Jambonews FR - Restons informés

Rwanda : la dictature trahit encore son angoisse

Rwanda : la dictature trahit encore son angoisse

Mukakibibi Saida et Agnès Uwimana Nkusi

Mukakibibi Saida et Agnès Uwimana Nkusi


Il n’est pas nécessaire d’avoir lu de fond en comble le contenu des écrits du bimensuel privé UMURABYO pour comprendre la raison d’être des lourdes peines de prison requises contre sa directrice, Agnès Uwimana NKUSI, et son employée Saidath MUKAKIBIBI.
A travers sa parodie de justice, le régime militaire de Kigali trahit encore une fois sa plus grande angoisse du moment en poursuivant deux femmes journalistes qui n’ont d’autre crime que celui d’avoir osé exprimer une opinion dissidente sous la dictature de Paul Kagame.
Le régime militaire du FPR de Kagame redoute plus que tout le moment, pourtant inexorable, où les rwandais et les rwandaises cesseront d’avoir peur et se lèveront d’un seul bloc pour exiger leur liberté que ce régime leur a confisquée depuis bientôt 17 ans.
La junte militaire de Paul Kagame sait très bien que lorsqu’une dictature vit ces derniers jours, c’est d’abord au sein des médias que la peur prend fin et ce sont généralement les médias qui la font cesser au sein de la population.
La stratégie du régime, cousue de fil blanc et déjà appliquée contre tous les opposants politiques à ce régime dictatorial de Paul Kagame, consiste ici aussi à maintenir la terreur, à emprisonner, à museler ces deux femmes qui ne sont que les voix de tout un peuple et sa diaspora qui veulent la fin de la dictature instaurée par ce régime.
Les peines anormalement lourdes requises contre ces deux journalistes pour un délit d’opinion, soit 33 ans et 12 ans de prison ferme, ne laissent d’ailleurs place à aucune autre interprétation et ce ne sont pas les médias locaux qui diront le contraire lorsqu’ils retiennent et rapportent eux-mêmes que le délit principal reproché à ces deux journalistes est d’avoir « diffamé Paul Kagame » (Agence Rwandaise d’Information).
Le Rwanda actuel n’est pas un Etat de droit de sorte qu’il serait oiseux d’entrer dans une analyse judiciaire ou juridique de cet incident qui ne peut et ne doit être appréhendé que sur le plan de la répression de la liberté d’expression de deux journalistes indépendantes qui s’expriment dans le cadre d’un journal privé contre le régime en place.
Victoire Ingabire Umuhuza

Victoire Ingabire Umuhuza


On peut rendre hommage à ces deux femmes autant qu’on peut le faire à l’égard de Madame Victoire INGABIRE sur le plan politique, emprisonnée elle aussi pour avoir voulu exercer librement une activité politique d’opposition au Rwanda.
L’enjeu est certes de taille pour le régime qui prolonge sa survie mais il se trompe cependant car rien ne peut arrêter un peuple qui a soif de liberté, de vérité, de justice et de démocratie.
Vingt ans après la chute du mur de Berlin, il semble que l’Afrique ait enfin commencé le chemin qui mène vers la fin de la néo-colonisation, cette période qui a suivi la décolonisation et pendant laquelle certaines puissances étrangères, parfois anciennes métropoles, ont réinstallé des régimes prédateurs dans leurs anciennes colonies.
L’Afrique des grands Lacs a sans doute été la plus grande victime de cette période noire de l’histoire de l’humanité mais il n’y a aucune raison pour que le régime prédateur du FPR survive au mouvement de liberté qui gagne l’Afrique toute entière aujourd’hui et qui est incarné par ces deux journalistes dont nous saluons encore le courage.
Rudatinya
JamboNews.net

Commentaires

commentaires


© 2020 Jambonews