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L’ex-Premier ministre Twagiramungu fonde un parti pour mener une « révolution populaire »

L’ex-Premier ministre Twagiramungu fonde un parti pour mener une « révolution populaire »
Président du RDI, Twagiramungu Faustin

Président du RDI, Twagiramungu Faustin

Président du RDI, Twagiramungu Faustin


BRUXELLES 27/01/2011 (BELGA) – L’ancien Premier ministre rwandais Faustin Twagiramungu, exilé en Belgique depuis seize ans, a annoncé jeudi la création d’un nouveau mouvement politique, la « Rwanda Dream Initiative », visant à renverser le régime du président Paul Kagame et à promouvoir la réconciliation entre ses concitoyens, mais en tenant compte de l’histoire du pays.
« Je crée un parti politique, la ‘Rwanda Dream Initiative’ (RDI), dont je suis président-fondateur, pour combattre ce régime militaro-dictatorial », a-t-il affirmé au cours d’une conférence de presse à Bruxelles.
Il a toutefois assuré qu’il ne briguerait pas la présidence en 2017, date à laquelle expirera le second septennat de M. Kagame, réélu le 9 août dernier avec 93% des voix, mais sans véritable opposition.
M. Twagiramungu, un Hutu, a été Premier ministre du Rwanda de juillet 1994 à août 1995, juste après le génocide qui a fait quelque
800.000 victimes – principalement des Tutsis, mais aussi des Hutus modérés – avant de tomber en disgrâce aux yeux du Front patriotique rwandais (FPR, dominé par les Tutsis et au pouvoir depuis la fin du génocide). Il a été candidat malheureux à la présidentielle de 2003, qu’il qualifie de « frauduleuse ».
Son nouveau parti, la RDI – en français « Initiative du Rêve Rwandais » et « Umugambi Rwanda Rwiza » en kinyarwanda -, mènera un combat sans armes, a-t-il assuré, affirmant vouloir promouvoir la « révolution populaire », à l’image de celle qui vient de renverser en Tunisie le régime du président Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans au pouvoir.
« Ce combat, je le mènerai avec mes compatriotes », a lancé jeudi M. Twagiramungu, tout en admettant qu’il « risque d’être long ». « Le
changement se fera au Rwanda, que Kagame le veuille ou non »
, a-t-il ajouté.
Il s’est dit favorable à la réconciliation entre Rwandais, mais en tenant compte de l’histoire agitée du pays, dès avant son indépendance en juillet 1962. Il a ainsi reconnu que la majorité hutue n’était « pas innocente » pour ce qui s’est passé au Rwanda depuis 1963 – quand des massacres ont été commis contre des Tutsis après une tentative de retour par la force d’exilés.
Mais l’ex-Premier ministre s’est aussi dit victime de génocide, qui a entraîné la mort d’une partie de sa famille.
Il a assuré qu’il ne collaborerait pas avec les rebelles hutus des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) basés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
M. Twagiramungu a admis ne pas avoir de véritables contacts avec la « coordination commune » créée cette semaine par deux autres partis d’opposition, les Forces démocratiques unifiées (FDU) et le nouveau Congrès national du Rwanda (RNC), qui ont aussi annoncé une lutte « pacifique » contre « la dictature » de M. Kagame.
Créées en exil, les FDU ont tenté, en vain jusqu’à présent, de se faire enregistrer au Rwanda, où leur présidente Victoire Ingabire, rentrée au pays en janvier 2010, est incarcérée depuis octobre sous l’accusation de complicité de terrorisme.
Lancé aux Etats-Unis en décembre, le Congrès national du Rwanda (Rwanda National Congress) comprend, entre autres fondateurs, l’ex-chef d’état-major de l’armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, le major Théogène Rudasingwa, ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat, le colonel Patrick Karegeya, ex-patron des renseignements extérieurs, et Gerald Gahima, ancien procureur général du Rwanda.
Jugés par défaut, les quatre hommes, tous en exil, ont été condamnés à de lourdes peines de prison le 14 janvier pour « trouble à l’ordre public, atteinte à la sécurité de l’Etat, injures et diffamation, ‘sectarisme’ et association de malfaiteurs ».
Le Rwanda accuse ces quatre anciens proches de M. Kagame d’avoir créé un nouveau groupe rebelle dans l’est de la RDC, ce qu’ils nient.

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