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Rwanda : Écart entre ce qui est dit et ce qui est fait

Rwanda : Écart entre ce qui est dit et ce qui est fait

Rwanda

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Mercredi 18 mai, un accord de coopération au développement a été conclu entre le Rwanda et laBelgique. Cet accord prévoit une aide financière de 160 millions ainsi qu’un bonus de 40 millions si Kigali montre un réel avancement dans l’instauration de la démocratie.
Malgré de nombreuses critiques de Kigali à l’encontre de l’aide financière, le Rwanda continue à demander et recevoir des aides financières ; on estime que le pays reçoit annuellement plus de 400 millions de Dollars américains, ce qui représente, approximativement, 1/10 du PIB rwandais.
Lors de la sortie du livre « Aide fatale » de Moyo Dambisa, le président rwandais avait invité cette dernière pour un exposé devant l’ensemble du gouvernement rwandais. Adhérant à la vision selon laquelle « aucun pays au monde ne s’est développé avec l’aide uniquement » , Paul Kagame avait déclaré que son pays se passerait bien de l’aide étrangère. Il souhaitait alors voir son pays se financer uniquement via les marchés financiers en émettant des titres obligataires.
Hors, depuis ces déclarations, aucun signe ne montre la volonté de Kigali de se passer de toute aide financière extérieure. Au contraire, l’État rwandais continue de demander et recevoir de l’argent auprès des pays riches ainsi que des institutions internationales telles que la Banque Mondiale ou encore le FMI. On voit là clairement une différence entre ce qui est dit et ce qui est réellement appliqué.
Soulignons que pour pouvoir négocier un prêt auprès des institutions financières, comme cela se fait, actuellement, dans les pays à moyens et hauts revenus, le Rwanda devra montrer sa volonté de maintenir, non seulement un équilibre macroéconomique, mais aussi une stabilité politique dans lepays.
On remarque aussi une contradiction dans la stratégie rwandaise pour le développement économique et la réduction de la pauvreté dans sa vision 2020. Dans cette vision, Kigali met l’accent sur l’importance d’avoir des hommes et des femmes ayant reçu une bonne éducation. En effet, ayant très peu de matières premières, le Rwanda considère « sa population comme étant sa ressource principale et place en elle le projet de son développement futur ». Dans la vision 2020, le Rwanda reconnait son retard en terme « de formation professionnelle, le retard le plus significatif étant apparent dans les domaines des sciences appliquées » et compte sur des ressortissants qualifiés pour contribuer à la réalisation des objectifs de la vision 2020.
Or le Rwanda dispose d’une jeune diaspora hautement qualifiée ( de philosophes aux ingénieurs, en passant par des économistes, juristes, gestionnaires, médecins,…). Une jeunesse qui ne demande qu’à être écoutée par le gouvernement rwandais sur ses revendications en matière de respect des droits de l’homme afin de pouvoir rentrer et contribuer à l’essor de l’économie rwandaise.
Pourtant, il semblerait que le gouvernement rwandais continue à tourner le dos à cette jeunesse alors que dans les objectifs de la nouvelle décennie, le président Paul Kagame déclare que tout rwandais doit « contribuer à la réalisation de cette vision 2020 ».

Clément Cyiza
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