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Commémoration de toutes les victimes du génocide rwandais

Commémoration de toutes les victimes du génocide rwandais
Mémorial du génocide rwandais à Bruxelles, Belgique

Mémorial du génocide rwandais à Bruxelles, Belgique

Mémorial du génocide rwandais à Bruxelles, Belgique


Une centaine de rwandais et quelques étrangers se sont réunis ce mercredi 06 avril 2011 à Bruxelles, afin de « commémorer toutes les victimes du génocide rwandais », à quelques pas de la stèle dédiée à la mémoire de ces dernières.
Ces commémorants répondaient à l’appel conjoint du Centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda coordonné par Joseph Matata ainsi qu’à celui de la société civile rwandaise représentée par Albert Rukerantare.
Par un arrêté de police adopté le 28 mars 2011, le Bourgmestre de la commune de Woluwe st-pierre , Willem Draps avait fait interdire, comme c’est le cas depuis plusieurs années, cette commémoration  en considérant que l’autorisation d’une telle commémoration par le passé avait provoqué des incidents ayant eu des « conséquences sur les relations entre la Belgique et le Rwanda et plus particulièrement entre la commune de Woluwé-Saint-Pierre et le district de Kamonyi secteur de Musambira ».
Estimant ne pas disposer d’« informations suffisamment précises pour apprécier correctement le profil de toute association privée qui demanderait de procéder à une commémoration devant la stèle », la commune s’est fixée pour règle de « n’accepter que les demandes qui émaneraient de pouvoirs de tutelle (ministère ou région bruxelloise) ou d’autorités officielles comme l’ambassade »Selon cet arrêté.
Selon un policier encadrant les manifestants, le bourgmestre avait toutefois « toléré » comme chaque année, une marche des commémmorants allant du Rond-point Montgomery jusqu’à quelques pas de la stèle protégée par un lourd dispositif policier.
Durant près de deux heures, des prières, des chants religieux  ainsi que deux discours ont accompagné ce moment du souvenir des victimes de l’horreur qui a endeuillé l’ensemble de la population rwandaise .
La commémoration du 6 avril à Bruxelles, Belgique

La commémoration du 6 avril à Bruxelles, Belgique


Dans son discours aux commémorants, Albert Rukerantare a exprimé son incompréhension face à la volonté systématique d’interdire les commémorations du 6 avril affirmant que personne n’en était exclu et qu’à aucun moment, il n’ont fait une action pour faire interdire une commémoration que ce soit le 7, le 8 ou à une autre date.
Il estime pour sa part, que la date du 6 avril aura marqué l’histoire du Rwanda du fait de l’assassinat sur son territoire de deux chefs d’états, assassinat qui fût l’élément déclencheur des horreurs qui ont suivi.
Il considère que c’est le jour on l’on connaitra  les auteurs de cet attentat, qu’on pourra mieux comprendre les raisons pour lesquelles tant des nôtres ont été assassinés et pourquoi on est devenu orphelins du jour au lendemain.
Joseph Matata quant à lui, a raconté dans son discours que le prédécesseur de l’actuel bourgmestre donnait l’autorisation et nous informe qu’en 2005 les commémorants avaient étés accueilli par le bourgmestre qui avait salué les quelques 300 personnes venues se souvenir des leurs.
Il estime que si la mobilisation baisse, c’est du à la peur depuis que ces manifestations ont commencé à être interdites. Il dit comprendre la peur de la communauté rwandaise, estimant qu’elle est légitime après 20 années d’une extermination qui continue encore aujourd’hui.

« Un régime qui divise les morts ne peut unir les vivants »

Faisant référence aux divisions, il raconte que les rwandais hutu et tutsi étaient mélangés et que personne ne pourra les diviser, malgré les efforts permanents du régime dans ce sens en estimant qu’ « un régime qui divise les morts ne peut unir les vivants ».
Il a également exhorté les rwandais à sortir de leurs maisons, à cesser de se cacher sous les lits car c’est selon lui cette peur qui facilitera leur extermination, c’est à cause de cette peur, estime t’il, qu’encore aujourd’hui il est interdit de pouvoir commémorer les 8 millions de morts tombés au Rwanda et au Congo comme les commémorants ont pu le constater.
Il se dit convaincu que si les gens n’avaient pas eu peur et étaient venus à 500 ou 1000, les policiers n’auraient eu d’autres choix que d’enlever les barrières et de laisser les commémorants aller déposer des gerbes de fleur sur la stèle.
Il a réitéré sa volonté de trouver une date commune de commémoration pour tous les rwandais, mais tant que cette date n’est pas trouvée, a-t-il ajouté, les commémorations du 6 avril continueront à être organisées.
Il a enfin appelé les rwandais à être les témoins de l’histoire, à être les témoins de cette hécatombe en mémoire de ceux qui ont été tragiquement assassinés.
Parmi les personnalités présentes, la présence de l’ancien numéro deux de la MINUAR, le colonel Lu Marchal a été fortement remarquée.
Ce dernier a ainsi déclaré à l’agence Belga « La vérité, c’est que tout le monde a été massacré » faisant référence à la tentative persistante des autorités de Kigali de faire oublier les victimes Hutu du génocide et de n’évoquer que les victimes Tutsi.
Par Ruhumuza Mbonyumutwa
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