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La Démocratie en Afrique ou le retour aux sources

La Démocratie en Afrique ou le retour aux sources
Afrique

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Certains pensent que la Démocratie n’est pas faite ou bonne pour les Africains ; d’autres croient que l’Afrique ne serait pas prête pour accueillir la Démocratie alors que d’autres pensent qu’il serait temps qu’elle se démocratise. Qui a raison et qui a tord ?
Certains des dirigeants africains préfèrent de parler de « Démocratie à l’africaine » mais n’ont jamais expliqué ce qu’ils entendaient par là et pourquoi l’Afrique aurait-elle besoin d’une démocratie particulière, différente!
De notre part, dans cet article notre objectif n’est pas de s’aligner derrière les uns ou les autres. Il s’agit plutôt de faire état de l’origine de la Démocratie et ce, selon certains des grands philosophes que le monde a connus.

De l’état de nature ou de la loi de la jungle à l’Etat civil ou au contrat social

Au commencement était la « guerre de tous contre tous ». L’Homme étant un loup pour l’Homme, il fallut un pouvoir fort pour préserver les intérêts de chacun et chacune.
L’état de nature est l’état d’insécurité. Tout le  monde y fait ce qui lui arrange comme il veut. Tout le monde y est à la fois juge et bourreau. Les plus faibles en terme de puissance y sont évidemment des victimes. C’est cette insécurité persistante qui a poussé les hommes à chercher la paix en formant des sociétés civiles. Pour assurer l’efficacité de la protection des intérêts de chacun, les hommes se constituent en Etats par ce que certains ont appelé « contrat social ».
En effet, une bonne organisation sociale doit nécessairement reposer sur un pacte garantissant l’égalité et la liberté entre les citoyens et pour chaque citoyen d’une société donnée. Ce contrat est l’échange de consentements entre tous les citoyens. Par ce pacte, chacun renonce à sa liberté naturelle, dont lui seul était garant à l’état de nature, pour gagner une liberté civile que l’Etat doit garantir.
Pour obtenir la liberté que protège la société, il faut donc renoncer à ses droits naturels. La légitimité et la nécessité de la Démocratie repose sur le fait que l’homme n’aliène pas vraiment son droit naturel mais comprend que la Démocratie est la condition  sine qua non de l’existence et de la protection de son droit naturel.
Par les élections donc,  chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale. Et l’engagement doit être total et identique pour tous. Par ce contrat les citoyens formant le peuple délèguent l’exercice de leur pouvoir souverain.
Chaque individu participe donc à l’autorité souveraine et il en est même temps sujet car soumis aux lois de la collectivité. En effet par le choix des dirigeants l’individu s’engage à respecter la loi que ceux-là prescriront puisqu’elle sera l’expression de la volonté générale à laquelle l’individu participe. La sortie de l’état de nature fait de l’homme primitif, ne sachant user que de sa force et de son instinct, un homme social, dialoguant et s’efforçant de se soumettre à la loi pour réaliser ses droits que protège la même loi respectée.
Il est donc nécessaire d’ériger un pouvoir commun, qui puisse être capable de défendre les hommes des torts qu’ils peuvent se faire les uns aux autres, et par là assurer leur sécurité de telle sorte que, par leur propre industrie et par les fruits de la terre, ils puissent se nourrir et vivre satisfaits. Le chemin pour y arriver est de rassembler l’exercice de tout leur pouvoir et toute leur force sur un seul homme ou sur une seule assemblée d’hommes réalisée par une convention de chacun avec chacun, de telle manière que c’est comme si chacun devait dire à chacun : J’autorise cet homme, ou cette assemblée d’hommes, j’abandonne mon droit de me gouverner à cet homme, ou à cette assemblée, à cette condition que tu lui abandonnes ton droit, et autorise toutes ses actions de la même manière.[1]
Par le contrat social donc, les hommes quittent l’état d’insécurité permanente et entrent dans l’état de sécurité qu’on peut appeler « Etat de droit » lorsque le contrat est respecté c’est-à-dire lorsque l’Etat assure, par l’entremise de ses organes, le respect des droits des citoyens et qu’à leur tour, ces derniers assument leurs obligations envers l’Etat à savoir la collectivité.
Enfin, la Démocratie contient un engagement réciproque et chaque individu se trouve engagé sous un double rapport[2] : celui qui le lie avec tous les autres en tant que membres de la société et celui qui le lie à la société. Cette dernière étant représentée par les dirigeants – lesquels s’engagent à servir le peuple avec honnêteté et loyauté.
Et, afin que le pacte social ne soit pas que théorique, il renferme tacitement cet engagement qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par la force de la loi: ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre en obéissant à la règle qu’il s’est faite lui-même.[3]
Pacifique H.


[1] Th. HOBBES, Leviathan, chap. 17.
[2] J. J. ROUSSEAU, Du contrat social, ou, Principes du droit politique, chap. VII.
[3] Ibid.

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