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Rwanda — Belgique : Kagame attendu au tournant à Bruxelles

Publié : le 6 juin 2017 à 1:15 | Par | Catégorie: A la une, Actualité

Ce mercredi 7 juin 2017, le président Paul Kagame sera à Bruxelles pour participer aux European Development Days 2017. À l’occasion de sa présence dans la capitale belge une mobilisation sans précédent se prépare pour dénoncer le pouvoir « dictatorial et criminel » de Paul Kagame.

Une visite périlleuse 

C’est une semaine très importante pour le président Paul Kagame qui se rendra à Bruxelles à l’invitation des organisateurs des European Development Days. À deux mois des élections présidentielles, Paul Kagame se rendra en Belgique, là où se trouve la communauté rwandaise à l’étranger la plus fervente dans son opposition au pouvoir du FPR. Il n’était pas venu en Belgique depuis 2014 et une visite éclair de 24 h pour participer au sommet Union européenne — Afrique. À quelques mois des élections présidentielles prévues en août prochain, Kagame avait longtemps hésité à venir sur ce terrain hostile de peur d’écorcher son image internationale.

À l’appel des organisations de la société civile, d’organisations de défense des droits de l’homme et en collaboration avec les partis politiques d’opposition, la communauté rwandaise de Belgique, mais également d’Europe est attendue ce mercredi à 12 h 30 à Tour & Taxis à Bruxelles pour une grande manifestation contre la présence de Kagame à Bruxelles. Cette manifestation, dénommée par les organisateurs « #KagameGetOut » (en Français : Kagame dégage) est très attendue dans la communauté. Natacha Abingeneye, présidente de Jambo ASBL, nous a affirmé que « les organisateurs ont très naturellement souhaité nommer cette manifestation #KagameGetOut, tout d’abord parce qu’après 23 ans d’un pouvoir sans partage, dictatorial et criminel, il est temps que cela cesse, que Kagame quitte le pouvoir et qu’une transition démocratique et pacifique puisse s’amorcer ». La mobilisation a dépassé les frontières belges, puisque de nombreux manifestants viendront d’Angleterre, d’Allemagne, des Pays-Bas et de France. « Nous viendrons de loin pour nous unir à nos compatriotes de Belgique pour manifester contre ce dictateur sanguinaire qui non seulement a confisqué la démocratie et la liberté du peuple rwandais, mais massacre aussi son peuple et les populations de la sous-région dans une impunité totale depuis 23 ans ! » nous a confié Leon Ruhungira, le président la Communauté rwandaise de Lyon, qui fera près de 750 km pour répondre à cet appel. Joseph Matata, activiste rwandais des droits de l’Homme rwandais, a également appelé les Rwandais et amis du Rwanda à participer au Sit-in hebdomadaire qui se tient devant l’ambassade du Rwanda en Bruxelles. Il a tenu à souligner le caractère « exceptionnel » du sit-in qui doit avoir lieu ce mardi 6 juin en raison de l’arrivée du président dans la soirée.

Les congolais de Belgique pleinement mobilisés

La communauté congolaise est également pleinement mobilisée. Dans le quartier africain de Bruxelles, Matonge, c’est le sujet sur toutes les lèvres. Junior, un jeune activiste congolais nous a affirmé, au sujet de Paul Kagame, que : « À chaque fois que cet assassin est ici, je dois être là, il faut que le monde entier sache qui il est vraiment, et ce qu’il représente. Il faut qu’on lui fasse sentir qu’on ne veut pas de lui en Belgique, ni même chez nous au Congo où il vient piller nos terres, tuer nos frères, violer nos sœurs et massacrer nos enfants. »

En réponse à la grande mobilisation qui se prépare, l’ambassade du Rwanda a réagi en organisant un rassemblement de soutien qui devrait se tenir tôt dans la matinée du mercredi 7. Une source proche de l’ambassade nous a affirmé : « Cette réunion de soutien a été organisée afin de tenter de répondre à la masse attendue pour manifester contre le Président Kagame ». Il a également été décidé d’un « Rwanda Day ». C’est une journée où le président Kagame rencontre la diaspora rwandaise dans un pays étranger. Attendu au tournant par ses nombreux opposants, ce rendez-vous, organisé dans la hâte, avec ses fans bruxellois est censé redorer une image qui risque d’être ternie par les manifestations de contestation prévues.

La Belgique est le pays regroupant le plus grand nombre de ressortissants d’origine rwandaise en dehors du Rwanda. D’après l’ambassade du Rwanda à Bruxelles, la communauté rwandaise de Belgique atteint 35 000 membres, d’autres sources vont jusqu’à 50 000 et plus. La Communauté rwandaise de Belgique est aussi renommée pour être libre et très fervente dans son combat pour les droits de l’homme, la démocratie et la justice au Rwanda. Elle comporte un grand nombre de partis politiques d’opposition au FPR installés à l’étranger et de nombreuses organisations de la société civile très critique contre le pouvoir du Président Kagame. Kigali a depuis plusieurs années essayé de faire vaciller cette communauté en l’infiltrant ou en faisant rallier à sa cause, moyennant compensation, des personnalités réputées influentes de celle-ci. La dernière tentative de déstabilisation en date est l’apposition de Olivier Nduhungirehe, ancien membre de la communauté et maintenant rallié au FPR, comme ambassadeur du Rwanda à Bruxelles afin de coordonner son noyautage.

Kagame en campagne pour redorer son image internationale

L’élection présidentielle se tiendra le 4 août prochain. Qualifiée de « mascarade » par les principaux partis d’opposition, ils ne présenteront pas de candidat. Qui sera face à Kagame ? C’est encore l’incertitude. Si Frank Habineza, le président du Parti démocratique vert, sera certainement candidat, la participation de Diane Rwigara et Phillipe Mpayimpana, tous deux candidats indépendants, est loin d’être assurée. Le Rwanda est accusé par les organismes internationaux des droits l’Homme de vouloir verrouiller son espace politique et médiatique au bénéfice du FPR et de Kagame. Alors que les rapports critiques sur l’état de pauvreté, la spoliation des paysans, la famine qui fait rage dans le pays, les manipulations des statistiques de développement ou encore la liberté de la presse s’amoncellent et que les langues se délient à l’image de Diane Rwigara, le FPR essaye de reprendre le contrôle de la situation. La récente tentative de verrouiller la communication sur les réseaux sociaux des candidats à la présidentielle par la Commission électorale nationale a été tuée dans l’œuf en raison de la masse de critiques provenant principalement de l’international. La guerre médiatique et de communication fait rage. Ces derniers mois, Kigali a fait appel à ses soutiens historiques tels que François Soudan de Jeune Afrique ou Louis Michel pour soutenir l’image internationale de Paul Kagame. Cette visite à Bruxelles, sur un terrain hostile pour lui, est une prise de risque pour Paul Kagame qui pourrait s’avérer très négative si la mobilisation à son encontre est très suivie.

Découvrez ci-dessous le mémorandum rédigé par la communauté rwandaise d’Europe pour l’occasion:

Découvrez ci-dessous les appels à manifester réalisés par la communauté rwandaise et congolaise de Belgique:

 

Emmanuel Hakuzwimana

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4 Commentaires à “Rwanda — Belgique : Kagame attendu au tournant à Bruxelles”

  1. Feuille de chêne dit :

    Les blancs sont vraiment d’un cynisme. ..Encore un coup de l autre buveur de sang africain de Louis Michel

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  2. CESAR dit :

    Ce genre de manifestations ne perturbent outre mesure Kagame. Manifester c’est bon mais encore faut-il que cela puisse produire des effets escomptés. En l’espèce, il me semble que pour l’action des manifestants soit efficace et produise conséquemment des effets, il aurait été judicieux de l’accompagner d’actions judiciaires contre Kagame devant les tribunaux belges pour les crimes abominables qu’il a commis et commet toujours dans notre pays. Kagame e ventralement peur de deux choses: affronter publiquement et démocratiquement ses opposants politiques devant les Rwandais, 2 affronter la justice d’un Etat démocratique pour ses méfaits abominables contre des millions de Rwandais. I sait très bien que ses crimes sont imprescriptibles et que sa fonction ne peut nullement le protéger contre les actions juridictionnelles et judiciaires des juges des Etats de droit.
    par contre , un certain Gauthier Alain, de nationalités française et rwandaise par naturalisation donnée par Pasteur Bizimungu pour les services rendus au régime du FPR, opère en France contre les Hutu Rwandais listés au profit du régime Kagame. Il fait le tour de France, des médias et des services publics de son pays dans le cadre de ses missions à savoir pourchasser ses proies Hutu. Voici la copie de la lettre qu’il vient d’adresser au nouveau ministre de la justice de son pays. Ce qui est étonnant, au regard du contenu de sa lettre, le ministre de la justice Bayrou est à la fois juge et ministre et les vrais juges sont ses obligés à qui il peut donner les ordres comme bon lui semble d’arrêter et envoyer en prison un Hutu Rwandais qui est sur la liste de Gauthier.

    « GENOCIDE : Lettre à Monsieur François Bayrou, Ministre Français de la Justice.
    Rwanda podium
    Il y a une impérative nécessité de poursuivre en justice tous ceux qui ont participé au génocide des Tutsi et qui ont trouvé un accueil, parfois complaisant, en France. Par Alain Gauthier, président du CPCR

    Monsieur le Ministre de la Justice,
    Vous avez accepté la responsabilité du ministère de la Justice sous la présidence de Monsieur Emmanuel MACRON. En tant que président du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR), association qui a pour objectif de poursuivre en justice les personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 et qui vivent en France, je me permets de vous adresser cette missive.
    Je suppose que vous ne connaissez pas particulièrement ces dossiers de génocide et que, déjà très occupé par des réformes que le gouvernement auquel vous appartenez juge prioritaires, vous n’avez pas eu le temps de vous pencher sur les nombreuses affaires à l’instruction au Pôle crimes contre l’humanité du TGI de Paris.
    Avant les élections présidentielles, nous avions adressé, monsieur RWABUHIHI et moi-même (monsieur RWABUHIHI est président d’une ONG de droit rwandais, « Les Amis du CPCR), une lettre ouverte à tous les candidats pour leur faire part de nos interrogations quant à la poursuite des personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide des Tutsi. Seule une candidate nous avait répondu ! Inutile de commenter.
    Le 14 mai dernier, j’avais alors adressé une lettre au nouveau président de la République pour lui rappeler nos préoccupations par rapport au combat que notre association, avec d’autres, mène depuis plus de vingt ans pour que justice soit rendue aux victimes du génocide des Tutsi et aux rescapés. Il n’a pas encore eu le temps de nous répondre !
    Dans ces différents courriers, nous rappelions l’impérative nécessité de voir poursuivis en justice tous ceux qui auraient participé au génocide des Tutsi et qui ont trouvé un accueil, parfois complaisant, sur le territoire français. Nous nous élevions en particulier contre les multiples décisions de la Cour de Cassation qui a toujours refusé de prononcer des décisions favorables aux demandes d’extradition en provenance du Rwanda. Ces décisions nous sont toujours incompréhensibles. Nous aurions aimé connaître votre sentiment par rapport à la position de cette Cour. La France est pratiquement le seul pays à avoir adopté cette jurisprudence!
    D’autre part, nous ne cessons de dénoncer les lenteurs de la justice de notre pays. Créé en 2012, le Pôle crimes contre l’humanité ne dispose pas de moyens suffisants pour mener à bien les commissions rogatoires qui sont diligentées à la suite des plaintes que nous déposons. Vous noterez que le Parquet n’a poursuivi de lui-même qu’à de très rares occasions, laissant ainsi le travail de constitution de plaintes aux associations telles que la nôtre. Nous nous permettons donc de vous poser une question : avez-vous l’intention de doter le Pôle crimes contre l’humanité de moyens supplémentaires, en nommant en particulier d’autres juges d’instruction, afin que de nouveaux procès puissent se tenir sans plus tarder ? Vingt trois ans après le génocide des Tutsi, seuls trois Rwandais ont été condamnés : Pascal SIMBIKANGWA, à 25 ans de prison en première instance et en appel, et messieurs NGENZI et BARAHIRA, à la réclusion criminelle à perpétuité. Mais ils ont fait appel. Combien de temps faudra-t-il pour traiter toutes les plaintes déposées sur le bureau des juges ?
    Nous avions osé une autre question à Monsieur le Président de la République concernant les relations entre la France et le Rwanda, relations qui n’ont cessé de se détériorer au fil du temps. La raison principale étant le refus des autorités françaises de reconnaître la moindre responsabilité de notre pays dans la commission du génocide des Tutsi. Nous n’avons cessé de dénoncer une complicité diplomatique, militaire et financière avec le gouvernement du président HABYARIMANA d’abord, puis avec le gouvernement intérimaire qui a mené le génocide à son terme. Monsieur SARKOZY avait reconnu en son temps « des erreurs d’appréciation »…. Depuis, les choses n’ont fait que s’envenimer avec les autorités du Rwanda, dont Monsieur KAGAME, président de la République. Cette question ne dépend pas directement de vous, mais dans la mesure où vous êtes membre du gouvernement, elle est susceptible de vous intéresser.
    Monsieur le Ministre de la Justice, depuis ces dernières semaines, plusieurs clôtures d’instruction nous ont été annoncées mais le réquisitoire du Parquet tarde à venir. Ce qui veut dire qu’aucun nouveau procès d’assises ne se tiendra cette année alors qu’il y a urgence. Pourrions-nos compter sur vous pour que la justice de notre pays fasse cesser ces retards inacceptables qui font le jeu des bourreaux ? Je me tiens bien sûr à votre disposition si vous souhaitez avoir plus de précisions sur l’état des affaires.
    Monsieur le Ministre de la Justice, comprenez bien que notre impatience, et plus encore celle des rescapés, est légitime. Ne pas juger les auteurs de crimes contre l’humanité réfugiés en France conforterait ces derniers dans l’impunité dans laquelle ils vivent depuis plus de vingt ans et serait un nouvel affront infligé aux victimes innocentes du génocide des Tutsi du Rwanda. Cette pensée nous est intolérable.
    Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie de croire, monsieur le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, en l’expression de mon profond respect.
    Alain Gauthier, président du CPCR »

    Ceux qui connaissent ce Gauthier Alain peuvent éclairer les Rwandais sur ce qui est effectivement celui-ci et pourquoi il n’a jamais été démasqué par les Rwandais alors qu’il opère au vu et au su des Rwandais.
    Il faut espérer que le ministre de la justice de son pays ne répondra pas à ses divagations, au surplus absconses, le tout sous peine de dire aux publics français et étrangers que les juges français sont ses obligés comme le sont les juges rwandais envers Kagame, qui est à la fois loi et juge et conséquemment ils ne sont pas indépendants( voire sur la Toile la déclaration du nouveau Président Français et du Ministre de la Justice Bayrou sur les juges et leurs missions en France) .

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  3. CESAR dit :

    Kagame en campagne pour redorer son image internationale!!

    Le troisième mandat de Kagame est illégitime et illégal
    Illégitime car il n’est pas prévu par la constitution rwandaise de 2003 qui a été approuvée par voie référendaire populaire sur décision de Kagame en personne.
    Illégal car il n’est pas conforme à cette constitution et au surplus, celle-ci l’interdit strictement et ce, tout état de cause.
    Sur les prétendues pétitions qui ont été exhibées par Kagame selon lesquelles les Rwandais lui ont, par pétitions, demandé de briguer un troisième mandat en récompense pour ses exploits dans la gestion du pays.
    Ces prétendues pétitions n’ont jamais existé. Pourquoi?
    Les faits sont les suivants.
    En 2015, tous les Rwandais ont vu et entendu Kagame dire publiquement qu’en sa qualité de Président, il est garant au premier chef du respect la constitution et conséquemment, il ne briguera pas un troisième mandat et pour ce faire, il ne révisera pas l’article 101 de la constitution qui limite à deux le nombre de mandats du Président de la République Rwandaise. Il a ajouté que si le FPR n’est pas en état de trouver un candidat capable de diriger le Rwanda c’est qu’il n’a rien fait.
    Les Rwandais l’ont applaudi car ils ont cru voir en Kagame un véritable chef d’Etat respectueux de la loi. C’était une mauvaise appréciation. Le vrai Kagame connu des Rwandais est Kagame imbibé de mauvaise foi et de malhonnêteté jusqu’aux os à tel d’une part et versatile d’autre part. Ils avaient cru qu’il avait guéri qu’il avait guéri de sa maladie.
    Quelques mois plus tard, les Rwandais ont vu le vrai Kagame.
    Devant des millions de Rwandais et étrangers, il a osé dire que si ces derniers lui demandent de briguer un troisième mandat, il accèdera à leur demander.

    Or, les pétitions des Rwandais évoquées par Kagame n’ont jamais existé.
    Kagame et les siens ont alors fabriqué un document au surplus écrit en Kinyarwanda approximatif et truffé de fautes et l’ont appelé pétition. Ils l’ont reproduit en millions d’exemplaires.
    Il a ensuite chargé les membres de sa police politique d’aller le remettre au Rwandais des villes et de campagne pour qu’ils le signent devant eux de gré ou de force.
    Ce qui a été fait. Certains Rwandais comme moi ont refusé de céder aux chantages et menaces en tous genres, d’autres l’ont signé de gré ou de force.
    Kagame est revenu devant les Rwandais pour oser dire que des millions d’entre eux ont signé des pétitions par lesquelles ils lui demandent de briguer un troisième mandat au seul motif que dans plus de vingt ans à la tête de l’Etat Rwandais, il a accompli des exploits exceptionnels en Afrique dans le domaine de la bonne gouvernance c’est-à-dire de développement économique et social du Rwanda, devenu Singapour d’Afrique, selon lui. La prétendue méthode Kagame dans la bonne gouvernance du pays, inconnues au Rwanda, a été colportée à grande échelle par les oligarques et excroissances du régime à tel point que certains dirigeants africains ignorants se sont succédé ici au Rwanda pour chercher la recette Kagame dans la gouvernance.
    Pour ce faire, il fallait organiser une mise en scène pour montrer au monde l’existence de ces pétitions. Kagame en a chargé à la présidente de la chambre des députés. Le monde entier a vu une chaîne des paysans rwandais transportant à la tête des paniers remplis de ces prétendues pétitions et a entendu les commentaires pitoyables et méprisants pour les Rwandais de la part de celle-ci. Pour Kagame et les oligarques de son régime, le ridicule est un mot dépourvu de sens. Ces faits ne sont pas à prouver et les diplomates en poste au Rwanda le savent parfaitement car certains Rwandais leur ont envoyé la copie du document fabriqué par Kagame appelé pétition et ont exposé clairement comment les membres de la police politique de Kagame les ont menacés pour qu’ils le signent. Les sponsors ou les maîtres de Kagame savent donc que l’auteur de ces prétendues pétitions n’est autre que Kagame et nullement les Rwandais.
    Il en résulte que les pétitions écrites et signées par les Rwandais dont rares sont ceux qui ont lu la constitution rwandaise n’ont jamais existé.
    A supposer qu’elles aient existé, elles seraient entachées d’illégalité et contraires à la constitution
    Seule la constitution prévoit les conditions de fond et de forme quant à sa révision. Et nul ne peut faire dire à la loi ce qu’elle ne dit pas. La constitution rwandaise de 2003, ne prévoit pas sa révision par les pétitions des Rwandais ou de qui que ce soit. Par ailleurs, Kagame a reconnu publiquement l’illégalité de ces pseudos pétitions en déclarant qu’il n’entend pas réviser l’article 101 de la constitution, le tout sous peine de violer celle-ci et ce, quel que soit le motif comme le précise cet article dans son dernier alinéa. Il s‘ensuit qu’en l’espèce, elles sont illégales et corrélativement nulles et de nul effet.
    En révisant l’article 101 sur le fondement d’une existence de pseudos pétitions des Rwandais non prévues par la loi fondamentale de notre pays, Kagame a violé en flagrance la constitution et en toute impunité alors qu’il en est le garant au premier chef quant à son respect.
    Que dit la loi rwandaise à savoir la constitution de 2003 précisément et celle de 2003 révisée ?
    Constitution de 2003
    1/ – Article 101 Mandat du Président de la République

    Al.1 Le Président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois.

    Al.2 En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels.

    Cet article milite strictement et impérativement à deux le nombre de mandats du Président.

    Il proscrit toute révision afférente au nombre de mandats du Président et ce, quels que soient le motif et les circonstances.

    Ses dispositions sont insusceptibles d’interprétation et de dérogation. Une disposition est susceptible d’interprétation lorsqu’elle n’est pas claire. L’article 101 est limpide.

    Les dispositions de cet article concernent le Président Rwandais en tant qu’institution, différente de la personne physique qui l’exerce.

    Les dispositions de l’article 101 sont impersonnelles. Toute disposition introduite dans la constitution intuitu personae est nulle et de nul effet.

    2/ Article 193

    Al.1 L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République après délibération du Conseil des Ministres et à chaque Chambre du Parlement sur vote à la majorité des deux tiers de ses membres.

    Al.2 La révision n’est acquise que par un vote à la majorité des trois quarts des membres qui composent chaque Chambre.

    Al.3 Toutefois, lorsque la révision porte sur le mandat du Président de la République, sur la démocratie pluraliste ou sur la nature du régime constitutionnel notamment la forme républicaine de l’Etat et l’intégrité du territoire national, elle doit être approuvée par référendum, après son adoption par chaque Chambre du Parlement. Aucun projet de révision du présent article ne peut être recevable.

    L’article 193 précise les conditions de fond et de forme quant à la révision de la constitution. Il est clair et partant insusceptible d’interprétation.

    Il ne prévoit nulle part la révision de la constitution par le jeu des pétitions.

    Sous peine de bafouer la constitution, loi fondamentale, nul et encore moins le Président, ne peut lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. C’est une règle impérative consacrée par tous droits des Etats de droit écrit.

    En décidant de réviser la constitution rwandaise au seul motif que les Rwandais le lui ont demandé par les pétitions, Kagame a bafoué impunément la constitution de notre pays.

    La constitution de 2003 révisée

    1/ Article 101 : Mandat du Président de la République

    Le Président de la République est élu pour un mandat de cinq (5) ans. Il peut être réélu une seule fois.

    Kagame a réduit la durée de sept ans à cinq ans

    Malgré le saupoudrage de cet article, les rédacteurs de la révision de la constitution n’ont pas substantiellement modifié l’article 101.

    La limitation à deux du nombre de mandats prévue par l’article 101 avant révision est maintenue.

    Cette disposition est claire et conséquemment elle insusceptible d’interprétation.

    La lettre et l’esprit de la constitution de 2003 quant au nombre de mandats du Président est maintenue nonobstant cette révision. Cela montre l’attachement des rédacteurs de la révision de la de la constitution et surtout le Ministre de la Justice au respect de la constitution.

    Il en résulte que Kagame est dans son dernier mandat. Sous peine de violer la constitution, il ne peut nullement ou ne pourra pas briguer un troisième mandat.

    Pour justifier le troisième mandat Kagame a crée un article personnalisé à savoir l’article 172 ci-après.

    Article 172: Président de la République

    Al.1 Le Président de la République en exercice lors de l’entrée en vigueur de la présente constitution continue à exercer le mandat pour lequel il a été élu.

    Al.2 Sans préjudice des dispositions de l’article 101 de la présente constitution, compte tenu des pétitions présentées par le Peuple rwandais avant l’entrée en vigueur de la présente constitution révisée, basées sur des défis sans précédent résultant du passé tragique qu’a connu le Rwanda et la voie choisie pour les surmonter, les progrès déjà réalisés et le désir de poser une fondation solide pour le développement durable, un mandat Présidentiel de sept (7) ans est établi et prend effet à l’expiration du mandat visé à l’alinéa premier du présent article.

    Al.3 Les dispositions de l’article 101 de la présente constitution prennent effet après le mandat de sept (7) ans visé à l’alinéa 2 du présent article.
    Al.1 dit: l’entrée en vigueur de la constitution révisée n’a aucun effet sur le nombre de mandats du Président de la Réplique.

    Cet article est fourre-tout et incompréhensible. Il bonde de divagations et galimatias amphigouriques. Par le caractère flou et incompréhensible de cet article, les rédacteurs de la révision de la constitution l’ont fait pour cajoler leur commandant suprême. N’étant de pas en état de lui dire tout droit que le respect de la constitution s’impose impérativement au Président Rwandais qu’il soit Kagame ou pas, ils ont fait le service minimum tout en sachant qu’il n’a aucun effet sur le nombre de mandats du Président Rwandais.
    Ses dispositions ont été introduites intuitu personae dans la constitution.
    Kagame prétend que les Rwandais lui ont demandé par les pétitions de réviser la constitution et de briguer un troisième mandat si l’on peut parler d’un mandat pour le récompenser pour ses exploits dans la gestion du pays. Un catalogue de ces exploits est mentionné dans la constitution. Ces prétendus exploits évoqués par Kagame sont notoirement contredits par les faits :
    – la paupérisation qui frappe indescriptiblement des millions de paysans rwandais,
    – existence des milliers d’enfants de rue appelés déchets par Kagame dont certains sont brûlés publiquement vif sur ordre de Kagame parce qu’ils sont des déchets,
    – détournement en toute impunité de plusieurs milliards de francs rwandais par les oligarques du régime et Kagame en personne, le tout au vu et au su des Rwandais,
    – existence des milliers de prisonniers politiques,
    – enlèvement, tortures et exécution des opposants politiques, violation massive des droits fondamentaux des Rwandais,
    – existence d’un régime mafieux , corrompu et criminel qui gangrène tout le pays.

    Rares sont les Rwandais qui comprennent ce que dit cet article précisément.
    Il s’agit d’un article introduit dans la constitution exclusivement pour Kagame en tant que tel et nullement pour un Président Rwandais, une institution et une fonction, différente de la personne physique qui incarne l’institution et exerce cette fonction.
    Or, en droit, une disposition légale est impersonnelle. C’est une règle impérative consacrée par les lois rwandaises depuis des décennies.
    Toute disposition introduite intuitu personae dans la constitution est nulle et de nul effet.
    Il s’ensuit qu’en l’espèce les dispositions de l’article 172 sont nulles et de nul effet.

    Au vu des articles 101 et 193 de la constitution de 2003 d’une part et article 101 et 172 de la constitution de 2003 révisée d’autre part combinés,
    1/ la constitution rwandaise ne prévoit pas un troisième mandat de Kagame et limite strictement à deux le nombre de mandats du Président Rwandais, différent de Kagame, personne physique ;
    2/ un troisième mandat de Kagame est illégitime et illégal ;
    3/ En décidant de briguer un troisième mandat , Kagame a violé impunément la constitution ;
    4/ s’il persiste dans la violation de la constitution et si en août prochain il s’autoproclame président à vie du Rwanda, Kagame sera un hors-la-loi ou un soi-disant président et devra être traité comme tel non seulement par les Rwandais mais également par ses maîtres.
    Faut-il parler de mandat ? Sûrement pas. Outre l’illégalité et l’illégitimité du troisième mandat de Kagame, celui-ci a refusé d’affronter royalement et démocratiquement ses opposants politiques. Par ailleurs, il a opté par la terreur à leur endroit. Un mandat signifie que les Rwandais lui donnent le pouvoir de gérer les biens communs, le tout conformément à la constitution qu’ils ont approuvée par voie référendaire.
    Ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Il s’agit d’une autoproclamation président à vie avec p. Kagame sera dépourvu de mandat d’agir en lieu et place des Rwandais.

    Que ceux qui soutiennent le contraire puissent éclairer les lecteurs de Jambo News, par le jeu d’argument contre argument et éviter les insultes ou insanités qui n’honorent pas leurs auteurs.

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  4. israelyakobamalu dit :

    si kangame partira du pouvoir son petir frere kié ala majustrature supreme a kinshasa va le suivr ala fin d cette année 2017

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