ou pauvres, dans une maison, un taudis ou une cabane, dans une ville ou un village, n’importe où. Ils arrivent à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, généralement en civil, parfois en uniforme, et toujours armés. Sans donner d’explications, sans produire de mandat d’arrêt, souvent même sans dire qui ils sont ni qui les envoie, ils traînent de force un ou plusieurs membres de la famille vers une voiture, usant de violence au besoin ». Plusieurs éléments de ce modus operandi tel que présenté par l’Organisation des Nations unies (ONU), sont quelques fois utilisés à l’intérieur et à l’extérieur du pays, contre des personnes jugées très « embarrassantes » pour le régime rwandais.

Les disparitions forcées ont souvent servi de stratégie pour faire régner la terreur dans une société donnée. Le sentiment d’insécurité résultant de cette pratique ne se limite pas aux proches de la personne disparue, mais touche aussi tous les acteurs se sentant de potentielles victimes et l’ensemble de la société, comme le souligne l’ONU.

Autrefois elles étaient très répandues au sein des dictatures militaires. Au pays des mille collines comme ailleurs, elles sont  perpétrées dans des situations complexes de conflit interne, en particulier comme moyen de répression politique des opposants. L’ONU fait remarquer que les faits les plus courants sont le harcèlement constant des défenseurs des droits de l’homme, des proches de victimes, des témoins et des avocats en rapport avec des cas de disparitions forcées. Les États utilisent alors la lutte contre le terrorisme comme excuse pour enfreindre leurs obligations. Souvent, les présumés auteurs de ces actes restent impunis.

La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées a été signée à New York, 20 décembre 2006. 93 états sont signataires, et 43 Parties à la convention. Cependant, le Rwanda ne l’a pas encore signée.

Le communiqué des associations de la société civile: Communiqué de Presse

 
Pacifique Habimana

Jambonews.net

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2 Commentaires à “Cas de disparitions forcées au Rwanda”

  1. Bertrand Loubard dit :

    A lire, avec tous les liens et les vidéos y attachées…
    Edifiant
    http://sfbayview.com/2014/08/second-genocide-in-rwanda-slow-silent-systematic/
    Second genocide in Rwanda? Slow, silent, systematic?
    August 30, 2014
    by Ann Garrison
    What is happening in Rwanda? On Aug. 26, the BBC reported that Burundian officials are investigating to determine why Rwandan bodies have been found floating in Lake Rweru, on Burundi’s border with Rwanda

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  2. RASEC dit :

    Kagame et autres disposent d’une haute expertise dans la mauvaise foi et la négation de l’évidence en sus de la perfidie dans laquelle ils excellent.
    1-Sans entrer dans le détail, les cadavres étaient ligotés au Kandoya. Il est notoire que le Kandoya ou ligature à trois noeuds est une pratique de cruauté qui a été inventée par les soldats tutsi rwandais à l’endroit des soldats d’Obote à l’époque où Kagame était directeur adjoint du service de renseignement militaire de l’Etat Ougandais (rapport d’Amnesty International de 1988-1989 sur l’Ouganda).Ces mêmes soldats, sous le commandement et sur ordre de Kagame, ont pratiqué la même cruauté à l’endroit des milliers de Hutu partout au Rwanda.Deux exemples: – Docteurs Geoffrey Gatera et John Newport Gahungu que tous les Rwandais de Butare connaissent. Ils ont été arrêtés par les soldats du FPR. Sur ordre de Kagame, ils ont été ligotés au Kandoya. Ils sont morts par asphyxie. Leurs corps ont été ensuite mis dans deux tonneaux et brûlés.C’est pourquoi, ils n’ont jamais été et ne seront jamais retrouvés ( source d’information: un jeune soldat tutsi du FPR de Butare qui a assisté à leur mort dans une souffrance atroce; il a fui le Rwanda et vit actuellement en Europe; il témoignera le moment venu). Il convient de préciser que ces deux médecins, pionniers de la médecine dans notre pays n’avaient pas fui comme des millions d’autres Rwandais.Ils ont été arrêtés à l’hôpital à l’Est du Rwanda alors qu’ils soignaient les malades Tutsi et Hutu blessés. Second exemple est l’arrestation de Monseigneur Nikwigize Phocas à Goma. C’est Mgr Faustin Ngabu, évêque de Goma qui l’hébergeait qui l’a livré aux tueurs. Après son arrestation, il a été torturé puis ligoté au Kandoya. Il est mort par asphyxie dans une souffrance atroce. Comme les cadavres qui ont été retrouvés dans le lac Rweru, son corps a été mis dans un sac mais avec un gros morceau de pierre puis jeté dans le lac Vert. C’est en raison de ce gros morceau de pierre contrairement aux cadavres du lac Rweru, que le lac Vert ne l’a pas vomi et son corps n’ a pas été retrouvé. Mais les témoins qui ont assisté à la mise à mort de ce prélat ont parlé.Il faut espérer que le moment venu, la justice sera rendue.
    2- Au regard des données topographiques et géographiques incontestables du lieu où ces cadavres ont été trouvés, à moins que Kagame et les siens soient frappés d’insanité d’esprit à l’état avancé, ces cadavres viennent du Rwanda et nullement du Burundi.
    3- Kagame a ordonné à son ministre de l’intérieur de sommer les membres des familles de disparus, des centaines en réalité, de se taire et de ne pas parler aux médias rwandais et/ou étrangers. En interdisant aux membres des familles de disparus de s’adresser aux autorités rwandaises aux seules fins de savoir de qui est arrivé aux leurs, Kagame a reconnu publiquement sa responsabilité dans cette affaire. Dans le cas contraire, s’il n’a aucune responsabilité dans ces crimes, pourquoi a-t-il alors interdit aux membres des familles de disparus de saisir les autorités de leur pays ne serait ce que pour savoir ce que sont devenus les leurs qui ont été publiquement arrêtés au vu et au su des centaines de Rwandais? Que celui qui aurait des explications objectives éclaire les lecteurs de Jambo News.
    4- Les ONG étrangères et les responsables des partis d’opposition rwandais ont demandé la mise en place d’une commission internationale d’enquête afin de débusquer les auteurs de ces crimes odieux. Kagame y a réagi négativement. Pourquoi? Dès lors qu’il est supposément accusé d’être responsable de ces crimes, pourquoi a-t-il refusé et refuse que les juges rwandais enquêtent ?

    Ne serait -il pas judicieux que les membres des familles des disparus communiquent aux aux partis d’opposition et /ou aux ONG étrangères les noms des leurs disparus et sans nouvelle ce jour. Kagame a ordonné que les ONG et diverses associations soient, à l’instar d’IBUKA, des officines au service du FPR, parti-Etat. Il s’ensuit que il n’existe pas d’ONG au Rwanda de Kagame.

    Les dires des autorités rwandaises sont des divagations qui ne les honorent pa. Le ridicule ne tue pas. Les auteurs de ces crimes odieux croient qu’ils échapperont à la justice. Sûrement pas. Il convient de préciser que les cadavres sont Hutu et Tutsi.
    Kagame entend battre Idi Amine Dada dans la paranoïa et la cruauté à l’endroit des Rwandais.

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