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Rwanda, ces héros qui nous inspirent

Publié : le 20 avril 2015 à 15:33 | Par | Catégorie: Analyses de l'actualité

Beaucoup a été dit sur la marée de sang versé lors de l’horrible printemps rwandais de 1994. Peu a été dit sur les petits-grands véritables héros de ce drame fratricide. Le temps est venu de raconter des récits valeureux des citoyens lambda qui malgré leur manque d’influence ont réussi à sauver des vies, souvent à leurs propres risques et périls.

heros

Bizimana Sylivestre, Mukambaraga Beatrice, Ndemeye Valens, Benimana Herene, Mukarutwaza Seraphine, Uwitwa Ferdinand et Mujawamahoro Marie Chantal, des petits-grands héros du drame rwandais.

Uwamahoro Grâce née à Gisozi, Kigali. Pendant sa fuite vers le Congo, elle sauva un nourrisson dont la mère agonisait. Elle prit l’enfant dans le pagne ensanglanté de sa maman. Elle devint pour toujours à la fois sa maman et sa grande sœur. Son courage se dressa envers et contre tout et notamment contre sa propre famille, en fuite également, qui la suppliait d’abandonner l’enfant tutsi de peur qu’elle ne soit la cible des assassins.

Niyitegeka Félicitée qui cacha des jeunes filles Tutsi et organisa leur fuite à la tombée de la nuit. Elle finit par être attrapée avec ses protégées. Conduites au cimetière le 21 avril 94, elle fut fusillée ensemble avec celles qu’elle avait cachées et dont elle s’apprêtait à organiser le départ le soir même ; au nom de la fraternité œcuménique. Avant son assassinat ses bourreaux lui demandèrent de rentrer, mais elle refusa et demanda à être tuée comme les autres qui venaient de l’être. Son vœu fut accompli.

Le 19 mars 1997, toujours contre la haine ethnocentriste, les élèves hutus de Nyange ont refusé de se séparer de leurs collègues tutsis comme le leur demandaient les hommes armés qui voulaient éliminer des tutsis. Devant ce courage, lequel fut probablement renforcé par la crainte de représailles des soldats du FPR, les rebelles décidèrent d’éliminer tout le groupe mais ils réussirent à en tuer 7, et 40 autres s’échappèrent.

Les cas sont nombreux où de simples citoyens ont pris leur courage à deux mains pour sauver des vies. Certains sont morts avec ceux qu’ils voulaient sauver, d’autres ont fui avec les enfants de leurs amis ou voisins tutsis vers les pays limitrophes. Tous ceux-là ont donné une bonne leçon d’humanité. Leur message sera-t-il compris ?

 

Pacifique Habimana

www.jambonews.net

 

 

 

 

 

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2 Commentaires à “Rwanda, ces héros qui nous inspirent”

  1. RASEC dit :

    Les cas de ces courageux d’humanité exceptionnelle sont nombreux chez les Hutu. Inversement, combien de Tutsi ont-ils sauvé des Hutu après la prise du pouvoir par Kagame qui, pour réaliser son objectif, a fait procéder au nettoyage des Hutu dans toutes les régions du Rwanda en particuliers le Nord Ouest dont la population a été décécimée à plus de 60% voire 70% comme à Byumba et les communes frontalières avec la RDC?
    Il convient de rappeler que l’évêque de Goma, Faustin Ngabu ou Ngabo avait hébergé plusieurs religieux et religieuses dont Monseigneur Nikwigize Phocas. Lorsque Kagame a ordonné la destruction des camps des réfugiés et l’extermination massive des femmes, enfants et hommes de tous âges Hutu et Tutsi, Monseigneur Ngabo a livré aux bouchers de Kagame des dizaines de religieux et religieuses dont Mgr Nikwigize Phocas. Selon un témoin oculaire, ce dernier a été découpé en morceaux qui ont été ensuite mis dans un sac avec un caillou lourd et jetés ensuite dans le lac Vert.C’est pourquoi, son corps n’a jamais été et ne sera jamais retrouvé. Une seconde question: le régime Kagame a-t-il été reconnaissant à leur endroit c’est-à-dire ont-ils été reconnus comme rescapés du génocide et bénéficient-ils corrélativement des droits reconnus à ces derniers par la constitution Kagame?
    Et les survivants, que sont-ils devenus ?

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  2. Emmanuel Senga dit :

    Nous sommes nombreux à avoir pose ce geste plein d’humanité. Je l’ai fait quand j’ai receuilli la fille de mon ancient confrère professeur au Petit Séminaire de Ndera Murego, tué avec son épouse, ses deux enfants en Avril 1994, le 9 exactement. J’ai recueilli sa fille Elisabeth Umubyeyi, avec qui j’ai parcouru le chemin de Croix, de Kigali à Gitarama pendant six heures de route, sous les bombardements du FPR d’une part et les machettes des Interahamwe d’autre part. Ceci nous a été facilité par mon neveu ex-FAR qui était venu à ma rescousse. Arrives sains et saufs avec mes deux enfants ages respectivement de 5ans et de 2ans à Gitarama chez mon neveu sauveteur, je devais répondre chaque jour aux questions fatiguantes d’où sortait cette autre enfant. Elle était alors agée de 8/10 ans je crois. J’ai pu, grace à Dieu la preserver jusqu’à la fin du genocide. J’ai eu la chance de la remettre à sa grand -mere qui, était elle-même rescapée du genocide. Je me réjouis qu’elle est aujourd’hui une grande dame qui a pu faire son chemin. Elle vit au Canada,elle a pu revoir son frère et sa soeur cadette. Nous restons en contact par correspondence, mais sous peu nous nous rendrons visite. Je n’ai pas besoin d’être décoré, j’ai eu ma récpmpense: je suis en vie, vis aux USA, après avoir servi au sein du Gouvernement rwandais avant de me render compte qu’ils sont tout sauf democrates. Ma « fille » est mariée et se porte à merveille. Voilà

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