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Karenzi Karake et 28 autres militaires rwandais toujours recherchés par la justice espagnole

Publié : le 20 octobre 2015 à 17:44 | Par | Catégorie: A la une, Actualité, Justice

Le chef des services secrets rwandais Emmanuel Karenzi Karake avait été arrêté en juin à Londres sur la base d’un mandat d’arrêt provenant d’Espagne, il a été relâché dans des circonstances peu claires et laissé libre pour rentrer à Kigali par la justice britannique. Par la suite la Haute cour de Madrid a réduit sensiblement la portée du principe de compétence universelle dans le système judiciaire espagnol, principe sur lequel se basaient les mandats d’arrêts délivrés à l’encontre de 40 hauts officiers du FPR. Beaucoup en ont déduit l’abandon la totalité des charges qui pèsent contre le général Karenzi. C’est à tort.

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Lieutenant-General Emmanuel Karenzi Karake, chef des services de renseignement rwandais (NISS)

En effet, « KK » est encore recherché par la justice espagnole pour terrorisme. Le mandat d’arrêt reste valable malgré l’abandon le 10 août par la justice britannique de la procédure d’extradition et la quasi-suppression de la compétence universelle dans le système judiciaire espagnol.

Toutefois, la Haute cour espagnole a bien validé une décision de l’Audience nationale classant sans suite l’enquête pour génocide et crimes contre l’humanité visant Emmanuel Karenzi Karake et ses compagnons de guerre, mais ne l’a pas fait pour ce qui concerne le terrorisme reproché à 29 des 40 officiers. Cette partie de l’instruction concerne 29 responsables, dont Emmanuel Karenzi Karake, trois autres généraux et 25 militaires. Ce qui fait que les officiers accusés d’actes de terrorisme restent sous le coup de ces mandats d’arrêt espagnols.

Ainsi la Haute cour précise-t-elle dans son arrêt que si les critères d’activation de la juridiction espagnole pour les délits visés sont réunis, par exemple en raison de la présence des accusés en territoire espagnol, le classement sera sans effet et la procédure devra reprendre. Ces crimes de terrorisme se rapportent en particulier aux victimes espagnoles assassinées au Rwanda.

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Fernando Andreu Merelles, Le juge d’instruction espagnol à l’origine des mandats d’arrêt

Karenzi Karake a été le premier responsable de haut rang parmi les 40 officiers du FPR sous le coup des mandats d’arrêt espagnols à être arrêté. Des humanitaires espagnols seraient parmi les personnes qui auraient été tuées sous ses ordres directs. Le gouvernement rwandais a fait de son arrestation une affaire politique et n’a jamais souhaité que son haut officier comparaisse devant la justice pour tenter de prouver son innocence.

Le général KK est l’une des grandes personnalités du FPR depuis le lancement de la rébellion en 1990 à ce jour où il dirige les renseignements rwandais. Entre 2007 et 2009, il a été le commandant adjoint de la force conjointe de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) et de l’ONU au Darfour. Poste qu’il n’a pas pu conserver plus longtemps suite à la dénonciation des organisations de défense des droits de l’homme notamment quant au rôle du général dans la guerre du Congo où il dirigea les troupes rwandaises en 2000.

Pacifique Habimana

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2 Commentaires à “Karenzi Karake et 28 autres militaires rwandais toujours recherchés par la justice espagnole”

  1. CESAR dit :

    Les intéressés avaient que l’Espagne a enterré les droits de ses citoyens et conséquemment piétiné les droits fondamentaux de ces derniers. Il n’est rien.Les présumés assassins des citoyens espagnols restés poursuivis.S’ils mettent leur nez dans un Etat membre de l’Union Européenne autre que le Royaume Uni qui, pour des raisons politico-financières à baffoué les régles élementaires de l’Union Eurpéenne, ils seront arrêtés.Il en est de même des USA dont le loi permet d’arrêter toute personne juridiciairement poursuivie par n’importe quel Etat pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
    Par ailleurs, à moins qu’ils répondent à leur créteur avant la renaissance du Rwanda, ils répondront de leurs méfaits.C’est une question de temps.Les Nazis aujourd’hui vivants sont démasqués et répondent de leurs crimes devant la justice de leur pays.
    Leur commandant suprême ne fera également pas exception. Hissène Habré est à la barre et mourra en prison.
    Losqu’il se livrait à la torture, exécutions sommaires et disparitions de ses opposants politiques dont lui seuls connaît le nombre, pensait-il qu’un jour la justice sera dite au bénéfice de ses victimes? La justice immanente ne padonne jamais les bourreaux.
    Karake et consorts ne pourront pas y échapper.

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    • victor mutsinzi dit :

      CESAR pourquoi la justice Européenne ne commence pas à ceux ont tué les tutsi pendant le génocide perpetrés contre les tutsi en 1994? Pourquoi tu ne parle pas les interahamwe qui se cachent en Europe?

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