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Sakwe sakwe? Soma! Sogokuru aryoha aboze ?

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Journée Internationale de la Langue Maternelle
Journée Internationale de la Langue Maternelle

Journée Internationale de la Langue Maternelle

Umuneke! Nombreux sont les enfants et adolescents âgés entre 5 et 15 ans à avoir répondu à ce genre de questions ce samedi 5 mars à Denderleeuw à l’occasion d’un  concours d’ « ibisakuzo », des sortes de traditionnelles devinettes rwandaises.

C’était dans le cadre de la journée internationale de la langue maternelle organisée par la communauté des ressortissants rwandais de Belgique, Corwabel en abrégé.
Il est vrai toutefois que les réponses ont été discrètement ou moins discrètement soufflées par un public plus âgé, passionnément pris au jeu.
Même si les plus jeunes étaient au centre de l’attention, il y avait des activités pour tous les âges et toutes les générations comme par exemple quatre dictées de difficultés croissantes organisées plus tôt dans l’après-midi. Les enfants pour leur part ont appris en plus des « Ibisakuzo » des chansons dans leur langue maternelle ou ont encore appris « kwivuga », une sorte de déclamation personnelle de ses hauts faits.
La journée s’est terminée par un débat dirigé par Agnes Mukarugomwa, la présidente de la Corwabel, qui a demandé aux enfants et aux jeunes présents dans la salle de faire part aux parents des griefs relatifs à leur culture et plus spécialement leur langue maternelle, le kinyarwanda.

Journée Internationale de la Langue Maternelle

Journée Internationale de la Langue Maternelle


Isaac, un petit garçon de 11 ans, fût le premier à prendre la parole dans un kinyarwanda poussif, il s’est exclamé « Je voudrais qu’on fasse ça plus souvent, j’ai été très content de pouvoir parler et chanter en kinyarwanda, ça ne m’arrive pas souvent»
Un autre jeune approchant le quart de siècle a pour sa part déclaré « il est vrai, que la langue maternelle est importante, en tant que jeunes on a envie de l’apprendre et s’améliorer, vous les parents êtes les premiers à nous y encourager, mais dès qu’on prononce un mot de travers, vous riez et vous moquez de nous.  Il faut faire attention car ça peut blesser l’enfant ou le jeune et l’empêcher d’oser s’exprimer à nouveau en kinyarwanda ».
A peine avait il terminé de s’exprimer qu’un autre jeune approchant la vingtaine prit le micro et a demandé aux parents « lorsque vous parlez du Rwanda, on entend trop souvent parler de la guerre ou de nos mauvais dirigeants, on voudrait aussi plus souvent entendre parler des beautés du Rwanda
Une telle demande a particulièrement touché le public présent, car la grande majorité des adolescents et enfants présents dans la salle, sont nés et ont grandi en exil et n’ont jamais mis les pieds dans leur pays d’origine auquel ils semblaient paradoxalement fortement attachés.
Après qu’un parent ait vanté les beautés du Rwanda dans un style poétique, se remémorant à voix haute les beautés de ce pays dans lequel il n’avait plus mis les pieds depuis près de 17 ans, Isaac, le petit enfant de 11 ans a apporté la plus belle des réponses à la demande.
Sous les applaudissements nourris du public, il a spontanément  entamé une chanson à la gloire du pays des milles collines « Genda, Rwanda uri nziza » chantée jadis,  par l’orchestre impala et reprise en chœur par un public heureux.
La journée s’est terminée dans une ambiance familiale, autour des traditionnelles brochettes et samboussas.
Effectivement, comme le souhaite Isaac, le genre de journées qu’on aimerait vivre plus souvent.
Par Ruhumuza Mbonyumutwa
JamboNews.net

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