Jambonews FR - Restons informés

Rwanda: Paul Kagame immunisé contre les révoltes populaires

Rwanda: Paul Kagame immunisé contre les révoltes populaires
Le président rwandais, Paul Kagame
Le président rwandais, Paul Kagame

Le président rwandais, Paul Kagame

Alors que le monde arabe est en pleine ébullition, le dictateur rwandais Paul Kagame assure être à l’abri de révoltes populaires.

Le Rwanda est – il à l’abri des vagues de soulèvements populaires qui secouent le monde arabe ? En tout cas pour celui qui dirige d’une main de fer le Rwanda sans partage pendant 17 ans, le général  Paul Kagame, la réponse est oui.
A en croire ses déclarations, la population rwandaise ne peut jamais se soulever contre lui. Comment comprendre alors la réaction de l’homme fort du Rwanda ? Visiblement, au moment où des régimes longtemps crus indestructibles se lézardent et s’écroulent comme des châteaux de cartes, Paul Kagame affiche un perturbant mélange de confiance en soi voire d’arrogance et de nervosité sous-jacent. « Le peuple rwandais ne s’élèvera pas contre moi parce que pendant 14ans, tout ce qui s’est passé a été construit, sur les choix, les intérêts et les sentiments du peuple rwandais » a déclaré le général Paul Kagame ce 23 mars au cours d’une interview qu’il a accordé à la BBC. Cela prouve que Kagame et son clan ne comprennent pas ou ne veulent pas  comprendre que, la muraille de la peur derrière laquelle les régimes autoritaires se sont enfermés depuis des décennies a commencé à se défriter.
L’effondrement de l’autoritarisme dans le monde arabe a surpris même les spécialistes les plus avertis de la région. Ainsi, face à la difficulté d’expliquer un événement quasi-magique, les interrogations se sont multipliées à propos de ses « causes profondes » ou de la main invisible organisatrice de ces mobilisations collectives qui ont ébranlé des ordres politiques donnés en modèle de stabilité et de fermeté.
Quels sont les régimes contestés aujourd’hui ? Les régimes qui ont été les premiers à être touché par une des révoltes populaires sont principalement les régimes issus de coups d’Etats militaires : Egypte en 1952, Libye en 1969, Syrie en 1970, Tunisie en 1987 et Yémen en 1978. Le dictateur rwandais Paul Kagame entre bien dans la moule de ses dirigeants contestés. Arrivé au pouvoir en 1994 à la tête d’un mouvement armé, Paul Kagame règne aujourd’hui en maitre au Rwanda, où il dispose presque du droit de vie et de mort sur tout citoyen de ce petit pays d’Afrique centrale. Le courrier international le décrit comme « (…) un dictateur qui n’en a pas l’air, un militaire qui ne supporte pas la contradiction à tel point que même ceux de son camp qui se permettent un zeste de critiquer deviennent des ennemis à abattre quel que soit l’endroit du monde où ils se trouvent. Paul Kagamé donne aussi l’air d’une personne obsédée par le pouvoir qu’il veut garder à tout prix, quitte à marcher sur des cadavres d’opposants et de dissidents. »
Bien qu’il soit difficile de prédire avec certitude où ce vent de révolte pourrait désormais souffler, les  soulèvements en Tunisie, en Égypte et dans d’autres pays arabes montrent combien il est impossible d’étouffer indéfiniment les aspirations de liberté, de justice sociale et de démocratie d’un peuple. Comme on le voit bien, la contestation qui a emporté les dictateurs tunisien et égyptien et qui s’étend désormais partout dans les pays arabes pourrait trouver matière à contagion ailleurs dans le monde. Ces dictateurs qui sont en place depuis des années le plus souvent avec la complicité et, au mieux, le silence de l’ensemble des régimes occidentaux, ont une raison de plus de s’inquiéter : l’expérience Tunisienne et Egyptienne a montré qu’une fois les révoltes démarrées,  les dictateurs se font toujours lâcher par les pays qui longtemps les soutenaient. Les experts internationaux et même les hommes politiques sont unanimes, « aucun pays ne semble être à l’abri de la révolte des peuples ». Le future nous montrera si notre général président a raison de se montrer  confiant quant à sa carrière.
Ce qui est en tout cas sûr pour le moment, c’est que la carrière de dictateur n’est plus vraiment prometteuse.
Par Jean Mitari
JamboNews.net

Commentaires

commentaires


© 2020 Jambonews