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Le mot « génocide » en soi est-il génocidaire ?

Le mot « génocide » en soi est-il génocidaire ?

Sarkozy et Kouchner à Kigali

Sarkozy et Kouchner à Kigali


Il s’avère qu’il peut l’être. Pour la sécurité de l’être humain, il s’avère nécessaire de réfléchir sur cette terminologie, sur la sacralisation conférée à l’interprétation des faits y relatifs et sur la protection dont jouissent les dépositaires de fait. En effet, il faut briser ce double tabou de l’indiscutabilité de certains faits contés et des privilèges non sains des dépositaires car preuve est faite que cette double configuration a provoqué des crimes en soi en passe d’être considérés comme génocide (Cfr. Mapping Report sur les crimes commis en RDC).
En effet, il est maintenant avéré que Paul Kagame a commis un génocide contre les Hutus au Zaïre et que ce génocide, il l’a fait à une période (remarquons que cette période est toujours en cours) où il était intouchable car il brandissait (il le brandit toujours quoique avec moins de brio) un bouclier qui s’appelle « génocide des Tutsis ». Kagame a pu mener en toute quiétude l’extermination de populations Hutues civiles et innocentes au su et au vu du monde entier car personne n’osait le critiquer ou lui dire d’arrêter car on le considérait comme étant dans le  camp des intouchables, celui des victimes du génocide des Tutsis, mieux, celui qui a mis fin au génocide des Tutsis.
Cela pose le problème de ceux qui deviennent dépositaire de génocide et qui se voient ainsi octroyés des cartes blanches pour tout et également pour tuer en masse sans que personne n’ose les en empêcher. En d’autres termes, le fait de rendre dépositaire le terme génocide peut avoir des conséquences génocidaires.
La question est ouverte pour savoir si le terme génocide doit être banni ou s’il doit être désacralisé afin que les dépositaires ne puissent être intouchables et que les faits contés y relatifs soient critiquables.
Kigali, Rwanda

Kigali, Rwanda


Le plus absurde de tout ça c’est que, les faits étant têtus, un inventaire non seulement intégral mais objectif suffit à remettre en cause l’histoire officielle sur laquelle Kagame se repose pour ainsi devenir le dépositaire de génocide. Beaucoup de travaux objectifs et indépendants, judiciaires et civiles ont vite fait de montrer l’écrasante responsabilité de Kagame dans le génocide des Tutsis, non seulement parce que ses troupes n’ont rien fait à maintes reprises pour secourir des populations Tutsies qui succombaient mais, surtout, car celui-ci se trouve à l’origine de toutes les actions qui ont, à chaque fois, ouvert les hostilités (invasion de 1990, violations des cessez le feu à maintes reprises, attentat présidentiel de 1994), des crimes de masse faits avant pendant et après 1994, non médiatisés à cause de la complicité criminelles des médias, de lobbies financiers et politiques ainsi que de hauts fonctionnaires de l’ONU bien circonscrits et enfin des infiltrations des hommes de Kagame dans les milices qui se sont rendus responsables de l’extermination des Tutsis (dixit les témoignages d’anciens officiels de Kagame comme Abdul Ruzibiza ou Aloys Ruyenzi). Autrement dit, le bouclier que Kagame brandit depuis des années lui permettant de mener à bien ses sinistres besognes (massacres de masse, pillages, guerres, prises de pouvoir, assassinats ciblés) n’est rien d’autres qu’un leurre. Malheureusement ces faits ne sont interrogés que timidement parce que le fait d’être  dépositaire du mot génocide protège non seulement le dépositaire mais empêche notamment qu’on puisse discuter des faits fussent-ils sujets à caution.
Voilà pourquoi le mot génocide pose problème. Il rend les dépositaires intouchables et rend les faits contés indiscutables alors que ces derniers peuvent ne pas résister à la critique.
Ceci dit, les raisons de mythifier ce terme ne sont pas dénuées de tout fondement. Notamment, le souci de vouloir protéger l’opinion de manipulations négationnistes, quoique même cet argument a toujours rencontré de coriaces pourfendeurs.
A priori, je dirais que l’approche que j’ai vis-à-vis de l’utilisation du mot génocide est comme celle que j’ai vis-à-vis de la peine de mort. Il est patent que la peine de mort est bien compréhensible dans bien des cas si on fait abstraction de considérations religieuses. Par exemple, dans les cas des violeurs, d’assassins ou de psychopathes mais, en même temps, l’erreur judiciaire qui ne peut jamais être nulle a bien vite fait de dissuader toute mes velléités d’en être partisan.
De même, le risque que le dépôt du terme génocide tombe entre de mauvaises mains, comme celles de Kagame, me dissuade vite, même si, là aussi, le fait qu’on puisse attribuer une  sacralisation à certaines situations puisse être défendable, d’être partisan de cette terminologie.
Je crois, que du drame humain de l’Afrique des Grands-Lacs qui est un drame de TOUTE l’humanité, le genre humain doit tirer des leçons très vite et agir en conséquence et surtout, il faut que Kagame et sa clique répondent devant la justice.
D. Nshimyumuremyi

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